Tout cela [est permis, c est-a-dire sauter d une section a une autre lors de la lecture de la Torah], a condition qu il ne saute pas de la fin du livre a son debut, car alors il serait evident pour tous qu il est en train de sauter [et de passer sous silence] du texte.
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְדַלֵּג מִסּוֹף הַסֵּפֶר לִתְחִילָּתוֹ.
§ [Le passage de la Michna portait sur ce qui suit :] On nous a enseigne dans la Michna que le Kohen Gadol enroule le rouleau de la Torah [apres la lecture et le pose sur sa poitrine, et declare :] « Il y a plus d ecrit ici que ce que j ai lu devant vous. » La Guemara remarque : Et pourquoi doit-il dire tout cela ? C est pour ne pas jeter la defaveur [litteralement : pour ne pas sortir un reproche] sur le rouleau de la Torah, car les gens pourraient penser que la section qu il recite par coeur n est pas ecrite dans ce rouleau.
וְגוֹלֵל סֵפֶר תּוֹרָה וְכוּ׳. וְכׇל כָּךְ לָמָּה — כְּדֵי שֶׁלֹּא לְהוֹצִיא לַעַז עַל סֵפֶר תּוֹרָה.
§ On nous a encore enseigne dans la Michna que la section « Et le dixieme [jour] », tiree du livre de Bamidbar [c est-a-dire Bamidbar 29, 7], il la recite par coeur. La Guemara interroge : Pourquoi la recite-t-il par coeur ? Qu il enroule le rouleau jusqu a cette section et la lise directement du texte ! Rav Houna, fils de Rav Yehocha, dit au nom de Rav Chechet : C est parce qu on ne doit pas enrouler un rouleau de Torah en public, par respect pour la communaute [afin de ne pas faire attendre l assemblee pendant qu on cherche le passage].
״וּבֶעָשׂוֹר״ שֶׁל חוֹמֶשׁ הַפְּקוּדִים קוֹרֵא עַל פֶּה. אַמַּאי? נִגְלוֹל וְנִיקְרֵי! אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: לְפִי שֶׁאֵין גּוֹלְלִין סֵפֶר תּוֹרָה בְּצִיבּוּר, מִפְּנֵי כְּבוֹד צִיבּוּר.
Mais pourquoi ne pas apporter un autre rouleau de Torah, deja enroule a cet endroit, et lire depuis ce second rouleau ? Rav Houna bar Yehouda dit : [On ne le fait pas] de peur que les gens pensent, par erreur, que le second rouleau a ete apporte en raison d un defaut trouve dans le premier. Et Reish Lakich dit une raison differente : On ne devrait pas apporter un second rouleau car cela entrainerait la recitation d une benediction superflue [brakha she-eina tserikha] ; en effet, avant de lire depuis un nouveau rouleau, le Kohen Gadol devrait repeter les benedictions requises pour la lecture de la Torah. Il est donc preferable qu il recite [la section] par coeur.
וְנַיְיתֵי אַחֲרִינָא וְנִקְרֵי! רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה אָמַר: מִשּׁוּם פְּגָמוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: מִשּׁוּם בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה.
La Guemara interroge la reponse de Rav Houna bar Yehouda : Sommes-nous vraiment preoccupes que les gens pensent que le premier rouleau avait un defaut ? Rabbi Yits'hak Nappa'ha n a-t-il pas dit : Quand Roch 'Hodech Tevet — qui tombe toujours pendant 'Hanoukka — coincide avec Chabbat, on apporte [et on lit depuis] trois rouleaux de Torah : on lit dans l un la portion du jour [c est-a-dire la paracha hebdomadaire] ; dans l autre, la portion de Roch 'Hodech ; et dans le troisieme, un passage relatif a 'Hanoukka. D apres la declaration de Rabbi Yits'hak Nappa'ha, il est evident que plusieurs rouleaux de Torah peuvent etre utilises [lors d une seule lecture], et qu il n y a pas de crainte que les gens pensent qu un ou plusieurs d entre eux etaient defectueux.
וּמִי חָיְישִׁינַן לִפְגָמָא? וְהָאָמַר רַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא: רֹאשׁ חוֹדֶשׁ טֵבֵת שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת מְבִיאִין שָׁלֹשׁ תּוֹרוֹת וְקוֹרִין אַחַת בְּעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם, וְאַחַת שֶׁל רֹאשׁ חוֹדֶשׁ, וְאַחַת שֶׁל חֲנוּכָּה.
La Guemara explique : Quand trois hommes lisent depuis trois rouleaux [distincts], il n y a pas de crainte que les gens pensent qu il y avait un defaut, car on suppose naturellement que cela est convenable pour que chaque individu reçoive son propre rouleau. Mais quand un seul homme lit depuis deux rouleaux, il y a la crainte que les gens pensent qu il y a un defaut [dans le premier], et ils ne comprendront pas que c est uniquement pour eviter de faire attendre la communaute pendant l enroulement du rouleau.
תְּלָתָא גַּבְרֵי בִּתְלָתָא סִפְרֵי — לֵיכָּא פְּגָמָא, חַד גַּבְרָא בִּתְרֵי סִפְרֵי — אִיכָּא פְּגָמָא.
§ On nous a enseigne dans la Michna que [le Kohen Gadol apres la lecture] recite huit benedictions. Les Sages ont enseigne dans une baraita que voici les huit benedictions : La benediction concernant la Torah est recitee de la maniere habituelle dont on recite une benediction dans la synagogue [c est-a-dire : « Qui donne la Torah »] ; les trois benedictions [deja connues de la priere reguliere] — concernant le service du Temple [Avodah], la gratitude [Hoda ah] et le pardon des fautes [Me'hilat he-avon] — sont toutes recitees selon leurs formules etablies dans la priere [Amida] ; la benediction concernant le Temple en lui-meme [Beit haMikdach bifnei atsmo] ; la benediction concernant les kohanimfifni atsmanam] ; la benediction concernant le peuple d Israel [bifnei atsmanam] ; et la benediction du reste de la priere [Chear tefilla].
וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ שְׁמוֹנֶה בְּרָכוֹת. תָּנוּ רַבָּנַן: עַל הַתּוֹרָה — כְּדֶרֶךְ שֶׁמְּבָרְכִים בְּבֵית הַכְּנֶסֶת, עַל הָעֲבוֹדָה, וְעַל הַהוֹדָאָה, וְעַל מְחִילַת הֶעָוֹן כְּתִיקְנָהּ. וְעַל הַמִּקְדָּשׁ בִּפְנֵי עַצְמוֹ, וְעַל הַכֹּהֲנִים בִּפְנֵי עַצְמָן, וְעַל יִשְׂרָאֵל בִּפְנֵי עַצְמָן, וְעַל שְׁאָר תְּפִלָּה.
Les Sages ont enseigne dans une autre baraita : Et la benediction du reste de la priere [Chear tefilla] est ainsi formulee : « Chant, supplication, requete devant Toi pour Ton peuple Israel, qui a besoin d etre sauve. » Et il ajoute une supplique supplementaire et conclut la benediction par [le sceau :] « Celui qui entend la priere. » Apres que le Kohen Gadol conclut sa lecture, chaque personne presente apporte un rouleau de la Torah depuis sa maison — bien qu en realite chacun en ait deja apporte un la veille de Yom Kippour — et lit dedans pour lui-meme, afin de montrer sa belle apparence [sa magnificence] a la communaute [et cela est considere comme un embellissement de la mitsva, hiddour mitsva].
תָּנוּ רַבָּנַן: וּשְׁאָר הַתְּפִלָּה ״רִנָּה תְּחִינָּה בַּקָּשָׁה מִלְּפָנֶיךָ עַל עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל שֶׁצְּרִיכִין לְהִוָּשַׁע״ וְחוֹתֵם בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה. וְאַחַר כָּךְ, כׇּל אֶחָד וְאֶחָד מֵבִיא סֵפֶר תּוֹרָה מִבֵּיתוֹ, וְקוֹרֵא בּוֹ כְּדֵי לְהַרְאוֹת חָזוּתוֹ לְרַבִּים.
§ On nous a enseigne dans la MISHNA : Celui qui voit le Kohen Gadol en train de lire la Torah ne voit pas le taureau et le bouc que l on brule [hors du camp], et inversement. Cela n est pas parce qu il n est pas permis de voir les deux, mais parce qu il y a une distance [considerable] entre eux et qu ils se deroulent simultanement. La Guemara remarque : Il est evident [que cela n est pas du a une interdiction] — quelle raison possible pourrait-il y avoir pour l interdire ? La Guemara repond : Cela a ete enseigne explicitement de peur que vous disiez qu il est interdit en accord avec la declaration de Reish Lakich, car Reish Lakich a dit : On ne passe pas sur [l occasion de realiser des] mitsvot [meme si c est pour accomplir une autre mitsva].
הָרוֹאֶה כֹּהֵן גָּדוֹל כּוּ׳ לֹא מִפְּנֵי שֶׁאֵינוֹ רַשַּׁאי. פְּשִׁיטָא? מַהוּ דְּתֵימָא כִּדְרֵישׁ לָקִישׁ. דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אֵין מַעֲבִירִין עַל הַמִּצְוֹת.
La Guemara clarifie pourquoi ce principe aurait pu s appliquer ici. Et quelle est la mitsva [qu il y a] a entendre la lecture du Kohen Gadol ? C est l accomplissement du principe exprime dans le verset : « La gloire du roi est dans la multitude du peuple » (Michlei 14, 28). Avoir une grande assemblee participant a une mitsva donne honneur a Dieu. Par consequent, la Michna nous enseigne que l obstacle a voir les deux evenements n etait que pratique.
וּמַאי מִצְוָה — ״בְּרׇב עָם הַדְרַת מֶלֶךְ״, קָא מַשְׁמַע לַן.
Mishna 1
MICHNA : Si [avant la lecture publique] le Kohen Gadol avait lu [la Torah] avec les habits blancs sacres [de lin fin], il sanctifie alors ses mains et ses pieds [comme il le faisait a chaque fois avant de retirer les habits sacerdotaux]. Il retire les habits de lin, descend au bain rituel [mikveh] et s immerge. Ensuite il monte [du bain] et se seche avec une serviette, et on lui apporte les habits d or du Grand-Pretrise, il les revet et sanctifie ses mains et ses pieds.
מַתְנִי׳ אִם בְּבִגְדֵי בוּץ קוֹרֵא, קִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו. פָּשַׁט, יָרַד וְטָבַל, עָלָה וְנִסְתַּפַּג, וְהֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ, וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו,(משנה)
La Michna aborde les offrandes dont le sacrifice n a pas encore ete mentionne. Les versets du chapitre 16 du Vayikra detaillent les offrandes speciales du service expiatoire de Yom Kippour. Parmi ces offrandes, le belier du Kohen Gadol et le belier du peuple n ont pas encore ete abordes. S y ajoutent les offrandes musaf de Yom Kippour detaillees au chapitre 29 de Bamidbar : sept agneaux d un an et un taureau en holocauste, et un bouc en sacrifice expiatoire. La Michna continue : Il sort et offre son belier et le belier du peuple, ainsi que les sept agneaux d un an sans defaut, prescrits a etre offerts ce jour-la. Telle est la declaration de Rabbi Eliezer. Rabbi Akiva dit : Ces offrandes n etaient pas sacrifiees a ce moment ; elles etaient [toutes] sacrifiees avec l offrande quotidienne du matin [thamid chel cha'har]. Et le taureau de l holocauste de Yom Kippour [moucaf], ainsi que le bouc dont le service se deroule a l exterieur du Sanctuaire [c est-a-dire dans la cour du Temple], etaient sacrifies avec l offrande quotidienne de l apres-midi [thamid chel bein ha-arbayim].
וְיָצָא וְעָשָׂה אֶת אֵילוֹ וְאֶת אֵיל הָעָם וְאֶת שִׁבְעַת כְּבָשִׂים תְּמִימִים בְּנֵי שָׁנָה, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: עִם תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר הָיוּ קְרֵבִין. וּפַר הָעוֹלָה וְשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ — הָיוּ קְרֵבִין עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם.