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Traité Yoma

52b

Étude de Yoma 52b

Étude de la Mishna & Guémara 52b

Le premier exemple est le terme : « Se'et » (Berechit 4, 7). [On ne sait pas si le verset doit être lu :] « Si tu agis bien, [ta faute] ne sera-t-elle pas relevée [se'et] ? » — auquel cas se'et exprime la rémission et le pardon — ou bien : « Si tu agis bien [tu seras relevé], et si tu n'agis pas bien, [ta faute] te sera imputée [se'et] » — auquel cas se'et renvoie au souvenir de la faute : si tu n'agis pas bien, ton péché sera retenu contre toi.
״שְׂאֵת״.
Le deuxième cas à la ponctuation incertaine est le terme : « Mechukadim » (Chémot 25, 34). [On peut lire :] « Et dans le candélabre [Ménoura], quatre coupes en forme de fleurs d'amandier [mechukadim] » [— mechukadim se rattachant aux coupes —] ; ou encore : « Ses boutons et ses fleurs, [en forme d'amandier] [mechukadim] » [— mechukadim se rattachant à ce qui précède ou à ce qui suit]. Autrement dit, le terme mechukadim peut se lire avec la première ou avec la dernière partie du verset.
״מְשׁוּקָּדִים״.
De même, le terme : « Ma'har » (Chémot 17, 9) peut se lire : « Sors et combats Amalek demain [ma'har] » — la bataille étant fixée au lendemain. Ou bien il peut signifier que Yehochoua devait partir en guerre contre Amalek immédiatement, et que Moché ajoutait : « Demain [ma'har], je me tiendrai au sommet de la colline » (Chémot 17, 9), mais aujourd'hui tu n'as pas besoin de ma prière. Une fois encore, la question est de savoir si ce terme appartient au début ou à la fin du verset.
״מָחָר״.
Le quatrième cas est le terme : « Arour » (Berechit 49, 7). [On peut lire :] « Maudit [arour] soit leur courroux, car il était violent, et leur fureur, car elle était cruelle » — condamnant Lévi et Chimon pour leur acte contre Che'khem. Ou bien ce terme, qui figure au début du verset, se rattache à la fin du verset précédent : « Et dans leur colère, ils ont massacré des bœufs maudits [arour] » (Berechit 49, 6-7) — les « bœufs maudits » désignant les bœufs de Che'khem, descendant du maudit Canaan.
״אָרוּר״.
Enfin, le terme : « Ve'kham » (Devarim 31, 16) peut se lire : « Tu vas bientôt te coucher avec tes pères et te relever [ve'kham] » — allusion à la résurrection des morts — ou bien : « Et ce peuple se lèvera [ve'kham] et se détournera [de D.ieu] ».
״וְקָם״.
Mais n'a-t-on pas enseigné dans une baraïta que Yossef d'Houtzal est le même que Yossef le Babylonien, car Houtzal est une ville de Babylonie ; et il est également appelé Isi ben Yehouda, car « Isi » est une forme abrégée de « Yossef » ; il est Isi ben Gour Arye [« Gour Arye » étant un surnom pour Yehouda] ; il est Isi ben Gamliel ; il est Isi ben Mahalalel ? Et quel est son vrai nom ? Isi ben Akiva est son nom. Si ce sont bien la même personne, Isi ben Yehouda — qui est Yossef d'Houtzal — ne cite que cinq versets à la ponctuation incertaine dans la Torah, alors qu'ici [en posant sa question sur le verset des Prophètes] il ajoute un exemple supplémentaire. La Guemara explique : dans la Torah elle-même, il n'y a effectivement pas plus de cinq versets [de ce type], mais dans les Prophètes [Neviim], il en existe d'autres exemples de ponctuation équivoque, dont ce verset de I Rois.
וְהָתַנְיָא: הוּא יוֹסֵף אִישׁ הוּצָל, הוּא יוֹסֵף הַבַּבְלִי, הוּא אִיסִי בֶּן יְהוּדָה, הוּא אִיסִי בֶּן גּוּר אַרְיֵה, הוּא אִיסִי בֶּן גַּמְלִיאֵל, הוּא אִיסִי בֶּן מַהֲלַלְאֵל, וּמָה שְׁמוֹ — אִיסִי בֶּן עֲקִיבָא שְׁמוֹ. בִּדְאוֹרָיְיתָא — לֵיכָּא, בְּדִנְבִיאֵי — אִיכָּא.
La Guemara soulève une difficulté : Et dans la Torah elle-même, n'existerait-il vraiment aucun autre exemple de ponctuation indéterminée ? Or, il y a bien ce dilemme que Rav 'Hisda a soulevé à propos du verset : « Et il envoya les jeunes gens des enfants d'Israël qui offrirent des holocaustes [olot] d'agneaux » (Chémot 24, 5) ; ces holocaustes étaient-ils des agneaux, et lorsque le verset poursuit : « Et ils sacrifièrent des offrandes de paix [chlamim] de taureaux à l'Éternel », ces offrandes de paix seules étaient-elles des taureaux ? Ou peut-être ces [holocaustes] et ceux-là [les offrandes de paix] étaient-ils tous deux des taureaux, le mot « taureaux » se référant à la fois aux holocaustes et aux offrandes de paix ? C'est un autre verset à la ponctuation incertaine. La Guemara rejette cette objection : Cela n'est pas difficile ; selon Rav 'Hisda, la lecture du verset était incertaine, mais son interprétation était évidente pour Isi ben Yehouda.
וּבִדְאוֹרָיְיתָא לֵיכָּא? וְהָא אִיכָּא דְּבָעֵי רַב חִסְדָּא: ״וַיִּשְׁלַח אֶת נַעֲרֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַיַּעֲלוּ עוֹלוֹת כְּבָשִׂים וַיִּזְבְּחוּ זְבָחִים שְׁלָמִים פָּרִים״ — אוֹ דִילְמָא אִידֵּי וְאִידֵּי פָּרִים! לְרַב חִסְדָּא מְסַפְּקָא לֵיהּ, לְאִיסִי בֶּן יְהוּדָה פְּשִׁיטָא לֵיהּ.
Mishna 1
MICHNA : Le rideau extérieur [entre le Sanctuaire et le Saint des Saints] était ouvert [peroufa — sa lisière était repliée vers l'extérieur et fixée par un crochet d'or] du côté sud du Sanctuaire, et le rideau intérieur était ouvert du côté nord du Sanctuaire ; le Kohen Gadol ne pouvait donc pas entrer dans le Saint des Saints directement. Il pénétrait plutôt par l'ouverture méridionale et marchait entre les deux rideaux jusqu'à parvenir à l'ouverture nord. Lorsqu'il atteignait l'ouverture nord, il entrait dans le Saint des Saints par celle-ci, tournait son visage vers le sud et marchait à sa gauche le long du rideau jusqu'à se trouver face à l'Arche.
מַתְנִי׳ הַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם, וּפְנִימִית מִן הַצָּפוֹן. מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶן, עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן. הִגִּיעַ לַצָּפוֹן — הוֹפֵךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם, מְהַלֵּךְ לִשְׂמֹאלוֹ עִם הַפָּרוֹכֶת עַד שֶׁהוּא מַגִּיעַ לָאָרוֹן,(משנה)
Lorsqu'il arrivait devant l'Arche, il plaçait la coupe [makhta — le brûle-parfum] entre les deux barres [de transport de l'Arche]. Il entassait l'encens [ketorèt] sur les braises, et toute la salle dans son entièreté se remplissait de fumée. Il sortait ensuite et revenait par le chemin par lequel il était entré [en reculant, le visage toujours tourné vers l'Arche]. Et il récitait une brève prière dans la chambre extérieure [le Sanctuaire, Hekhal]. Il ne prolongeait pas sa prière [dans le Hekhal] afin de ne pas alarmer le peuple d'Israël, qui aurait pu conclure qu'il lui était arrivé quelque chose et qu'il était mort dans le Saint des Saints.
הִגִּיעַ לָאָרוֹן — נוֹתֵן אֶת הַמַּחְתָּה בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. צָבַר אֶת הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים, וְנִתְמַלֵּא כָּל הַבַּיִת כּוּלּוֹ עָשָׁן. יָצָא וּבָא לוֹ בְּדֶרֶךְ בֵּית כְּנִיסָתוֹ, וּמִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּבַּיִת הַחִיצוֹן. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ, שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת יִשְׂרָאֵל.
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : De quoi parle-t-on ici ? À quelle période la michna fait-elle référence ? Si l'on dit qu'elle traite du Premier Temple [Beit haMikdach haRichon], y avait-il des rideaux [parokhot] en ce temps-là ? [Non,] il n'y avait qu'une seule cloison [l'amah traqsin] à la place du rideau. Mais si l'on dit que la michna traite du Second Temple, y avait-il une Arche [en ce temps-là] ?
גְּמָ׳ בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא בְּמִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן, מִי הֲווֹ פָּרוֹכֶת? אֶלָּא בְּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי, מִי הֲוָה אָרוֹן?
La Guemara élabore : N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta que lorsque l'Arche fut cachée, furent cachés avec elle la jarre de manne [qui se trouvait à côté d'elle], le flacon d'huile d'onction [chémèn hamichha], le bâton d'Aharon avec ses amandes et ses fleurs, et le coffret [argaz] que les Philistins envoyèrent en présent [doron] au D.ieu d'Israël [après avoir capturé l'Arche et avoir été frappés de plusieurs fléaux], comme il est dit : « Et les objets d'or que vous lui renvoyez en sacrifice expiatoire [acham], placez-les dans le coffret à ses côtés, puis renvoyez-le, et qu'il parte » (I Samuel 6, 8) ?
וְהָתַנְיָא: מִשֶּׁנִּגְנַז אָרוֹן — נִגְנְזָה עִמּוֹ צִנְצֶנֶת הַמָּן, וּצְלוֹחִית שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה, וּמַקְלוֹ שֶׁל אַהֲרֹן וּשְׁקֵדֶיהָ וּפְרָחֶיהָ, וְאַרְגַּז שֶׁשִּׁגְּרוּ פְּלִשְׁתִּים דּוֹרוֹן לֵאלֹהֵי יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּכְלֵי הַזָּהָב אֲשֶׁר הֲשֵׁיבוֹתֶם לוֹ אָשָׁם תָּשִׂימוּ בָאַרְגַּז מִצִּדּוֹ וְשִׁלַּחְתֶּם אוֹתוֹ וְהָלָךְ״.
Et qui l'a caché ? C'est Yochiaho [Josias], roi de Juda, qui l'a caché. Et qu'a-t-il vu [quelle raison a motivé] sa décision de la cacher ? Il a vu qu'il est écrit : « L'Éternel t'emmènera, toi et le roi que tu auras établi sur toi [en exil vers une nation que tu n'as pas connue] » (Devarim 28, 36). Sachant que le peuple juif serait en définitive exilé, il jugea préférable que l'Arche ne soit pas déshonorée en exil, et il se leva et la cacha.
וּמִי גְּנָזוֹ — יֹאשִׁיָּהוּ גְּנָזוֹ. מָה רָאָה שֶׁגְּנָזוֹ? רָאָה שֶׁכָּתוּב: ״יוֹלֵךְ ה׳ אוֹתְךָ וְאֶת מַלְכְּךָ אֲשֶׁר תָּקִים עָלֶיךָ״, עָמַד וּגְנָזוֹ.
Yoma 52b
100%
יומא נ״ב במַסֶּכֶת יוֹמָא