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Traité Yoma

30b

Étude de Yoma 30b

Étude de la Guémara 30b

Guémara
C'est au sujet de la question de savoir si le service du Temple [avoda] est profané et invalidé lorsque le prêtre omet de s'immerger avant de l'accomplir qu'ils sont en désaccord. Selon l'opinion de Ben Zoma [pour qui cette immersion a un fondement biblique et est partie intégrante du service], si le prêtre omet de s'immerger, il profane le service [me'halel avoda]. Selon l'opinion de Rabbi Yehouda, il ne profane pas le service, car l'immersion n'est qu'une mesure préventive [rabbinique].
בְּאַחוֹלֵי עֲבוֹדָה קָא מִיפַּלְגִי. לְבֶן זוֹמָא, מַחֵיל עֲבוֹדָה. לְרַבִּי יְהוּדָה לָא מַחֵיל עֲבוֹדָה.
La Guemara s'étonne : et selon Ben Zoma, le service serait-il vraiment profané ? N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : un Kohen Gadol qui n'a pas immergé et n'a pas sanctifié ses mains et ses pieds entre le moment où il porte les vêtements d'or [bigdei zahav] et celui où il porte les vêtements de lin blanc [bigdei lavan], et de même un Kohen Gadol qui n'a pas immergé entre l'accomplissement d'un service et un autre — son service est valide [kachère]. Mais tant le Kohen Gadol qu'un prêtre ordinaire [kohen hedyot] qui n'a pas du tout sanctifié ses mains et ses pieds le matin et a accompli le service — son service est invalidé [passoul]. Si l'omission de l'immersion entre deux services ne profane pas le service du Kohen Gadol, à plus forte raison l'omission de cette première immersion [matinale] ne le profilerait pas, puisque Ben Zoma la déduit précisément de l'immersion du Kohen Gadol. Apparemment, ce n'est pas là le fondement de leur désaccord.
וּלְבֶן זוֹמָא מִי מַחֵיל? וְהָתַנְיָא: כֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁלֹּא טָבַל וְלֹא קִידֵּשׁ בֵּין בֶּגֶד לְבֶגֶד וּבֵין עֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה — עֲבוֹדָתוֹ כְּשֵׁרָה. אֶחָד כֹּהֵן גָּדוֹל וְאֶחָד כֹּהֵן הֶדְיוֹט שֶׁלֹּא קִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו שַׁחֲרִית וְעָבַד עֲבוֹדָה — עֲבוֹדָתוֹ פְּסוּלָה.
Au contraire [la Guemara rectifie], c'est au sujet de la question de savoir si celui qui omet de s'immerger avant le service se trouve en violation d'un commandement positif [mitsvat asé] qu'ils sont en désaccord. Selon Ben Zoma, il se trouve en violation d'un commandement positif, car il existe une obligation spécifique d'accomplir cette immersion dans un but de sanctification [kédoucha]. Selon Rabbi Yehouda, il ne se trouve pas en violation d'un commandement positif.
אֶלָּא: לְמֵיקַם בַּעֲשֵׂה קָא מִיפַּלְגִי. לְבֶן זוֹמָא קָאֵי בַּעֲשֵׂה, לְרַבִּי יְהוּדָה לָא קָאֵי בַּעֲשֵׂה.
La Guemara s'étonne : Rabbi Yehouda adhère-t-il vraiment à ce raisonnement [selon lequel les personnes entrant dans la cour du Temple doivent s'immerger comme rappel de leurs impuretés passées] ? N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : un lépreux [métsora], au huitième jour de sa purification [après s'être déjà immergé à la fin du septième jour], s'immerge à nouveau et se tient à la Porte de Nicanor [Cha'ar Niqanor] dans le Temple pour apporter ses offrandes de purification [et se faire appliquer sur les pouces et les gros orteils du sang de l'offrande de culpabilité et de l'huile de son rituel de purification]. Rabbi Yehouda dit : il n'a pas besoin d'une immersion supplémentaire, car il s'est déjà immergé la veille au soir. Apparemment, Rabbi Yehouda ne requiert pas d'immersion spéciale le matin pour rappeler au lépreux ses anciennes impuretés.
וּמִי אִית לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה הַאי סְבָרָא? וְהָתַנְיָא: מְצוֹרָע — טוֹבֵל וְעוֹמֵד בְּשַׁעַר נִיקָנוֹר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ טְבִילָה, שֶׁכְּבָר טָבַל מִבָּעֶרֶב.
La Guemara répond : dans ce cas du lépreux, la raison pour laquelle aucune immersion [matinale supplémentaire] n'est requise est telle qu'elle a été enseignée dans la baraïta elle-même : car il s'est déjà immergé la veille au soir. Cette immersion l'a purifié et lui a rappelé toute ancienne impureté qu'il aurait pu contracter. Cela n'a aucun lien avec la question de l'immersion accessoire.
הָהוּא, כִּדְתָנֵי טַעְמָא: שֶׁכְּבָר טָבַל מִבָּעֶרֶב.
La Guemara demande : et la personne qui s'appuie sur cette baraïta [comme objection à Rabbi Yehouda], comment peut-elle l'invoquer [puisque la raison est explicitement indiquée] ? La Guemara répond : parce que la Guemara souhaite soulever une contradiction entre une autre baraïta et celle-ci, et la question sera clarifiée par la combinaison des sources. Car il a été enseigné [dans une autre baraïta] : Pourquoi cette salle s'appelait-elle la Salle des Lépreux [lichkat hamétsor'im] ? C'est parce que les lépreux y immergeaient [avant d'entrer dans le Temple]. Rabbi Yehouda dit : ce n'est pas uniquement des lépreux qu'ils ont dit qu'ils immergent là ; au contraire, toutes les personnes [entrant dans la cour du Temple] y immergaient. Rabbi Yehouda affirme ainsi que les lépreux et d'autres personnes s'immergeaient dans cette salle du Temple — ce qui contredit sa déclaration dans la première baraïta selon laquelle un lépreux n'a pas besoin d'immerger dans le Temple, puisqu'il s'est immergé la veille.
וּדְקָאָרֵי לַהּ מַאי קָאָרֵי לַהּ? מִשּׁוּם דְּקָא בָּעֵי לְמִרְמֵא אַחֲרִיתִי עֲלַיהּ: לִשְׁכַּת הַמְצוֹרָעִין שֶׁשָּׁם מְצוֹרָעִין טוֹבְלִין. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא מְצוֹרָעִין בִּלְבַד אָמְרוּ, אֶלָּא כָּל אָדָם.
La Guemara répond : cela ne pose pas de difficulté. Cette baraïta [qui dispense le lépreux d'une immersion supplémentaire] parle du cas où le lépreux s'est immergé la veille au soir et n'a pas besoin de s'immerger à nouveau ; cette baraïta [qui mentionne la Salle des Lépreux] parle du cas où le lépreux ne s'était pas immergé [la veille]. Dans ce cas, il existe une salle spéciale où les lépreux peuvent s'immerger. La Guemara demande : si c'est un cas où le lépreux ne s'est pas du tout immergé la veille au soir, il faudrait que le soleil se couche après son immersion [héériv chémech] pour qu'il soit suffisamment purifié pour entrer dans le Temple. La Guemara répond plutôt : les deux baraïtot parlent d'un cas où le lépreux s'est immergé ; mais cette baraïta [qui requiert une deuxième immersion] parle d'un cas où il a été distrait [de ses efforts pour éviter l'impureté cadavérique — assi da'ateih] ; et cette baraïta [qui n'exige pas de deuxième immersion] parle d'un cas où il n'a pas été distrait.
לָא קַשְׁיָא: הָא דִּטְבֵיל, הָא דְּלָא טְבֵיל. אִי דְּלָא טְבֵיל — הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ בָּעֵי! אֶלָּא: אִידֵּי וְאִידֵּי דִּטְבֵיל. הָא דְּאַסַּח דַּעְתֵּיהּ, הָא דְּלָא אַסַּח דַּעְתֵּיהּ.
La Guemara demande : s'il a été distrait [de ses efforts pour éviter l'impureté cadavérique], c'est l'aspersion des eaux de purification [haza'at chilichhi vé-chevii] aux troisième et septième jours qu'il lui faudrait, et non simplement une immersion ! Car Rabbi Dostai bar Matoun a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : la distraction [qui expose à l'impureté cadavérique] nécessite l'aspersion des eaux de purification [de la para adouma] aux troisième et septième jours [et non une simple immersion].
אִי אַסַּח דַּעְתֵּיהּ, הַזָּאַת שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי בָּעֵי. דְּאָמַר רַבִּי דּוֹסְתַּאי בַּר מָתוּן אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֶסַּח הַדַּעַת צָרִיךְ הַזָּאָה שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי!
Au contraire [la Guemara propose une nouvelle réponse], les deux baraïtot parlent d'un cas où le lépreux n'a pas été distrait [et n'a pas risqué l'impureté cadavérique], et il n'y a pas de difficulté : cette baraïta [qui ne requiert pas d'immersion supplémentaire] parle d'un cas où le lépreux s'est immergé la veille au soir avec l'intention d'entrer dans le Temple ; cette baraïta [qui requiert une immersion] parle d'un cas où le lépreux ne s'est pas immergé la veille avec l'intention d'entrer dans le Temple. Dans ce cas, il a besoin d'une deuxième immersion pour se purifier en vue d'entrer dans l'espace sacré. Et si vous le souhaitez, dites plutôt : lisez la baraïta avec une légère modification [de sa formulation] : ce n'est pas des lépreux qu'ils ont dit qu'ils immergent là ; au contraire, toutes les personnes [entrant dans le Temple] y immergent. Rabbi Yehouda ne précise pas l'opinion des Sages mais la contredit : selon lui, les lépreux n'ont aucunement besoin d'immerger le matin [dans le Temple].
אֶלָּא אִידֵּי וְאִידֵּי דְּלָא אַסַּח דַּעְתֵּיהּ, וְלָא קַשְׁיָא: הָא דִּטְבֵיל עַל דַּעַת בִּיאַת מִקְדָּשׁ, הָא דְּלָא טְבֵיל עַל דַּעַת בִּיאַת מִקְדָּשׁ. וְאִי בָּעֵית אֵימָא תָּנֵי: לֹא מְצוֹרָעִין אָמְרוּ, אֶלָּא כָּל אָדָם.
Ravina dit [pour résoudre autrement la contradiction dans les positions de Rabbi Yehouda] : dans la deuxième baraïta, Rabbi Yehouda énonce son opinion aux Sages selon la logique de leur propre position [lé-divreïhem dé-rabbanan]. Sa déclaration ne reflète pas son opinion propre. Il s'agit plutôt d'un argument qu'il a avancé dans le cadre de son débat avec les Sages. En substance [Rabbi Yehouda leur dit] : selon mon opinion, le lépreux n'a pas besoin d'une deuxième immersion pour entrer dans le Temple. Mais selon votre opinion [qui exige une immersion de rappel pour tous], concédez-moi au moins [izi] que ce n'est pas uniquement des lépreux qu'ils ont dit qu'ils immergent là ; au contraire, toutes les personnes [entrant dans le Temple] y immergent. La Guemara demande : et comment les Sages expliquent-ils leur propre position ? Elle répond qu'il n'y a pas de comparaison : le lépreux est habitué à l'impureté [dayéch bé-touma] ; il pourrait donc négliger d'autres impuretés qu'il aurait contractées, et l'immersion lui rappelle de se purifier pour celles-ci également. En revanche, toutes les autres personnes, qui ne sont pas habituées à l'impureté, seront assurément attentives à toute impureté qu'elles auraient pu contracter et n'ont pas besoin d'une immersion de rappel spéciale.
רָבִינָא אָמַר: רַבִּי יְהוּדָה לְדִבְרֵיהֶם דְּרַבָּנַן קָאָמַר לְהוּ: לְדִידִי — מְצוֹרָע אֵין צָרִיךְ טְבִילָה, לְדִידְכוּ — אוֹדוֹ לִי אִיזִי מִיהַת דְּלֹא מְצוֹרָעִין בִּלְבַד אָמְרוּ, אֶלָּא כָּל אָדָם. וְרַבָּנַן: מְצוֹרָע דָּיֵישׁ בְּטוּמְאָה, כׇּל אָדָם לָא דָּיְישִׁי בְּטוּמְאָה.
Abaye dit à Rav Yossef : disons que les Sages qui sont en désaccord avec Rabbi Yehouda [concernant les immersions] adoptent la position de Ben Zoma [selon laquelle l'immersion est obligatoire par la loi biblique pour quiconque entre dans la cour du Temple]. Et le fait que la controverse dans la baraïta soit formulée à propos d'un lépreux — contrairement à la position de Ben Zoma [qui requiert l'immersion pour tous] — vient illustrer la portée de la position de Rabbi Yehouda, qui va jusqu'à dispenser même un lépreux de l'immersion. Ou peut-être que les Sages adhèrent fondamentalement à la position de Rabbi Yehouda ; cependant, la halakha du lépreux est différente parce qu'il est habitué à l'impureté, et c'est pourquoi une deuxième immersion lui a été instituée. Rav Yossef lui dit : le lépreux est différent parce qu'il est habitué à l'impureté.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: נֵימָא רַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה — כְּבֶן זוֹמָא סְבִירָא לְהוּ, וְהַאי דְּקָתָנֵי מְצוֹרָע, לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחוֹ דְּרַבִּי יְהוּדָה. אוֹ דִילְמָא, שָׁאנֵי מְצוֹרָע דְּדָיֵישׁ בְּטוּמְאָה. אָמַר לֵיהּ: שָׁאנֵי מְצוֹרָע דְּדָיֵישׁ בְּטוּמְאָה.
Abaye dit à Rav Yossef : selon Rabbi Yehouda, qui a dit que cette immersion n'est pas une véritable obligation mais une immersion accessoire [sérekh tevila] pour rappeler à l'individu ses anciennes impuretés, [la question suivante se pose :]
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף (לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר: סֶרֶךְ) טְבִילָה (הִיא) זוֹ,

Rachi

באחולי עבודה - אם לא טבל שחרית ועבד:,לבן זומא - דאמר דאורייתא היא שהרי ניתן ק"ו לידרש הויא עבודתו מחוללת:,לרבי יהודה - דאמר דרבנן היא לא מחיל:

ולבן זומא מי מחיל - והא מכהן גדול ביום הכפורים יליף לה והוא עצמו שלא טבל ולא קדש ביוה"כ בין בגדי זהב לבגדי לבן שהוא משנה בה עבודתו כשירה:,אחד כ"ג כו' עבודתו פסולה - בפרק שני דזבחים (דף יט:) ילפינן דכשלא רחוץ ידים ורגלים מחלל עבודה:

לבן זומא קאי עליה בעשה - מק"ו דכ"ג שעובר בעשה כדכתיב (ויקרא ט״ז:כ״ד) ורחץ את בשרו במים ולבשם:

ומי אית ליה לר' יהודה הך סברא - דמתני' שיהיו כל הנכנסין לעזרה צריכין טבילה:,מצורע - בשמיני שלו אע"פ שטבל בשביעי כדכתיב (שם יד) והיה ביום השביעי יגלח וגו' חוזר וטובל בשמיני כשמביא קרבנותיו:,ועומד בשער ניקנור - להכניס ידיו ורגליו בפנים למתן בהונות מדם האשם ושמן הלוג:

כדתני טעמא שכבר טבל בערב - רבי יהודה לטעמיה דאמר אין טבילת שחרית הבאים לעזרה אלא לזכור טומאה ישנה וזה אין צריך לכך שהרי טבל אמש לכל טומאה שעליו:

ודקארי לה מאי קארי לה - מי שעוסק במשנה זו להשיב ממנה בבית המדרש למה נתעסק הלא טעם מפורש בה:,לשכת מצורעין - למה נקראת לשכת מצורעים:,ששם מצורעים טובלין - בשביל שמכניסין בהונותיהן לעזרה:,אלא כל אדם - הנכנס לעזרה מדקאמר בלבד מכלל דאית ליה טבילה במצורע:

דלא טביל - מבערב לצרעתו:,אסח דעתיה - משמירת גופו צריך הזאה שמא נכנס לאהל המת ולא שם אל לבו:

לדידי מצורע אין צריך טבילה - שכבר טבל:,דייש בטומאה - אותה טומאה והורגל עד עכשיו ליגע בטומאה לפיכך הוא בחשש טומאות שמא אחר טבילה נגע:

נימא רבנן דפליגי עליה דר"י - במתני' קמייתא דקתני מצורע טובל ועומד וכו' כבן זומא סבירא להו דאמר דאורייתא היא לכל אדם הילכך לא שנא טבל מבערב ול"ש לא טבל ולאו היינו רבנן דמתני' דפליגי עליה במשנה דמדות או דילמא חדא תנא היא ושאני מצורע דדייש בטומאה:

Tossafot

רבי יהודה אומר לא מצורע בלבד אמרו אלא כל אדם - לפרש"י דפירש לעיל בפ"ק (יומא דף טז:) רב אדא בר אהבה אמר הא מני ר' יהודה ההיא דתמיד משום דאשכחן דפליג אסתמי דמדות ומייתי ברייתא דשמעינן ליה לרבי יהודה דאמר מזבח ממוצע וסתמא דמדות לית ליה מזבח ממוצע מהא דהכא הוה מצי לאיתויי דפליג אסתמא דרישא י"ל מהא דהכא לא מצי לאיתויי ראיה דאיכא למימר שאני הכא דפליג בהדיא במשנה אבל היכא דלא הוזכרה במשנה דפליג דילמא לא פליג להכי מייתי מההיא דמזבח ממוצע ועי"ל דמהכא לא הוה שמעינן דפליג דאיכא למימר כולה ר"י היא ומשום דקתני ברישא שהלשכה קרויה לשכת מצורעין ופירש למה נקראת כך לפי ששם מצורעים טובלים ומעיקרא ניתקנה בשביל זה קאמר ר"י דלאחר שנתקנה הרגילו לטבול בה כל אדם טהור הרוצה ליכנס לעזרה:

אי דלא טביל הערב שמש בעי - תימה לי מאי קפריך הא בימי ספרו אינו אסור ליכנס אלא במחנה שכינה ולשכת מצורעים לא היתה בקודש מדנכנסו לה מחוסרי כפורים י"ל דהכי פריך כיון דלא מצי להכניס ידיו לבהונות היום עד שיעריב שמשו ל"ל דעייל בהר הבית לטבול שם בשלמא אי בשמיני איירי וכבר טבל מבע"י טביל התם כדי שלא יסיח דעת שיזכור לו להכניס ידיו מיד אי נמי י"ל נהי דמדאורייתא מותר ליכנס בהר הבית כל ימי ספרו מ"מ מדרבנן גזרו שלא יכנס דבפרק בתרא דנגעים [מ"ב] קאמר דלאחר תגלחת ימי [גמרו] הרי הוא כשרץ ובפ"ק דכלים [מ"ח] תנן עזרת נשים מקודשת הימנו שאין שום טבול יום נכנס לשם ולשכת מצורעים היתה עומדת בעזרת נשים והיא אחת מארבע לשכות שבארבע מקצעותיה:

היסח הדעת שלישי ושביעי בעי - טמא שרץ ונבילה וכל הנך דלא מצרכינן להו הזאת שלישי ושביעי צ"ל כגון דלא אסחו דעתייהו:

נימא רבנן דפליגי עליה דר"י כבן זומא ס"ל - פרש"י ונימא דהני רבנן לאו היינו רבנן דפליגי עליה במדות ותימה לי א"כ מאי מספקא ליה לאביי דפשיטא דלית לן למימר דפליגי ארבנן דמסכת מדות דאם כן קשה דרבנן אדרבנן דבכמה דוכתי פריך הכי דר"י אדר"י קשיא דרבנן אדרבנן ל"ק ומשני וכו' ולא משתמיט לשנויי בשום דוכתא תרי רבנן נינהו אלא צ"ל דאפילו אי ס"ל כבן זומא לא פליגי ארבנן דר"י דמסכת מדות דאיכא למימר נמי התם הוא הדין שאר כל אדם והא דנקט מצורעין משום דעיקר הלשכה נתקנה בשביל כך שיש בהן צורך לטבול ולהכניס ידיהם לאלתר לבהונות א"נ נקט מצורע להודיעך כחו דר"י דפליג ואמר לא מצורע אמרו אלא שאר כל אדם דוקא א"נ דוקא נימא דבהא פליגי דת"ק סבר דלשאר כל אדם הנכנס לעזרה היה במקום אחר ור"י סבר דלא מצורעים בלבד טובלין שם בלשכה אלא אף כל אדם הנכנס לעזרה א"נ איכא למימר כולה ר"י היא ומשום דקאמר מעיקרא שהלשכה נקראת לשכת מצורעים לפי שניתקנה תחילה לטבילת מצורעים הוצרך לחזור ולפרש לא מצורע בלבד טעון טבילה אלא אף שאר כל אדם:,כבן זומא סבירא להו - הוא הדין דכר"י נמי סבירא להו דעד כאן לא פליגי בן זומא ור"י אלא אי דאורייתא אי דרבנן אבל תרוייהו מודו דטהור הנכנס לעזרה בעי טבילה אלא נקט בן זומא משום דעיקר השאלה נשאלה ממנו ומשיב דבעי טבילה:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Yoma 30b
100%
יומא ל׳ במַסֶּכֶת יוֹמָא