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Traité Yoma

69b

Étude de Yoma 69b

Étude de la Guémara 69b

Guémara
[La michna enseigne que le Kohen Gadol se lève pour recevoir le rouleau, ce qui implique qu'il était assis auparavant. Mais la Guemara objecte que] s'asseoir dans la cour du Temple est permis uniquement pour les rois de la maison de David, comme il est dit : « Et le roi David entra et s'assit devant l'Éternel » (Divrei HaYamim I 17, 16) [— comment le Kohen Gadol pouvait-il alors être assis ?]. La Guemara explique : Comme Rav 'Hisda l'a dit dans un contexte similaire [que cela se passait non dans la cour d'Israël, où l'interdiction de s'asseoir s'applique, mais] dans la cour des Femmes [où il est permis de s'asseoir]. De même ici, la lecture [de la Torah par le Kohen Gadol] avait lieu dans la cour des Femmes.
אֵין יְשִׁיבָה בָּעֲזָרָה אֶלָּא לְמַלְכֵי בֵּית דָּוִד בִּלְבַד. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּבֹא הַמֶּלֶךְ דָּוִד וַיֵּשֶׁב לִפְנֵי ה׳״? כִּדְאָמַר רַב חִסְדָּא — בְּעֶזְרַת נָשִׁים, הָכָא נָמֵי — בְּעֶזְרַת נָשִׁים.
§ La Guemara précise : Et à quel propos l'affirmation de Rav 'Hisda a-t-elle été formulée initialement ? Elle a été formulée à propos de ce qui suit : Les Sages ont soulevé une objection fondée sur ce qui est enseigné dans une baraïta : Où lit-on le rouleau de Torah en accomplissement de la mitsva de Hakhel [la lecture publique de la Torah lors de la fête de Souccot suivant l'année sabbatique] ? On le lisait dans la cour du Temple. Rabbi Éliézer ben Yaakov dit : On le lisait sur le mont du Temple [Har HaBayit], car il est dit à propos de la lecture publique d'Ezra : « Et il lisait devant la place qui était devant la porte des Eaux » (Néhémie 8, 3). Et Rav 'Hisda dit [que la « cour » mentionnée par le premier tanna est] la cour des Femmes.
וְהֵיכָא אִיתְּמַר דְּרַב חִסְדָּא? אַהָא. מֵיתִיבִי: דְּתַנְיָא, הֵיכָן קוֹרִין בּוֹ — בָּעֲזָרָה, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: בְּהַר הַבַּיִת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּקְרָא בוֹ לִפְנֵי הָרְחוֹב אֲשֶׁר לִפְנֵי שַׁעַר הַמַּיִם״, וְאָמַר רַב חִסְדָּא: בְּעֶזְרַת נָשִׁים.
À propos du verset en Néhémie, la Guemara interprète un verset adjacent de manière homilétique. Il est dit : « Et Ezra bénit l'Éternel, le grand Dieu » (Néhémie 8, 6). La Guemara demande : Que signifie « grand » ici ? Rav Yossef dit au nom de Rav : Cela signifie qu'il Lui attribua la grandeur en prononçant le Nom explicite de Dieu [le tétragramme, prononcé tel quel]. Rav Guiddel dit : Il établit que l'on devrait dire à la conclusion de chaque bénédiction : « Béni soit l'Éternel, Dieu d'Israël, de l'éternité à l'éternité » (Divrei HaYamim I 16, 36).
״וַיְבָרֶךְ עֶזְרָא אֶת ה׳ הָאֱלֹהִים הַגָּדוֹל״. מַאי ״גָּדוֹל״? אָמַר רַב יוֹסֵף אָמַר רַב: שֶׁגִּדְּלוֹ בְּשֵׁם הַמְפוֹרָשׁ. רַב גִּידֵּל אָמַר: ״בָּרוּךְ ה׳ אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם״.
Abayé dit à Rav Dimi : Pourquoi Rav Guiddel interprète-t-il ainsi ? Peut-être que le sens de « grand » est qu'il attribua la grandeur à Dieu en prononçant le Nom explicite ? Rav Dimi lui dit : Le Nom explicite ne peut pas être prononcé dans les guevoulin [les territoires en dehors de la cour du Temple].
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב דִּימִי: וְדִילְמָא שֶׁגִּידְּלוֹ בְּשֵׁם הַמְפוֹרָשׁ? אֲמַר לֵיהּ: אֵין אוֹמְרִים שֵׁם הַמְפוֹרָשׁ בִּגְבוּלִים.
La Guemara interroge : Et vraiment, n'est-ce pas permis ? N'est-il pas écrit : « Et Ezra le scribe se leva sur un podium de bois qu'ils avaient fabriqué pour cette occasion… et Ezra bénit l'Éternel, le grand Dieu » (Néhémie 8, 4-6) — et Rav Guiddel a dit : « grand » dans ce verset signifie qu'il attribua la grandeur à Dieu en prononçant le Nom explicite [et cet événement eut lieu hors du Temple] ? La Guemara répond : Cela ne peut pas servir de preuve car la permission d'utiliser le Nom explicite dans ce contexte était une ordonnance provisoire [horaat chaah] prise en raison de circonstances exceptionnelles, puisque le peuple s'était rassemblé de manière unique dans un engagement de prière et de repentance envers Dieu.
וְלָא? וְהָכְתִיב: ״וַיַּעֲמוֹד עֶזְרָא הַסּוֹפֵר עַל מִגְדַּל עֵץ אֲשֶׁר עָשׂוּ לַדָּבָר״. וְאָמַר רַב גִּידֵּל: שֶׁגִּדְּלוֹ בְּשֵׁם הַמְפוֹרָשׁ! הוֹרָאַת שָׁעָה הָיְתָה.
« Et ils crièrent vers l'Éternel, leur Dieu, d'une voix forte » (Néhémie 9, 4). Que dirent-ils ? Rav dit — et certains disent que c'est Rabbi Yo'hanan qui dit : [Ils s'écrièrent :] « Biyya, biyya ! [Malheur, malheur !] C'est lui [le yétser hara, le mauvais penchant pour l'idolâtrie] qui a détruit le Temple, brûlé son Sanctuaire, tué tous les justes et causé l'exil du peuple d'Israël hors de sa terre — et il danse encore parmi nous [il nous affecte encore]. Ne nous l'as-Tu donné que pour que nous recevions une récompense en le surmontant ? Nous ne le voulons pas, et nous ne voulons pas non plus sa récompense ! Nous sommes prêts à renoncer aux récompenses potentielles de la victoire sur le mauvais penchant, pourvu qu'il s'éloigne de nous. »
״וַיִּצְעֲקוּ אֶל ה׳ אֱלֹהִים בְּקוֹל גָּדוֹל״. מַאי אֲמוּר? אָמַר רַב, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹחָנָן: בִּיָּיא בִּיָּיא הַיְינוּ הַאי דְּאַחְרְבֵיהּ לְמַקְדְּשָׁא וְקַלְיֵהּ לְהֵיכְלֵיהּ וְקַטְלִינְהוּ לְכוּלְּהוּ צַדִּיקֵי וְאַגְלִינְהוּ לְיִשְׂרָאֵל מֵאַרְעֲהוֹן, וַעֲדַיִין מְרַקֵּד בֵּינַן. כְּלוּם יְהַבְתֵּיהּ לַן אֶלָּא לְקַבּוֹלֵי בֵּיהּ אַגְרָא? לָא אִיהוּ בָּעֵינַן, וְלָא אַגְרֵיהּ בָּעֵינַן!
En réponse à leur prière, une note [pitka] tomba du ciel sur laquelle était écrit : « Emet — Vérité », indiquant que Dieu avait accepté leur demande.
נְפַל לְהוּ פִּיתְקָא מֵרְקִיעָא, דַּהֲוָה כְּתִב בֵּהּ ״אֱמֶת״.
La Guemara formule une observation parenthétique. Rav 'Hanina dit : Apprends-en que le sceau du Saint, béni soit-Il, est « Emet — Vérité ».
אָמַר רַב חֲנִינָא: שְׁמַע מִינַּהּ חוֹתָמוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא ״אֱמֶת״.
Ils observèrent un jeûne [taanit] de trois jours et trois nuits, et Il le leur livra [le yétser hara]. Il sortit sous la forme d'un lionceau de feu depuis la chambre du Saint des Saints. Le prophète dit au peuple d'Israël : C'est lui, le mauvais penchant pour l'idolâtrie, comme il est dit dans le verset qui se rapporte à cet événement : « Et il dit : C'est la méchanceté » (Zekharya 5, 8). L'emploi du mot « ceci » indique que le mauvais penchant était perçu sous une forme physique.
אוֹתִיבוּ בְּתַעֲנִיתָא תְּלָתָא יוֹמִין וּתְלָתָא לֵילָוָאתָא, מַסְרוּהוּ נִיהֲלַיְהוּ. נְפַק אֲתָא כִּי גוּרְיָא דְנוּרָא מִבֵּית קָדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים, אֲמַר לְהוּ נָבִיא לְיִשְׂרָאֵל: הַיְינוּ יִצְרָא דַעֲבוֹדָה זָרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר זֹאת הָרִשְׁעָה״.
Pendant qu'ils le maintenaient saisi, un de ses poils tomba et il poussa un cri de douleur qui fut entendu jusqu'à quatre cents parasanges [de distance]. Ils dirent : Que devons-nous faire [pour le tuer] ? Peut-être, à Dieu ne plaise, auront-ils pitié de lui dans les cieux, car il crie tant. Le prophète leur dit : Jetez-le dans un récipient de plomb [duda d'avara] et scellez son ouverture avec du plomb, car le plomb absorbe le son. Comme il est dit : « Et il dit : C'est la méchanceté. Et il la jeta au fond de la mesure, et il lança la pierre de plomb sur son ouverture » (Zekharya 5, 8). Ils suivirent ce conseil et furent libérés du mauvais penchant pour l'idolâtrie.
בַּהֲדֵי דְּתַפְסוּהּ לֵיהּ אִשְׁתְּמִיט בִּינִיתָא מִמַּזְּיֵיא וּרְמָא קָלָא, וַאֲזַל קָלֵיהּ אַרְבַּע מְאָה פַּרְסֵי. אָמְרוּ: הֵיכִי נַעֲבֵיד? דִּילְמָא חַס וְשָׁלוֹם מְרַחֲמִי עֲלֵיהּ מִן שְׁמַיָּא. אֲמַר לְהוּ נָבִיא: שַׁדְיוּהוּ בְּדוּדָא דַאֲבָרָא, וְחַפְיוּהוּ לְפוּמֵּיהּ בַּאֲבָרָא, דַּאֲבָרָא מִשְׁאָב שָׁאֵיב קָלָא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר זֹאת הָרִשְׁעָה וַיַּשְׁלֵךְ אוֹתָהּ אֶל תּוֹךְ הָאֵיפָה וַיַּשְׁלֵךְ אֶת אֶבֶן הָעוֹפֶרֶת אֶל פִּיהָ״.
Lorsqu'ils virent que le mauvais penchant pour l'idolâtrie avait été livré entre leurs mains comme ils le demandaient, les Sages dirent : Puisque c'est un moment favorable [eit ratson], prions aussi concernant le mauvais penchant pour la transgression [dans le domaine des relations intimes]. Ils prièrent, et il leur fut livré également.
אֲמַרוּ: הוֹאִיל וְעֵת רָצוֹן הוּא, נִבְעֵי רַחֲמֵי אַיִּצְרָא דַעֲבֵירָה. בְּעוֹ רַחֲמֵי וְאִמְּסַר בִּידַיְיהוּ.
[Zekharya] le prophète leur dit : Regardez et comprenez que si vous tuez ce [mauvais penchant], le monde sera détruit — car il n'y aurait plus aucun désir de procréer. Ils suivirent cet avertissement et, au lieu de le tuer, ils l'emprisonnèrent pendant trois jours. Durant ce temps, on rechercha dans toute la Terre d'Israël un œuf pondu le jour même et on n'en trouva pas [car le penchant à la reproduction avait été étouffé et les poules avaient cessé de pondre]. Ils dirent : Que faire ? Si nous le tuons, le monde sera détruit. Si nous prions pour [annuler] la moitié [de son pouvoir], rien ne sera accordé — car le Ciel n'accorde pas de dons à moitié [seulement des dons entiers]. Que firent-ils ? Ils lui crevèrent les yeux [par une forme symbolique de limitation de son pouvoir] et le libérèrent. Et cela fut efficace dans la mesure où un homme n'est désormais plus poussé à commettre l'inceste avec ses proches.
אֲמַר לְהוּ: חֲזוֹ, דְּאִי קָטְלִיתוּ לֵיהּ לְהָהוּא, כָּלֵי עָלְמָא. חַבְשׁוּהוּ תְּלָתָא יוֹמֵי, וּבָעוּ בֵּיעֲתָא בַּת יוֹמָא בְּכׇל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְלָא אִשְׁתְּכַח. אָמְרִי: הֵיכִי נַעֲבֵיד? נִקְטְלֵיהּ — כָּלֵי עָלְמָא, נִיבְעֵי רַחֲמֵי אַפַּלְגָא — פַּלְגָא בִּרְקִיעָא לָא יָהֲבִי. כַּחְלִינְהוּ לְעֵינֵיהּ וְשַׁבְקוּהוּ, וְאַהְנִי דְּלָא מִיגָּרֵי בֵּיהּ לְאִינִישׁ בְּקָרִיבְתֵּהּ.
Yoma 69b
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יומא ס״ט במַסֶּכֶת יוֹמָא