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Traité Yoma

75b

Étude de Yoma 75b

Étude de la Guémara 75b

Guémara
Cependant le pain [le-'hem], dont [le peuple] a besoin de manière vitale [et qu'ils ont demandé de façon appropriée], leur a été donné de façon appropriée — le matin, où il y avait le temps de le préparer. La Guemara ajoute : de là, la Torah enseigne une règle de bonne conduite [derekh erets] : il convient de manger de la viande seulement la nuit [comme Mochè l'a dit au peuple : « ce sera au soir que l'Éternel vous donnera de la viande à manger » (Chemot 16, 8)]. La Guemara demande : mais n'a-t-il pas dit Abayé qu'on ne doit manger son repas qu'en plein jour [pour bien voir ce que l'on mange] ? La Guemara répond : nous voulons dire [manger dans des conditions] semblables au jour [c'est-à-dire à la lumière]. Il n'est pas nécessaire de manger pendant la journée tant qu'on peut voir ce que l'on mange. Rav A'ha bar Ya'akov dit : au commencement, les Juifs ressemblaient à des poulets qui picoraient dans les ordures — [dès qu'ils trouvaient de la nourriture ils la prenaient et la mangeaient], jusqu'à ce que Mochè vint et établit pour eux des heures de repas régulières [le matin et le soir, comme le sous-entend le verset].
לֶחֶם שֶׁשָּׁאֲלוּ כַּהוֹגֶן — נִיתַּן לָהֶם כַּהוֹגֶן. מִכָּאן לִמְּדָה תּוֹרָה דֶּרֶךְ אֶרֶץ שֶׁלֹּא יֹאכַל אָדָם בָּשָׂר אֶלָּא בַּלַּיְלָה. וְהָאָמַר אַבָּיֵי: הַאי מַאן דְּאִית לֵיהּ סְעוֹדְתָּא — לָא לֵאכְלַיהּ אֶלָּא בִּימָמָא! כְּעֵין יְמָמָא קָא אָמְרִינַן. אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: בַּתְּחִלָּה הָיוּ יִשְׂרָאֵל דּוֹמִין כְּתַרְנְגוֹלִים שֶׁמְּנַקְּרִין בָּאַשְׁפָּה, עַד שֶׁבָּא מֹשֶׁה וְקָבַע לָהֶם זְמַן סְעוּדָה.
Il est dit au sujet des cailles : « La viande était encore entre leurs dents, avant d'être mâchée, [que la colère de l'Éternel s'embrasa contre le peuple] » (Bamidbar 11, 33), ce qui signifie qu'ils moururent immédiatement. Cependant il est aussi dit : « Vous n'en mangerez pas pour un seul jour… mais pendant un mois entier, jusqu'à ce que cela sorte par vos narines et vous devienne en dégoût » (Bamidbar 11, 19-20). Comment concilier ces deux textes ? Les gens ordinaires [beinonim] moururent immédiatement ; mais les méchants [resha'im] continuèrent à souffrir douloureusement pendant un mois, puis moururent.
״הַבָּשָׂר עוֹדֶנּוּ בֵּין שִׁינֵּיהֶם״, וּכְתִיב: ״עַד חֹדֶשׁ יָמִים״, הָא כֵּיצַד? בֵּינוֹנִים, לְאַלְתַּר מֵתוּ. רְשָׁעִים, מִצְטַעֲרִין וְהוֹלְכִין עַד חֹדֶשׁ יָמִים.
Le verset dit : « Et ils les étalèrent [va-yichtéhou] pour eux tout autour du camp » (Bamidbar 11, 32). Reich Lakich dit : ne lis pas va-yichtéhou [ils étalèrent] mais va-yich'hatou [ils égorgèrent]. Cela enseigne que les ennemis d'Israël [euphémisme pour Israël] méritèrent la peine d'égorgement ['hiouv che'hita] en raison de leur demande [de viande]. [Sur un autre emploi du même radical :] le verset dit « étalé [chatou'ah] » (Bamidbar 11, 32). Un tanna a enseigné au nom de Rabbi Yehochoua ben Kor'ha : ne lis pas chatou'ah mais cha'hout [égorgé]. Cela enseigne qu'une autre nourriture [que la manne] tomba pour le peuple juif [avec la manne] — un aliment qui requiert l'abattage rituel [che'hita], c'est-à-dire des oiseaux. Rabbi [Yehouda haNassi] dit : et déduisez-vous vraiment cela d'ici ? [Faut-il altérer un mot pour cela ?] N'est-il pas déjà dit explicitement : « Et Il fit pleuvoir sur eux de la viande comme de la poussière, et des oiseaux ailés comme le sable de la mer » (Tehilim 78, 27) ?
״וַיִּשְׁטְחוּ״, אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אַל תִּקְרֵי ״וַיִּשְׁטְחוּ״, אֶלָּא ״וַיִּשְׁחֲטוּ״ — מְלַמֵּד שֶׁנִּתְחַיְּיבוּ שׂוֹנְאֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל שְׁחִיטָה. ״שָׁטוֹחַ״, תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קָרְחָה: אַל תִּיקְרֵי ״שָׁטוֹחַ״, אֶלָּא ״שָׁחוּט״, מְלַמֵּד שֶׁיָּרַד לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל עִם הַמָּן דָּבָר שֶׁטָּעוּן שְׁחִיטָה. אָמַר רַבִּי: וְכִי מִכָּאן אַתָּה לָמֵד? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״וַיַּמְטֵר עֲלֵיהֶם כֶּעָפָר שְׁאֵר וּכְחוֹל (הַיָּם) עוֹף כָּנָף״.
[En complément,] il a été enseigné dans une baraïta connexe : Rabbi [Yehouda haNassi] dit que le verset : « tu égorgeras de ton bétail et de tes brebis, comme Je te l'ai ordonné » (Devarim 12, 21) [contient la phrase « comme Je t'ai ordonné », alors que les détails de l'abattage ne sont nulle part écrits explicitement dans la Torah]. Cela enseigne que Mochè reçut les lois de l'abattage rituel [che'hita] : couper l'œsophage et la trachée dans le cou. Pour les oiseaux, on doit couper la majorité d'un conduit [l'œsophage ou la trachée] ; pour les animaux, on doit couper la majorité des deux conduits. Ces lois furent transmises à Mochè oralement [avec la Torah orale]. Selon Rabbi Yehouda haNassi, le mot chatou'ah n'enseigne pas la che'hita. Que signifie donc le verset en disant chatou'ah [étalé] ? Cela enseigne que la manne tomba en couches régulières [machti'hin — en rangées plates].
וְתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: ״וְזָבַחְתָּ כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִיךְ״, מְלַמֵּד שֶׁנִּצְטַוָּה מֹשֶׁה עַל הַוֶּשֶׁט וְעַל הַקָּנֶה, עַל רוֹב אֶחָד בָּעוֹף, וְעַל רוֹב שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה. אֶלָּא מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״שָׁטוֹחַ״ — מְלַמֵּד שֶׁיָּרַד לָהֶם מַשְׁטִיחִין מַשְׁטִיחִין.
Au sujet de la manne, il est écrit « pain » (Chemot 16, 4), et il est écrit « huile » (Bamidbar 11, 8), et il est écrit « miel » (Chemot 16, 31). Comment concilier ces versets ? Rabbi Yossi, fils de Rabbi 'Hanina, dit : pour les jeunes gens, elle était comme du pain ; pour les vieillards, comme de l'huile ; et pour les petits enfants, comme du miel. Chacun reçut ce qui lui convenait.
כְּתִיב ״לֶחֶם״, וּכְתִיב ״שֶׁמֶן״, וּכְתִיב ״דְּבַשׁ״. אֲמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: לִנְעָרִים — לֶחֶם, לִזְקֵנִים — שֶׁמֶן, לְתִינוֹקוֹת — דְּבַשׁ.
La Guemara note : Le mot « caille » est écrit [dans le Talmud] chalav [avec la lettre chin], mais nous le lisons [massorétiquement] selav [avec la lettre samekh]. Qu'est-ce que cela nous enseigne ? Rabbi 'Hanina dit : les justes [tsaddikim] la mangent dans la sérénité [chalva], selon la graphie du mot [avec chin — calme, sérénité] ; tandis que les méchants la mangent, et elle leur semble comme des épines [silvin — en araméen], selon la prononciation du mot [avec samekh].
כְּתִיב: ״שָׁלֵיו״ וְקָרֵינַן סְלָיו? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: צַדִּיקִים אוֹכְלִין אוֹתוֹ בְּשַׁלְוָה, רְשָׁעִים אוֹכְלִין אוֹתוֹ וְדוֹמֶה לָהֶן כְּסִילְוִין.
Rav 'Hanan bar Rava dit : Il y a quatre espèces de cailles [selav], et les voici : sikhli, kivli, pasyoni et selav. La meilleure au goût de toutes est le sikhli ; la moins bonne de toutes est le selav. [La Guemara décrit son extraordinaire richesse :] Elle était petite comme un moineau, et on la plaçait dans le four pour la faire rôtir — et elle gonflait [de graisse] jusqu'à remplir tout le four. On la déposait sur treize miches de pain superposées, et la dernière miche [la plus basse] ne pouvait être mangée qu'en la mélangeant à d'autres aliments, tant elle était saturée de graisse absorbée des cailles.
אָמַר רַב חָנָן בַּר רָבָא: אַרְבָּעָה מִינֵי סְלָיו הֵן, וְאֵלּוּ הֵן: שִׁיכְלִי, וְקִיבְלִי, וּפַסְיוֹנִי, וּשְׂלָיו. מְעַלְּיָא דְּכוּלְּהוּ: שִׂיכְלִי, גְּרִיעָא דְּכוּלְּהוּ: שְׂלָיו. וְהָוֵי כְּצִיפַּורְתָּא, וּמוֹתְבִינַן לֵהּ בְּתַנּוּרָא וְתָפַח וְהָוֵה מְלֵי תַּנּוּרָא, וּמַסְּקִינַן לֵיהּ אַתְּלֵיסַר רִיפֵי, וְאַחֲרוֹנָה אֵינָהּ נֶאֱכֶלֶת אֶלָּא עַל יְדֵי תַּעֲרוֹבֶת.
[On raconte que dans la génération des Sages de Babylone, des cailles miraculeux étaient encore présents :] On trouvait [des cailles] pour Rav Yehouda parmi ses tonneaux de vin, et pour Rav 'Hisda parmi ses fagots de bois dans son cellier. Chaque jour, le métayer de Rava lui apportait une caille [qu'il trouvait dans ses champs]. Un jour, il n'en apporta pas, car il n'en avait pas trouvé. Rava dit en lui-même : Qu'est-ce donc ? Pourquoi aujourd'hui est-il différent ? Il monta sur le toit pour réfléchir. Il entendit un enfant [réciter un verset] et dire : « J'ai entendu, et mes entrailles ont tremblé, à Sa voix mes lèvres ont frissonné, la pourriture est entrée dans mes os, et je tremble sur place — qu'il m'attende jusqu'au jour de la détresse, lors de l'invasion du peuple qui va nous attaquer » (Havakkouk 3, 16). Rava dit : Apprends-en que Rav 'Hisda est mort [et que son âme a quitté ce monde, car « mes entrailles ont tremblé » évoque un bouleversement profond]. Et c'est en raison du maître que le disciple mangea [c'est-à-dire : c'est par le mérite de Rav 'Hisda — qui était le beau-père et le maître de Rava — que Rava recevait les cailles ; à présent que Rav 'Hisda était mort, Rava n'était plus digne de les recevoir].
רַב יְהוּדָה מִשְׁתְּכַח לֵיהּ בֵּי דַנֵּי, רַב חִסְדָּא מִשְׁתְּכַח לֵיהּ בֵּי צִיבֵי. רָבָא מַיְיתֵי לֵיהּ אֲרִיסֵיהּ כׇּל יוֹמָא. יוֹמָא חַד לָא אַיְיתִי. אֲמַר: מַאי הַאי? סְלֵיק לְאִיגָּרָא, שַׁמְעֵיהּ לְיָנוֹקָא דְּקָאָמַר: ״שָׁמַעְתִּי וַתִּרְגַּז בִּטְנִי״. אֲמַר: שְׁמַע מִנֵּיהּ נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַב חִסְדָּא, וּבְדִיל רַבָּה אָכֵיל תַּלְמִידָא.
Au sujet de la manne, il est écrit [dans un verset] : « et la couche de rosée se souleva » (Chemot 16, 14) [indiquant que la rosée recouvrait la manne par-dessous], et il est écrit [dans un autre verset] : « et quand la rosée descendit sur le camp la nuit, la manne descendit sur elle » (Bamidbar 11, 9) [indiquant que la manne tombait sur la rosée]. Comment concilier ces deux versets ? Rabbi Yossi, fils de Rabbi 'Hanina, dit : il y avait de la rosée en dessous et de la rosée en dessus [de la manne], et la manne semblait comme si elle était placée dans une boîte [koufsa] de rosée.
כְּתִיב: ״וַתַּעַל שִׁכְבַת הַטָּל״, וּכְתִיב: ״וּבְרֶדֶת הַטַּל״? אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: טַל מִלְמַעְלָה, וְטַל מִלְּמַטָּה, וְדוֹמֶה כְּמוֹ שֶׁמּוּנָּח בְּקוּפְסָא.
Le verset décrit la manne comme « fine et écaillée [me'housspas] » (Chemot 16, 14). Reich Lakich dit : me'housspas [signifie une matière] qui se dissout [mach] sur la paume [pas] de la main. Étant si fine, elle se dissolvait au contact. Rabbi Yo'hanan dit : c'est une matière qui était absorbée dans les 248 membres [du corps humain], valeur numérique du mot me'housspas. La Guemara s'étonne : si l'on calcule la valeur numérique des lettres du mot me'housspas, elle est plus élevée [elle atteint 254]. Rav Na'hman bar Yits'hak dit : me'housspas [מְחֻסְפָּס] est écrit dans la Torah sans la lettre vav. Le total est donc exactement 248.
״דַּק מְחוּסְפָּס״, אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: דָּבָר שֶׁנִּימּוֹחַ עַל פִּיסַּת הַיָּד. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: דָּבָר שֶׁנִּבְלָע בְּמָאתַיִם וְאַרְבָּעִים וּשְׁמוֹנָה אֵבָרִים. מְחוּסְפָּס — טוּבָא הָוֵי! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: ״מְחֻסְפָּס״ כְּתִיב.
Les Sages ont enseigné [dans une baraïta] : le verset dit « le pain des puissants ['abirim] qu'un homme a mangé » (Tehilim 78, 25) [— il s'agit du] pain que les anges du service divin mangent : telle est la parole de Rabbi 'Akiva. Lorsque ces paroles furent dites devant Rabbi Ichmaël, il leur dit : allez dire à 'Akiva : 'Akiva, tu as erré ! Les anges du service divin mangent-ils du pain ? N'est-il pas déjà dit [à propos de Mochè quand il monta au Ciel] : « Du pain je n'en mangeai pas, et de l'eau je n'en bus pas » (Devarim 9, 9). Si même un homme qui monte en haut [au ciel] n'a pas besoin de manger, à combien plus forte raison les anges du service divin n'ont-ils pas besoin de manger. Plutôt, comment j'établis [le sens du mot] 'abirim ? Cela peut être expliqué comme un pain qui est absorbé dans les 248 membres [eivarim], de sorte qu'il n'y a pas de déchet.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״לֶחֶם אַבִּירִים אָכַל אִישׁ״, לֶחֶם שֶׁמַּלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת אוֹכְלִין אוֹתוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. וּכְשֶׁנֶּאְמְרוּ דְּבָרִים לִפְנֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, אָמַר לָהֶם: צְאוּ וְאִמְרוּ לוֹ לַעֲקִיבָא: עֲקִיבָא טָעִיתָ! וְכִי מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת אוֹכְלִין לֶחֶם? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״לֶחֶם לֹא אָכַלְתִּי וּמַיִם לֹא שָׁתִיתִי״! אֶלָּא, מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״אַבִּירִים״ — לֶחֶם שֶׁנִּבְלַע בְּמָאתַיִם וְאַרְבָּעִים וּשְׁמוֹנֶה אֵבָרִים.
[La Guemara demande :] Si tel est le cas [et que la manne était entièrement absorbée sans déchet], comment j'établis [le sens] des versets : « et tu auras un pieu avec tes armes, et il sera, quand tu t'assoiras dehors, que tu creuseras avec lui, et tu te retourneras et couvriras tes excréments » (Devarim 23, 14), et « et tu auras un espace hors du camp où tu pourras aller » (Devarim 23, 13) ? De là on apprend qu'il y avait des déchets dans leurs intestins [car ils devaient quitter le camp pour se soulager]. La Guemara explique : ces déchets ne provenaient pas de la manne ; ils provenaient des aliments que les marchands des nations du monde [les gentils] leur vendaient.
אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים: ״וְיָתֵד תִּהְיֶה לְךָ עַל אֲזֵנֶיךָ (וְיָצָאתָ שָׁמָּה חוּץ)״, דְּבָרִים שֶׁתַּגָּרֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם מוֹכְרִין אוֹתָן לָהֶם.
Yoma 75b
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יומא ע״ה במַסֶּכֶת יוֹמָא
גְּמָרָא לֶחֶם שֶׁשָּׁאֲלוּ כַּהוֹגֶן — נִיתַּן לָהֶם כַּהוֹגֶן. מִכָּאן לִמְּדָה תּוֹרָה דֶּרֶךְ אֶרֶץ שֶׁלֹּא יֹאכַל אָדָם בָּשָׂר אֶלָּא בַּלַּיְלָה. וְהָאָמַר אַבָּיֵי: הַאי מַאן דְּאִית לֵיהּ סְעוֹדְתָּא — לָא לֵאכְלַיהּ אֶלָּא בִּימָמָא! כְּעֵין יְמָמָא קָא אָמְרִינַן. אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: בַּתְּחִלָּה הָיוּ יִשְׂרָאֵל דּוֹמִין כְּתַרְנְגוֹלִים שֶׁמְּנַקְּרִין בָּאַשְׁפָּה, עַד שֶׁבָּא מֹשֶׁה וְקָבַע לָהֶם זְמַן סְעוּדָה. ״הַבָּשָׂר עוֹדֶנּוּ בֵּין שִׁינֵּיהֶם״, וּכְתִיב: ״עַד חֹדֶשׁ יָמִים״, הָא כֵּיצַד? בֵּינוֹנִים, לְאַלְתַּר מֵתוּ. רְשָׁעִים, מִצְטַעֲרִין וְהוֹלְכִין עַד חֹדֶשׁ יָמִים. ״וַיִּשְׁטְחוּ״, אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אַל תִּקְרֵי ״וַיִּשְׁטְחוּ״, אֶלָּא ״וַיִּשְׁחֲטוּ״ — מְלַמֵּד שֶׁנִּתְחַיְּיבוּ שׂוֹנְאֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל שְׁחִיטָה. ״שָׁטוֹחַ״, תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קָרְחָה: אַל תִּיקְרֵי ״שָׁטוֹחַ״, אֶלָּא ״שָׁחוּט״, מְלַמֵּד שֶׁיָּרַד לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל עִם הַמָּן דָּבָר שֶׁטָּעוּן שְׁחִיטָה. אָמַר רַבִּי: וְכִי מִכָּאן אַתָּה לָמֵד? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״וַיַּמְטֵר עֲלֵיהֶם כֶּעָפָר שְׁאֵר וּכְחוֹל (הַיָּם) עוֹף כָּנָף״. וְתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: ״וְזָבַחְתָּ כַּאֲשֶׁר צִוִּיתִיךְ״, מְלַמֵּד שֶׁנִּצְטַוָּה מֹשֶׁה עַל הַוֶּשֶׁט וְעַל הַקָּנֶה, עַל רוֹב אֶחָד בָּעוֹף, וְעַל רוֹב שְׁנַיִם בַּבְּהֵמָה. אֶלָּא מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״שָׁטוֹחַ״ — מְלַמֵּד שֶׁיָּרַד לָהֶם מַשְׁטִיחִין מַשְׁטִיחִין. כְּתִיב ״לֶחֶם״, וּכְתִיב ״שֶׁמֶן״, וּכְתִיב ״דְּבַשׁ״. אֲמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: לִנְעָרִים — לֶחֶם, לִזְקֵנִים — שֶׁמֶן, לְתִינוֹקוֹת — דְּבַשׁ. כְּתִיב: ״שָׁלֵיו״ וְקָרֵינַן סְלָיו? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: צַדִּיקִים אוֹכְלִין אוֹתוֹ בְּשַׁלְוָה, רְשָׁעִים אוֹכְלִין אוֹתוֹ וְדוֹמֶה לָהֶן כְּסִילְוִין. אָמַר רַב חָנָן בַּר רָבָא: אַרְבָּעָה מִינֵי סְלָיו הֵן, וְאֵלּוּ הֵן: שִׁיכְלִי, וְקִיבְלִי, וּפַסְיוֹנִי, וּשְׂלָיו. מְעַלְּיָא דְּכוּלְּהוּ: שִׂיכְלִי, גְּרִיעָא דְּכוּלְּהוּ: שְׂלָיו. וְהָוֵי כְּצִיפַּורְתָּא, וּמוֹתְבִינַן לֵהּ בְּתַנּוּרָא וְתָפַח וְהָוֵה מְלֵי תַּנּוּרָא, וּמַסְּקִינַן לֵיהּ אַתְּלֵיסַר רִיפֵי, וְאַחֲרוֹנָה אֵינָהּ נֶאֱכֶלֶת אֶלָּא עַל יְדֵי תַּעֲרוֹבֶת. רַב יְהוּדָה מִשְׁתְּכַח לֵיהּ בֵּי דַנֵּי, רַב חִסְדָּא מִשְׁתְּכַח לֵיהּ בֵּי צִיבֵי. רָבָא מַיְיתֵי לֵיהּ אֲרִיסֵיהּ כׇּל יוֹמָא. יוֹמָא חַד לָא אַיְיתִי. אֲמַר: מַאי הַאי? סְלֵיק לְאִיגָּרָא, שַׁמְעֵיהּ לְיָנוֹקָא דְּקָאָמַר: ״שָׁמַעְתִּי וַתִּרְגַּז בִּטְנִי״. אֲמַר: שְׁמַע מִנֵּיהּ נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַב חִסְדָּא, וּבְדִיל רַבָּה אָכֵיל תַּלְמִידָא. כְּתִיב: ״וַתַּעַל שִׁכְבַת הַטָּל״, וּכְתִיב: ״וּבְרֶדֶת הַטַּל״? אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: טַל מִלְמַעְלָה, וְטַל מִלְּמַטָּה, וְדוֹמֶה כְּמוֹ שֶׁמּוּנָּח בְּקוּפְסָא. ״דַּק מְחוּסְפָּס״, אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: דָּבָר שֶׁנִּימּוֹחַ עַל פִּיסַּת הַיָּד. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: דָּבָר שֶׁנִּבְלָע בְּמָאתַיִם וְאַרְבָּעִים וּשְׁמוֹנָה אֵבָרִים. מְחוּסְפָּס — טוּבָא הָוֵי! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: ״מְחֻסְפָּס״ כְּתִיב. תָּנוּ רַבָּנַן: ״לֶחֶם אַבִּירִים אָכַל אִישׁ״, לֶחֶם שֶׁמַּלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת אוֹכְלִין אוֹתוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. וּכְשֶׁנֶּאְמְרוּ דְּבָרִים לִפְנֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, אָמַר לָהֶם: צְאוּ וְאִמְרוּ לוֹ לַעֲקִיבָא: עֲקִיבָא טָעִיתָ! וְכִי מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת אוֹכְלִין לֶחֶם? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״לֶחֶם לֹא אָכַלְתִּי וּמַיִם לֹא שָׁתִיתִי״! אֶלָּא, מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״אַבִּירִים״ — לֶחֶם שֶׁנִּבְלַע בְּמָאתַיִם וְאַרְבָּעִים וּשְׁמוֹנֶה אֵבָרִים. אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים: ״וְיָתֵד תִּהְיֶה לְךָ עַל אֲזֵנֶיךָ (וְיָצָאתָ שָׁמָּה חוּץ)״, דְּבָרִים שֶׁתַּגָּרֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם מוֹכְרִין אוֹתָן לָהֶם. רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פַּרְטָא אוֹמֵר: אַף דְּבָרִים שֶׁתַּגָּרֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם מוֹכְרִין לָהֶן — מָן מְפִיגָן. אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וְיָתֵד תִּהְיֶה לְךָ עַל אֲזֵנֶיךָ״ — לְאַחַר שֶׁסָּרְחוּ אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אֲנִי אָמַרְתִּי יִהְיוּ כְּמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת, עַכְשָׁיו אֲנִי מַטְרִיחַ אוֹתָם שָׁלֹשׁ פַּרְסָאוֹת. דִּכְתִיב: ״וַיַּחֲנוּ עַל הַיַּרְדֵּן מִבֵּית הַיְשִׁימוֹת עַד אָבֵל הַשִּׁטִּים״, וְאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: לְדִידִי חֲזֵי לִי הָהוּא אַתְרָא וְהָוְיָא תְּלָתָא פַּרְסֵי. וְתָנָא: כְּשֶׁנִּפְנִין, אֵין נִפְנִין לֹא לִפְנֵיהֶן, וְלֹא לְצִדְדֵיהֶן, אֶלָּא לַאֲחוֹרֵיהֶן. ״וְעַתָּה נַפְשֵׁנוּ יְבֵשָׁה אֵין כֹּל״. אָמְרוּ: עָתִיד מָן זֶה שֶׁתִּיפַּח בְּמֵעֵיהֶם, כְּלוּם יֵשׁ יְלוּד אִשָּׁה שֶׁמַּכְנִיס וְאֵינוֹ מוֹצִיא? וּכְשֶׁנֶּאְמְרוּ דְּבָרִים לִפְנֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, אָמַר לָהֶם: אַל תִּקְרֵי ״אַבִּירִים״, אֶלָּא ״אֵיבָרִים״ — דָּבָר שֶׁנִּבְלַע בְּמָאתַיִם וְאַרְבָּעִים וּשְׁמוֹנָה אֵיבָרִים. אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וְיָתֵד תִּהְיֶה לְךָ עַל אֲזֵנֶיךָ״ — בִּדְבָרִים שֶׁבָּאִין לָהֶם מִמְּדִינַת הַיָּם. דָּבָר אַחֵר: ״לֶחֶם אַבִּירִים אָכַל אִישׁ״ —