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Traité Yoma

87a

Étude de Yoma 87a

Étude de la Guémara 87a

Guémara
[Suite de la formule que Rava se disait à lui-même avant de juger] : «De son plein gré, il part à sa mort ; il n'accomplit pas la volonté de sa maisonnée, et il rentre les mains vides à sa maisonnée ; et si seulement son entrée pouvait ressembler à sa sortie [sans péché].» Et lorsqu'il voyait une foule [ambuha] le suivre par respect, il disait [pour s'humilier] : «Même si son orgueil monte jusqu'aux cieux, et que sa tête atteint les nuages — il périra à jamais comme son propre excrément ; ceux qui l'ont vu diront : Où est-il ?» (Iyov 20, 6–7). Cela enseigne que lorsqu'on atteint le pouvoir, cela peut mener à sa propre chute. Lorsque l'on portait Rav Zoutra sur les épaules [en procession] lors du Chabbat du Festival [Chabbat de Réguél, où il enseignait devant de grandes assemblées], il récitait pour lui-même ceci afin de ne pas succomber à l'orgueil : «Car la puissance n'est pas éternelle, et la couronne dure-t-elle à travers toutes les générations ?» (Michlé 27, 24).
בִּצְבוּ נַפְשֵׁיהּ לִקְטָלָא נָפֵיק, וּצְבוּ בֵּיתֵיהּ לֵית הוּא עָבֵיד, וְרֵיקָן לְבֵיתֵיהּ אָזֵיל, וּלְוַאי שֶׁתְּהֵא בִּיאָה כִּיצִיאָה. וְכִי הָוֵי חָזֵי אַמְבּוּהָא אַבָּתְרֵיהּ, אָמַר: ״אִם יַעֲלֶה לַשָּׁמַיִם שִׂיאוֹ וְרֹאשׁוֹ לָעָב יַגִּיעַ. כְּגֶלֲלוֹ לָנֶצַח יֹאבֵד רוֹאָיו יֹאמְרוּ אַיּוֹ״. רַב זוּטְרָא, כִּי הֲווֹ מְכַתְּפִי לֵיהּ בְּשַׁבְּתָא דְרִיגְלָא, הֲוָה אָמַר: ״כִּי לֹא לְעוֹלָם חֹסֶן וְאִם נֵזֶר לְדוֹר וָדוֹר״.
§ Il a également été enseigné [dans la suite de la baraïta] : «Respecter la personne du méchant n'est pas bien» (Michlé 18, 5) — ce n'est pas bien pour les méchants d'être respectés dans ce monde et de ne pas être punis pour leurs péchés. Ce n'était pas bien pour A'hav [le roi d'Israël] d'être respecté dans ce monde, comme il est dit : «Parce qu'il s'est humilié devant Moi, Je n'apporterai pas le malheur de son vivant» (I Rois 21, 29) — et A'hav perdit ainsi sa part dans le Monde à Venir.
״שְׂאֵת פְּנֵי רָשָׁע לֹא טוֹב״ — לֹא טוֹב לָהֶם לָרְשָׁעִים שֶׁנּוֹשְׂאִין לָהֶם פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה. לֹא טוֹב לוֹ לְאַחְאָב שֶׁנָּשְׂאוּ לוֹ פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעַן כִּי נִכְנַע (אַחְאָב מִלְּפָנָי) לֹא אָבִיא הָרָעָה בְּיָמָיו״.
[Le verset complet continue] : «Pour faire pencher le juste dans son jugement» (Michlé 18, 5) — ce qui signifie : il est bon pour les justes de ne pas être respectés dans ce monde et d'y être punis pour leurs péchés [car ils expient ainsi ici-bas]. Par exemple, c'était bon pour Moïse de ne pas être respecté dans ce monde, comme il est dit : «Parce que vous n'avez pas eu foi en Moi pour Me sanctifier» (Bamidbar 20, 12). La Guemara analyse : avez-vous cru en Moi — votre temps ne serait pourtant pas encore venu de quitter ce monde [car votre punition était anticipée par rapport à votre heure naturelle].
״לְהַטּוֹת צַדִּיק בַּמִּשְׁפָּט״ — טוֹב לָהֶם לַצַּדִּיקִים שֶׁאֵין נוֹשְׂאִין לָהֶם פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה. טוֹב לוֹ לְמֹשֶׁה שֶׁלֹּא נָשְׂאוּ לוֹ פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעַן לֹא הֶאֱמַנְתֶּם בִּי לְהַקְדִּישֵׁנִי״, הָא אִילּוּ הֶאֱמַנְתֶּם בִּי — עֲדַיִין לֹא הִגִּיעַ זְמַנָּם לִיפָּטֵר מִן הָעוֹלָם.
Ils ont dit : fortunés [achréhem] sont les justes — non seulement ils accumulent du mérite pour eux-mêmes, mais ils accumulent du mérite [zékhouïot] pour leurs enfants et leurs petits-enfants jusqu'à la fin de toutes les générations. Ainsi, il y avait parmi les fils d'Aaron plusieurs qui méritaient essentiellement d'être brûlés comme Nadav et Avihou, comme il est dit : «Les fils d'Aaron qui restaient» (Vayikra 10, 16) — ce qui implique que d'autres également étaient restés bien qu'ils eussent mérité d'être brûlés avec leurs frères. Mais le mérite de leur père [Aaron] les protégea, et eux et leurs descendants furent kohanim [prêtres] pour toujours.
אַשְׁרֵיהֶם לַצַּדִּיקִים, לֹא דַּיָּין שֶׁהֵן זוֹכִין, אֶלָּא שֶׁמְּזַכִּין לִבְנֵיהֶם וְלִבְנֵי בְנֵיהֶם עַד סוֹף כׇּל הַדּוֹרוֹת. שֶׁכַּמָּה בָּנִים הָיוּ לוֹ לְאַהֲרֹן שֶׁרְאוּיִין לִישָּׂרֵף כְּנָדָב וַאֲבִיהוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַנּוֹתָרִים״, אֶלָּא שֶׁעָמַד לָהֶם זְכוּת אֲבִיהֶם.
D'un autre côté : malheur [oy lahem] aux méchants — non seulement ils se rendent eux-mêmes coupables, mais ils rendent leurs enfants et leurs petits-enfants coupables jusqu'à la fin de toutes les générations. Par exemple, Canaan avait de nombreux enfants qui méritaient d'être ordonnés rabbins et enseignants du public en raison de leur grande maîtrise de la Torah — comme Tavi, le serviteur de Rabban Gamliel, célèbre pour sa sagesse ; mais la culpabilité ['hovat] de leur père les condamna à rester esclaves.
אוֹי לָהֶם לָרְשָׁעִים, לֹא דַּיָּין שֶׁמְּחַיְּיבִין עַצְמָן, אֶלָּא שֶׁמְּחַיְּיבִין לִבְנֵיהֶם וְלִבְנֵי בְנֵיהֶם עַד סוֹף כׇּל הַדּוֹרוֹת. הַרְבֵּה בָּנִים הָיוּ לוֹ לִכְנַעַן שֶׁרְאוּיִין לִיסָּמֵךְ כְּטָבִי עַבְדּוֹ שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל, אֶלָּא שֶׁחוֹבַת אֲבִיהֶם גָּרְמָה לָהֶן.
De plus [un principe connexe] : quiconque accumule du mérite pour le public [mézakké et harabim] ne se verra pas offrir l'occasion de pécher [Dieu le protège de la faute] ; mais quiconque fait pécher le public [makh'ti et harabim] n'aura presque aucune possibilité de faire téchouva. La Guemara explique : quelle est la raison pour laquelle quiconque accumule du mérite pour le public ne verra pas la faute venir jusqu'à lui ? C'est afin qu'il ne se retrouve pas dans la Géhenne [Guéhinnom] pendant que ses disciples sont au Jardin d'Eden [Gan Eden], comme il est dit : «Car Tu n'abandonneras pas mon âme au séjour des morts ; Tu ne permettras pas à Ton fidèle de voir le gouffre» (Tehilim 16, 10). D'un autre côté, quiconque fait pécher le public n'aura presque aucune possibilité de faire téchouva, afin qu'il ne se retrouve pas au Jardin d'Eden pendant que ses disciples sont dans la Géhenne, comme il est dit : «L'homme chargé du sang d'une âme se hâtera vers le gouffre ; que personne ne le soutienne» (Michlé 28, 17). Puisqu'il a opprimé les autres et les a fait pécher, il ne trouvera pas d'échappatoire.
כׇּל הַמְזַכֶּה אֶת הָרַבִּים — אֵין חֵטְא בָּא עַל יָדוֹ, וְכׇל הַמַּחְטִיא אֶת הָרַבִּים — כִּמְעַט אֵין מַסְפִּיקִין בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת תְּשׁוּבָה. כׇּל הַמְזַכֶּה אֶת הָרַבִּים — אֵין חֵטְא בָּא עַל יָדוֹ, מַאי טַעְמָא? כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהֵא הוּא בְּגֵיהִנָּם וְתַלְמִידָיו בְּגַן עֵדֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֹא תַעֲזוֹב נַפְשִׁי לִשְׁאוֹל לֹא תִתֵּן חֲסִידְךָ לִרְאוֹת שָׁחַת״. וְכׇל הַמַּחְטִיא אֶת הָרַבִּים — אֵין מַסְפִּיקִין בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת תְּשׁוּבָה, שֶׁלֹּא יְהֵא הוּא בְּגַן עֵדֶן וְתַלְמִידָיו בְּגֵיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָדָם עָשׁוּק בְּדַם נָפֶשׁ עַד בּוֹר יָנוּס אַל יִתְמְכוּ בוֹ״.
§ La Guemara revient à l'interprétation de la Michna [qui stipule qu'on ne pardonne pas à] celui qui dit : «Je pécherai et me repentirai, je pécherai et me repentirai.» La Guemara demande : pourquoi la Michna a-t-elle besoin de répéter deux fois : «je pécherai et me repentirai, je pécherai et me repentirai» ? La Guemara explique que c'est en conformité avec ce que Rav Houna a dit au nom de Rav, car Rav Houna a dit au nom de Rav : dès qu'une personne commet une transgression et la répète, elle lui est permise [dans son esprit]. La Guemara s'étonne : peut-on concevoir qu'elle lui devient permise [réellement] ?! Dis plutôt : elle devient pour lui comme si elle était permise [il n'en perçoit plus l'interdit]. Par conséquent, le pécheur qui répète sa faute a du mal à l'abandonner, et cette répétition de la faute se reflète dans la répétition de la formule [dans la Michna].
הָאוֹמֵר אֶחֱטָא וְאָשׁוּב אֶחֱטָא וְאָשׁוּב. לְמָה לִי לְמֵימַר ״אֶחֱטָא וְאָשׁוּב, אֶחֱטָא וְאָשׁוּב״ תְּרֵי זִימְנֵי? כִּדְרַב הוּנָא אָמַר רַב. דְּאָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: כֵּיוָן שֶׁעָבַר אָדָם עֲבֵירָה וְשָׁנָה בָּהּ — הוּתְּרָה לוֹ. הוּתְּרָה לוֹ סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא: נַעֲשֵׂית לוֹ כְּהֶיתֵּר.
[La Michna stipule également que] celui qui dit «je pécherai et Yom Kippour expiera» — Yom Kippour n'expie pas [pour lui]. La Guemara commente : disons que la Michna n'est pas en accord avec l'opinion de Rabbi [Yehouda HaNassi], car il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi [Yehouda HaNassi] dit : Yom Kippour expie toutes les transgressions de la Torah, que l'on ait fait téchouva ou non ! La Guemara répond : même si l'on dit que la Michna suit l'opinion de Rabbi [Yehouda HaNassi], la situation est différente lorsque [le péché est fondé sur] le fait de se permettre [de pécher en comptant sur l'expiation] — même Rabbi [Yehouda HaNassi] convient que Yom Kippour n'expie pas pour les transgressions que l'on commet uniquement parce que l'on sait que Yom Kippour les expiera.
אֶחֱטָא וְיוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר — אֵין יוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר. לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי. דְּתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: עַל כׇּל עֲבֵירוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה, בֵּין עָשָׂה תְּשׁוּבָה בֵּין לֹא עָשָׂה תְּשׁוּבָה — יוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר! אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי, אַגַּב שָׁאנֵי.
§ La Michna a enseigné : Yom Kippour expie les péchés commis envers Dieu mais n'expie pas les péchés commis envers autrui [à moins de l'avoir apaisé]. Rav Yossèf bar 'Havu souleva une contradiction devant Rabbi Abbahu : la Michna stipule que Yom Kippour n'expie pas les péchés commis envers autrui — mais n'est-il pas écrit : «Si un homme pèche contre un autre homme, Dieu [Elohim] le jugera [oufilelo]» (I Chmouel 2, 25) ? Le mot oufilelo, qui peut aussi désigner la prière ou la réconciliation, implique que si l'offenseur prie, Dieu lui accordera le pardon. Rabbi Abbahu lui répondit : qui est le «Elohim» mentionné dans ce verset ? Il s'agit du juge [elohim] et non de Dieu, et le mot oufilelo dans le verset indique le jugement [judiciaire]. L'expiation n'a lieu qu'après que justice a été rendue à la partie lésée par une décision de tribunal.
עֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַמָּקוֹם וְכוּ׳. רָמֵי לֵיהּ רַב יוֹסֵף בַּר חָבוּ לְרַבִּי אֲבָהוּ: עֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַחֲבֵירוֹ אֵין יוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר? וְהָא כְּתִיב: ״אִם יֶחֱטָא אִישׁ לְאִישׁ וּפִלְלוֹ אֱלֹהִים״! מַאן אֱלֹהִים — דַּיָּינָא.
Rav Yossèf bar 'Havu lui dit : si c'est ainsi [que le mot oufilelo désigne un jugement], dis [l'interprétation de] la fin du verset : «Mais si un homme pèche contre l'Eternel, qui intercédera [yitpallel] pour lui ?» (I Chmouel 2, 25) — cela est problématique, puisqu'il a été établi que la racine pll dans ce verset dénote le jugement, et la fin du verset impliquerait donc que si on pèche contre Dieu, personne ne peut Le juger [ce qui est absurde]. Rabbi Abbahu lui répondit : voici ce que dit le verset : si un homme pèche contre un autre, Dieu [Elohim] lui pardonnera [oufilelo] — si l'offenseur apaise la personne qu'il a lésée, il sera pardonné. Mais si un homme pèche contre l'Eternel, qui intercédera [yitpallel] pour lui ? La téchouva et les bonnes actions [maassim tovim]. La racine pll doit être interprétée comme signifiant le pardon plutôt que le jugement.
אִי הָכִי, אֵימָא סֵיפָא: ״וְאִם לַה׳ יֶחֱטָא אִישׁ מִי יִתְפַּלֶּל לוֹ״! הָכִי קָאָמַר: ״אִם יֶחֱטָא אִישׁ לְאִישׁ וּפִלְלוֹ אֱלֹהִים״ — יִמְחוֹל לוֹ. ״וְאִם לַה׳ יֶחֱטָא אִישׁ מִי יִתְפַּלֶּל בַּעֲדוֹ״ — תְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים.
§ Rabbi Yitz'hak dit : celui qui offense son ami, même seulement en paroles, doit le reconcilier [léfayèss], comme il est dit : «Mon fils, si tu t'es porté garant de ton prochain, si tu as donné une poignée de main à un étranger, tu es pris au piège par les paroles de ta bouche… Fais donc ceci, mon fils, et délivre-toi, puisque tu es tombé entre les mains de ton prochain. Va, humilie-toi [hitra'pès] et presse ton prochain [réhav ré'éïkha]» (Michlé 6, 1–3). Cela doit être compris comme suit : si tu as de l'argent que tu lui dois, ouvre la paume de [oufaré — dénoue] ta main et paie-lui l'argent dû ; et sinon, si tu l'as offensé verbalement, multiplie [harbé] les amis [pour lui], c'est-à-dire envoie de nombreuses personnes comme messagers pour lui demander pardon.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל הַמַּקְנִיט אֶת חֲבֵירוֹ, אֲפִילּוּ בִּדְבָרִים — צָרִיךְ לְפַיְּיסוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּנִי אִם עָרַבְתָּ לְרֵעֶךָ תָּקַעְתָּ לַזָּר כַּפֶּיךָ נוֹקַשְׁתָּ בְאִמְרֵי פִיךָ עֲשֵׂה זֹאת אֵפוֹא בְּנִי וְהִנָּצֵל כִּי בָאתָ בְכַף רֵעֶךָ לֵךְ הִתְרַפֵּס וּרְהַב רֵעֶיךָ״. אִם מָמוֹן יֵשׁ בְּיָדְךָ — הַתֵּר לוֹ פִּסַּת יָד, וְאִם לָאו — הַרְבֵּה עָלָיו רֵיעִים.
Rav 'Hisda dit : il faut aussi l'apaiser [l'offensé] avec trois rangées [chorot] de trois personnes [chacune], comme il est dit : «Il se présente [yachor] devant les hommes et dit : J'ai péché, j'ai perverti ce qui était droit, et cela ne m'a pas profité» (Iyov 33, 27). Rav 'Hisda interprète le mot yachor comme apparenté au mot choura [rangée]. Le verset mentionne le péché trois fois : «j'ai péché», «j'ai perverti», et «cela ne m'a pas profité» — ce qui implique qu'on doit se présenter en trois rangées devant la personne dont on demande le pardon.
(וְאָמַר) רַב חִסְדָּא: וְצָרִיךְ לְפַיְּיסוֹ בְּשָׁלֹשׁ שׁוּרוֹת שֶׁל שְׁלֹשָׁה בְּנֵי אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יָשׁוֹר עַל אֲנָשִׁים וַיֹּאמֶר חָטָאתִי וְיָשָׁר הֶעֱוֵיתִי וְלֹא שָׁוָה לִי״.
Yoma 87a
100%
יומא פ״ז אמַסֶּכֶת יוֹמָא
גְּמָרָא בִּצְבוּ נַפְשֵׁיהּ לִקְטָלָא נָפֵיק, וּצְבוּ בֵּיתֵיהּ לֵית הוּא עָבֵיד, וְרֵיקָן לְבֵיתֵיהּ אָזֵיל, וּלְוַאי שֶׁתְּהֵא בִּיאָה כִּיצִיאָה. וְכִי הָוֵי חָזֵי אַמְבּוּהָא אַבָּתְרֵיהּ, אָמַר: ״אִם יַעֲלֶה לַשָּׁמַיִם שִׂיאוֹ וְרֹאשׁוֹ לָעָב יַגִּיעַ. כְּגֶלֲלוֹ לָנֶצַח יֹאבֵד רוֹאָיו יֹאמְרוּ אַיּוֹ״. רַב זוּטְרָא, כִּי הֲווֹ מְכַתְּפִי לֵיהּ בְּשַׁבְּתָא דְרִיגְלָא, הֲוָה אָמַר: ״כִּי לֹא לְעוֹלָם חֹסֶן וְאִם נֵזֶר לְדוֹר וָדוֹר״. ״שְׂאֵת פְּנֵי רָשָׁע לֹא טוֹב״ — לֹא טוֹב לָהֶם לָרְשָׁעִים שֶׁנּוֹשְׂאִין לָהֶם פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה. לֹא טוֹב לוֹ לְאַחְאָב שֶׁנָּשְׂאוּ לוֹ פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעַן כִּי נִכְנַע (אַחְאָב מִלְּפָנָי) לֹא אָבִיא הָרָעָה בְּיָמָיו״. ״לְהַטּוֹת צַדִּיק בַּמִּשְׁפָּט״ — טוֹב לָהֶם לַצַּדִּיקִים שֶׁאֵין נוֹשְׂאִין לָהֶם פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה. טוֹב לוֹ לְמֹשֶׁה שֶׁלֹּא נָשְׂאוּ לוֹ פָּנִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעַן לֹא הֶאֱמַנְתֶּם בִּי לְהַקְדִּישֵׁנִי״, הָא אִילּוּ הֶאֱמַנְתֶּם בִּי — עֲדַיִין לֹא הִגִּיעַ זְמַנָּם לִיפָּטֵר מִן הָעוֹלָם. אַשְׁרֵיהֶם לַצַּדִּיקִים, לֹא דַּיָּין שֶׁהֵן זוֹכִין, אֶלָּא שֶׁמְּזַכִּין לִבְנֵיהֶם וְלִבְנֵי בְנֵיהֶם עַד סוֹף כׇּל הַדּוֹרוֹת. שֶׁכַּמָּה בָּנִים הָיוּ לוֹ לְאַהֲרֹן שֶׁרְאוּיִין לִישָּׂרֵף כְּנָדָב וַאֲבִיהוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַנּוֹתָרִים״, אֶלָּא שֶׁעָמַד לָהֶם זְכוּת אֲבִיהֶם. אוֹי לָהֶם לָרְשָׁעִים, לֹא דַּיָּין שֶׁמְּחַיְּיבִין עַצְמָן, אֶלָּא שֶׁמְּחַיְּיבִין לִבְנֵיהֶם וְלִבְנֵי בְנֵיהֶם עַד סוֹף כׇּל הַדּוֹרוֹת. הַרְבֵּה בָּנִים הָיוּ לוֹ לִכְנַעַן שֶׁרְאוּיִין לִיסָּמֵךְ כְּטָבִי עַבְדּוֹ שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל, אֶלָּא שֶׁחוֹבַת אֲבִיהֶם גָּרְמָה לָהֶן. כׇּל הַמְזַכֶּה אֶת הָרַבִּים — אֵין חֵטְא בָּא עַל יָדוֹ, וְכׇל הַמַּחְטִיא אֶת הָרַבִּים — כִּמְעַט אֵין מַסְפִּיקִין בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת תְּשׁוּבָה. כׇּל הַמְזַכֶּה אֶת הָרַבִּים — אֵין חֵטְא בָּא עַל יָדוֹ, מַאי טַעְמָא? כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהֵא הוּא בְּגֵיהִנָּם וְתַלְמִידָיו בְּגַן עֵדֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֹא תַעֲזוֹב נַפְשִׁי לִשְׁאוֹל לֹא תִתֵּן חֲסִידְךָ לִרְאוֹת שָׁחַת״. וְכׇל הַמַּחְטִיא אֶת הָרַבִּים — אֵין מַסְפִּיקִין בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת תְּשׁוּבָה, שֶׁלֹּא יְהֵא הוּא בְּגַן עֵדֶן וְתַלְמִידָיו בְּגֵיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָדָם עָשׁוּק בְּדַם נָפֶשׁ עַד בּוֹר יָנוּס אַל יִתְמְכוּ בוֹ״. הָאוֹמֵר אֶחֱטָא וְאָשׁוּב אֶחֱטָא וְאָשׁוּב. לְמָה לִי לְמֵימַר ״אֶחֱטָא וְאָשׁוּב, אֶחֱטָא וְאָשׁוּב״ תְּרֵי זִימְנֵי? כִּדְרַב הוּנָא אָמַר רַב. דְּאָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: כֵּיוָן שֶׁעָבַר אָדָם עֲבֵירָה וְשָׁנָה בָּהּ — הוּתְּרָה לוֹ. הוּתְּרָה לוֹ סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא: נַעֲשֵׂית לוֹ כְּהֶיתֵּר. אֶחֱטָא וְיוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר — אֵין יוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר. לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי. דְּתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: עַל כׇּל עֲבֵירוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה, בֵּין עָשָׂה תְּשׁוּבָה בֵּין לֹא עָשָׂה תְּשׁוּבָה — יוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר! אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי, אַגַּב שָׁאנֵי. עֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַמָּקוֹם וְכוּ׳. רָמֵי לֵיהּ רַב יוֹסֵף בַּר חָבוּ לְרַבִּי אֲבָהוּ: עֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַחֲבֵירוֹ אֵין יוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר? וְהָא כְּתִיב: ״אִם יֶחֱטָא אִישׁ לְאִישׁ וּפִלְלוֹ אֱלֹהִים״! מַאן אֱלֹהִים — דַּיָּינָא. אִי הָכִי, אֵימָא סֵיפָא: ״וְאִם לַה׳ יֶחֱטָא אִישׁ מִי יִתְפַּלֶּל לוֹ״! הָכִי קָאָמַר: ״אִם יֶחֱטָא אִישׁ לְאִישׁ וּפִלְלוֹ אֱלֹהִים״ — יִמְחוֹל לוֹ. ״וְאִם לַה׳ יֶחֱטָא אִישׁ מִי יִתְפַּלֶּל בַּעֲדוֹ״ — תְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים. אָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל הַמַּקְנִיט אֶת חֲבֵירוֹ, אֲפִילּוּ בִּדְבָרִים — צָרִיךְ לְפַיְּיסוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּנִי אִם עָרַבְתָּ לְרֵעֶךָ תָּקַעְתָּ לַזָּר כַּפֶּיךָ נוֹקַשְׁתָּ בְאִמְרֵי פִיךָ עֲשֵׂה זֹאת אֵפוֹא בְּנִי וְהִנָּצֵל כִּי בָאתָ בְכַף רֵעֶךָ לֵךְ הִתְרַפֵּס וּרְהַב רֵעֶיךָ״. אִם מָמוֹן יֵשׁ בְּיָדְךָ — הַתֵּר לוֹ פִּסַּת יָד, וְאִם לָאו — הַרְבֵּה עָלָיו רֵיעִים. (וְאָמַר) רַב חִסְדָּא: וְצָרִיךְ לְפַיְּיסוֹ בְּשָׁלֹשׁ שׁוּרוֹת שֶׁל שְׁלֹשָׁה בְּנֵי אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יָשׁוֹר עַל אֲנָשִׁים וַיֹּאמֶר חָטָאתִי וְיָשָׁר הֶעֱוֵיתִי וְלֹא שָׁוָה לִי״. (וְאָמַר) רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: כׇּל הַמְבַקֵּשׁ מָטוּ מֵחֲבֵירוֹ, אַל יְבַקֵּשׁ מִמֶּנּוּ יוֹתֵר מִשָּׁלֹשׁ פְּעָמִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָנָּא שָׂא נָא וְעַתָּה שָׂא נָא״. וְאִם מֵת — מֵבִיא עֲשָׂרָה בְּנֵי אָדָם וּמַעֲמִידָן עַל קִבְרוֹ, וְאוֹמֵר: חָטָאתִי לַה׳ אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל וְלִפְלוֹנִי שֶׁחָבַלְתִּי בּוֹ. רַבִּי יִרְמְיָה הֲוָה לֵיהּ מִילְּתָא לְרַבִּי אַבָּא בַּהֲדֵיהּ, אֲזַל אִיתִּיב אַדַּשָּׁא דְּרַבִּי אַבָּא בַּהֲדֵי דְּשָׁדְיָא אַמְּתֵיהּ מַיָּא, מְטָא זַרְזִיפֵי דְמַיָּא אַרֵישָׁא. אָמַר: עֲשָׂאוּנִי כְּאַשְׁפָּה. קְרָא אַנַּפְשֵׁיהּ: ״מֵאַשְׁפּוֹת יָרִים אֶבְיוֹן״. שְׁמַע רַבִּי אַבָּא וּנְפֵיק לְאַפֵּיהּ, אֲמַר לֵיהּ: הַשְׁתָּא צְרִיכְנָא לְמִיפַּק אַדַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״לֵךְ הִתְרַפֵּס וּרְהַב רֵעֶיךָ״. רַבִּי זֵירָא כִּי הֲוָה לֵיהּ מִילְּתָא בַּהֲדֵי אִינִישׁ, הֲוָה חָלֵיף וְתָנֵי לְקַמֵּיהּ וּמַמְצֵי לֵיהּ, כִּי הֵיכִי דְּנֵיתֵי וְנִיפּוֹק לֵיהּ מִדַּעְתֵּיהּ. רַב הֲוָה לֵיהּ מִילְּתָא בַּהֲדֵי הָהוּא טַבָּחָא, לָא אֲתָא לְקַמֵּיהּ. בְּמַעֲלֵי יוֹמָא דְכִפּוּרֵי אֲמַר אִיהוּ: אֵיזִיל אֲנָא לְפַיּוֹסֵי לֵיהּ. פְּגַע בֵּיהּ רַב הוּנָא, אֲמַר לֵיהּ: לְהֵיכָא קָא אָזֵיל מָר, אֲמַר לֵיהּ: לְפַיּוֹסֵי לִפְלָנְיָא. אָמַר: אָזֵיל אַבָּא לְמִיקְטַל נַפְשָׁא. אֲזַל וְקָם עִילָּוֵיהּ. הֲוָה יָתֵיב וְקָא פָלֵי רֵישָׁא, דַּלִּי עֵינֵיהּ וְחַזְיֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: אַבָּא אַתְּ? זִיל, לֵית לִי מִילְּתָא בַּהֲדָךְ. בַּהֲדֵי דְּקָא פָלֵי רֵישָׁא, אִישְׁתְּמִיט גַּרְמָא וּמַחְיֵיהּ בְּקוֹעֵיהּ וְקַטְלֵיהּ. רַב הֲוָה פָּסֵיק סִידְרָא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי. עֲיַיל