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Bibliothèque/Tanakh/Ketouvim

Iyov (Job)

אִיּוֹב

Le livre d'Iyov (Job) affronte la plus brûlante des questions : la souffrance du juste. Un homme intègre du pays d'Outs perd tout en un jour ; s'ouvre alors un vaste débat poétique entre Iyov et ses amis sur la justice divine, avant la réponse de l'Éternel « du sein de la tempête », puis le dénouement. 42 chapitres, 1070 versets. Le texte hébreu est présenté vérifié, accompagné de la traduction française du Rabbinat.

Commencer : chapitre 1 →
Introduction

Comprendre le livre.

La question du livre

Iyov est le grand livre de la souffrance du juste. Un homme « intègre et droit, craignant Dieu et évitant le mal » (1,1) perd, en un jour, ses biens, ses enfants, puis sa santé — sans avoir fauté. Tout le livre tourne autour d'une seule question, la plus brûlante de la pensée religieuse : pourquoi le juste souffre-t-il (צַדִּיק וְרַע לוֹ) ? et que vaut la foi lorsque le malheur frappe l'innocent ?

C'est aussi le livre de la providence (הַשְׁגָּחָה) : Dieu veille-t-il sur le détail de la vie de chacun, et selon quelle justice ?

La structure

Le livre se déploie en cinq temps : un prologue en prose (ch. 1–2) ; la plainte d'Iyov et un grand débat poétique avec ses trois amis — Éliphaz, Bildad, Tsofar — en trois cycles (ch. 3–31) ; les discours d'Élihou (ch. 32–37) ; la réponse de Dieu « du sein de la tempête » (ch. 38–41) ; et un épilogue en prose (ch. 42). En tout, 42 chapitres et 1070 versets.

Le passage de la prose au poème est une clé du livre : le drame est posé en récit, mais c'est dans la poésie que les âmes se cherchent.

Qui était Iyov, et quand ?

Le Talmud (Bava Batra 15a–16b) consacre une longue discussion à Iyov : à quelle époque a-t-il vécu ? Les avis foisonnent — du temps des Patriarches, de Moïse, des Juges… Une opinion célèbre va jusqu'à dire qu'« Iyov n'a jamais existé : ce fut une parabole (מָשָׁל) » destinée à enseigner.

À l'inverse, Ibn Ezra (sur 1,1) souligne qu'Iyov a réellement existé, puisque le prophète le nomme aux côtés de figures bien réelles : « Noah, Daniel et Iyov » (Yéhezkel 14,14). Le même traité rapporte par ailleurs que Moïse écrivit le livre d'Iyov.

Les voix du débat

Les trois amis défendent une thèse classique : si Iyov souffre, c'est qu'il a fauté — la souffrance serait la juste rétribution de la faute. Iyov proteste de son innocence et conteste cette équation, jusqu'à vouloir plaider devant Dieu.

Élihou (ch. 32–37) ajoute une voix neuve : la souffrance peut avertir et purifier, non punir. Enfin Dieu répond (ch. 38–41) — non par une explication, mais en ouvrant à Iyov l'immensité de la Création : devant le Créateur, l'homme mesure les limites de sa compréhension.

Les commentateurs

Iyov, à la langue parmi les plus difficiles du Tanakh, a appelé de grands commentaires. Rachi (1040–1105) éclaire le sens simple et le midrach ; Ibn Ezra (1089–1167) scrute la grammaire et le pchat ; le Ramban (1194–1270) relie l'épreuve à la providence et aux secrets de la tradition ; le Ralbag (1288–1344) en fait une enquête philosophique sur la providence ; les Metsoudot (XVIIIᵉ s.) en donnent un pchat clair.

L'enjeu

Iyov n'est pas qu'un débat d'idées : c'est le modèle de la émouna dans l'épreuve. Dépouillé de tout, Iyov se prosterne et dit : « L'Éternel a donné, l'Éternel a repris ; que le nom de l'Éternel soit béni » (1,21). Étudier Iyov, c'est apprendre à tenir ensemble la foi et la question — sans renoncer ni à l'une, ni à l'autre.

Sources : Talmud Bavli, Bava Batra 14b–16b · Yéhezkel 14,14 — « Noah, Daniel et Iyov » · Iyov 1,21 · Commentaires : Rachi, Ibn Ezra, Ramban, Ralbag, Metsoudot (via Sefaria)

◆

Chaque chapitre est commenté.

Prologue · ch. 1–2

Le récit en prose : l'homme intègre, l'épreuve, et la fidélité éprouvée.

1L'homme intègre du pays d'OutsLire →2La seconde épreuve · les trois amisLire →
La lamentation · ch. 3
3Iyov maudit le jour de sa naissanceLire →
Premier cycle de discours · ch. 4–14

Éliphaz, Bildad et Tsofar face aux réponses d'Iyov.

4Éliphaz — l'innocent périt-il ?Lire →5Éliphaz — accepte la réprimandeLire →6Iyov — le poids de ma douleurLire →7Iyov — l'homme et sa peineLire →8Bildad — Dieu ne pervertit pas la justiceLire →9Iyov — comment être juste devant Dieu ?Lire →10Iyov — je parlerai dans l'amertumeLire →11Tsofar — les secrets de la sagesseLire →12Iyov — à Lui la sagesse et la forceLire →13Iyov — je veux plaider devant DieuLire →14Iyov — l'homme né de la femmeLire →
Deuxième cycle de discours · ch. 15–21
15Éliphaz — le tourment du méchantLire →16Iyov — consolateurs de malheurLire →17Iyov — mon souffle s'épuiseLire →18Bildad — la lampe du méchant s'éteintLire →19Iyov — « mon défenseur est vivant »Lire →20Tsofar — brève est la joie du méchantLire →21Iyov — pourquoi les méchants prospèrent ?Lire →
Troisième cycle de discours · ch. 22–27
22Éliphaz — reviens au Tout-PuissantLire →23Iyov — si je pouvais Le trouverLire →24Iyov — les temps ne sont pas gardésLire →25Bildad — l'homme devant DieuLire →26Iyov — la puissance du CréateurLire →27Iyov — je tiens à mon intégritéLire →
Le poème de la Sagesse · ch. 28
28« Mais la sagesse, où la trouver ? »Lire →
Discours final d'Iyov · ch. 29–31
29La grandeur d'autrefoisLire →30L'abaissement d'aujourd'huiLire →31Le serment d'innocenceLire →
Discours d'Élihou · ch. 32–37
32La colère du jeune ÉlihouLire →33Dieu parle à l'hommeLire →34La justice de DieuLire →35À quoi sert ta justice ?Lire →36La grandeur de DieuLire →37Les merveilles de la natureLire →
La réponse de Dieu · ch. 38–41

L'Éternel répond « du sein de la tempête » : les merveilles de la Création.

38Du sein de la tempête (I)Lire →39Les merveilles du monde animalLire →40Dieu interpelle Iyov · le BéhémothLire →41Le LéviathanLire →
Dénouement · ch. 42

Le récit reprend en prose : la réponse d'Iyov et son rétablissement.

42La réponse d'Iyov et le rétablissementLire →