[On les brûle] au nord de Jérusalem [car tout travail impliquant des offrandes de péché se fait au nord], et en dehors des trois camps. Rabbi Yossi dit : On les brûle à l'emplacement des cendres [où les cendres du bûcher de l'autel ont été déposées].
לִצְפוֹנָהּ שֶׁל יְרוּשָׁלַיִם, וְחוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אַבֵּית הַדֶּשֶׁן נִשְׂרָפִין.
Rava dit : Qui est le tanna qui est en désaccord avec Rabbi Yossi sur cette question ? C'est Rabbi Éliézer ben Yaakov, comme il est enseigné dans une baraïta à propos du verset : « Là où les cendres sont versées [chefekh ha-deshen], il sera brûlé » (Vayikra 4, 12), [ce qui signifie] qu'il doit déjà y avoir des cendres en cet endroit [pour qu'il soit connu comme le tas de cendres avant que cet animal y soit brûlé]. Rabbi Éliézer ben Yaakov dit : Ce verset indique que l'endroit doit être en pente [méchoupaph], de sorte que les cendres qui y sont déposées roulent en bas. Rava comprit que, tandis que Rabbi Yossi exige que des cendres soient déjà présentes au moment où le taureau est brûlé, Rabbi Éliézer ben Yaakov, lui, ne l'exige pas.
אָמַר רָבָא: מַאן תְּנָא דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב הוּא. דְּתַנְיָא: ״אֶל שֶׁפֶךְ הַדֶּשֶׁן יִשָּׂרֵף״, שֶׁיְּהֵא לְשֵׁם דֶּשֶׁן, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: שֶׁיְּהֵא מְקוֹמוֹ מְשׁוּפָּךְ.
Abayé lui dit [à Rava] : Il n'y a pas de preuve dans ce raisonnement, car peut-être leur désaccord porte uniquement sur la question de savoir si l'endroit doit être en pente. Rabbi Éliézer ben Yaakov pourrait être d'accord qu'il doit y avoir des cendres au préalable, mais il ajoute que l'endroit doit aussi être incliné. Il n'y a donc pas de preuve pour étayer l'affirmation de Rava.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְדִילְמָא בִּמְקוֹמוֹ מְשׁוּפָּךְ הוּא דִּפְלִיגִי.
Les Sages ont enseigné [dans une baraïta] : Il est dit : « Et celui qui brûle [them] lavera ses vêtements » (Vayikra 16, 28), pour indiquer que seuls les vêtements de celui qui brûle le taureau et le bouc de Yom Kippour deviennent impurs, mais non les vêtements de celui qui allume le feu [avant que l'animal soit placé dessus], ni les vêtements de celui qui dispose le bûcher [de bois]. Et qui est « celui qui brûle » ? C'est celui qui assiste [à l'opération] au moment même de la combustion.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְהַשּׂוֹרֵף״ — הַשּׂוֹרֵף מְטַמֵּא בְּגָדִים וְלֹא הַמַּצִּית אֶת הָאוּר וְלֹא הַמְסַדֵּר אֶת הַמַּעֲרָכָה. וְאֵי זֶהוּ הַשּׂוֹרֵף? זֶה הַמְסַיֵּיעַ בִּשְׁעַת שְׂרֵיפָה.
On pourrait penser que les vêtements deviennent impurs même après que le taureau et le bouc sont devenus de la cendre. C'est pourquoi le verset dit : « otam — eux [ceux-là même] », pour indiquer que c'est eux, le taureau et le bouc de Yom Kippour [dans leur forme animale], qui rendent les vêtements impurs, mais ils ne rendent pas les vêtements impurs une fois qu'ils sont devenus de la cendre. Rabbi Élazar, fils de Rabbi Chimon, dit : Le taureau cause l'impureté rituelle [tant qu'il n'est pas brûlé], mais une fois que la chair a été consumée [par le feu], il ne rend plus les vêtements impurs.
יָכוֹל אַף מִשֶּׁנַּעֲשׂוּ אֵפֶר מְטַמְּאִין בְּגָדִים — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אוֹתָם״, אוֹתָם מְטַמְּאִין בְּגָדִים, וְלֹא מִשֶּׁנַּעֲשׂוּ אֵפֶר מְטַמְּאִין בְּגָדִים. רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: הַפָּר מְטַמֵּא, נִיתַּךְ הַבָּשָׂר אֵינוֹ מְטַמֵּא בְּגָדִים.
La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre l'opinion du premier tanna et celle de Rabbi Élazar, fils de Rabbi Chimon ? La Guemara répond : La différence existe lorsqu'il [l'animal] a été transformé en une masse carbonisée [cherouka] et que la forme de l'animal a déjà été déformée mais qu'il n'est pas encore réellement devenu de la cendre. Selon Rabbi Élazar, fils de Rabbi Chimon, il ne cause plus d'impureté [en pareil cas].
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּשַׁוְּיֵהּ חֲרוֹכָא.
Mishna 1
MICHNA : On dit au Kohen Gadol : « Le bouc est arrivé au désert [cela signifie que la mitsva a été accomplie et que le bouc Azazel a été envoyé au désert] ». Et comment savait-on dans le Temple que le bouc était arrivé au désert ? On construisait des estrades [dirkaot] tout au long du chemin, et des gens se tenaient dessus et agitaient des écharpes [soudarin] pour signaler l'arrivée du bouc. Et ainsi ils savaient que le bouc était arrivé au désert.
מַתְנִי׳ אָמְרוּ לוֹ לְכֹהֵן גָּדוֹל: הִגִּיעַ שָׂעִיר לַמִּדְבָּר. וּמִנַּיִין הָיוּ יוֹדְעִין שֶׁהִגִּיעַ שָׂעִיר לַמִּדְבָּר? דִּירְכָּאוֹת הָיוּ עוֹשִׂין וּמְנִיפִין בְּסוּדָרִין. וְיוֹדְעִין שֶׁהִגִּיעַ שָׂעִיר לַמִּדְבָּר.(משנה)
Rabbi Yehouda dit : Pourquoi avaient-ils besoin de ces estrades ? N'avaient-ils pas déjà un indicateur fiable ? De Jérusalem jusqu'à Beit Hidodo [la limite du désert où la mitsva d'envoyer le bouc était accomplie], la distance était de trois mil. Puisque les notables de Jérusalem marchaient un mil pour escorter le conducteur du bouc et revenaient un mil, et attendaient le temps équivalent à un mil, ils savaient que le bouc était arrivé au désert. Il n'y avait nul besoin des estrades.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה, וַהֲלֹא סִימָן גָּדוֹל הָיָה לָהֶם: מִירוּשָׁלַיִם וְעַד בֵּית חֲדוֹדוֹ, שְׁלֹשָׁה מִילִין, הוֹלְכִין מִיל וְחוֹזְרִין מִיל, וְשׁוֹהִין כְּדֵי מִיל וְיוֹדְעִין שֶׁהִגִּיעַ שָׂעִיר לַמִּדְבָּר.
Rabbi Ichmaël dit : N'avaient-ils pas un autre indicateur ? Il y avait un fil de laine écarlate [lachon chel zehoriyt] attaché à l'entrée du Sanctuaire, et lorsque le bouc arrivait au désert et que la mitsva était accomplie, le fil blanchissait, comme il est dit : « Quand vos péchés seraient comme l'écarlate, ils deviendront blancs comme la neige » (Yechayahou 1, 18).
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: וַהֲלֹא סִימָן אַחֵר הָיָה לָהֶם: לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית הָיָה קָשׁוּר עַל פִּתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל, וּכְשֶׁהִגִּיעַ שָׂעִיר לַמִּדְבָּר הָיָה הַלָּשׁוֹן מַלְבִּין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם יִהְיוּ חֲטָאֵיכֶם כַּשָּׁנִים כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ״.
Guémara
GUEMARA : Abayé dit : On peut déduire de [cette michna] que Beit Hidodo se trouve dans le désert [et non aux abords du désert], et cela vient nous enseigner que Rabbi Yehouda estime que dès que le bouc est arrivé au désert, sa mitsva est accomplie [même avant qu'il soit poussé du haut de la falaise], et il n'est pas nécessaire d'attendre davantage.
גְּמָ׳ אָמַר אַבָּיֵי: שְׁמַע מִינַּהּ בֵּית חֲדוֹדוֹ בַּמִּדְבָּר קָיְימָא, וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן דְּקָסָבַר רַבִּי יְהוּדָה: כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ שָׂעִיר לַמִּדְבָּר — נַעֲשֵׂית מִצְוָתוֹ.
[Formule de clôture du chapitre :] « Nous revenons vers toi, chapitre des deux boucs ».
הֲדַרַן עֲלָךְ שְׁנֵי שְׂעִירֵי
Mishna 2
MICHNA : Le Kohen Gadol vient pour lire la Torah [la section de Yom Kippour devant l'assemblée dans la cour du Temple]. S'il souhaite lire la Torah en portant encore les vêtements de lin fin [les habits sacerdotaux en lin qu'il portait lors du service précédent], il peut lire en les portant ; sinon, il lui est permis de lire dans une robe blanche qui lui appartient [qui n'est pas un vêtement sacerdotal consacré].
בָּא לוֹ כֹּהֵן גָּדוֹל לִקְרוֹת, אִם רָצָה לִקְרוֹת בְּבִגְדֵי בוּץ — קוֹרֵא, וְאִם לָאו — קוֹרֵא בְּאִצְטְלִית לָבָן מִשֶּׁלּוֹ.