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Traité Zevachim

88b

Étude de Zevachim 88b

Étude de la Guémara 88b

Guémara
Mais si les vêtements sont devenus si sales qu’ils ont atteint un point tel que leur lavage nécessite l’utilisation de natron ou de savon, alors on ne peut pas les laver, même avec de l’eau. Et certains disent: On ne peut pas du tout laver les vêtements sacerdotaux, même si les laver avec de l'eau suffisait, car il n'y a pas de pauvreté dans un lieu de richesse, c'est-à-dire qu'il faut porter uniquement les vêtements sacerdotaux qui sont propres comme neufs, comme il sied au service du Temple, et ceux qui ont été lavés ne doivent pas être portés.
הוּגְּעוּ לְנֶתֶר וְאָהָל – אַף בְּמַיִם אֵין מְכַבְּסִים. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אֵין מְכַבְּסִין אוֹתָן כׇּל עִיקָּר, שֶׁאֵין עֲנִיּוּת בִּמְקוֹם עֲשִׁירוּת.
§ En ce qui concerne les vêtements sacerdotaux, les Sages ont enseigné dans une baraïta: La robe du Grand Prêtre était entièrement cousue de laine bleu ciel, comme il est dit: « Et il fit la robe de l'éphod en ouvrage tissé, toute en laine bleu ciel » (Exode 39:22). En ce qui concerne ses pans, au sujet desquels il est dit: « Et ils firent sur les pans de la robe des grenades bleu ciel, pourpre et cramoisi, retorses » (Exode 39:24), comment étaient-elles confectionnées? Le tailleur apporte de la laine bleu ciel, de la laine violette et de la laine écarlate, qui sont entrelacées ensemble, et les façonne pour qu'elles ressemblent à des grenades qui n'ont pas ouvert la bouche, c'est-à-dire qu'elles sont cousues sous l'apparence de grenades qui ne sont pas encore assez mûres pour que la couronne du dessus s'ouvre, et comme les cônes [konaot] des casques [kenasot] que l'on trouve sur la tête des enfants.
תָּנוּ רַבָּנַן: מְעִיל – כּוּלּוֹ שֶׁל תְּכֵלֶת הָיָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּעַשׂ אֶת מְעִיל הָאֵפוֹד כְּלִיל תְּכֵלֶת״. שׁוּלָיו כֵּיצַד? מֵבִיא תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי שְׁזוּרִין, וְעוֹשֶׂה אוֹתָן כְּמִין רִימּוֹנִים שֶׁלֹּא פִּיתְּחוּ פִּיהֶן, וּכְמִין קוֹנָאוֹת שֶׁל קְנָסוֹת שֶׁבְּרָאשֵׁי תִינוֹקוֹת.
Et pour accomplir ce qui est dit: « Et ils firent des cloches d'or pur, et ils mirent les cloches entre les grenades » (Exode 39:25), il apporte soixante-douze cloches, c'est-à-dire la partie extérieure des cloches, en or, qui contiennent à l'intérieur soixante-douze battants de cloches, et il les suspend aux jupes: Trente-six de chacune, c'est-à-dire grenades et cloches, de ce côté. de la robe, et trente-six de chaque côté, comme le dit le verset: « Une cloche et une grenade, une cloche et une grenade, sur les pans de la robe tout autour » (Exode 39: 26). Rabbi Dosa dit au nom de Rabbi Yehouda: Il y avait trente-six cloches suspendues autour de la jupe, dix-huit d'un côté et dix-huit de l'autre.
וּמֵבִיא שִׁבְעִים וּשְׁנַיִם זַגִּין שֶׁבָּהֶן שִׁבְעִים וּשְׁנַיִם עִינְבָּלִין, וְתוֹלֶה בָּהֶן שְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה בְּצַד זֶה וּשְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה מִצַּד זֶה. רַבִּי דּוֹסָא אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה: שְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה הָיוּ – שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה מִצַּד זֶה וּשְׁמֹנֶה עֶשְׂרֵה מִצַּד זֶה.
Rabbi Inini bar Sason dit: Tout comme il y a ici un désaccord entre les tanna'im concernant le nombre total de cloches suspendues autour du pan de la robe du Grand Prêtre, il y a aussi un désaccord entre les tanna'im concernant le nombre total de nuances de marques de lèpre. Comme nous l'avons appris dans une mishna (Nega'im 1:4): Concernant le nombre total de nuances de lèpre, Rabbi Dosa ben Harkinas dit: Il y en a trente-six, tandis qu'Akavya ben Mahalalel dit: Il y en a soixante-douze.
אָמַר רַבִּי עִינְיֹנִי בַּר שָׂשׂוֹן: כְּמַחְלוֹקֶת כָּאן כָּךְ מַחְלוֹקֶת בְּמַרְאוֹת נְגָעִים, דִּתְנַן: מַרְאוֹת נְגָעִים – רַבִּי דּוֹסָא בֶּן הַרְכִּינָס אוֹמֵר: שְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה, עֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל אוֹמֵר: שִׁבְעִים וּשְׁנַיִם.
§ La Guemara cite une autre déclaration de ce sage: Et le rabbin Inini bar Sason dit: Pourquoi le passage de la Torah qui parle des offrandes (Lévitique, chapitres 1 à 7) a-t-il été juxtaposé au passage qui traite des vêtements sacerdotaux (Lévitique, chapitre 8)? Cela a été juxtaposé pour vous dire que, tout comme les offrandes effectuent l'expiation, les vêtements sacerdotaux effectuent également l'expiation.
וְאָמַר רַבִּי עִינְיֹנִי בַּר שָׂשׂוֹן: לָמָּה נִסְמְכָה פָּרָשַׁת קׇרְבָּנוֹת לְפָרָשַׁת בִּגְדֵי כְהוּנָּה? לוֹמַר לָךְ: מָה קׇרְבָּנוֹת מְכַפְּרִין, אַף בִּגְדֵי כְהוּנָּה מְכַפְּרִין.
La tunique expie le sang versé, comme il est dit à propos des frères de Joseph après qu'ils aient comploté pour le tuer: « Et ils tuèrent un bouc, et trempèrent la tunique dans le sang » (Genèse 37: 31). Les pantalons expient les relations sexuelles interdites, comme il est dit à propos de la confection des vêtements sacerdotaux: « Et tu leur feras des pantalons de lin pour couvrir la chair de leur nudité » (Exode 28:42). La mitre expie les arrogants. D'où cela dérive-t-il? Rabbi Hanina dit: Il est logique qu'un objet placé en hauteur, c'est-à-dire sur la tête d'un prêtre, vienne expier le péché d'un cœur élevé.
כְּתוֹנֶת – מְכַפֶּרֶת עַל שְׁפִיכוּת (דם) [דָּמִים], שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּשְׁחֲטוּ שְׂעִיר עִזִּים וַיִּטְבְּלוּ אֶת הַכֻּתֹּנֶת בַּדָּם״. מִכְנָסַיִם – מְכַפֶּרֶת עַל גִּילּוּי עֲרָיוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַעֲשֵׂה לָהֶם מִכְנְסֵי בָד [לְכַסּוֹת (אֶת) בְּשַׂר עֶרְוָה]״. מִצְנֶפֶת – מְכַפֶּרֶת עַל גַּסֵּי הָרוּחַ. מִנַּיִן? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: יָבֹא דָּבָר שֶׁבַּגּוֹבַהּ, וִיכַפֵּר עַל גּוֹבַהּ.
Le rabbin Inini bar Sason poursuit: La ceinture expie les pensées du cœur. La Guemara précise: La ceinture expie les péchés commis là où elle se trouve, c'est-à-dire sur le cœur. Le pectoral du Souverain Sacrificateur expie les jugements inappropriés, comme il est dit: « Et tu feras un pectoral de jugement » (Exode 28: 15). L’éphod du Souverain Sacrificateur expie le culte des idoles, comme il est dit: « Et sans éphod ni téraphim » (Osée 3: 4), ce qui signifie que lorsqu’il n’y a pas d’éphod, le péché des téraphim, c’est-à-dire l’adoration des idoles, est constaté. Par conséquent, on peut en déduire que s’il y a un éphod, il n’y a pas de péché d’idolâtrie.
אַבְנֵט – מְכַפֵּר עַל הִרְהוּר הַלֵּב, הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ. חוֹשֶׁן – מְכַפֵּר עַל הַדִּינִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָשִׂיתָ חֹשֶׁן מִשְׁפָּט״. אֵפוֹד – מְכַפֵּר עַל עֲבוֹדָה זָרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֵין אֵפוֹד וּתְרָפִים״.
La robe du Grand Prêtre expie les propos malveillants. D'où est-ce que cela est connu? Rabbi Ḥanina dit: Il est logique qu'un objet qui produit du son, c'est-à-dire la robe, qui a des clochettes, vienne expier un mauvais son. Et la façade du Souverain Sacrificateur expie l’audace. Cela vient du fait qu’en ce qui concerne la façade, il est écrit: « Et ce sera sur le front d’Aaron » (Exode 28: 38), et en ce qui concerne l’impudence, il est écrit: « Et tu avais un front de prostituée » (Jérémie 3: 3).
מְעִיל – מְכַפֵּר עַל לָשׁוֹן הָרָע. מִנַּיִן? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: יָבֹא דָּבָר שֶׁבַּקּוֹל, וִיכַפֵּר עַל קוֹל הָרָע. וְצִיץ – מְכַפֵּר עַל עַזּוּת פָּנִים; בְּצִיץ כְּתִיב: ״וְהָיָה עַל מֵצַח אַהֲרֹן״, וּבְעַזּוּת פָּנִים כְּתִיב: ״וּמֵצַח אִשָּׁה זוֹנָה הָיָה לָךְ״.
La Guemara demande: Est-il vrai que les vêtements sacerdotaux expient ces péchés? Mais Rabbi Yehoshoua ben Lévi ne dit-il pas: Il y a deux choses pour lesquelles nous ne trouvons pas pour eux une expiation par des offrandes, mais nous trouvons pour eux une expiation venant d'un autre endroit, et ce sont: L'effusion de sang et les propos malveillants.
אִינִי?! וְהָא אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: שְׁנֵי דְּבָרִים לֹא מָצִינוּ לָהֶן כַּפָּרָה בְּקׇרְבָּנוֹת, וּמָצִינוּ לָהֶן כַּפָּרָה מִמָּקוֹם אַחֵר; וְאֵלּוּ הֵן: שְׁפִיכוּת דָּמִים וְלָשׁוֹן הָרָע!
Quant au sang versé, son expiation vient de la génisse dont le cou est brisé. Il s’agit d’un cas où un corps assassiné est retrouvé mais où l’identité du meurtrier n’est pas connue. Dans un tel cas, la Torah prescrit que le cou d’une génisse soit brisé en guise d’expiation pour le meurtre. Et en ce qui concerne les propos malveillants, leur expiation vient de l'encens, comme Rav Ḥananya l'enseigne dans une baraïta: D'où vient-il que l'encens effectue l'expiation? Comme il est dit après que les Israélites eurent parlé de manière calomnieuse contre Moïse et Aaron et qu’une plaie fut envoyée contre eux: « Et il mit de l’encens et fit l’expiation pour le peuple » (Nombres 17: 12).
שְׁפִיכוּת דָּמִים – מֵעֶגְלָה עֲרוּפָה, וְלָשׁוֹן הָרָע – מִקְּטֹרֶת. דְּתָנֵי רַב חֲנַנְיָה: מִנַּיִן לִקְטֹרֶת שֶׁמְּכַפֶּרֶת? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּתֵּן אֶת הַקְּטֹרֶת וַיְכַפֵּר עַל הָעָם״.
La Guemara continue: Et de même, l'école de Rabbi Yishmael enseigne: Car qu'est-ce que l'encens produit l'expiation? Il effectue l'expiation des propos malveillants, afin qu'un objet offert en privé, c'est-à-dire l'encens, offert par un prêtre agissant seul, vienne expier un acte qui se produit généralement en privé, c'est-à-dire un discours malveillant.
וְתָנֵי דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: עַל מָה קְטֹרֶת מְכַפֶּרֶת? עַל לָשׁוֹן הָרָע. יָבֹא דָּבָר שֶׁבַּחֲשַׁאי, וִיכַפֵּר עַל מַעֲשֶׂה חֲשַׁאי.
En conséquence, il y a une difficulté entre ce qui est dit à propos d'un discours malveillant et ce qui est dit à propos d'un discours malveillant, car selon le rabbin Inini bar Sason, la robe expie un discours malveillant, alors que selon la baraïta, c'est seulement l'encens qui fait expiation pour cette transgression. De même, il y a une difficulté entre ce qui est dit à propos de l'effusion de sang et ce qui est dit à propos de l'effusion de sang, car selon le rabbin Inini bar Sason, la tunique fait l'expiation pour le sang versé, alors que selon la baraïta, seule la génisse dont le cou est cassé fait l'expiation.
קַשְׁיָא לָשׁוֹן הָרָע אַלָּשׁוֹן הָרָע, קַשְׁיָא שְׁפִיכוּת דָּמִים אַשְּׁפִיכוּת דָּמִים!
Zevachim 88b
100%
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