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Dvar Torah/Beha'alotekha/ma'amar

La 'Houppa, finalité de l'intention

חֲתֻנָּה – תַּכְלִית הַכַּוָּנָה

יִחוּד הָאוֹרוֹת וְהַכֵּלִים · l'union des Lumières et des Réceptacles

Paracha : Beha'alotekhaAuteur : Rav Yitzchak GinsburghDurée : 14 minSource : Gal Einai · revue « Niflaot » n°404 · Beha'alotekha 5786
Foyer & coupleKabbale & sod
Traduction de travail. Traduction française de travail (ma'amar complet, sections א–ג) — à relire et valider sur la source avant publication publique.

Donné à l'occasion des שֶׁבַע בְּרָכוֹת (les sept bénédictions du mariage) d'un חָתָן et d'une כַּלָּה, ce ma'amar développe l'union — le יִחוּד — entre le חָתָן (le marié) et la כַּלָּה (la mariée), image, selon la קַבָּלָה, de l'union des deux dimensions de la Création : les אוֹרוֹת (les « Lumières ») et les כֵּלִים (les « Réceptacles »). Il s'appuie sur le ma'amar prononcé par le Rabbi lors de son propre mariage, sur le verset כִּי עַל כָּל כָּבוֹד חֻפָּה (Yeshayahou 4, 5). Le fil conducteur : la véritable תַּכְלִית הַכַּוָּנָה — la finalité de toute l'« intention » divine dans la Création.

I« Sur toute gloire, une 'houppa »

עַל כָּל כָּבוֹד חֻפָּה — אַהֲבַת שָׁלֹשׁ הַחֲתֻנּוֹת

Le verset enseigne : « כִּי עַל כָּל כָּבוֹד חֻפָּה » — « car sur toute כָּבוֹד (gloire) s'étend une חֻפָּה (un dais nuptial) ». Le ma'amar demande : de quelle « gloire » parle-t-on ? Il distingue deux gloires — la כְּבוֹד חָתָן (la gloire du marié) et la כְּבוֹד כַּלָּה (la gloire de la mariée) — au-dessus desquelles s'étend une seule et même חֻפָּה.

De là, trois amours, comme trois « mariages » : l'amour du חָתָן pour la כַּלָּה, l'amour de la כַּלָּה pour le חָתָן, et — les enveloppant tous deux — l'amour de la שְׁכִינָה (la Présence divine) elle-même. C'est l'union de ces trois amours qui fait la profondeur de la חֻפָּה.

כָּל אֶחָד אוֹהֵב אֶת הַשֵּׁנִי, שֶׁגַּם הַשְּׁכִינָה אוֹהֶבֶת אוֹתָם — וְזֶהוּ עִנְיַן הַחֻפָּה
IILa grandeur de la כַּלָּה

מַעֲלַת הַכַּלָּה — שֹׁרֶשׁ הַכֵּלִים גָּבוֹהַּ מִשֹּׁרֶשׁ הָאוֹרוֹת

La racine des כֵּלִים (les Réceptacles — le côté de la כַּלָּה) est plus haute que la racine des אוֹרוֹת (les Lumières — le côté du חָתָן). Ce qui se manifeste « en bas » comme simple capacité à recevoir puise, à sa source, plus haut que ce qui rayonne « en haut ».

Ainsi le יְסוֹד הֶעָפָר (l'élément « terre », le plus humble) est-il, en son intériorité, l'intériorité du כֶּתֶר (la « Couronne », le degré le plus élevé) : c'est là que réside l'אֱמוּנָה פְּשׁוּטָה (la foi simple) du Juif. Le plus « bas » touche précisément au plus « haut ».

יְסוֹד הֶעָפָר — בִּפְנִימִיּוּתוֹ פְּנִימִיּוּת הַכֶּתֶר, שָׁם הָאֱמוּנָה הַפְּשׁוּטָה שֶׁל הַיְּהוּדִי
IIIIntériorité et extériorité des Réceptacles

פְּנִימִיּוּת וְחִיצוֹנִיּוּת הַכֵּלִים — חֹמֶר וְצוּרָה, פּוֹעֵל וְתַכְלִית

Chaque כְּלִי a deux faces : une חִיצוֹנִיּוּת (extériorité) et une פְּנִימִיּוּת (intériorité). Le ma'amar les éclaire par le couple חֹמֶר (la matière) et צוּרָה (la forme) — avec le principe du חוֹתָם הַמִּתְהַפֵּךְ (le « sceau qui s'inverse ») : ce qui est « matière » à un niveau devient « forme » à un autre, et inversement.

À la racine, dans le monde du תֹּהוּ (le « chaos » primordial), les Réceptacles se brisèrent — שְׁבִירַת הַכֵּלִים — parce que chacun voulait régner seul : אֲנָא אֶמְלוֹךְ (« c'est moi qui régnerai », et non un autre). De cette brisure naît tout le travail de réparation (תִּקּוּן).

Le secret : la פְּנִימִיּוּת du כְּלִי vient de l'עַצְמוּת (l'Essence divine elle-même), plus profonde que la Lumière ; son extériorité, seulement de la Lumière. Voilà pourquoi le Réceptacle — la capacité de recevoir, d'agir « en bas » — est la véritable תַּכְלִית הַכַּוָּנָה.

Telle est la finalité : « בָּרָא אֶת הָאָדָם שֶׁיְּהֵא דָּבֵק בָּעֶלְיוֹנִים, כְּדֵי שֶׁיְּהֵא פּוֹעֵל בַּתַּחְתּוֹנִים » — Il créa l'homme pour qu'il soit attaché aux mondes d'en haut, afin d'agir dans les mondes d'en bas. L'union (la חֻפָּה) des אוֹרוֹת et des כֵּלִים n'a de sens que par son fruit : l'action concrète, ici-bas.

בָּרָא אֶת הָאָדָם שֶׁיְּהֵא דָּבֵק בָּעֶלְיוֹנִים, כְּדֵי שֶׁיְּהֵא פּוֹעֵל בַּתַּחְתּוֹנִים
Sources citéesמְקוֹרוֹת
  • Yeshayahou 4, 5 — « כִּי עַל כָּל כָּבוֹד חֻפָּה »
  • Ma'amar prononcé par le Rabbi lors de son mariage (sur « לְכָה דוֹדִי »)
  • Concepts de קַבָּלָה : אוֹרוֹת / כֵּלִים · כֶּתֶר · יְסוֹד הֶעָפָר · חֹמֶר וְצוּרָה · שְׁבִירַת הַכֵּלִים
  • Revue « Niflaot » n°404 (Gal Einai), Beha'alotekha 5786