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Traité Yoma

43b

Étude de Yoma 43b

Étude de la Mishna & Guémara 43b

[La Guemara constate :] Et Rabbi Yehuda ne diverge pas [de la michna sur ce point — la michna semble impliquer qu'il est lui aussi d'accord avec la règle qu'elle énonce].
וְלָא פְּלִיג רַבִּי יְהוּדָה!
Abaye dit : Puisque le Maître [Ulla] a dit : « une implication chasse une implication précédente [mashma motzi miyad mashma], et une implication se maintient d'elle-même [mashma mimei'la] » — [cela implique que] Rabbi Yehuda diverge [de la michna]. En effet, il est clair d'après l'opinion des Rabbins que le verset décrivant la prise et le trempage de l'hysope doit être compris comme signalant un changement de conditions [par rapport au verset précédent]. Rabbi Yehuda doit donc lui aussi admettre qu'il y a un changement de conditions, ainsi qu'expliqué ci-dessus. Il s'ensuit que Rabbi Yehuda diverge nécessairement de la michna, même si son opinion dissidente n'y est pas rapportée explicitement.
אָמַר אַבָּיֵי: כֵּיוָן דְּאָמַר מָר ״מַשְׁמָע מוֹצִיא מִיַּד מַשְׁמָע וּמַשְׁמָע מִמֵּילָא״ — פְּלִיג.
[La Guemara continue l'exposition des versets :] « Et le pur aspergera sur l'impur » (Bamidbar 19, 19). Le verset précédent mentionnait déjà l'exigence de pureté. Que nous enseigne cette répétition ? [La répétition dit :] il est pur — ce qui, par déduction, laisse entendre qu'il était initialement impur et vient de se purifier. Cela n'est significatif que si la référence est à quelqu'un qui n'a pas encore achevé son processus de purification. Cette répétition enseigne donc sur le tevoul yom [celui qui s'est immergé dans le mikvé le jour même et attend le coucher du soleil pour être pleinement purifié], qu'il est qualifié pour asperger les eaux dans le rite de la para adouma.
״וְהִזָּה הַטָּהוֹר עַל הַטָּמֵא״. ״טָהוֹר״ מִכְּלָל שֶׁהוּא טָמֵא, לִימֵּד עַל טְבוּל יוֹם שֶׁכָּשֵׁר בְּפָרָה.
Rabbi Assi dit : Lorsque Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich s'attaquaient à l'analyse de la paracha de la para adouma pour tenter d'identifier une structure cohérente dans la façon dont les conditions implicites doivent être comprises [à savoir : quand un verset chasse-t-il les conditions du verset précédent, et quand les conditions d'un verset se maintiennent-elles dans les suivants] — ils n'en retiraient que ce qu'un renard remonte d'un champ labouré [c'est-à-dire une quantité infime, la terre qu'il emporte sur ses pattes]. Mais ils concluaient en disant : dans certains versets, les conditions implicites chassent les conditions du verset précédent ; dans d'autres, les conditions implicites se maintiennent d'elles-mêmes dans les versets suivants. Mais aucun schéma évident ne permet de déterminer quel verset relève de l'une ou l'autre catégorie.
אָמַר רַבִּי אַסִּי: כִּי הֲווֹ בַּהּ רַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ בְּפָרָה, לָא מַסְּקִי מִינַּהּ אֶלָּא כְּמַאי דְּמַסֵּיק תַּעֲלָא מִבֵּי כְרָבָא. אֶלָּא אָמְרִי: ״מַשְׁמָע מוֹצִיא מִיַּד מַשְׁמָע וּמַשְׁמָע מִמֵּילָא״.
Un tanna [qui récitait des baraïtot] récita [une baraïta] devant Rabbi Yo'hanan : « Tous les abattages sont valides [s'ils sont accomplis] par un zar [non-prêtre], à l'exception de celui de la para adouma. » Rabbi Yo'hanan lui dit : Sors et enseigne cette baraïta dehors [hors de la maison d'étude, car elle est incorrecte] : Nous n'avons trouvé aucun cas d'abattage par un zar qui soit invalide.
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַשְּׁחִיטוֹת כְּשֵׁירוֹת בְּזָר, חוּץ מִשֶּׁל פָּרָה. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן: פּוֹק תְּנִי לְבָרָא: לֹא מָצִינוּ שְׁחִיטָה בְּזָר פְּסוּלָה.
La Guemara note : Et Rabbi Yo'hanan était très convaincu de cela. Non seulement il n'écoutait pas ce tanna [qui récitait la baraïta], mais il n'écoutait même pas son propre maître, qui soutenait la même opinion que celle citée par le tanna. Car Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Chimon ben Yehotzadak : « L'abattage de la para adouma par un zar est invalide. » Et Rabbi Yo'hanan ajouta [exprimant sa propre opinion] : Et moi je dis que [c'est] valide, car nous n'avons trouvé aucun cas d'abattage par un zar qui soit invalide.
וְרַבִּי יוֹחָנָן, לָא מִיבַּעְיָא לְתַנָּא דְּלָא צָיֵית, אֶלָּא אֲפִילּוּ לְרַבֵּיהּ לָא צָיֵית. דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוֹצָדָק: שְׁחִיטַת פָּרָה בְּזָר — פְּסוּלָה. וַאֲנִי אוֹמֵר: כְּשֵׁירָה, לֹא מָצִינוּ שְׁחִיטָה שֶׁפְּסוּלָה בְּזָר.
[La michna enseigne :] Il [le Kohen Gadol] vint [se placer] près de son taureau [par] une seconde fois [pour le deuxième viddouï, confession]. [La Guemara demande :] En quoi diffère le premier viddouï [confession] pour lequel il ne dit pas : « et les fils d'Aaron, ton peuple saint » — et le deuxième viddouï pour lequel il dit : « et les fils d'Aaron, ton peuple saint » ?
בָּא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ שְׁנִיָּה. מַאי שְׁנָא בְּוִידּוּי רִאשׁוֹן דְּלָא אָמַר: ״וּבְנֵי אַהֲרֹן עַם קְדוֹשֶׁךָ״, וּמַאי שְׁנָא בְּוִידּוּי שֵׁנִי דְּאָמַר: ״וּבְנֵי אַהֲרֹן עַם קְדוֹשֶׁךָ״?
L'école de Rabbi Yichmaël a enseigné : Telle est la méthode que dicte l'attribut de la justice [midat hadin] : Il vaut mieux qu'un innocent [qui a obtenu l'expiation pour lui-même] vienne expier pour le coupable, et non qu'un coupable [qui n'a pas encore obtenu l'expiation pour lui-même] vienne expier pour un autre coupable. Lors du premier viddouï, le Kohen Gadol n'a pas encore obtenu l'expiation pour lui-même. Il est donc plus approprié d'attendre le second viddouï pour solliciter l'expiation au nom des prêtres.
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, כָּךְ הִיא מִדַּת הַדִּין נוֹתֶנֶת: מוּטָב יָבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב, וְאַל יָבֹא חַיָּיב וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב.
Mishna 1
MICHNA : Le Kohen Gadol [après le second viddouï] égorgeait le taureau et recevait son sang dans un bol [mizrak], et le donnait à quelqu'un qui remuait [le sang] sur le quatrième rang de dalles [rouved] du Heikhal [Sanctuaire], afin qu'il ne coagule pas [pendant que le Kohen Gadol accomplissait le service de la ketoret [encens] dans le Kodech haKodachim [Saint des Saints]]. [Le Kohen Gadol] prenait ensuite la ma'hta [brasero] et montait au sommet du Mizbe'ah [autel extérieur], écartait les braises d'ici et de là, et prélevait [dans la ma'hta] parmi les charbons intérieurs bien consumés. Puis il descendait et posait la ma'hta sur le quatrième rang de dalles de l'azara [parvis du Temple].
מַתְנִי׳ שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל בְּמִזְרָק אֶת דָּמוֹ, וְנוֹתְנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס בּוֹ עַל הָרוֹבֶד הָרְבִיעִי שֶׁבַּהֵיכָל, כְּדֵי שֶׁלֹּא יִקְרוֹשׁ. נָטַל מַחְתָּה וְעָלָה לְרֹאשׁ הַמִּזְבֵּחַ, וּפִנָּה גֶּחָלִים אֵילָךְ וְאֵילָךְ, וְחוֹתֶה מִן הַמְעוּכָּלוֹת הַפְּנִימִיּוֹת, וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרוֹבֶד הָרְבִיעִי שֶׁבָּעֲזָרָה.(משנה)
La michna commente certains contrastes entre le service de Yom Kippour et celui du reste de l'année : Tous les autres jours [de l'année], un prêtre prélevait les charbons avec une ma'hta [brasero] en argent et les versait dans [une ma'hta] en or. Mais en ce jour [Yom Kippour], le Kohen Gadol prélève avec [une ma'hta] en or, et c'est avec elle qu'il introduisait [les charbons dans le Kodech haKodachim].
בְּכׇל יוֹם הָיָה חוֹתֶה בְּשֶׁל כֶּסֶף וּמְעָרֶה בְּתוֹךְ שֶׁל זָהָב, וְהַיּוֹם חוֹתֶה בְּשֶׁל זָהָב וּבָהּ הָיָה מַכְנִיס.
Tous les autres jours, un prêtre prélevait les charbons avec [une ma'hta de la contenance de] quatre kav et les versait dans [une ma'hta de] trois kav. Mais en ce jour [Yom Kippour], le Kohen Gadol prélevait avec [une ma'hta de] trois kav, et c'est avec elle qu'il introduisait [les charbons]. Rabbi Yossé dit une variante de cette distinction : Tous les autres jours, un prêtre prélevait les charbons avec [une ma'hta d'une] séa [soit six kav], puis les versait dans [une ma'hta de] trois kav. Mais en ce jour, le Kohen Gadol prélevait avec [une ma'hta de] trois kav, et c'est avec elle qu'il introduisait [les charbons dans le Kodech haKodachim].
בְּכׇל יוֹם חוֹתֶה בְּשֶׁל אַרְבַּעַת קַבִּין וּמְעָרֶה לְתוֹךְ שְׁלֹשֶׁת קַבִּין, וְהַיּוֹם חוֹתֶה בִּשְׁלֹשֶׁת קַבִּין וּבָהּ הָיָה מַכְנִיס. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: בְּכׇל יוֹם חוֹתֶה בְּשֶׁל סְאָה וּמְעָרֶה בְּתוֹךְ שְׁלֹשֶׁת קַבִּין, וְהַיּוֹם חוֹתֶה בִּשְׁלֹשֶׁת קַבִּין וּבָהּ הָיָה מַכְנִיס.
Tous les autres jours, [la ma'hta] était lourde, mais en ce jour elle était légère [afin de ne pas fatiguer le Kohen Gadol]. Tous les autres jours, son manche était court, mais en ce jour il était long [afin qu'il puisse aussi utiliser son bras pour en soutenir le poids]. Tous les autres jours, [l'or de la ma'hta] était d'un or verdâtre [yarok], mais en ce jour il était d'un or rouge [adom]. Ce sont les propos de Rabbi Ména'hem.
בְּכׇל יוֹם הָיְתָה כְּבֵדָה, וְהַיּוֹם קַלָּה. בְּכׇל יוֹם הָיְתָה יָדָהּ קְצָרָה, וְהַיּוֹם אֲרוּכָּה. בְּכׇל יוֹם הָיְתָה זֶהָבָה יָרוֹק, וְהַיּוֹם אָדוֹם. דִּבְרֵי רַבִּי מְנַחֵם.
Yoma 43b
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יומא מ״ג במַסֶּכֶת יוֹמָא