Guémara
— là où se trouvait le siège de l'image de jalousie qui provoque la jalousie » (Ye'hezkel 8, 3). « Et il me conduisit dans le parvis intérieur de la Maison de l'Éternel, et voici, à l'entrée du Sanctuaire de l'Éternel, entre le porche et l'autel, environ vingt-cinq hommes avec le dos tourné vers le Sanctuaire de l'Éternel et le visage tourné vers l'orient, et ils se prosternaient vers l'orient en direction du soleil » (Ye'hezkel 8, 16). La Guemara explique : Du fait qu'il est dit « et leur visage tourné vers l'orient », n'est-il pas évident que leur dos était tourné vers le Sanctuaire [qui se trouve à l'ouest] ? Alors quel est le sens supplémentaire de « leur dos tourné vers le Sanctuaire de l'Éternel » ? Cela enseigne qu'ils se découvraient et défécuaient vers le bas, en direction de la Présence divine. [Le verset a utilisé un euphémisme pour éviter un langage vulgaire.]
שָׁם מוֹשַׁב סֵמֶל הַקִּנְאָה הַמַּקְנֶה״, ״וַיָּבֵא אוֹתִי אֶל חֲצַר בֵּית ה׳ הַפְּנִימִית וְהִנֵּה פֶתַח הֵיכַל ה׳ בֵּין הָאוּלָם וּבֵין הַמִּזְבֵּחַ כְּעֶשְׂרִים וַחֲמִשָּׁה אִישׁ אֲחוֹרֵיהֶם אֶל הֵיכַל ה׳ וּפְנֵיהֶם קֵדְמָה וְהֵמָּה מִשְׁתַּחֲוִים קֵדְמָה לַשָּׁמֶשׁ״. מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר ״וּפְנֵיהֶם קֵדְמָה״, אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁאֲחוֹרֵיהֶם אֶל הֵיכַל ה׳? אֶלָּא, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֲחוֹרֵיהֶם אֶל הֵיכַל ה׳ — מְלַמֵּד שֶׁהָיוּ פּוֹרְעִין עַצְמָן וְהָיוּ מַתְרִיזִין כְּלַפֵּי מַטָּה.
Le Saint-Béni-Soit-Il dit à Mikhaël [l'ange gardien du peuple juif] : Mikhaël, ta nation a péché [voir Daniel 10, 21]. Il [Mikhaël] répondit devant Lui : Maître de l'univers, que suffisent les justes parmi eux [pour les sauver de la destruction] ! Il lui dit : Je vais les brûler, eux et les justes parmi eux, car les justes ne reprennent pas les méchants. Immédiatement, Dieu dit à Gavriel : « Il dit à l'homme vêtu de lin : Viens entre les roues et sous le chéroub, et remplis tes mains de charbons ardents de l'espace entre les chéroubim, et répands-les sur la ville ; et il vint devant mes yeux » (Ye'hezkel 10, 2). Immédiatement : « Et le chéroub étendit sa main depuis l'espace entre les chéroubim vers le feu qui était entre les chéroubim, en prit et le déposa dans les mains de celui qui était vêtu de lin, qui le prit et sortit » (Ye'hezkel 10, 7).
אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמִיכָאֵל: מִיכָאֵל! סָרְחָה אוּמָּתֶךָ. אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, דַּיִּי לַטּוֹבִים שֶׁבָּהֶם! אָמַר לוֹ: אֲנִי שׂוֹרֵף אוֹתָם וְלַטּוֹבִים שֶׁבָּהֶם, מִיָּד: ״וַיֹּאמֶר (לָאִישׁ) לְבוּשׁ הַבַּדִּים וַיֹּאמֶר בּוֹא אֶל בֵּינוֹת לַגַּלְגַּל אֶל תַּחַת לַכְּרוּב וּמַלֵּא חׇפְנֶיךָ גַחֲלֵי אֵשׁ מִבֵּינוֹת לַכְּרוּבִים וּזְרוֹק עַל הָעִיר וַיָּבֹא לְעֵינָי״. מִיָּד: ״וַיִּשְׁלַח הַכְּרוּב אֶת יָדוֹ מִבֵּינוֹת לַכְּרוּבִים אֶל הָאֵשׁ אֲשֶׁר בֵּינוֹת הַכְּרוּבִים וַיִּשָּׂא וַיִּתֵּן אֶל חׇפְנֵי לְבוּשׁ הַבַּדִּים וַיִּקַּח וַיֵּצֵא״.
Rav 'Hana bar Bizna dit au nom de Rabbi Chimon le Pieux : Si les braises n'avaient pas refroidi en passant de la main du chéroub à la main de Gavriel — au lieu que Gavriel les prenne lui-même directement comme il en avait reçu l'ordre — il ne serait resté aucun survivant ni réfugié parmi les ennemis des Israélites [expression euphémique désignant les Israélites eux-mêmes]. Le refroidissement des braises limita le châtiment.
אָמַר רַב חָנָא בַּר בִּיזְנָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא: אִילְמָלֵא לֹא נִצְטַנְּנוּ גֶּחָלִים מִיָּדוֹ שֶׁל כְּרוּב לְיָדוֹ שֶׁל גַּבְרִיאֵל — לֹא נִשְׁתַּיְּירוּ מִשּׂוֹנְאֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל שָׂרִיד וּפָלִיט.
Et il est écrit : « Et voici, l'homme vêtu de lin, à qui était attaché l'encrier à sa hanche, rapporta la chose en disant : J'ai fait comme Tu m'avais commandé » (Ye'hezkel 9, 11). Rabbi Yo'hanan dit : En cet instant, on fit sortir Gavriel de derrière le voile [pargod], là où résident les anges intérieurs, et on le frappa de soixante coups de feu [poulseï de-noura]. On lui dit : Si tu ne l'avais pas fait [du tout], tu ne l'aurais pas fait — et nous t'en aurions justifié en disant que tu repoussais la chose pour permettre peut-être au Saint-Béni-Soit-Il de revenir sur Sa colère. Mais si tu l'as fait, pourquoi ne l'as-tu pas fait conformément à ce qui t'avait été ordonné, et t'es-tu écarté de tes instructions [en laissant le chéroub te donner les braises au lieu de les prendre toi-même] ? De plus, après avoir accompli ta mission, n'as-tu pas connaissance du principe : On ne rapporte pas en détail ce qui concerne une destruction ? Si l'on est envoyé pour une mission de destruction, on ne doit pas en faire un rapport détaillé mais seulement y faire allusion.
וּכְתִיב: ״וְהִנֵּה הָאִישׁ לְבוּשׁ הַבַּדִּים אֲשֶׁר הַקֶּסֶת בְּמׇתְנָיו מֵשִׁיב דָּבָר לֵאמֹר עָשִׂיתִי כַּאֲשֶׁר צִוִּיתָנִי״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּאוֹתָהּ שָׁעָה הוֹצִיאוּ לְגַבְרִיאֵל מֵאֲחוֹרֵי הַפַּרְגּוֹד, וּמַחְיוּהוּ שִׁיתִּין פּוּלְסֵי דְנוּרָא. אֲמַרוּ לֵיהּ: אִי לָא עֲבַדְתְּ — לָא עֲבַדְתְּ, אִי עֲבַדְתְּ — אַמַּאי לָא עֲבַדְתְּ כִּדְפַקְּדוּךְ? וְעוֹד: דַּעֲבַדְתְּ, לֵית לָךְ אֵין מְשִׁיבִין עַל הַקַּלְקָלָה?
On fit alors venir Doubiel, l'ange tutélaire des Perses, et on l'installa à la place [ba'harikéï] de Gavriel, et il officia pendant vingt et un jours. C'est ce qu'il est écrit : « Mais le prince du royaume de Perse s'opposa à moi pendant vingt et un jours, et voici, Mikhaël, l'un des premiers princes, vint à mon secours, et je suis resté là auprès des rois de Perse » (Daniel 10, 13). En compensation de ces vingt et un jours [où l'ange de Perse avait servi à la place de Gavriel], on lui accorda — à l'ange tutélaire de Perse — vingt et un rois qui régneraient ainsi que le port maritime de Machéhig.
אַיְיתוּהּ לְדוּבִּיאֵל שָׂרָא דְפָרְסָאֵי וְאוֹקְמוּהּ בַּחֲרִיקֵיהּ, וְשַׁמֵּשׁ עֶשְׂרִים וְאֶחָד יוֹם. הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וְשַׂר מַלְכוּת פָּרַס עוֹמֵד לְנֶגְדִּי עֶשְׂרִים וְאֶחָד יוֹם וְהִנֵּה מִיכָאֵל אַחַד הַשָּׂרִים הָרִאשׁוֹנִים בָּא לְעׇזְרֵנִי וַאֲנִי נוֹתַרְתִּי שָׁם אֵצֶל מַלְכֵי פָרָס״, יְהַבוּ לֵיהּ עֶשְׂרִין וְחַד מַלְכֵי וּפַרְווֹתָא דְּמַשְׁהִיג.
[L'ange tutélaire des Perses] dit [aux autorités célestes] : Écrivez pour moi que les Juifs doivent payer des impôts de capitation [akarga] aux Perses. On le leur écrivit comme il demandait. Il dit : Écrivez pour moi que les Sages [aussi] doivent payer des impôts. On le leur écrivit. Au moment où [les anges] allaient sceller les documents, Gavriel se leva de derrière le voile et dit : « C'est en vain que vous vous levez tôt, que vous vous attardez tard, que vous mangez le pain de la détresse — car [l'Éternel] donne le sommeil à Son bien-aimé » (Téhilim 127, 2). Que signifie « Il donne le sommeil à Son bien-aimé » ? Rav Yits'hak dit : Ce sont les épouses des disciples des Sages qui sacrifient leur sommeil en ce monde — en attendant leurs maris qui se lèvent tôt et rentrent tard de l'étude de la Torah — et par là elles méritent le monde à venir. [Gavriel disait en substance :] Est-ce là la récompense qu'elles méritent, de payer davantage d'impôts ? Mais on ne l'écouta pas.
אֲמַר: כְּתִיבוּ לִי לְיִשְׂרָאֵל בְּאַכְּרָגָא. כְּתַבוּ לֵיהּ. כְּתִיבוּ לִי רַבָּנַן בְּאַכְּרָגָא. כְּתַבוּ לֵיהּ. בְּעִידָּנָא דְּבָעוּ לְמִיחְתַּם, עָמַד גַּבְרִיאֵל מֵאֲחוֹרֵי הַפַּרְגּוֹד וְאָמַר: ״שָׁוְא לָכֶם מַשְׁכִּימֵי קוּם מְאַחֲרֵי שֶׁבֶת אוֹכְלֵי לֶחֶם הָעֲצָבִים כֵּן יִתֵּן לִידִידוֹ שֵׁנָא״, מַאי ״כֵּן יִתֵּן לִידִידוֹ שֵׁנָא״? אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אֵלּוּ נְשׁוֹתֵיהֶן שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁמְּנַדְּדוֹת שֵׁינָה בָּעוֹלָם הַזֶּה וְזוֹכוֹת לָעוֹלָם הַבָּא, וְלֹא הִשְׁגִּיחוּ עָלָיו.
[Gavriel] dit devant Lui [le Saint-Béni-Soit-Il] : Maître de l'univers, si l'on mettait tous les sages des nations du monde dans un plateau de la balance, et Daniel, l'homme bien-aimé [ich 'hamoudot], dans l'autre plateau, ne l'emporterait-il pas sur eux tous ? Le Saint-Béni-Soit-Il dit : Qui est celui qui plaide en faveur de Mes enfants ? On Lui dit : Maître de l'univers, c'est Gavriel. Il leur dit : Qu'il vienne [de derrière la cloison]. Comme il est dit : « Et je suis venu selon ta parole » (Daniel 10, 12), ce qui signifie que Gavriel fut autorisé à entrer de derrière la cloison parce qu'il avait évoqué le nom de Daniel. Dieu dit alors aux autres anges : Qu'il monte. On le fit entrer.
אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! אִם יִהְיוּ כׇּל חַכְמֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם בְּכַף מֹאזְנַיִם, וְדָנִיֵּאל אִישׁ חֲמוּדוֹת בְּכַף שְׁנִיָּה, לֹא נִמְצָא מַכְרִיעַ אֶת כּוּלָּם?! אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: מִי הוּא זֶה שֶׁמְּלַמֵּד זְכוּת עַל בָּנַי? אָמְרוּ לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, גַּבְרִיאֵל. אָמַר לָהֶם: יָבֹא. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַאֲנִי בָאתִי בִּדְבָרֶיךָ״. אֲמַר לְהוּ: לֵיעוּל. אַעַיְילוּהוּ.
[Gavriel] vint et trouva Doubiel, l'ange tutélaire des Perses, qui tenait la lettre [de décret] dans sa main. Gavriel voulut la lui arracher mais [Doubiel] l'avala. Certains disent que la lettre était rédigée mais non encore scellée. Certains disent qu'elle était également scellée, mais qu'en l'avalant, [Doubiel] en effaça le sceau. La Guemara commente : C'est pourquoi, dans le royaume de Perse, il y a des gens qui paient des impôts et d'autres qui n'en paient pas — le décret n'ayant pas été finalisé. Il est également dit [en Daniel] : « Et lorsque je sortirai, voici que le prince de la Grèce vient » (Daniel 10, 20). Gavriel cria et cria pour que les rois de Grèce ne dominent pas Israël, mais personne ne l'écouta.
אֲתָא, אַשְׁכְּחֵיהּ לְדוּבִּיאֵל דְּנָקֵט לֵיהּ לְאִיגַּרְתֵּיהּ בִּידֵיהּ, בְּעָא לְמִרְמַא מִינֵּיהּ, בַּלְעַהּ. אִיכָּא דְּאָמְרִי: מִיכְתָּב הֲוָה כְּתִיבָא, מִיחְתָּם לָא הֲוָה חֲתִימָא. אִיכָּא דְּאָמְרִי: אַף מִיחְתָּם נָמֵי הֲוָה חֲתִימָא, כִּדְבַלְעַהּ, מְחֵיק לַהּ מִינֵּיהּ. הַיְינוּ דִּבְמַלְכוּתָא דְפָרַס, אִיכָּא דְּיָהֵיב כְּרָגָא וְאִיכָּא דְּלָא יָהֵיב כְּרָגָא: ״וַאֲנִי יוֹצֵא וְהִנֵּה שַׂר יָוָן בָּא״, עַוִּי עַוִּי וְלֵיכָּא דְּאַשְׁגַּח בֵּיהּ.
§ La Guemara revient à la question de la rétention du bain comme inouï. Si tu veux, dis plutôt : Le fait que s'abstenir de se baigner soit considéré comme un inouï, d'où le dérivons-nous ? Comme il est écrit : « Et au prêtre Evyatar, le roi dit : Va à Anatot vers tes champs, car tu mérites la mort. Mais je ne te ferai pas mourir aujourd'hui, parce que tu as porté l'Arche de l'Éternel Dieu devant David mon père, et parce que tu t'es affligé de toutes les afflictions dont mon père fut affligé » (Méla'him I, 2, 26). Et il est écrit à propos de David [lors de sa fuite] : « Car les gens dirent : Le peuple est affamé, épuisé et assoiffé dans le désert » (Chmouel II, 17, 29). « Affamé » signifie qu'il manquait de pain à manger, et « assoiffé » signifie qu'il manquait d'eau à boire. « Épuisé » — de quoi [est-il épuisé] ? N'est-ce pas d'un manque de bain ? [Puisque le verset dit qu'Evyatar s'était affligé de toutes les afflictions de David, et que l'épuisement de David est mentionné.] La Guemara objecte : Peut-être « épuisé » signifie-t-il qu'il manquait de sandales ? Cela n'établit donc pas que s'abstenir de se baigner est une affliction.
וְאִי בָּעֵית אֵימָא: רְחִיצָה דְּאִיקְּרִי עִנּוּי מְנָא לַן — מֵהָכָא, דִּכְתִיב: ״וּלְאֶבְיָתָר הַכֹּהֵן אָמַר הַמֶּלֶךְ עֲנָתוֹת לֵךְ עַל שָׂדְךָ כִּי אִישׁ מָוֶת אָתָּה וּבַיּוֹם הַזֶּה לֹא אֲמִיתֶךָ כִּי נָשָׂאתָ [אֶת] אֲרוֹן ה׳ לִפְנֵי דָּוִד אָבִי וְכִי הִתְעַנִּיתָ בְּכֹל אֲשֶׁר הִתְעַנָּה אָבִי״. וּכְתִיב בֵּיהּ בְּדָוִד: ״כִּי אָמְרוּ הָעָם רָעֵב וְעָיֵף וְצָמֵא בַּמִּדְבָּר״. רָעֵב מִלֶּחֶם, וְצָמֵא מִמַּיִם, עָיֵף מִמַּאי — לָאו מֵרְחִיצָה? וְדִילְמָא מִנְּעִילַת הַסַּנְדָּל?
Mais plutôt, une autre source doit être trouvée. Rav Yits'hak dit : On peut le déduire d'ici : « Comme de l'eau froide sur une âme épuisée, ainsi est la bonne nouvelle d'un pays lointain » (Michlé 25, 25). Cela implique que le mot « épuisé » décrit quelqu'un qui n'a pas pu se baigner. La Guemara demande : Mais peut-être que le verset parle de l'épuisement causé par un manque de boisson ? La Guemara rejette cela : Est-il écrit « comme de l'eau froide dans une âme épuisée » [ce qui évoquerait l'absorption comme une boisson] ? Non — c'est « sur une âme épuisée » qui est écrit, ce qui implique [que l'eau s'applique sur la personne] par le bain [et non par la bouche].
אֶלָּא אָמַר רַבִּי יִצְחָק, מֵהָכָא: ״מַיִם קָרִים עַל נֶפֶשׁ עֲיֵפָה״. וְדִילְמָא מִשְּׁתִיָּה? מִי כְּתִיב ״בְּנֶפֶשׁ עֲיֵפָה״? ״עַל נֶפֶשׁ עֲיֵפָה״ כְּתִיב.
§ La Guemara précise le point suivant de la michna : Le fait de ne pas porter de sandales est considéré comme un inouï — d'où le déduit-on ? Comme il est écrit : « Et David montait par la montée des Oliviers, montant et pleurant, la tête couverte, et marchant pieds nus » (Chmouel II, 15, 30). Pieds nus — manque de quoi ? N'est-ce pas un manque de sandales ? Toutes ces privations sont décrites comme une affliction. La Guemara objecte : Non, peut-être était-il pieds nus du fait de [l'absence d'] un cheval et d'un fouet [insigne royal]. Même s'il portait des sandales, un roi sans cheval ni fouet était considéré comme marchant pieds nus.
וּנְעִילַת הַסַּנְדָּל מְנָא לַן? דִּכְתִיב: ״וְדָוִד עוֹלֶה בְמַעֲלֵה הַזֵּיתִים עוֹלֶה וּבוֹכֶה וְרֹאשׁ לוֹ חָפוּי (וְהוֹלֵךְ) יָחֵף״, יָחֵף מִמַּאי — לָאו מִנְּעִילַת הַסַּנְדָּל? וְדִילְמָא מִסּוּסְיָא וּמַרְטְקָא.
Mais plutôt, Rav Na'hman bar Yits'hak dit : Nous le déduisons d'ici, comme il est dit : « Va et défais le sac de ton dos, et retire ta sandale de ton pied » (Yéchaya 20, 2). Et il est écrit : « Et il fit ainsi, marchant nu et pieds nus » (Yéchaya 20, 2). Pieds nus — manque de quoi ? N'est-ce pas un manque de sandales ? La Guemara objecte : Et dis peut-être que le sens de « pieds nus » est qu'Yéchaya marchait avec des sandales rapiécées. Car si tu ne dis pas cela, et tu prétends que le verset doit être pris littéralement, est-ce que « nu » signifie vraiment nu ? Mais plutôt, le sens est qu'Yéchaya marchait avec des vêtements en haillons. De même ici, le sens est qu'il marchait avec des sandales rapiécées.
אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, מֵהָכָא: ״לֵךְ וּפִתַּחְתָּ הַשַּׂק מֵעַל מׇתְנֶיךָ וְנַעַלְךָ תַחֲלוֹץ מֵעַל רַגְלֶךָ״, וּכְתִיב: ״וַיַּעַשׂ כֵּן הָלוֹךְ עָרוֹם וְיָחֵף״. יָחֵף מִמַּאי — לָאו מִנְּעִילַת הַסַּנְדָּל? וְאֵימָא בְּמִנְעָלִים הַמְטוּלָּאִים? דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, ״עָרוֹם״ — עָרוֹם מַמָּשׁ, אֶלָּא בִּבְגָדִים בְּלוּיִים, הָכָא נָמֵי בְּמִנְעָלִים הַמְטוּלָּאִים.