Ce shiur s'appuie sur le מְאוֹר עֵינַיִם (Rabbi Menahem Nahoum de Tchernobyl) sur la paracha בְּהַעֲלֹתְךָ — l'allumage de la מְנוֹרָה (le candélabre) et le secret de l'élévation (הַעֲלָאָה) par ses sept branches. Le thème : le chemin qui mène du דִּין (la rigueur, le jugement) vers les רַחֲמִים (la miséricorde) — et la manière de « s'élever au-dessus des eaux », c'est-à-dire au-dessus des changements de ce monde.
שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה כְּנֶגֶד הָאוֹתִיּוֹת
Le שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה (l'huile d'onction) correspond à ce qui se tient au-dessus des אוֹתִיּוֹת (les lettres) : la lumière qui précède toute parole articulée. Les lettres sont les « réceptacles » de la lumière ; l'huile, elle, est cette lumière fluide qui les dépasse et les unit.
Allumer la מְנוֹרָה, c'est faire monter cette lumière dans les lettres — élever le révélé vers sa source cachée.
הָאוֹתִיּוֹת הַכְּפוּלוֹת — בֵּין דִּין לְרַחֲמִים
Les lettres « doublées » (les formes finales מ"ן"ץ"פ"ך) marquent le passage entre deux registres : le דִּין (la rigueur) et les רַחֲמִים (la miséricorde). Le même point peut se révéler comme sévérité ou comme amour, selon le « visage » qu'il tourne vers nous.
C'est de là que naissent les שִׁנּוּיִים וּקְפִיצוֹת (les changements et les sauts) ressentis dans le service de Hachem — et même ce que le texte nomme des פְּגָמִים (manques, brèches) : non des fins, mais des étapes à relever.
מִ'כֻּבֶד' לְ'כַפֹּרֶת' — הַיְרִידָה וְהַתִּפְאֶרֶת
La « lourdeur » — כֹּבֶד / כֻּבֶד — du monde d'en bas n'est pas une chute pour elle-même : sa face cachée (חִיצוֹנִיּוּת qui se retourne en פְּנִימִיּוּת) se révèle comme תִּפְאֶרֶת (splendeur) et même comme כַּפֹּרֶת (le « propitiatoire », lieu de l'expiation).
Autrement dit : la descente la plus pesante porte en germe la réparation la plus haute. Ce qui semblait poids et jugement se renverse en lumière et pardon.
הַנֵּר הַמַּעֲרָבִי — אֲנִי ה' לֹא שָׁנִיתִי
Le נֵר הַמַּעֲרָבִי (la lampe occidentale de la מְנוֹרָה), qui ne s'éteignait pas, renvoie au verset אֲנִי ה' לֹא שָׁנִיתִי (Mal'akhi 3, 6) — « Moi, Hachem, Je n'ai pas changé. »
Par-delà l'alternance apparente du דִּין et des רַחֲמִים, tout est רַחֲמִים פְּשׁוּטִים (miséricorde simple, sans mélange) : il n'y a là ni véritable changement ni division. La constance de la lampe occidentale témoigne de cette unité immuable.
עָלְמָא דְּשִׁקְרָא — מְקוֹם הַשִּׁנּוּי
Ce monde-ci est un עָלְמָא דְּשִׁקְרָא (un « monde de mensonge »), c'est-à-dire le lieu du שִׁנּוּי (du changement) : un instant on se sent « bien », l'instant d'après « mal ». C'est le יֵצֶר qui fait croire que « tout n'est que changement et illusion ».
Le travail — לַעֲלוֹת מֵעַל הַמַּיִם — consiste à s'élever au-dessus de ces eaux mouvantes, jusqu'à la vérité stable : הָאֱמֶת הִיא יְצִיבָה (la vérité est stable), et tout, à sa racine, est רַחֲמִים. Transformer le דִּין en רַחֲמִים, ce n'est pas changer le réel — c'est le voir tel qu'il est vraiment.
- מְאוֹר עֵינַיִם (Rabbi Menahem Nahoum de Tchernobyl) — paracha בְּהַעֲלֹתְךָ
- Bamidbar 8, 1–4 — l'allumage de la מְנוֹרָה (Beha'alotekha)
- Mal'akhi 3, 6 — « אֲנִי ה' לֹא שָׁנִיתִי »
- Concepts de קַבָּלָה : דִּין / רַחֲמִים · נֵר הַמַּעֲרָבִי · כֻּבֶד / כַּפֹּרֶת · עָלְמָא דְּשִׁקְרָא
- Revue « Niflaot » n°404 (Gal Einai), Beha'alotekha 5786