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Traité Yoma

86b

Étude de Yoma 86b

Étude de la Guémara 86b

Guémara
§ Rabbi Yo'hanan dit : grande est la téchouva, car elle écarte même une interdiction de la Torah [pour permettre le retour]. Comment cela ? Comme il est dit que Dieu déclara : «… en disant : Si un homme répudie sa femme et qu'elle le quitte pour appartenir à un autre homme, peut-il revenir à elle ? Cette terre ne serait-elle pas gravement souillée ? Or toi, tu as commis l'adultère avec de nombreux amants ; et tu voudrais pourtant revenir à Moi, dit l'Eternel» (Yirmeyahou 3, 1). Or la Torah stipule : «Son premier mari qui l'a renvoyée ne pourra pas la reprendre comme épouse, après qu'elle a été souillée» (Devarim 24, 4). La relation entre le peuple juif et le Saint béni soit-Il est comparée à celle entre un mari et sa femme. De même qu'il est interdit à une femme adultère de retourner vers son mari, il devrait être interdit au peuple juif de revenir à Dieu après ses péchés — mais la téchouva écarte cette interdiction.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁדּוֹחָה אֶת לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁבַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֵאמֹר הֵן יְשַׁלַּח אִישׁ אֶת אִשְׁתּוֹ וְהָלְכָה מֵאִתּוֹ וְהָיְתָה לְאִישׁ אַחֵר הֲיָשׁוּב אֵלֶיהָ עוֹד הֲלֹא חָנוֹף תֶּחֱנַף הָאָרֶץ הַהִיא וְאַתְּ זָנִית רֵעִים רַבִּים וְשׁוֹב אֵלַי נְאֻם ה׳״.
Rabbi Yonatan dit : grande est la téchouva, car elle hâte la délivrance [guéoula], comme il est dit : «Et un Rédempteur viendra à Sion, et à ceux qui reviennent de la transgression en Jacob» (Yéchayahou 59, 20). Quelle est la raison pour laquelle un Rédempteur viendra à Sion ? C'est parce qu'il y a ceux qui reviennent de la transgression en Jacob.
אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה (שֶׁמְּקָרֶבֶת) אֶת הַגְּאוּלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבָא לְצִיּוֹן גּוֹאֵל וּלְשָׁבֵי פֶשַׁע בְּיַעֲקֹב״, מָה טַעַם ״וּבָא לְצִיּוֹן גּוֹאֵל״ — מִשּׁוּם דְּ״שָׁבֵי פֶשַׁע בְּיַעֲקֹב״.
Rech Lakich dit : grande est la téchouva, car par elle les fautes intentionnelles [zédonot] sont comptées pour lui comme des fautes involontaires [chegagot], comme il est dit : «Reviens, Israël, vers l'Eternel ton Dieu, car tu as trébuché dans ton iniquité» (Hochéa 14, 2). «Iniquité» [avon] désigne bien une faute intentionnelle, et pourtant le prophète l'appelle «trébucher» [michol] — ce qui implique que celui qui fait téchouva est considéré comme s'il n'avait trébuché qu'accidentellement dans sa transgression. La Guemara demande : est-ce bien ainsi ? Mais Rech Lakich lui-même n'a-t-il pas dit : grande est la téchouva, car les fautes intentionnelles sont comptées pour lui comme des mérites [zékhouïot], comme il est dit : «Et quand le méchant se détourne de sa méchanceté et accomplit ce qui est juste et droit, c'est sur elles [ses actions] qu'il vivra» (Yé'hezkel 33, 19), et toutes ses actions, même ses transgressions, deviennent dignes d'éloge ? La Guemara réconcilie : cela ne pose pas de difficulté : ici [où les péchés deviennent des mérites], il s'agit de celui qui fait téchouva par amour [méahaava] ; là [où les fautes intentionnelles ne sont que réduites à des fautes involontaires], il s'agit de celui qui fait téchouva par crainte [miyir'a].
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁזְּדוֹנוֹת נַעֲשׂוֹת לוֹ כִּשְׁגָגוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׁוּבָה יִשְׂרָאֵל עַד ה׳ אֱלֹהֶיךָ כִּי כָשַׁלְתָּ בַּעֲוֹנֶךָ״, הָא ״עָוֹן״ — מֵזִיד הוּא, וְקָא קָרֵי לֵיהּ מִכְשׁוֹל. אִינִי?! וְהָאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁזְּדוֹנוֹת נַעֲשׂוֹת לוֹ כִּזְכִיּוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְשׁוּב רָשָׁע מֵרִשְׁעָתוֹ וְעָשָׂה מִשְׁפָּט וּצְדָקָה עֲלֵיהֶם (חָיֹה) יִחְיֶה״! לָא קַשְׁיָא: כָּאן מֵאַהֲבָה, כָּאן מִיִּרְאָה.
Rabbi Chmouel bar Na'hmani dit au nom de Rabbi Yonatan : grande est la téchouva, car elle prolonge les années de vie d'une personne, comme il est dit : «Lorsque le méchant se détourne de la méchanceté qu'il a commise, et accomplit ce qui est juste et droit, il préservera sa vie» (Yé'hezkel 18, 27).
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁמַּאֲרֶכֶת שְׁנוֹתָיו שֶׁל אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְשׁוּב רָשָׁע מֵרִשְׁעָתוֹ (חָיוֹ) יִחְיֶה״.
§ Rabbi Yitz'hak dit : on dit en Occident [c'est-à-dire en Eretz Israël], au nom de Rabba bar Mari : viens et vois que l'attribut [middot] de la chair et du sang est différent de l'attribut du Saint béni soit-Il. Avec des êtres de chair et de sang, si quelqu'un insulte son ami par des paroles, il est incertain que la victime accepte d'être apaisée par lui ou ne le sera pas. Et si tu dis qu'elle sera apaisée, il est encore incertain qu'elle sera apaisée par des simples paroles ou ne le sera pas par des paroles seules — il faudra peut-être chercher à l'apaiser par d'autres moyens.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אָמְרִי בְּמַעְרְבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבָּה בַּר מָרִי: בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִדַּת בָּשָׂר וָדָם: מִדַּת בָּשָׂר וָדָם, מַקְנִיט אֶת חֲבֵירוֹ בִּדְבָרִים — סָפֵק מִתְפַּיֵּיס הֵימֶנּוּ, סָפֵק אֵין מִתְפַּיֵּיס הֵימֶנּוּ. וְאִם תֹּאמַר מִתְפַּיֵּיס הֵימֶנּוּ — סָפֵק מִתְפַּיֵּיס בִּדְבָרִים, סָפֵק אֵין מִתְפַּיֵּיס בִּדְבָרִים,
Mais en ce qui concerne le Saint béni soit-Il : si une personne commet une transgression en secret, Dieu se laisse apaiser par des paroles [de repentir], comme il est dit : «Prenez avec vous des paroles et revenez vers l'Eternel» (Hochéa 14, 3). Et non seulement cela : Dieu le considère comme si celui-ci Lui avait rendu service en se repentant, comme il est dit : «Accepte ce qui est bon» (Hochéa 14, 3). Et non seulement cela : le verset lui attribue le mérite comme s'il avait offert des taureaux [en sacrifice], comme il est dit : «C'est ainsi que nous offrirons à la place des taureaux les sacrifices de nos lèvres» (Hochéa 14, 3). De peur que l'on dise qu'il n'est considéré que comme celui qui offre des taureaux obligatoires ['houba], le verset dit donc : «Je guérirai leur rébellion, Je les aimerai librement [nedava]» (Hochéa 14, 5) — la téchouva est considérée comme l'offrande d'un sacrifice volontaire [nedava], plus valorisée encore.
אֲבָל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, אָדָם עוֹבֵר עֲבֵירָה בַּסֵּתֶר — מִתְפַּיֵּיס מִמֶּנּוּ בִּדְבָרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״קְחוּ עִמָּכֶם דְּבָרִים וְשׁוּבוּ אֶל ה׳״. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁמַּחְזִיק לוֹ טוֹבָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְקַח טוֹב״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמַּעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ הִקְרִיב פָּרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּנְשַׁלְּמָה פָּרִים שְׂפָתֵינוּ״. שֶׁמָּא תֹּאמַר פָּרֵי חוֹבָה, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֶרְפָּא מְשׁוּבָתָם אוֹהֲבֵם נְדָבָה״.
Il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi Méïr avait coutume de dire : grande est la téchouva, car en raison d'un seul individu qui se repent, le monde entier est pardonné, comme il est dit : «Je guérirai leur rébellion, Je les aimerai librement, car Ma colère s'est détournée de lui» (Hochéa 14, 5). Il n'est pas dit : «d'eux» [méhem] — c'est-à-dire des pécheurs — mais «de lui» [miménou] — c'est-à-dire de cet individu. Parce qu'il s'est repenti, tous seront guéris.
תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה, שֶׁבִּשְׁבִיל יָחִיד שֶׁעָשָׂה תְּשׁוּבָה — מוֹחֲלִין לְכׇל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶרְפָּא מְשׁוּבָתָם אוֹהֲבֵם נְדָבָה כִּי שָׁב אַפִּי מִמֶּנּוּ״. ״מֵהֶם״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״מִמֶּנּוּ״.
§ À propos de la téchouva, la Guemara demande : dans quelles circonstances démontre-t-on que l'on s'est vraiment et complètement repenti [baal téchouva] ? Rav Yehouda dit : par exemple, [si] l'objet de la transgression s'est présenté à lui une première fois et une deuxième fois [c'est-à-dire que la tentation est revenue], et il en a été préservé [en résistant à l'impulsion] — cela prouve qu'il s'est complètement repenti. Rav Yehouda précisa ce qu'il entendait [par «le même objet de transgression»] : [c'est-à-dire qu'il a l'occasion de pécher avec] la même femme avec laquelle il avait péché auparavant, à la même période de l'année, et au même endroit — et lorsque tout est aligné comme lors de la première fois où il a péché, il surmonte pourtant son penchant : cela prouve que son repentir est complet et qu'il est pardonné.
הֵיכִי דָּמֵי בַּעַל תְּשׁוּבָה? אָמַר רַב יְהוּדָה: כְּגוֹן שֶׁבָּאת לְיָדוֹ דְּבַר עֲבֵירָה פַּעַם רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה וְנִיצַּל הֵימֶנָּה. מַחְוֵי רַב יְהוּדָה: בְּאוֹתָהּ אִשָּׁה, בְּאוֹתוֹ פֶּרֶק, בְּאוֹתוֹ מָקוֹם.
Rav Yehouda dit que Rav souleva une contradiction : il est écrit : «Fortuné est celui dont la transgression est pardonnée, dont le péché est caché» (Tehilim 32, 1) — ce qui implique qu'il ne convient pas que quelqu'un révèle ses péchés ; mais il est aussi écrit : «Celui qui cache ses transgressions ne prospérera pas» (Michlé 28, 13). Il résolut la contradiction ainsi : cela ne pose pas de difficulté. Ici [il convient de publier le repentir], il s'agit d'un péché qui a été rendu public [car il est connu de tous, et il convient qu'il publie aussi sa téchouva pour effacer la mauvaise impression] ; là [il faut garder le silence], il s'agit d'un péché qui n'a pas été rendu public, auquel cas il est inapproprié de publiciser son repentir. Rav Zoutra bar Toviya dit au nom de Rav Na'hman : ici, il s'agit des péchés commis contre autrui [entre un homme et son prochain] — il doit publiciser son repentir pour que ceux qui l'entendent puissent convaincre l'autre de lui pardonner ; là, il s'agit des péchés commis contre Dieu [entre un homme et le Tout-Puissant], auquel cas il n'est pas nécessaire de se repentir publiquement.
אָמַר רַב יְהוּדָה, רַב רָמֵי — כְּתִיב: ״אַשְׁרֵי נְשׂוּי פֶּשַׁע כְּסוּי חֲטָאָה״, וּכְתִיב: ״מְכַסֶּה פְשָׁעָיו לֹא יַצְלִיחַ״! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּחֵטְא מְפוּרְסָם, הָא בְּחֵטְא שֶׁאֵינוֹ מְפוּרְסָם. רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב נַחְמָן: כָּאן בַּעֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַחֲבֵירוֹ, כָּאן בַּעֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַמָּקוֹם.
§ Il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi Yossé bar Yehouda dit : lorsqu'une personne commet une transgression pour la première fois, elle est pardonnée ; une deuxième fois, elle est pardonnée ; une troisième fois, elle est pardonnée ; mais la quatrième fois, elle n'est pas pardonnée, comme il est dit : «Ainsi a dit l'Eternel : pour trois transgressions d'Israël, et pour quatre Je n'inverserai pas [le décret]» (Amos 2, 6). Et il est dit [également] : «Toutes ces choses, Dieu les fait deux fois, trois fois avec un homme» (Iyov 33, 29).
תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אוֹמֵר: אָדָם עוֹבֵר עֲבֵירָה פַּעַם רִאשׁוֹנָה — מוֹחֲלִין לוֹ, שְׁנִיָּה — מוֹחֲלִין לוֹ, שְׁלִישִׁית — מוֹחֲלִין לוֹ, רְבִיעִית — אֵין מוֹחֲלִין לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ עַל שְׁלֹשָׁה פִּשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל וְעַל אַרְבָּעָה לֹא אֲשִׁיבֶנּוּ״, (וְנֶאֱמַר:) ״הֵן כׇּל אֵלֶּה יִפְעַל אֵל פַּעֲמַיִם שָׁלֹשׁ עִם גָּבֶר״.
La Guemara demande : pourquoi [la baraïta] ajoute-t-elle «et il est dit» [une deuxième citation biblique] ? Et que voulait-il [dire en ajoutant cette preuve] ? La Guemara explique : de peur que vous disiez que cet énoncé — selon lequel le Saint béni soit-Il pardonne facilement les trois premières fois — ne s'applique qu'à une communauté mais pas à un individu, viens entendre la preuve d'un autre verset qui dit : «Toutes ces choses, Dieu les fait deux fois, trois fois avec un homme» — ce qui implique que c'est vrai même pour un individu. À partir de ce point [la quatrième transgression], il n'est pas pardonné [automatiquement], comme il est dit : «Pour trois transgressions d'Israël, et pour quatre Je n'inverserai pas».
מַאי ״וְאוֹמֵר״? וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי בְּצִיבּוּר, אֲבָל בְּיָחִיד — לָא, תָּא שְׁמַע: ״הֶן כׇּל אֵלֶּה יִפְעַל אֵל פַּעֲמַיִם שָׁלֹשׁ עִם גָּבֶר״. (מִכָּאן וְאֵילָךְ אֵין מוֹחֲלִין לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל שְׁלֹשָׁה פִּשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל וְעַל אַרְבָּעָה לֹא אֲשִׁיבֶנּוּ״.)
§ Les Sages ont enseigné dans la Tossefta : en ce qui concerne les transgressions que l'on a confessées lors de ce Yom Kippour, il ne faut pas les confesser lors d'un autre Yom Kippour [puisqu'on a déjà été pardonné]. Mais si l'on a répété ces mêmes transgressions au cours de l'année, il faut les confesser à nouveau lors d'un autre Yom Kippour. Et si on ne les a pas répétées mais qu'on les a pourtant confessées à nouveau, à son sujet le verset dit : «Comme un chien qui retourne à son vomi, ainsi le fou répète sa sottise» (Michlé 26, 11) — car il est inapproprié de revenir mentionner ses péchés antérieurs [déjà pardonnés].
תָּנוּ רַבָּנַן: עֲבֵירוֹת שֶׁהִתְוַדָּה עֲלֵיהֶן יוֹם הַכִּפּוּרִים זֶה, לֹא יִתְוַדֶּה עֲלֵיהֶן יוֹם הַכִּפּוּרִים אַחֵר. וְאִם שָׁנָה בָּהֶן — צָרִיךְ לְהִתְוַדּוֹת יוֹם הַכִּפּוּרִים אַחֵר. וְאִם לֹא שָׁנָה בָּהֶן, וְחָזַר וְהִתְוַדָּה — עֲלֵיהֶן עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״כְּכֶלֶב שָׁב עַל קִיאוֹ כְּסִיל שׁוֹנֶה בְּאִוַּלְתּוֹ״.
Yoma 86b
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יומא פ״ו במַסֶּכֶת יוֹמָא
גְּמָרָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁדּוֹחָה אֶת לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁבַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֵאמֹר הֵן יְשַׁלַּח אִישׁ אֶת אִשְׁתּוֹ וְהָלְכָה מֵאִתּוֹ וְהָיְתָה לְאִישׁ אַחֵר הֲיָשׁוּב אֵלֶיהָ עוֹד הֲלֹא חָנוֹף תֶּחֱנַף הָאָרֶץ הַהִיא וְאַתְּ זָנִית רֵעִים רַבִּים וְשׁוֹב אֵלַי נְאֻם ה׳״. אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה (שֶׁמְּקָרֶבֶת) אֶת הַגְּאוּלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבָא לְצִיּוֹן גּוֹאֵל וּלְשָׁבֵי פֶשַׁע בְּיַעֲקֹב״, מָה טַעַם ״וּבָא לְצִיּוֹן גּוֹאֵל״ — מִשּׁוּם דְּ״שָׁבֵי פֶשַׁע בְּיַעֲקֹב״. אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁזְּדוֹנוֹת נַעֲשׂוֹת לוֹ כִּשְׁגָגוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׁוּבָה יִשְׂרָאֵל עַד ה׳ אֱלֹהֶיךָ כִּי כָשַׁלְתָּ בַּעֲוֹנֶךָ״, הָא ״עָוֹן״ — מֵזִיד הוּא, וְקָא קָרֵי לֵיהּ מִכְשׁוֹל. אִינִי?! וְהָאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁזְּדוֹנוֹת נַעֲשׂוֹת לוֹ כִּזְכִיּוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְשׁוּב רָשָׁע מֵרִשְׁעָתוֹ וְעָשָׂה מִשְׁפָּט וּצְדָקָה עֲלֵיהֶם (חָיֹה) יִחְיֶה״! לָא קַשְׁיָא: כָּאן מֵאַהֲבָה, כָּאן מִיִּרְאָה. אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁמַּאֲרֶכֶת שְׁנוֹתָיו שֶׁל אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְשׁוּב רָשָׁע מֵרִשְׁעָתוֹ (חָיוֹ) יִחְיֶה״. אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אָמְרִי בְּמַעְרְבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבָּה בַּר מָרִי: בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִדַּת בָּשָׂר וָדָם: מִדַּת בָּשָׂר וָדָם, מַקְנִיט אֶת חֲבֵירוֹ בִּדְבָרִים — סָפֵק מִתְפַּיֵּיס הֵימֶנּוּ, סָפֵק אֵין מִתְפַּיֵּיס הֵימֶנּוּ. וְאִם תֹּאמַר מִתְפַּיֵּיס הֵימֶנּוּ — סָפֵק מִתְפַּיֵּיס בִּדְבָרִים, סָפֵק אֵין מִתְפַּיֵּיס בִּדְבָרִים, אֲבָל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, אָדָם עוֹבֵר עֲבֵירָה בַּסֵּתֶר — מִתְפַּיֵּיס מִמֶּנּוּ בִּדְבָרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״קְחוּ עִמָּכֶם דְּבָרִים וְשׁוּבוּ אֶל ה׳״. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁמַּחְזִיק לוֹ טוֹבָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְקַח טוֹב״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמַּעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ הִקְרִיב פָּרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּנְשַׁלְּמָה פָּרִים שְׂפָתֵינוּ״. שֶׁמָּא תֹּאמַר פָּרֵי חוֹבָה, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֶרְפָּא מְשׁוּבָתָם אוֹהֲבֵם נְדָבָה״. תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה, שֶׁבִּשְׁבִיל יָחִיד שֶׁעָשָׂה תְּשׁוּבָה — מוֹחֲלִין לְכׇל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶרְפָּא מְשׁוּבָתָם אוֹהֲבֵם נְדָבָה כִּי שָׁב אַפִּי מִמֶּנּוּ״. ״מֵהֶם״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״מִמֶּנּוּ״. הֵיכִי דָּמֵי בַּעַל תְּשׁוּבָה? אָמַר רַב יְהוּדָה: כְּגוֹן שֶׁבָּאת לְיָדוֹ דְּבַר עֲבֵירָה פַּעַם רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה וְנִיצַּל הֵימֶנָּה. מַחְוֵי רַב יְהוּדָה: בְּאוֹתָהּ אִשָּׁה, בְּאוֹתוֹ פֶּרֶק, בְּאוֹתוֹ מָקוֹם. אָמַר רַב יְהוּדָה, רַב רָמֵי — כְּתִיב: ״אַשְׁרֵי נְשׂוּי פֶּשַׁע כְּסוּי חֲטָאָה״, וּכְתִיב: ״מְכַסֶּה פְשָׁעָיו לֹא יַצְלִיחַ״! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּחֵטְא מְפוּרְסָם, הָא בְּחֵטְא שֶׁאֵינוֹ מְפוּרְסָם. רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב נַחְמָן: כָּאן בַּעֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַחֲבֵירוֹ, כָּאן בַּעֲבֵירוֹת שֶׁבֵּין אָדָם לַמָּקוֹם. תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אוֹמֵר: אָדָם עוֹבֵר עֲבֵירָה פַּעַם רִאשׁוֹנָה — מוֹחֲלִין לוֹ, שְׁנִיָּה — מוֹחֲלִין לוֹ, שְׁלִישִׁית — מוֹחֲלִין לוֹ, רְבִיעִית — אֵין מוֹחֲלִין לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ עַל שְׁלֹשָׁה פִּשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל וְעַל אַרְבָּעָה לֹא אֲשִׁיבֶנּוּ״, (וְנֶאֱמַר:) ״הֵן כׇּל אֵלֶּה יִפְעַל אֵל פַּעֲמַיִם שָׁלֹשׁ עִם גָּבֶר״. מַאי ״וְאוֹמֵר״? וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי בְּצִיבּוּר, אֲבָל בְּיָחִיד — לָא, תָּא שְׁמַע: ״הֶן כׇּל אֵלֶּה יִפְעַל אֵל פַּעֲמַיִם שָׁלֹשׁ עִם גָּבֶר״. (מִכָּאן וְאֵילָךְ אֵין מוֹחֲלִין לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל שְׁלֹשָׁה פִּשְׁעֵי יִשְׂרָאֵל וְעַל אַרְבָּעָה לֹא אֲשִׁיבֶנּוּ״.) תָּנוּ רַבָּנַן: עֲבֵירוֹת שֶׁהִתְוַדָּה עֲלֵיהֶן יוֹם הַכִּפּוּרִים זֶה, לֹא יִתְוַדֶּה עֲלֵיהֶן יוֹם הַכִּפּוּרִים אַחֵר. וְאִם שָׁנָה בָּהֶן — צָרִיךְ לְהִתְוַדּוֹת יוֹם הַכִּפּוּרִים אַחֵר. וְאִם לֹא שָׁנָה בָּהֶן, וְחָזַר וְהִתְוַדָּה — עֲלֵיהֶן עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״כְּכֶלֶב שָׁב עַל קִיאוֹ כְּסִיל שׁוֹנֶה בְּאִוַּלְתּוֹ״. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: כׇּל שֶׁכֵּן שֶׁהוּא מְשׁוּבָּח, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי פְשָׁעַי אֲנִי אֵדָע וְחַטָּאתִי נֶגְדִּי תָמִיד״. אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״כְּכֶלֶב שָׁב עַל קִיאוֹ וְגוֹ׳״ — כִּדְרַב הוּנָא. דְּאָמַר רַב הוּנָא, כֵּיוָן שֶׁעָבַר אָדָם עֲבֵירָה וְשָׁנָה בָּהּ — הוּתְּרָה לוֹ. הוּתְּרָה לוֹ סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא: נַעֲשֵׂית לוֹ כְּהֶיתֵּר. וְצָרִיךְ לִפְרוֹט אֶת הַחֵטְא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָנָּא חָטָא הָעָם הַזֶּה חֲטָאָה גְדוֹלָה וַיַּעֲשׂוּ לָהֶם אֱלֹהֵי זָהָב״, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״אַשְׁרֵי נְשׂוּי פֶּשַׁע כְּסוּי חֲטָאָה״. אֶלָּא מַהוּ שֶׁאָמַר מֹשֶׁה: ״וַיַּעֲשׂוּ לָהֶם אֱלֹהֵי זָהָב״? כִּדְרַבִּי יַנַּאי. דְּאָמַר רַבִּי יַנַּאי: אָמַר מֹשֶׁה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! כֶּסֶף וְזָהָב שֶׁהִרְבֵּיתָ לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל עַד שֶׁאָמְרוּ דַּי — גָּרַם לָהֶם שֶׁיַּעֲשׂוּ אֱלֹהֵי זָהָב. שְׁנֵי פַּרְנָסִים טוֹבִים עָמְדוּ לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל: מֹשֶׁה וְדָוִד. מֹשֶׁה אָמַר: יִכָּתֵב סוּרְחָנִי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעַן לֹא הֶאֱמַנְתֶּם בִּי לְהַקְדִּישֵׁנִי״, דָּוִד אָמַר: אַל יִכָּתֵב סוּרְחָנִי. שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵי נְשׂוּי פֶּשַׁע כְּסוּי חֲטָאָה״. מָשָׁל דְּמֹשֶׁה וְדָוִד לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לִשְׁתֵּי נָשִׁים שֶׁלָּקוּ בְּבֵית דִּין, אַחַת קִלְקְלָה, וְאַחַת אָכְלָה פַּגֵּי שְׁבִיעִית. אָמְרָה לָהֶן אוֹתָהּ שֶׁאָכְלָה פַּגֵּי שְׁבִיעִית: בְּבַקָּשָׁה מִכֶּם, הוֹדִיעוּ עַל מָה הִיא לוֹקָה, שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ: עַל מַה שֶּׁזּוֹ לוֹקָה — זוֹ לוֹקָה. הֵבִיאוּ פַּגֵּי שְׁבִיעִית וְתָלוּ בְּצַוָּארָהּ, וְהָיוּ מַכְרִיזִין לְפָנֶיהָ וְאוֹמְרִין: עַל עִסְקֵי שְׁבִיעִית הִיא לוֹקָה. מְפַרְסְמִין אֶת הַחֲנֵפִין מִפְּנֵי חִילּוּל הַשֵּׁם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְשׁוּב צַדִּיק מִצִּדְקוֹ וְעָשָׂה עָוֶל וְנָתַתִּי מִכְשׁוֹל לְפָנָיו״. תְּשׁוּבַת הַמּוּחְלָטִין מְעַכֶּבֶת הַפּוּרְעָנוּת, וְאַף עַל פִּי שֶׁנֶּחְתַּם עָלָיו גְּזַר דִּין שֶׁל פּוּרְעָנוּת. שַׁלְוַת רְשָׁעִים סוֹפָהּ תַּקָּלָה, וְהָרְשׁוּת מְקַבֶּרֶת אֶת בְּעָלֶיהָ, עָרוֹם נִכְנָס לָהּ וְעָרוֹם יֵצֵא מִמֶּנָּה, וּלְוַאי שֶׁתְּהֵא יְצִיאָה כְּבִיאָה. רַב כִּי הֲוָה נָפֵיק לְמֵידַן דִּינָא אָמַר הָכִי: בִּצְבוּ נַפְשֵׁיהּ לִקְטָלָא נָפֵיק, וּצְבוּ בֵּיתֵיהּ לֵית הוּא עָבֵיד, וְרֵיקָן לְבֵיתֵיהּ אָזֵיל, וּלְוַאי שֶׁתְּהֵא בִּיאָה כִּיצִיאָה. רָבָא כִּי הֲוָה נָפֵיק לְדִינָא אָמַר הָכִי: