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Traité Yoma

78b

Étude de Yoma 78b

Étude de la Guémara 78b

Guémara
[Suite de la question soulevée à la fin de Yoma 78a :] des sandales en liège [sha'am] le Yom Kippour [sont-elles considérées comme des « chaussures » et donc interdites, ou non ?]. Rabbi Yits'hak bar Nah'mani se leva pour témoigner et dit : J'ai vu Rabbi Yéhochoua ben Lévi sortir avec des sandales en liège le Yom Kippour, et je lui demandai : Quelle est la décision lors d'un jeûne public [ta'anit tsibbour — décreté en période de sécheresse, où le port de chaussures est également interdit] ? Est-ce que de telles sandales [en liège] sont également permises ? Il me répondit : Il n'y a pas de différence [elles sont permises même lors d'un jeûne public]. Rabba bar bar H'ana dit : J'ai vu Rabbi Elazar originaire de Ninvé sortir avec des sandales en liège lors d'un jeûne public, et je lui demandai : Quelle est la décision pour le Yom Kippour ? Il me répondit : Il n'y a pas de différence [c'est permis]. La Guemara rapporte également : Rav Yéhouda sortait [le Yom Kippour] avec des sandales en roseaux. Abayé sortait avec des sandales en fibres de palmier. Rava sortait avec des sandales tressées de joncs. Aucune de ces matières ne constitue une « chaussure » [au sens halakhique]. Rabba bar Rav Houna enroulait une écharpe autour de ses pieds et sortait.
שַׁעַם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים? עָמַד רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי עַל רַגְלָיו, וְאָמַר: אֲנִי רָאִיתִי אֶת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי שֶׁיָּצָא בְּסַנְדָּל שֶׁל שַׁעַם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. וְאָמֵינָא לֵיהּ: בְּתַעֲנִית צִבּוּר מַאי? אֲמַר לֵיהּ: לָא שְׁנָא. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: אֲנִי רָאִיתִי אֶת רַבִּי אֶלְעָזָר דְּמִן נִנְוֵה שֶׁיָּצָא בְּסַנְדָּל שֶׁל שַׁעַם בְּתַעֲנִית צִבּוּר, וְאָמֵינָא לֵיהּ: בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים מַאי? אֲמַר לֵיהּ: לָא שְׁנָא. רַב יְהוּדָה נָפֵיק בִּדְהִיטָנֵי. אַבָּיֵי נָפֵיק בִּדְהוּצֵי. רָבָא נָפֵיק (בִּדְיַבְלֵי). רַבָּה בַּר רַב הוּנָא כָּרֵיךְ סוּדָרָא אַכַּרְעֵיהּ וְנָפֵיק.
Rami bar H'ama souleva une objection [depuis une michna] : On a enseigné qu'un amputé peut sortir [le Chabbat] avec sa prothèse en bois [qav], telles sont les paroles de Rabbi Méir. Mais Rabbi Yossi l'interdit. Et une baraïta [fut enseignée] à ce sujet [en addition à cette michna] : Ils s'accordent tous [tant Rabbi Méir que Rabbi Yossi] pour dire qu'il est interdit de sortir avec [cette prothèse] le Yom Kippour. [Cela implique que même les chaussures en bois sont interdites — les matières portées par les amoraïm précités devraient donc l'être aussi.] Abayé répondit : Là [dans le cas de Yom Kippour, la prothèse est interdite] parce qu'elle contient des chiffons [de tissu pour rembourrer et maintenir le moignon], et la prohibition vient du plaisir [tano'ug] que ces chiffons procurent [or tout plaisir supplémentaire est interdit le Yom Kippour].
מֵתִיב רָמֵי בַּר חָמָא: הַקִּיטֵּעַ יוֹצֵא בְּקַב שֶׁלּוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וְרַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר. וְתָנֵי עֲלַהּ: וְשָׁוִין שֶׁאָסוּר לָצֵאת בּוֹ בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. אָמַר אַבָּיֵי: הָתָם דְּאִית בֵּיהּ כְּתִיתִין, וּמִשּׁוּם תַּעֲנוּג.
Rava lui dit : Et si la prothèse en bois n'est pas [à proprement parler] un vêtement [c'est-à-dire n'est pas une chaussure], est-ce que les chiffons [qui s'y trouvent] la transforment en vêtement ? [Seules les chaussures sont interdites, pas les autres sortes de confort.] De plus : tout autre plaisir qui n'est pas le plaisir procuré par le port de chaussures — est-il interdit le Yom Kippour ? [Les cinq inouïm sont limitativement énumérés.] Et [voici la preuve :] Rabba bar Rav Houna enroulait bien une écharpe autour de ses pieds et sortait [ce qui montre que le confort procuré par des chiffons est permis le Yom Kippour] ! De plus, la fin de la baraïta contredit votre explication : du fait que [la baraïta] enseigne [dans sa dernière clause] : « Si [la prothèse] possède une cavité destinée aux chiffons, elle est susceptible d'impureté rituelle [comme tout ustensile en bois creux] », il s'infère que dans la première clause [là où la baraïta interdit la prothèse le Yom Kippour] on ne traite pas d'une prothèse dotée d'un espace pour les chiffons. [La position d'Abayé est ainsi rejetée.]
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: וְאִי לָאו מָנָא הוּא — כְּתִיתִין מְשַׁוֵּי לֵיהּ מָנָא? וְעוֹד: כׇּל תַּעֲנוּג דְּלָאו מִנְעָל הוּא, בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים מִי אָסוּר? וְהָא רַבָּה בַּר רַב הוּנָא הֲוָה כָּרֵיךְ סוּדָרָא אַכַּרְעֵיהּ וְנָפֵיק! וְעוֹד, מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: אִם יֵשׁ לוֹ בֵּית קִבּוּל כְּתִיתִין — טָמֵא, מִכְּלָל דְּרֵישָׁא לָאו בִּדְאִית לֵיהּ כְּתִיתִין עָסְקִינַן.
Rava dit plutôt : En réalité, selon tout le monde [Rabbi Méir et Rabbi Yossi], une prothèse en bois est considérée comme une chaussure [et donc interdite le Yom Kippour]. C'est sur la question du Chabbat qu'ils divergent : l'un [Rabbi Yossi] estime que l'on décrète une interdiction de porter une prothèse le Chabbat de peur qu'elle ne se détache et que l'on soit amené à la porter sur quatre coudées [dans le domaine public, ce qui violerait le Chabbat] ; et l'autre [Rabbi Méir] estime que l'on ne décrète pas une telle règle.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: לְעוֹלָם דְּכוּלֵּי עָלְמָא מִנְעָל הוּא, וּבְשַׁבָּת בְּהָא פְּלִיגִי: מָר סָבַר גָּזְרִינַן דִּילְמָא מִשְׁתְּמִיט וְאָתֵי לְאֵתוֹיֵי אַרְבַּע אַמּוֹת, וּמַר סָבַר לָא גָּזְרִינַן.
§ Nos maîtres ont enseigné [dans une baraïta] : Les jeunes enfants [tinokot] sont autorisés à [accomplir ou à se voir accomplir par des adultes] toutes les activités [interdites le Yom Kippour — manger, boire, se baigner, se frotter d'huile], à l'exception du port de chaussures [qui leur est interdit]. La Guemara demande : Qu'est-ce qui est particulier dans le port de chaussures ? [Si la raison est] que les gens diraient : « Des adultes l'ont fait pour lui [en lui mettant ses chaussures] » [et l'on craindrait ainsi d'enseigner qu'il est permis de mettre des chaussures le Yom Kippour] — les autres [activités interdites] aussi [les gens] diront que des adultes les ont faites pour lui ! Pourquoi donc les enfants ne seraient-ils pas non plus autorisés à se baigner ou à se faire frotter d'huile ? La Guemara répond : Pour le bain et le frottement d'huile, on pourrait dire que c'est l'adulte qui l'a fait la veille [et non le jour même de Yom Kippour], car on ne peut pas déterminer à quel moment l'enfant a été baigné.
תָּנוּ רַבָּנַן: תִּינוֹקוֹת מוּתָּרִין בְּכוּלָּן, חוּץ מִנְּעִילַת הַסַּנְדָּל. מַאי שְׁנָא נְעִילַת הַסַּנְדָּל, דְּאָמְרִי: אִינָשֵׁי עֲבַדוּ לֵיהּ, הָנָךְ נָמֵי אָמְרִי: אִינָשֵׁי עֲבַדוּ לֵיהּ! רְחִיצָה וְסִיכָה, אֵימַר מֵאֶתְמוֹל עָבְדִי לֵיהּ.
[La Guemara objecte :] Pour les sandales aussi, on pourrait dire que l'adulte les lui a mises la veille ! [Et donc le port de chaussures devrait également être permis.] La Guemara répond : Pour les sandales, il est impossible de dire que l'adulte les lui a mises la veille, car l'enfant n'aurait pas gardé ses chaussures la nuit. Comme l'a dit Chmouel : Celui qui désire goûter à la mort devrait mettre ses chaussures [aux pieds] et aller dormir [car il est dangereux de dormir chaussé].
סַנְדָּל נָמֵי, אֵימַר מֵאֶתְמוֹל עָבְדִי לֵיהּ! סַנְדָּל לָא אֶפְשָׁר דְּמֵאֶתְמוֹל עָבְדִי לֵיהּ. דַּאֲמַר שְׁמוּאֵל: הַאי מַאן דְּבָעֵי לְמִיטְעַם טַעְמָא דְמִיתוּתָא — לִיסְיַים מְסָאנֵי וְלִיגְנֵי.
[La Guemara objecte :] Mais la [baraïta] enseigne que [les enfants] sont autorisés d'emblée [lekhat'hila — ce qui implique qu'il est permis pour un adulte d'accomplir ces actes pour eux le jour même !] [Comment comprendre cela si on craint que les observateurs se trompent ?] Plutôt, il faut expliquer [la baraïta] ainsi : Les Sages ont décrété [une interdiction] sur les actes qui ne sont pas nécessaires à la croissance de l'enfant, mais n'ont pas décrété [d'interdiction] sur les actes qui sont nécessaires à sa croissance. Comme l'a dit Abayé : Ma mère [nourricière] m'a dit : La croissance d'un nourrisson [yanoka] dépend d'eau chaude [pour le bain] et d'huile [pour le massage]. Quand il grandit un peu, il lui faut de l'œuf dans du kouta'h [une sauce aigre à base de lait]. Quand il grandit encore un peu, il lui faut des ustensiles à casser [pour assouvir son désir]. C'est ainsi que Rabba achetait pour ses enfants des ustensiles en céramique fêlés [bon marché], et ils les brisaient [pour leur joie].
וְהָא מוּתָּרִין לְכַתְּחִלָּה קָתָנֵי! אֶלָּא: הָנָךְ דְּלָאו רְבִיתַיְיהוּ — גְּזַרוּ בְּהוּ רַבָּנַן, הָנָךְ דִּרְבִיתַיְיהוּ הוּא — לָא גְּזַרוּ בְּהוּ רַבָּנַן. דְּאָמַר אַבָּיֵי, אֲמַרָה לִי אֵם: רְבִיתֵיהּ דְּיָנוֹקָא — מַיָּא חַמִּימֵי וּמִשְׁחָא. גְּדַל פּוּרְתָּא — בֵּיעֲתָא בְּכוּתָּחָא. גְּדַל פּוּרְתָּא — תַּבּוֹרֵי מָאנֵי. כִּי הָא דְּרַבָּה זָבֵין לְהוּ מָאנֵי גְּזִיזֵי דְּפַחְרָא לִבְנֵיהּ, וּמְתַבְּרִי לְהוּ.
§ [Nous avons appris dans la michna que, selon Rabbi Eliezer,] le roi et la mariée peuvent se laver le visage [le Yom Kippour]. La Guemara demande : Quel est le tanna [l'auteur] de la michna [qui porte cet avis] ? La Guemara répond : C'est l'opinion de Rabbi H'ananya ben Teradyon, comme cela a été enseigné dans une baraïta : Le roi et la mariée ne peuvent pas se laver le visage le Yom Kippour. [Mais] Rabbi H'ananya ben Teradyon dit au nom de Rabbi Eliezer : Un roi et une mariée peuvent se laver le visage. [Les autres Sages ont dit :] Une accouchée récente [h'aya] ne peut pas porter de sandales le Yom Kippour. Rabbi H'ananya ben Teradyon dit au nom de Rabbi Eliezer : Une accouchée récente peut porter des sandales.
הַמֶּלֶךְ וְהַכַּלָּה יִרְחֲצוּ אֶת פְּנֵיהֶם. מַתְנִיתִין מַנִּי? רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן תְּרַדְיוֹן הִיא, דְּתַנְיָא: הַמֶּלֶךְ וְהַכִּלָּה לֹא יִרְחֲצוּ אֶת פְּנֵיהֶם. רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן תְּרַדְיוֹן אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: הַמֶּלֶךְ וְהַכַּלָּה יִרְחֲצוּ אֶת פְּנֵיהֶם. הַחַיָּה לֹא תִּנְעוֹל אֶת הַסַּנְדָּל. רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן תְּרַדְיוֹן אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: הַחַיָּה תִּנְעוֹל אֶת הַסַּנְדָּל.
La Guemara demande : Selon l'opinion de Rabbi Eliezer, quelle est la raison pour laquelle le roi peut se laver le visage ? Parce qu'il est écrit : « Tes yeux verront le roi dans sa beauté » (Yéchayahou 33, 17). [Un roi doit toujours paraître majestueux devant son peuple.] Quelle est la raison pour laquelle une mariée peut se laver le visage ? Pour qu'elle n'apparaisse pas repoussante aux yeux de son époux. [Comme leur mariage débute à peine, son époux pourrait être rebuté de la voir autrement.] Rav dit à Rabbi H'iya : Pendant combien de temps après son mariage une femme est-elle considérée comme « mariée » [et bénéficie-t-elle de cette permission] ? Il lui répondit : Comme il a été enseigné dans une baraïta : Si [la mariée] devient une endeuillée, on ne lui retire pas ses parures pendant les trente premiers jours de son mariage. [Cela montre que les trente premiers jours sont la période critique pour son apparence.]
מַאי טַעְמָא? מֶלֶךְ, מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״מֶלֶךְ בְּיׇפְיוֹ תֶּחֱזֶינָה עֵינֶיךָ״. כַּלָּה מַאי טַעְמָא — כְּדֵי שֶׁלֹּא תִּתְגַּנֶּה עַל בַּעְלָהּ. אֲמַר לֵיהּ רַב לְרַבִּי חִיָּיא: כַּלָּה עַד כַּמָּה? אֲמַר לֵיהּ, כִּדְתַנְיָא: אֵין מוֹנְעִין תַּכְשִׁיטִין מִן הַכַּלָּה כׇּל שְׁלֹשִׁים יוֹם.
[Pour expliquer l'exception accordée à l'accouchée récente, la Guemara dit :] Une accouchée récente [h'aya] peut porter des sandales [le Yom Kippour]. Quelle en est la raison ? En raison du froid [tsina] — on craint qu'elle ne tombe malade, car elle est affaiblie par l'accouchement.
הַחַיָּה תִּנְעוֹל אֶת הַסַּנְדָּל — מִשּׁוּם צִינָּה.
Chmouel dit : Si quelqu'un doit marcher pieds nus le Yom Kippour et craint [de se faire piquer] par un scorpion [en raison du danger que représentent les scorpions dans cet endroit], il lui est permis de porter des chaussures [car on ne doit pas se mettre en danger].
אָמַר שְׁמוּאֵל: אִם מֵחֲמַת סַכָּנַת עַקְרָב — מוּתָּר.
§ Nous avons appris dans la michna : [Le Yom Kippour,] celui qui mange une nourriture du volume d'une grande datte [koévet hagassa] est passible [de malkat, la flagellation]. Rav Pappa demanda [la question suivante concernant la mesure exacte de cette datte] :
הָאוֹכֵל כְּכוֹתֶבֶת הַגַּסָּה. בָּעֵי רַב פָּפָּא:

Rachi

שעם - מין גומא שקורין פוי"י:,בתענית צבור - הנגזר על הגשמים דתנן במסכת תענית (דף יב:) אסור בנעילת הסנדל:,בדהיטני - מין שעם:,בדהוצי - סנדל של כפות תמרים:,בדיבלי - של עשבים:

יוצא בקב שלו - בשבת קב אשקצ"א:,ורבי יוסי אוסר - קסבר לאו מנעל הוא הואיל ואינו שוה בכל ואפילו הכי שוין שאסור לצאת בו ביום הכפורים אלמא אף על גב דלרבי יוסי לאו מנעל הוא אפי' הכי אסיר והוא הדין לשל שעם:,כתיתין - חתיכות בגדים קטנות שהם נוחות לו לסמוך שוקו עליהם:

טמא - מקבל טומאה דלאו פשוטי כלי עץ הוא:

מנעל הוא - הלכך ביוה"כ אסור אבל דהיטני ודהוצא לאו מנעל נינהו:

מותרין בכולן - בכל הני דמתניתין אכילה ושתיה ורחיצה וסיכה:,אינשי עבדו ליה - גדולים עשו לו והתורה הזהירה גדולים על הקטנים שלא יעשו להם בידים דבר האסור כדאמרינן במסכת יבמות (דף קיד.) לא תאכלום לא תאכילום להזהיר גדולים על הקטנים:

לא אפשר מאתמול - ויהא ישן כל הלילה והם ברגליו:

הא מותרין לכתחלה קתני - שאם בא לימלך אומרים לו האכילהו ורחוץ אותו והאי שפיר ידע דהיום עשאו לו:,מיא חמימי - לרחיצה:,ומשחא - לסוך:,ביעתא בכותחא - ביצים בכותח:,תבורי מאני - להפקיר לו כלים לשבר ולמלאות תאותו:,מאני גזיזי דפחרא - כלים סדוקים של חרס בדמים קלים:

אין מונעין תכשיטין וכו' - ברייתא היא ומייתינן לה בריש בתולה נישאת בכתובות הרי שהיה טבחו טבוח ויינו מזוג ומת אביו של חתן או אמה של כלה מכניסין את המת לחדר ואת החתן ואת הכלה לחופה ובועל בעילת מצוה ופורש ואחר כך קוברין את המת ואין מונעין תכשיטין מן הכלה מחמת האבל כל שלשים יום אלמא כל שלשים בעי' נוי:

אם מחמת סכנת עקרב - מקום שיש לחוש לעקרבים מותר כל אדם לנעול:

Tossafot

הקיטע יוצא בקב שלו - פרש"י פרק במה אשה מי שנקטעה רגלו עושה לו כמין דפוס רגל וחוקק בו מעט להשים ראש שוקו בתוכו ולא נהירא להרב פור"ת דקשיא ליה א"כ אמאי רבי יוסי אוסר והא אינו יכול לילך בע"א אע"ג דמסקינן הכא דטעמא דרבי יוסי משום דילמא מיפסיק ואתי לאיתויי והא אי נפיל אינו יכול לזוז משם עד שיחזור וינעלנו ועוד הקשה דהאמר אביי בפרק במה אשה (שבת דף סו.) דאין טמא מדרס משום דלא סמיך עילויה ואי כפרש"י והלא אין סמך גדול מזה ומיהו אור"י דלא קשה כולי האי שאין אותו קב צריך לו כל כך שהוא נשען על מקלות שבידיו כדרך החגרין ואינו נשען כלל על הקב והיינו סמוכות שלו דקתני התם יוצאין בהן בשבת לדברי הכל ולא כמו שפרש"י שעושה עור לראשי שוקיו וגורר שוקיו בקרקע כשנקטעו שתי רגליו ומהאי טעמא נמי אתי שפיר דאביי לא חשיב ליה מדרס שאינו נשען עליו אלא פעמים הוא נשען עליו קצת ופעמים אינו נוגע בקרקע כלל אבל הרב פור"ת פי' מי שנקטעה רגלו עושה לו קב כמין סנדל ומניחו במקום הרגל ונראה כאלו יש לו רגל ויכול לצאת בו בשבת כמו במנעליו וכופה שוקו לאחוריו וקושר סמוכות של עץ מכף יריכו שקוריו אשקצ"א וסומך בו שוקו ומהלך בה והיינו סמוכות שלו דקתני התם סמוכות שלו טמא מדרס ויוצאין בהן בשבת ונכנסין בהן לעזרה ואותו קב שמניח במקום פרסת רגלו אינו אלא כדי שיהו סבורין הרואים שרגל שלימה יש לו ומפני החולי אינו יכול לדרוך עליו ואם יש באותו קב בית קיבול כתיתין טמא כתיתין היינו גמי או מוכין או כל דבר רך שהוא נותן בקב להנאתו כדי שלא יכאב לו כשיגע רגלו בקב טמא איכא מאן דאמר בגמרא טמא טומאת מת ואיכא מאן דאמר טומאת מדרס לפי שהוא נשען עליו והאי דלא קתני גבי קב אי נכנס בו לעזרה אם לאו כדקתני גבי סמיכות יש לומר מילתא דפשיטא היא שאין נכנסין בו לעזרה כיון דלא צריך ליה כולי האי אי נמי כיון דגבוה מן הקרקע ואינו מלוכלך מילתא דפשיטא היא דנכנסים בו ולפרש"י יש ראיה להתיר למי שנכווצו גידי שוקיו לילך במקלות בשבת דהיינו סמוכות שלו דכולי עלמא יוצאין בהן בשבת ואפי' לפי' הרב פור"ת יש ראיה להתיר דמפרש סמוכות שלו ששתי רגליו על הסמוכות ואי אפשר לו לילך בלא מקלות ואפי' הכי לא אסר להו ועוד יש ראיה מסיפא דקתני כסא וסמוכות שלו טמאין מדרס ואין יוצאין בהן בשבת ופירש"י מי שנכווצו גידי שוקיו או גידי ירכותיו נותן עגבותיו בקב ויושב בו וקושר הקב בגופו ויש לו שני ספסלים קטנים בשתי ידיו ונשען עליהם ונדחף בהן והספסלים לא הוצרך התנא להזכיר שהרי אינו יכול לילך בכסא בלא ספסלים ויוצאין בכל אלו בשבת והא דקתני אין יוצאין בהן בשבת היינו בסמוכות שלו דהיינו סמוכות של עור או של עץ שעושה לרגליו התלויין באויר ואינן נוגעין לארץ ופעמים נסמך עליהם בקרקע גבוה ולכך אין יוצאין בהן בשבת לפי שאין צריך לו אי נמי זימנין דמשתלפי לפי שאין נוגעין בארץ ואתי לאיתויינהו אלמא דספסלים שבידיו מותר לצאת בהן והוא הדין למקלות וגם ר"ת התיר לאחד שכווצו גידי שוקיו לצאת במקלות לרשות הרבים:,הקיטע יוצא בקב שלו דברי רבי מאיר ורבי יוסי אוסר - בפרק במה אשה (שבת דף סו.) פרש"י משום דלאו תכשיט הוא ומשמע דאסר ליה משום דחשוב כמשוי ולא הוי מנעל אלא של עור אבל של עץ לא וכן משמע בגמרא התם דקאמר דלרבי מאיר חלצה בקב הקיטע חליצה כשירה דחשיב מנעל ולרבי יוסי חליצה פסולה דלא חשיב מנעל ור"ת הקשה דהא מסקינן הכא דפליגי אי חיישינן דילמא משתמיט ואתי לאתויי ארבע אמות אבל לכולי עלמא מנעל הוי והא דקאמר התם דלרבי מאיר חולצין בו ולר' יוסי לא אור"י דהיינו טעמא דרבי יוסי דכי היכי דחייש דילמא נפיל לפי שהוא רחב מהאי טעמא נמי אין חולצת בו כדאמר בפרק מצות חליצה (יבמות דף קג:) נעלו הראוי לו פרט לגדול שאינו יכול להלך בו והקשה רבינו שמשון מדתניא בפרק מצות חליצה חלצה בקב הקיטע חליצה כשירה באנפליא של בגד חליצה פסולה ופריך קב הקיטע מני רבי מאיר היא דתנן הקיטע יוצא בקב שלו דברי רבי מאיר ורבי יוסי אוסר באנפליא של בגד אתאן לרבנן משמע אתאן לרבנן דהיינו רבי יוסי דפליג על רבי מאיר והיכי משמע ליה דאתאן לרבי יוסי טפי מלרבי מאיר והא הא דלא חשיב ר' יוסי קב הקיטע כמנעל היינו משום דדרכו ליפסק וליפול אבל אנפליא של בגד דליכא למימר הכי דילמא אפילו רבי יוסי מודה ותירץ ר"י דודאי המקשה הוה ס"ד דטעמא דרבי יוסי משום הא דלא חשיב מנעל אלא של עור דבע"א לא מיתוקמא ליה הא דקתני באנפליא של בגד חליצה פסולה דאי לרבי יוסי נמי מנעל הוי ההיא מני לא רבי מאיר ולא רבי יוסי ובמסקנא דאמר כולה רבי מאיר היא וטעמא דפסיל באנפליא משום דלא מגינה מצי למיהוי שפיר טעמא דרבי יוסי משום דילמא מיפסיק וא"ת כיון דמעיקרא ס"ד דטעמא דרבי יוסי משום דילמא מיפסיק מאי קא משני מדסיפא רבנן רישא נמי רבנן ורישא במחופה עור אמאי שרי אפילו מחופה עור נמי איכא למיחש דילמא מיפסיק וי"ל במחופה עור דקאמר היינו בפנים שמתוך כך הוא מתקצר ומתיישב למדת רגלו אי נמי ע"י שהוא מחופה הוא יכול לכופלו ולקושרו כדי שיעמוד בחוזק סביב רגלו:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Yoma 78b
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יומא ע״ח במַסֶּכֶת יוֹמָא