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Traité Yoma

33b

Étude de Yoma 33b

Étude de la Guémara 33b

Guémara
Et lorsqu'il [le prêtre] entre dans le Sanctuaire [héikhal], c'est l'autel [intérieur] qu'il rencontre en premier [avant d'atteindre le candélabre ; c'est donc lui qu'il sert en premier]. Comme il a été enseigné dans une baraïta : La table se trouvait au nord [du Sanctuaire], à deux coudées et demie du mur. Et le candélabre [menoura] se trouvait au sud [du Sanctuaire], à deux coudées et demie du mur. L'autel [mizbeah'] était placé au centre et se tenait au milieu du Sanctuaire, légèrement avancé vers l'extérieur [vers l'entrée]. C'est donc lui que l'on rencontre en premier. La Guemara pose une question fondamentale : Et pourquoi ne le placerait-on pas aligné avec la table et le candélabre ? Pourquoi était-il avancé vers l'extérieur ? La Guemara répond : C'est parce qu'il est écrit : « Et le candélabre en face de la table » (Chemot 26, 35) — il faut qu'ils soient visibles l'un de l'autre. Si l'autel avait été aligné avec la table et le candélabre, il se serait interposé entre eux.
וְכִי עָיֵיל לְהֵיכָל — בְּמִזְבֵּחַ פָּגַע בְּרֵישָׁא. דְּתַנְיָא: שֻׁלְחָן בַּצָּפוֹן מָשׁוּךְ מִן הַכּוֹתֶל שְׁתֵּי אַמּוֹת וּמֶחֱצָה, וּמְנוֹרָה בַּדָּרוֹם מְשׁוּכָה מִן הַכּוֹתֶל שְׁתֵּי אַמּוֹת וּמֶחֱצָה. מִזְבֵּחַ מְמוּצָּע וְעוֹמֵד בְּאֶמְצַע וּמָשׁוּךְ כְּלַפֵּי חוּץ קִימְעָא. וְנוֹקְמֵיהּ, לַהֲדַיְיהוּ? כֵּיוָן דִּכְתִיב: ״וְאֶת הַמְּנוֹרָה נֹכַח הַשֻּׁלְחָן״, בָּעֵינַן דְּחָזוּ אַהֲדָדֵי.
Rava a dit : Déduis du principe de Rech Lakich [selon lequel on ne passe pas outre l'accomplissement des mitsvot] qu'il est interdit de passer outre [le revêtement des] tefilin du bras pour revêtir les tefilin de la tête [en mettant la tête en premier] — car c'est le bras que l'on rencontre en premier [lors de l'habillage]. Comment [le pratiquant] procède-t-il [concrètement] ? Il avance du bras vers la tête — il pose d'abord les tefilin du bras, puis les tefilin de la tête.
אָמַר רָבָא: שְׁמַע מִינַּהּ מִדְּרֵישׁ לָקִישׁ, עַבּוֹרֵי דְּרָעָא אַטּוֹטֶפְתָּא אָסוּר. הֵיכִי עָבֵיד? מִדְּרָעָא לְטוֹטֶפְתָּא.
§ [Abayé a dit que] l'entretien des cinq lampes précède l'abattage et la réception et l'aspersion du sang de l'offrande quotidienne du matin. L'aspersion du sang de l'offrande quotidienne précède l'entretien des deux lampes restantes du candélabre. La Guemara demande : Quelle est la raison de cet ordre ? Abayé a dit : Prend cette expression « le matin, le matin » [boker boker], écrite à propos des deux bûches [de bois], qui est superflue [dont la nécessité a déjà été expliquée par un autre raisonnement] — et projette-la ici [en l'appliquant à d'autres éléments du service matinal]. Projette une occurrence [de « le matin »] sur l'entretien des cinq lampes, pour qu'il précède le sang de l'offrande quotidienne. Et projette une occurrence [de « le matin »] sur le sang de l'offrande quotidienne, pour qu'il précède l'entretien des deux lampes [restantes].
וַהֲטָבַת חָמֵשׁ נֵרוֹת קוֹדֵם לְדַם הַתָּמִיד, וְדַם הַתָּמִיד קוֹדֵם לַהֲטָבַת שְׁתֵּי נֵרוֹת. מַאי טַעְמָא? אָמַר אַבָּיֵי: הָהוּא ״בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר״ דִּשְׁנֵי גְּזִירֵי עֵצִים דְּלָא צְרִיכִי, שְׁדִינְהוּ לְהָכָא. חַד שִׁדְיֵיהּ לַהֲטָבַת חָמֵשׁ נֵרוֹת — דְּלִיקְדְּמֵיהּ לְדַם הַתָּמִיד, וְחַד שִׁדְיֵיהּ לְדַם הַתָּמִיד — דְּנִקְדְּמֵיהּ לַהֲטָבַת שְׁתֵּי נֵרוֹת.
La Guemara développe : Projette une occurrence [de « le matin »] sur l'entretien des cinq lampes pour qu'il précède le sang de l'offrande quotidienne — car ici [pour l'entretien des lampes] il y a trois [occurrences de « le matin »] et là [pour le sang de l'offrande quotidienne] il n'y en a que deux. [En effet, deux occurrences de « le matin » sont explicitement écrites pour l'entretien des lampes (Chemot 30, 7), et l'une est transférée des bûches de bois. Et pour le sang du tamid, une occurrence est explicitement écrite (Chemot 29, 39), et l'autre est celle que l'on transfère des bûches.]
חַד שִׁדְיֵיהּ לַהֲטָבַת חָמֵשׁ נֵרוֹת, דְּלִיקְדְּמֵיהּ לְדַם הַתָּמִיד — דְּהָכָא תְּלָתָא וְהָכָא תְּרֵי.
Et [Abayé continue :] Projette une occurrence [de « le matin »] sur le sang de l'offrande quotidienne [tamid] pour qu'il précède l'entretien des deux lampes [restantes]. Même si ici [pour l'entretien des lampes] il y a deux [occurrences de « le matin »] et là [pour le sang du tamid] il y a également deux [occurrences de « le matin »] — le sang de l'offrande quotidienne a la priorité car l'acte qui accomplit l'expiation [le sang du tamid — aspersion sur l'autel] prend la priorité.
וְחַד שִׁדְיֵיהּ לְדַם הַתָּמִיד — דְּנִקְדְּמֵיהּ לַהֲטָבַת שְׁתֵּי נֵרוֹת. אַף עַל גַּב דְּהָכָא תְּרֵי וְהָכָא תְּרֵי — מְכַפֵּר עָדִיף.
Rav Pappa dit à Abayé : [Pour contester l'ordre proposé,] dis plutôt : Projette l'une des expressions superflues « le matin » sur l'enlèvement des cendres de l'autel intérieur [dichoun mizbeah' hapnimi], pour qu'il précède le sang de l'offrande quotidienne — car ici [pour l'enlèvement des cendres de l'autel intérieur] il y a trois [occurrences] et là [pour le sang du tamid] il n'y en a que deux. Et projette l'une des expressions « le matin » sur le sang de l'offrande quotidienne, pour qu'il précède l'entretien des cinq lampes — et dis que même si ici [pour l'entretien des lampes] il y a deux [occurrences] et là [pour le sang du tamid] il y a deux [occurrences], l'acte qui accomplit l'expiation a la priorité ! Abayé rejette cette objection en disant : Si le sang de l'offrande quotidienne précède l'entretien des cinq lampes, avec quoi démarqueras-tu [sépareras-tu] l'entretien des cinq lampes de l'entretien des deux lampes ?
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי, וְאֵימָא: חַד שִׁדְיֵיהּ לְדִישּׁוּן מִזְבֵּחַ הַפְּנִימִי, דְּנִקְדְּמֵיהּ לְדַם הַתָּמִיד — דְּהָכָא תְּלָתָא וְהָכָא תְּרֵי. וְחַד שִׁדְיֵיהּ לְדַם הַתָּמִיד, דְּנִקְדּוֹם לַהֲטָבַת חָמֵשׁ נֵרוֹת — דְּאַף עַל גַּב דְּהָכָא תְּרֵי וְהָכָא תְּרֵי, מְכַפֵּר עָדִיף! אִם כֵּן אַפְסוֹקֵי בְּמַאי מַפְסְקַתְּ לְהוּ?
[Abayé continue :] Cela fonctionne bien selon l'opinion de Rech Lakich, qui a dit : Pourquoi le prêtre entretient-il [les cendres de] cinq lampes [du candélabre] puis revient [en] entretenir les deux [lampes restantes] — plutôt que d'entretenir toutes les sept lampes d'un coup ? C'est afin d'animer [hargich] toute la cour du Temple [en faisant entrer et sortir les prêtres], puisque des gens vont et viennent pour assister à cette mitsva avec grande cérémonie. Cela fonctionne bien selon l'opinion de Rech Lakich, car il dit qu'il n'est pas nécessaire qu'un autre service démarque [l'entretien de] cinq lampes [de celui] de deux [lampes].
הָנִיחָא לְרֵישׁ לָקִישׁ, דְּאָמַר: לָמָּה מְטִיבִין וְחוֹזְרִים וּמְטִיבִין — כְּדֵי לְהַרְגִּישׁ כׇּל הָעֲזָרָה כּוּלָּהּ, שַׁפִּיר.
Mais selon Rabbi Yoh'anan, qui a dit — sur la base du verset : « Et Aaron fera fumer sur [l'autel] un encens de senteurs agréables ; le matin, le matin, lorsqu'il entretient les lampes, il le fera fumer » (Chemot 30, 7) : prend l'expression « le matin, le matin » et divise le service d'entretien des lampes en deux matins [c'est-à-dire en deux parties], en accomplissant un service intermédiaire — que peut-on dire ? [Selon Rabbi Yoh'anan, il faut nécessairement un service qui sépare les cinq lampes des deux lampes. Puisque toutes les autres avadot (services) sont déjà assignées à leur place par les raisonnements d'Abayé, il n'y a pas d'autre service disponible à intercaler entre les cinq et les deux lampes — sauf si l'on adopte l'ordre d'Abayé. Donc il n'y a pas d'alternative à l'interprétation d'Abayé.]
אֶלָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר: ״בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר״ — חַלְּקֵהוּ לִשְׁנֵי בְקָרִים, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
Ravina dit à Rav Achi : Quant à l'expression « le matin, le matin » écrite à propos des bûches de bois — est-elle réellement superflue [et donc disponible pour être transférée à d'autres services] ? Ne faut-il pas l'utiliser pour sa propre halakha fondamentale, puisque le Miséricordieux [la Torah] y dit que [les bûches] doivent précéder la deuxième pile [destinée à] l'encens ? Rav Achi lui répondit : N'avons-nous pas établi que c'est le terme « sur elle » [aléha] — qui souligne que le bois est placé uniquement sur la grande pile et non sur l'autre pile [de laquelle on prend les braises pour l'encens] — dont on déduit par inférence qu'il existe une autre pile sur l'autel, [ce qui établit que les bûches viennent après la deuxième pile] ?
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: הַאי ״בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר״ דְּעֵצִים, מִי מְיַיתַּר? הָא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְגוּפֵיהּ, דְּקָאָמַר רַחֲמָנָא — נִקְדְּמוּ לְמַעֲרָכָה שְׁנִיָּה שֶׁל קְטוֹרֶת! אֲמַר לֵיהּ: וְלָאו מִי אוֹקֵימְנָא ״עָלֶיהָ״ וְלֹא עַל חֲבֶרְתָּהּ, מִכְּלָל דְּאִיתַהּ לַחֲבֶרְתַּהּ.
La Guemara demande : Qu'y a-t-il de différent [dans le fait] qu'il entretienne d'abord cinq lampes ? Qu'il entretienne d'abord deux lampes ! La Guemara répond : Puisqu'il commence le service [d'entretien des lampes], il l'accomplit sur la majorité [des lampes d'abord]. La Guemara demande : Si c'est ainsi, qu'il entretienne [d'abord] six lampes ! La Guemara répond que le verset dit : « Lorsqu'il entretient les lampes [neirot], il le fera fumer » (Chemot 30, 7) — et « lampes » est au pluriel [minimum], signifiant pas moins de deux. Apparemment, l'entretien des lampes doit être accompli sur un minimum de deux lampes [ce qui fixe le minimum à deux pour la deuxième phase, laissant cinq pour la première].
מַאי שְׁנָא דְּעָבֵיד הֲטָבַת חָמֵשׁ נֵרוֹת בְּרֵישָׁא? נֶעְבֵּיד הֲטָבַת שְׁתֵּי נֵרוֹת בְּרֵישָׁא! כֵּיוָן דְּאַתְחֵיל בְּהוּ — עָבֵיד רוּבָּא. וְנֶעְבֵּיד שֵׁית! אָמַר קְרָא: ״בְּהֵיטִיבוֹ אֶת הַנֵּרוֹת יַקְטִירֶנָּה״, וְאֵין נֵרוֹת פְּחוּתוֹת מִשְּׁתַּיִם.
[Abayé a dit que] l'entretien de deux lampes précède la combustion de l'encens [ketoret], car le verset dit d'abord : « Lorsqu'il entretient les lampes », puis seulement : « il le fera fumer » [yaktirena]. L'entretien des cendres [des lampes] précède donc la combustion de l'encens.
וַהֲטָבַת שְׁתֵּי נֵרוֹת קוֹדֶמֶת לִקְטוֹרֶת, דְּאָמַר קְרָא: ״בְּהֵיטִיבוֹ אֶת הַנֵּרוֹת״, וַהֲדַר ״יַקְטִירֶנָּה״.
[Abayé a dit que] l'encens [ketoret — sur l'autel intérieur] précède [la combustion des] membres [de l'offrande quotidienne sur l'autel extérieur], car il a été enseigné dans une baraïta : Que la chose à propos de laquelle il est dit « le matin, le matin » [boker boker] — c'est-à-dire l'encens — précède la chose à propos de laquelle il n'est dit qu'un seul « le matin » [boker] — c'est-à-dire l'offrande quotidienne du matin, dans le verset : « Tu offriras l'un des agneaux le matin » (Chemot 29, 39).
וּקְטוֹרֶת לְאֵבָרִים, דְּתַנְיָא: יוּקְדַּם דָּבָר שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ ״בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר״, לְדָבָר שֶׁלֹּא נֶאֱמַר בּוֹ אֶלָּא ״בֹּקֶר״ אֶחָד בִּלְבַד.
Yoma 33b
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יומא ל״ג במַסֶּכֶת יוֹמָא