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Traité Yoma

73b

Étude de Yoma 73b

Étude de la Mishna & Guémara 73b

[David avait posé ses deux questions] dans le désordre [hors du bon ordre], et il lui fut répondu dans l'ordre [le bon ordre]. Il aurait dû demander d'abord si Chaoul allait descendre, puis ce que feraient les gens de Qéïla. Et une fois qu'il réalisa qu'il avait posé ses questions dans le désordre, il revint et les posa dans l'ordre, comme il est dit juste après : «Les maîtres de Qéïla me livreront-ils, moi et mes hommes, en la main de Chaoul ? Et l'Éternel dit : ils vous livreront» (I Chmouel 23, 12).
שֶׁלֹּא כַּסֵּדֶר, וְהֶחְזִירוּ לוֹ כַּסֵּדֶר. וְכֵיוָן שֶׁיָּדַע שֶׁשָּׁאַל שֶׁלֹּא כַּסֵּדֶר, חָזַר וְשָׁאַל כַּסֵּדֶר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲיַסְגִּירוּ בַּעֲלֵי קְעִילָה אוֹתִי וְאֶת אֲנָשַׁי בְּיַד שָׁאוּל וַיֹּאמֶר ה׳ יַסְגִּירוּ״.
Mais si la chose nécessite [une réponse à] deux [questions simultanément] — lorsque la situation est urgente et qu'il n'y a pas le temps de suivre le protocole habituel — on peut poser les deux questions à la fois et on reçoit une réponse aux deux simultanément, comme il est dit : «Et David consulta l'Éternel en disant : dois-je poursuivre ce détachement ? Vais-je les rattraper ? Et Il lui répondit : poursuis, car tu les rattraperas sûrement et tu les sauveras sûrement» (I Chmouel 30, 8).
וְאִם הוּצְרַךְ הַדָּבָר לִשְׁנַיִם — מַחְזִירִין לוֹ שְׁנַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּשְׁאַל דָּוִד בַּה׳ לֵאמֹר הַאֶרְדּוֹף אַחֲרֵי הַגְּדוּד הַזֶּה הַאַשִּׂיגֶנּוּ וַיֹּאמֶר (ה׳) לוֹ רְדוֹף כִּי הַשֵּׂג תַּשִּׂיג וְהַצֵּל תַּצִּיל״.
La Guemara souligne la fiabilité des Ourim ve-Toumim : même si un décret prophétique peut être révoqué [car parfois une prophétie de malheur est formulée comme un avertissement et ne se réalise pas], un décret des Ourim ve-Toumim ne peut pas être révoqué. Car il est dit : «selon le jugement des Ourim» (Bamidbar 27, 21). L'emploi du terme «jugement» [michpat] indique que le décret est aussi définitif qu'une décision judiciaire.
וְאַף עַל פִּי שֶׁגְּזֵירַת נָבִיא חוֹזֶרֶת — גְּזֵירַת אוּרִים וְתוּמִּים אֵינָהּ חוֹזֶרֶת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּמִשְׁפַּט הָאוּרִים״.
Pourquoi les appelle-t-on Ourim ve-Toumim ? «Ourim» — tiré du mot «or» [lumière] — car ils illuminent et expliquent leurs paroles. «Toumim» — tiré du mot «tam» [accompli/parfait] — car ils accomplissent leurs paroles, qui se réalisent toujours.
לָמָּה נִקְרָא שְׁמָן אוּרִים וְתוּמִּים? ״אוּרִים״ — שֶׁמְּאִירִין אֶת דִּבְרֵיהֶן, ״תּוּמִּים״ — שֶׁמַּשְׁלִימִין אֶת דִּבְרֵיהֶן.
Et si vous dites : lors des batailles qui suivirent les événements de Guiv'at Binyamin [Juges 19–20], pourquoi les Ourim ve-Toumim n'accomplirent-ils pas leurs paroles ? [Le peuple juif consulta les Ourim ve-Toumim à trois reprises avant d'attaquer la tribu de Binyamin, et chaque fois il leur fut ordonné d'aller au combat. Pourtant, les deux premières fois ils furent défaits — n'est-ce pas là une preuve que les Ourim ve-Toumim ne tiennent pas toujours leur promesse ?]
וְאִם תֹּאמַר: בְּגִבְעַת בִּנְיָמִין מִפְּנֵי מָה לֹא הִשְׁלִימוּ?
La Guemara répond : les deux premières fois, ils ne vérifiaient pas avec les Ourim ve-Toumim s'ils seraient victorieux ou vaincus, mais seulement comment et s'ils devaient aller au combat. [Si on leur avait posé la bonne question,] on leur aurait bien répondu qu'ils ne réussiraient pas. Mais la dernière fois, quand ils vérifièrent et demandèrent s'ils réussiraient, les Ourim ve-Toumim s'accordèrent [avec leur volonté d'aller au combat] et leur confirmèrent qu'ils allaient au combat et réussiraient, comme il est dit : «Pinha's fils d'Elazar fils d'Aharon se tenait devant lui en ces jours-là, en disant : sortirai-je encore en guerre contre les fils de Binyamin mon frère, ou cesserai-je ? Et l'Éternel dit : montez, car demain je le livrerai entre vos mains» (Juges 20, 28).
הֵם שֶׁלֹּא בִּיחֲנוּ אִם לְנַצֵּחַ אִם לְהִנָּצֵחַ, וּבָאַחֲרוֹנָה שֶׁבִּיחֲנוּ הִסְכִּימוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּפִנְחָס בֶּן אֶלְעָזָר בֶּן אַהֲרֹן עוֹמֵד לְפָנָיו בַּיָּמִים הָהֵם לֵאמֹר הַאוֹסִיף עוֹד לָצֵאת לַמִּלְחָמָה עִם בְּנֵי בִנְיָמִין אָחִי אִם אֶחְדָּל וַיֹּאמֶר ה׳ עֲלוּ כִּי מָחָר אֶתְּנֶנּוּ בְיָדֶךָ״.
Comment [les Ourim ve-Toumim] fonctionnent-ils ? Comment fournissent-ils une réponse ? [Les noms des douze tribus étaient gravés sur les pierres du pectoral. Ces lettres permettaient de recevoir la réponse.] Rabbi Yo'hanan dit : les lettres [de la réponse] font saillie ['boltot] — et le prêtre combine ces lettres pour former des mots afin de comprendre le message. Reïch Lakich dit : les lettres se réarrangent et se joignent ['mitsstarefot] pour former des mots.
כֵּיצַד נַעֲשֵׂית? רַבִּי יוֹחָנָן אוֹמֵר: בּוֹלְטוֹת. רֵישׁ לָקִישׁ אוֹמֵר: מִצְטָרְפוֹת.
La Guemara demande : mais la lettre tsadé n'est pas gravée [parmi les noms des douze tribus sur les pierres du pectoral] — comment était-il possible de recevoir une réponse à toute question [contenant cette lettre] ? Rav Chmouel bar Yits'haq dit : les noms Avraham, Yits'haq et Ya'aqov étaient également gravés là. Le nom Yits'haq [יצחק] contient la lettre tsadé. La Guemara demande encore : mais la lettre tét n'était pas non plus gravée sur le pectoral — ni dans les noms des tribus, ni dans les noms des Patriarches. Rav A'ha bar Ya'akov dit : «Chivté Yéchourun» [tribus de Yéchourun] était aussi gravé là. Le mot «chivté» [שבטי, tribus] contient la lettre tét. Ainsi l'alphabet entier était représenté.
וְהָא לָא כְּתִיב בְּהוּ צָדִי? אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יִצְחָק: ״אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב״ כְּתִיב שָׁם. וְהָא לָא כְּתִיב טֵית! אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: ״שִׁבְטֵי יְשׁוּרוּן״ כְּתִיב שָׁם.
On soulève une objection à partir d'une baraïta : tout kohen qui ne parle pas avec l'Esprit saint [Roua'h ha-Qodech] et sur lequel la Présence Divine [ha-Chekhina] ne repose pas, on ne le consulte pas pour les Ourim ve-Toumim. Comme le montre le cas de Tsadoq [tsadoq] : lorsqu'il consulta les Ourim ve-Toumim, la réponse lui fut donnée ; mais Evyatar consulta et ne reçut pas de réponse [car l'Esprit saint s'était retiré de lui]. Comme il est dit : «Et Evyatar monta jusqu'à ce que tout le peuple ait fini» (II Chmouel 15, 24) — ce qui est interprété comme signifiant qu'il fut écarté de la prêtrise car l'Esprit divin l'avait quitté.
מֵיתִיבִי: כׇּל כֹּהֵן שֶׁאֵינוֹ מְדַבֵּר בְּרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ וּשְׁכִינָה שׁוֹרָה עָלָיו אֵין שׁוֹאֲלִין בּוֹ, שֶׁהֲרֵי שָׁאַל צָדוֹק וְעָלְתָה לוֹ, אֶבְיָתָר וְלֹא עָלְתָה לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּעַל אֶבְיָתָר עַד תּוֹם כׇּל הָעָם וְגוֹ׳״!
La Guemara demande : si c'est vrai — si les lettres du pectoral font saillie ou même s'assemblent pour former la réponse — pourquoi le Kohen Gadol a-t-il besoin de l'Esprit saint et de la Présence Divine ? Et s'il a l'Esprit saint et la Présence Divine avec lui, pourquoi a-t-il besoin des Ourim ve-Toumim ? La Guemara répond : l'Esprit divin assistait les Ourim ve-Toumim [en les complétant]. Autrement dit, les lettres ne formaient la réponse que si le Kohen Gadol lui-même était digne — mais son inspiration divine seule n'était pas suffisante pour fournir une réponse sans les Ourim.
סַיּוֹעֵי הֲוָה מְסַיַּיע בַּהֲדַיְיהוּ.
§ [Il fut enseigné dans la MISHNA :] et on ne consulte [les Ourim ve-Toumim] que pour le roi [ou pour le président du tribunal, ou pour quelqu'un dont la communauté a besoin]. D'où ces règles sont-elles déduites ? Rabbi Avahu dit que le verset déclare : «Il se tiendra devant le prêtre Elazar, qui consultera pour lui selon le jugement des Ourim devant l'Éternel ; selon sa bouche ils sortiront et selon sa bouche ils entreront, lui et tous les fils d'Israël avec lui, ainsi que toute la communauté» (Bamidbar 27, 21). Chaque expression décrit une circonstance différente dans laquelle les Ourim ve-Toumim peuvent être consultés : «lui» — c'est une référence au roi, car «lui» désigne Yehocha'oua qui avait le statut de roi. «Tous les fils d'Israël avec lui» — c'est une référence au méchou'ah mil'hamah [le kohen consacré pour la guerre], car tous les fils d'Israël le suivent à la guerre selon ses instructions. «Ainsi que toute la communauté» — c'est une référence au Sanhédrin, qui est la tête du peuple juif.
וְאֵין שׁוֹאֲלִין אֶלָּא לְמֶלֶךְ. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, דְּאָמַר קְרָא: ״וְלִפְנֵי אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן יַעֲמֹד וְשָׁאַל לוֹ בְּמִשְׁפַּט הָאוּרִים וְגוֹ׳״. ״הוּא״ — זֶה מֶלֶךְ, ״וְכׇל [בְּנֵי] יִשְׂרָאֵל אִתּוֹ״ — זֶה מְשׁוּחַ מִלְחָמָה, ״וְכׇל הָעֵדָה״ — זוֹ סַנְהֶדְרִין.
[Hadaran alakh — formule de conclusion du chapitre «Ba Lo ha-Kohen Gadol».]
הֲדַרַן עֲלָךְ בָּא לוֹ כֹּהֵן גָּדוֹל
Yoma 73b
100%
יומא ע״ג במַסֶּכֶת יוֹמָא