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Traité Yoma

56b

Étude de Yoma 56b

Étude de la Guémara 56b

Guémara
Rabbi Yehouda, Rabbi Yossé et Rabbi Chimon interdisent cette pratique [de boire le vin avant la séparation effective des dîmes]. Manifestement, Rabbi Yehouda estime qu'il n'existe pas de clarification rétroactive [ein bréira].
רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹסְרִין. אַלְמָא אֵין בְּרֵירָה.
La Guemara explique la difficulté : D'où tire-t-on cette conclusion ? Peut-être la situation [de la cruche de vin] est-elle différente, ainsi que la raison en est enseignée [dans la michna] : Les Sages dirent à Rabbi Méïr : « Ne concèdes-tu pas que la cruche pourrait se fendre avant qu'il n'ait retiré les portions de téroumot et de dîmes du mélange, faisant se répandre tout le vin ? Il se trouverait alors avoir bu du vin non dîmé [tavelé] rétroactivement. » Et Rabbi Méïr leur répondit : « Si elle se fend, nous nous en préoccuperons à ce moment-là [mais nul besoin de s'inquiéter par avance d'une telle éventualité]. » Puisque cet argument repose sur la possibilité que la cruche se brise, il n'en résulte aucune preuve que Rabbi Yehouda rejette le principe de clarification rétroactive.
מִמַּאי? דִּילְמָא שָׁאנֵי הָתָם כִּדְקָתָנֵי טַעְמָא, אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי מֵאִיר: אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁמָּא יִבָּקַע הַנּוֹד וְנִמְצָא שׁוֹתֶה טְבָלִים לְמַפְרֵעַ? וְאָמַר לָהֶם: לִכְשֶׁיִּבָּקַע.
Plutôt, la preuve que Rabbi Yehouda n'accepte pas le principe de clarification rétroactive provient d'une baraïta qu'enseigne le Sage Ayo. Car Ayo enseigna que Rabbi Yehouda dit : « Un individu ne peut pas stipuler des conditions portant sur deux choses à la fois » — par exemple, il lui est interdit d'établir un éirouve [jonction de résidences pour Chabbat] dans chacune des deux directions [est et ouest] le vendredi après-midi en formulant la stipulation suivante : si demain, Chabbat, deux Sages arrivent de deux directions différentes, je déciderai à ce moment-là lequel des deux conférenciers je préfère écouter, ce qui déterminera quel éirouve est en vigueur.
אֶלָּא, מִדְּתָנֵי אַיּוֹ. דְּתָנֵי אַיּוֹ, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵין אָדָם מַתְנֶה עַל שְׁנֵי דְבָרִים כְּאֶחָד.
En revanche, il peut dire : si le Sage vient à l'est, son éirouve est [valide pour aller] à l'est ; si le Sage vient à l'ouest, son éirouve est [valide pour aller] à l'ouest. Mais il ne peut pas dire : si un Sage vient d'ici et qu'un autre Sage vient de là-bas, il ira dans la direction qu'il choisira [à ce moment-là].
אֶלָּא: אִם בָּא חָכָם לַמִּזְרָח — עֵירוּבוֹ לַמִּזְרָח. לַמַּעֲרָב — עֵירוּבוֹ לַמַּעֲרָב. אֲבָל לְכָאן וּלְכָאן — לָא.
Et nous avons discuté de ce passage dans la Guemara en posant la question : Quelle est la différence dans le cas où l'individu stipule que si des Sages arrivent des deux côtés il pourra aller du côté qu'il choisit — [différence] qui invalide son éirouve ? Apparemment, Rabbi Yehouda estime qu'il n'y a pas de clarification rétroactive, c'est-à-dire que cet individu ne peut pas prétendre après coup que l'endroit où il s'est rendu est celui qu'il avait initialement désigné pour son éirouve.
וְהָוֵינַן בַּהּ: מַאי שְׁנָא לְכָאן וּלְכָאן דְּלָא, דְּאֵין בְּרֵירָה.
Toutefois, selon ce principe [qu'il n'y a pas de bréira], lorsqu'un individu établit un éirouve à l'est et à l'ouest [en anticipation de l'arrivée d'un seul Sage], on devrait également invoquer le principe qu'il n'y a pas de clarification rétroactive. Pourquoi Rabbi Yehouda admet-il alors que si l'on anticipe l'arrivée d'un seul Sage et que l'on stipule que si celui-ci vient à l'est l'éirouve sera à l'est, l'éirouve est valide ?
לְמִזְרָח וּמַעֲרָב נָמֵי אֵין בְּרֵירָה?
Et Rabbi Yo'hanan dit : [Ce cas ne constitue pas une véritable clarification rétroactive,] car le Sage était déjà arrivé [quelque part] au crépuscule [bein ha-chémachot, au moment où l'éirouve prend effet], mais celui qui avait établi l'éirouve ne savait pas encore de quel côté de la ville le Sage était arrivé. Ainsi, au moment où l'éirouve fixait sa résidence de Chabbat, il était déjà clair — dans les faits — quel éirouve il voulait, même s'il n'en prendrait connaissance que plus tard. Dans ce cas, Rabbi Yehouda admet la validité de l'éirouve, tout en maintenant en règle générale qu'il n'y a pas de clarification rétroactive. Ce raisonnement explique pourquoi, selon Rabbi Yehouda, il n'existait pas de tronc [réceptacle] distinct pour les nids d'offrandes obligatoires de 'hattath et d'olocaustes : il estime qu'il n'y a pas de solution au problème posé par le mélange possible des pièces de monnaie [destinées à l'une ou l'autre catégorie].
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּשֶׁכְּבָר בָּא חָכָם.
La Guemara pose une question : Maintenant que nous avons dit et établi que selon Rabbi Yehouda il n'y a pas de clarification rétroactive — néanmoins, il est d'avis que l'on peut s'appuyer sur une inscription [kétiva], ainsi qu'il ressort de la halakha concernant les troncs de collecte [dans le Temple]. Si tel est le cas, à Yom Kippour également, plaçons deux socles [dans le Heikhal] et inscrivons dessus [lequel est destiné au sang du taureau et lequel au sang du bouc !]
וְהַשְׁתָּא דְּאָמְרִינַן לְרַבִּי יְהוּדָה אֵין בְּרֵירָה, הָא כְּתִיבָה אִית לֵיהּ! יוֹם הַכִּפּוּרִים נָמֵי, נַעֲבֵיד תְּרֵי וְנִכְתּוֹב עֲלַיְיהוּ!
La Guemara répond : La raison pour laquelle on n'a pas placé deux socles avec des inscriptions est due à la faiblesse [physique] du Kohen Gadol. Étant donné qu'il jeûne pendant tout le service de la journée, l'inscription ne sera pas présente à son esprit ; il n'y prêtera pas attention et risque de se tromper. Car si tu ne dis pas ainsi — c'est-à-dire s'il n'y avait pas de crainte pour la faiblesse du Kohen Gadol — même sans inscription il ne devrait pas non plus se tromper, car ce bassin [dans lequel il recueille le sang du taureau] est relativement grand et l'autre [pour le sang du bouc] est petit.
מִשּׁוּם חוּלְשָׁא דְּכֹהֵן גָּדוֹל לָאו אַדַּעְתֵּיהּ. דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, בְּלָא כְּתִיבָה נָמֵי, הַאי נְפִישׁ וְהַאי זוּטַר.
Et si tu disais qu'il ne recueille pas la totalité du sang du taureau [et que les deux bols seraient ainsi de taille égale] — Rav Yehouda n'a-t-il pas dit : Celui qui égorge [le taureau] doit recueillir la totalité du sang du taureau, comme il est dit : « Et tout le sang du taureau il versera au pied de l'autel » (Vayikra 4, 7) ?
וְכִי תֵּימָא לָא מְקַבֵּיל לֵיהּ כּוּלֵּיהּ, וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה: הַשּׁוֹחֵט צָרִיךְ שֶׁיְּקַבֵּל אֶת כׇּל דָּמוֹ שֶׁל פַּר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֵת כׇּל דַּם הַפָּר יִשְׁפּוֹךְ אֶל יְסוֹד הַמִּזְבֵּחַ״.
Et si tu disais : peut-être une partie du sang du taureau se répandrait-elle [de sorte que les quantités deviendraient égales dans les deux bols] — il n'y aurait toujours pas lieu de se tromper, car ce sang [celui du bouc] est blanc et brillant comparé au sang du taureau, tandis que ce sang [celui du taureau] est rouge et plus sombre que l'autre. Mais la conclusion doit être que c'est en raison de la faiblesse du Kohen Gadol que ces différences ne lui viendront pas à l'esprit. Ici aussi [concernant les inscriptions], c'est en raison de la faiblesse du Kohen Gadol que les inscriptions ne seront pas présentes à son esprit.
וְכִי תֵּימָא: דִּילְמָא מִשְׁתְּפִיךְ מִינֵּיהּ — הַאי חִיוָּר וְהַאי סוּמָּק. אֶלָּא, מִשּׁוּם חוּלְשָׁא דְּכֹהֵן גָּדוֹל לָאו אַדַּעְתֵּיהּ. הָכָא נָמֵי, מִשּׁוּם חוּלְשָׁא דְּכֹהֵן גָּדוֹל לָאו אַדַּעְתֵּיהּ.
§ La Guemara rapporte : Un certain individu descendit [à l'ambon pour] mener l'office de Yom Kippour devant Rava. Il récita l'ordre du service du Kohen Gadol lors de Yom Kippour dans sa prière, et il dit : « Le Kohen Gadol sortit [du Saint des Saints] et posa le bol sur le second socle doré dans le Heikhal ; il prit le sang du taureau [depuis le socle] et posa le sang du bouc à sa place. »
הָהוּא דִּנְחֵית קַמֵּיהּ דְּרָבָא, אֲמַר: יָצָא וְהִנִּיחוֹ עַל כַּן שֵׁנִי שֶׁבַּהֵיכָל, נָטַל דַּם הַפָּר, וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר.
Yoma 56b
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יומא נ״ו במַסֶּכֶת יוֹמָא