Choftim (Juges) raconte Israël entre Yéhoshoua et la monarchie : une époque où « chacun faisait ce qui est droit à ses yeux » (17,6). Dieu suscite des choftim (שׁוֹפְטִים) — des libérateurs — face aux oppressions étrangères, dans un cycle répété de faute, souffrance, cri et délivrance. 21 chapitres, 618 versets. Texte vérifié, traduction du Rabbinat, commentaires juifs (Rachi, Metsoudot, Ralbag).
Choftim couvre la période après la mort de Yéhoshoua jusqu'à l'anarchie qui précède le roi Shaoul. C'est le livre des tribus en terre promise, mais sans roi central : chaque tribu avance à son rythme, parfois en alliance, parfois seule.
Le Talmud (Bava Batra 14b) compte Choftim parmi les Neviim Rishonim (Prophètes premiers), écrit par Shmouel selon une tradition rapportée dans le même traité.
Le chapitre 2 pose le schéma du livre : Israël abandonne l'Éternel → servitude sous une nation voisine → cri vers Dieu → suscitation d'un chofer (juge) → paix → mort du juge → retour à la faute. Ce cycle structure l'histoire d'Otniel, Ehoud, Débora, Gédéon, Yiftah, Shimshon…
Rachi (sur 2,11) insiste : chaque fois qu'un juge meurt, le peuple retombe — non parce que le juge est irremplaçable, mais parce que la fidélité personnelle ne se transmet pas d'elle-même.
Débora et Barak (ch. 4–5) — la seule femme juge, et le grand Chirat Débora, l'un des plus anciens poèmes hébraïques.
Gédéon (ch. 6–8) — l'ange à Ofra, la toison, les trois cents hommes ; puis la dérive : l'éphod d'Ofra et Avimélekh (ch. 9).
Yiftah (ch. 11–12) — le vœu tragique. Shimshon (ch. 13–16) — nazir, force surnaturelle, chute et mort héroïque contre les Philistins.
Les chapitres 17–21 forment une épilogue sombre, hors chronologie stricte : Mikha et son idole, la tribu de Dan qui s'installe au nord, l'horreur de Guivah (ch. 19), la guerre contre Binyamin (ch. 20–21).
Le refrain revient trois fois : « En ces jours, pas de roi en Israël ; chacun faisait ce qui est droit à ses yeux » (17,6 ; 18,1 ; 21,25). Ralbag y voit l'explication de l'anarchie morale qui exigea enfin une monarchie.
Choftim, récit et poésie mêlés, appelle Rachi (pchat et midrach), les Metsoudot (David et Tsion — clarté du sens simple), et le Ralbag (leçons morales et philosophiques). Le Midrash Chmouel et le Talmud (Nazir, Sotah) enrichissent surtout Shimshon et Débora.
Étudier Choftim, c'est voir un peuple libéré mais pas encore uni : la terre est conquise incomplètement, la Torah existe mais l'idolâtrie locale persiste. C'est le livre de la responsabilité collective — et de la fragilité d'une génération qui oublie trop vite.
Sources : Talmud Bavli, Bava Batra 14b — Choftim parmi les Neviim · Choftim 2,11–19 — le cycle · Choftim 17,6 ; 21,25 — « chacun fit ce qui est droit à ses yeux » · Commentaires : Rachi, Metsoudot, Ralbag (via Sefaria)
Conquête inachevée · l'ange à Bokhim · le cycle annoncé.
1Après Yéhoshoua — qui monte le premier ?Lire →2L'ange à Bokhim · le cycle des jugesLire →Le nazir de Dan — force, faiblesse et mort contre les Philistins.
13Annonce de la naissance de ShimshonLire →14Timna · l'énigmeLire →15Mâchoire d'âne · vengeanceLire →16Delila · chute et mort héroïqueLire →« Chacun fit ce qui est droit à ses yeux » — idoles, Guivah, guerre civile.
17Mikha et son idoleLire →18La tribu de Dan s'installe au nordLire →19La concubine de GuivahLire →20Guerre contre BinyaminLire →21Épouses pour Binyamin · conclusionLire →Texte hébreu : Miqra selon la Massora (Codex d'Alep). Traduction : Bible du Rabbinat (1899). Commentaires hébreux : Sefaria. Traductions françaises : travail de projet (à valider).