AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Yoma

22b

Étude de Yoma 22b

Étude de la Guémara 22b

Guémara
ou sont-elles peut-être calculées en excluant la coudée du socle et la coudée du rebord ? [En d'autres termes, le bord de l'autel peut être considéré soit à l'endroit où la rampe rejoint l'autel, soit à l'endroit de la rampe situé directement au-dessus de la base extérieure de l'autel, deux coudées plus loin.] Quelle de ces deux mesures est la bonne ? La question de Rav Papa reste sans réponse, et la Guemara conclut : Le dilemme demeurera sans solution [teïku].
אוֹ דִילְמָא בַּר מֵאַמָּה יְסוֹד וְאַמָּה סוֹבֵב? תֵּיקוּ.
[Il est enseigné dans la michna :] Et si tous deux étaient à égalité, le responsable leur disait : « Étendez vos doigts [hatzbi'ou] », etc. Un tanna enseigna la signification de ce terme inhabituel hatzbi'ou : « Avancez vos doigts pour un décompte. » La Guemara demande : Pourquoi ne comptait-on pas les kohanim directement eux-mêmes [le'diddhou], plutôt que de compter leurs doigts ? La Guemara répond : Cela vient soutenir un enseignement de Rabbi Yits'hak. Car Rabbi Yits'hak a dit : Il est interdit de compter les Juifs directement, même dans le cadre d'une mitsva, comme il est écrit à propos du roi Chaoul et de son recensement de ses soldats : « Et il les dénombra à Bezek » (I Chemouel 11, 8), ce qui signifie qu'il les compta par l'intermédiaire de tessons [d'argile], chaque tesson représentant un homme, plutôt que de les compter directement.
וְאִם הָיוּ שְׁנֵיהֶן שָׁוִין, הַמְּמוּנֶּה אוֹמֵר לָהֶם הַצְבִּיעוּ וְכוּ׳. תָּנָא: הוֹצִיאוּ אֶצְבְּעוֹתֵיכֶם לְמִנְיָן. וְנִימְנִינְהוּ לְדִידְהוּ? מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי יִצְחָק. דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק: אָסוּר לִמְנוֹת אֶת יִשְׂרָאֵל אֲפִילּוּ לִדְבַר מִצְוָה, דִּכְתִיב: ״וַיִּפְקְדֵם בְּבֶזֶק״.
Rav Achi objecte vigoureusement à cette interprétation du verset : D'où déduit-on que le mot « bezek » est un terme lié au verbe signifiant briser, au point de signifier « tessons » ? Peut-être est-ce le nom d'une ville, et cela signifie que Chaoul les dénombra à Bezek, comme il est écrit : « Et ils trouvèrent Adoni-Bezek à Bezek » (Choftim 1, 5), ce qui montre que Bezek est bien le nom d'un lieu. La Guemara répond : En effet, la preuve ne vient pas de ce verset, mais de celui-ci, où il est dit : « Et Chaoul convoqua le peuple et les dénombra par les agneaux » (I Chemouel 15, 4), ce qui signifie que Chaoul tallya ses soldats en demandant à chacun de prendre un agneau et de le mettre de côté pour le représenter dans le décompte.
מַתְקֵיף לַהּ רַב אָשֵׁי: מִמַּאי דְּהַאי ״בֶּזֶק״ לִישָּׁנָא דְּמִיבְזַק הוּא? וְדִילְמָא שְׁמָא דְמָתָא הוּא, כְּדִכְתִיב: ״וַיִּמְצְאוּ אֲדוֹנִי בֶזֶק״. אֶלָּא מֵהָכָא: ״וַיְשַׁמַּע שָׁאוּל אֶת הָעָם וַיִּפְקְדֵם בַּטְּלָאִים״.
Rabbi Elazar dit : Quiconque compte directement un groupe de Juifs transgresse un commandement négatif [lav], comme il est dit : « Et le nombre des fils d'Israël sera comme le sable de la mer, qui ne peut être mesuré » (Hocéa 2, 1). Rabbi Elazar interprète le verset comme signifiant : « Qui ne doit pas être mesuré. » Rav Na'hman bar Yits'hak dit : Celui qui compte directement un groupe de Juifs transgresse en réalité deux commandements négatifs, comme il est dit dans ce même verset : « Qui ne peut être mesuré et ne peut être compté » (Hocéa 2, 1).
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל הַמּוֹנֶה אֶת יִשְׂרָאֵל עוֹבֵר בְּלָאו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה מִסְפַּר בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כְּחוֹל הַיָּם אֲשֶׁר לֹא יִמַּד״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: עוֹבֵר בִּשְׁנֵי לָאוִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יִמַּד וְלֹא יִסָּפֵר״.
Rabbi Chemouel bar Na'hmani dit que Rabbi Yonatan souleva une contradiction : Il est écrit dans ce verset : « Et le nombre des fils d'Israël sera comme le sable de la mer » — ce qui suggère qu'ils auront un nombre précis, même s'il sera très grand. Et d'un autre côté, il est écrit : « Qui ne peut être mesuré et ne peut être compté » — ce qui signifie qu'ils ne seront pas du tout dénombrables. Comment concilier ces deux affirmations ?
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי, רַבִּי יוֹנָתָן רָמֵי, כְּתִיב: ״וְהָיָה מִסְפַּר בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כְּחוֹל הַיָּם״, וּכְתִיב ״אֲשֶׁר לֹא יִמַּד וְלֹא יִסָּפֵר״?
Ce n'est pas difficile [à concilier] : Ici [dans la seconde affirmation], il est question du temps où le peuple d'Israël accomplit la volonté du Lieu [Makom, c'est-à-dire de Dieu] — alors ils seront innombrables. Là [dans la première affirmation], il est question du temps où le peuple d'Israël n'accomplit pas la volonté du Lieu — alors ils seront comme le sable de la mer, ayant un nombre précis. Rabbi Yehouda Ha-Nassi dit une résolution différente au nom d'Abba Yossi ben Dostaï : Ce n'est pas difficile : Ici [dans la seconde affirmation], il est question d'un décompte par la main de l'homme — le peuple juif sera alors trop nombreux pour être compté par l'homme. Là [dans la première affirmation], il est question d'un décompte par la main du Ciel [Dieu], qui trouvera qu'ils sont comme le nombre de grains de sable de la mer.
לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּזְמַן שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם, כָּאן בִּזְמַן שֶׁאֵין עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם. רַבִּי אָמַר מִשּׁוּם אַבָּא יוֹסֵי בֶּן דּוֹסְתַּאי, לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּידֵי אָדָם, כָּאן בִּידֵי שָׁמַיִם.
Rav Ne'hilaï bar Idi dit au nom de Chemouel : Dès lors qu'un homme est nommé chef [parnass] de la communauté, il s'enrichit. Cela est déduit des versets cités plus haut. Dans un premier temps, il est écrit à propos de Chaoul : « Et il les dénombra à Bezek » [avec des tessons d'argile] ; et à la fin il est écrit : « Et il les dénombra par les agneaux » [de ses propres troupeaux]. La Guemara demande : Mais peut-être ces agneaux provenaient-ils des troupeaux du peuple lui-même ? La Guemara rejette cette interprétation : Si tel était le cas, quelle serait la nouveauté de la chose ? Pourquoi le texte nous dirait-il que le peuple fut dénombré par des agneaux, si ce n'est pour illustrer incidemment la grande richesse de Chaoul ?
אָמַר רַב נְהִילַאי בַּר אִידִי אָמַר שְׁמוּאֵל: כֵּיוָן שֶׁנִּתְמַנָּה אָדָם פַּרְנָס עַל הַצִּיבּוּר — מִתְעַשֵּׁר. מֵעִיקָּרָא כְּתִיב: ״וַיִּפְקְדֵם בְּבֶזֶק״, וּלְבַסּוֹף כְּתִיב: ״וַיִּפְקְדֵם בַּטְּלָאִים״. וְדִילְמָא מִדִּידְהוּ? אִם כֵּן, מַאי רְבוּתָא דְמִילְּתָא?!
§ [La Guemara continue d'interpréter ce passage sur Chaoul :] « Et il combattit dans la vallée [ba-na'hal] » (I Chemouel 15, 5). Rabbi Mani dit : Cela signifie que Chaoul lutta avec Dieu [pour ainsi dire] à cause de l'affaire de la vallée. Lorsque le Saint, béni soit-Il, dit à Chaoul : « Va, frappe Amalek [et voue-le à l'extermination] » (I Chemouel 15, 3), Chaoul rétorqua : « Si pour une seule vie ôtée, dans un cas où un mort est retrouvé et que le meurtrier est inconnu, la Torah ordonne d'apporter une génisse dont on brise la nuque [egla arufa] dans le rite d'expiation décrit en Devarim 21, 1-9 — combien plus encore dois-je avoir pitié et ne pas ôter toutes ces vies amalécites ! »
״וַיָּרֶב בַּנָּחַל״, אָמַר רַבִּי מָנִי: עַל עִסְקֵי נַחַל. בְּשָׁעָה שֶׁאָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְשָׁאוּל: ״לֵךְ וְהִכִּיתָ אֶת עֲמָלֵק״, אָמַר: וּמָה נֶפֶשׁ אַחַת אָמְרָה תּוֹרָה הָבֵא עֶגְלָה עֲרוּפָה — כׇּל הַנְּפָשׁוֹת הַלָּלוּ, עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Il raisonna encore : Si les hommes ont péché, en quoi les animaux ont-ils failli ? Pourquoi donc le bétail des Amalécites devrait-il être détruit ? Et si les adultes ont péché, en quoi les enfants ont-ils failli ? Une Voix Divine [bat kol] se fit alors entendre et lui dit : « Ne sois pas trop juste » (Kohélet 7, 16). C'est-à-dire : Ne sois pas plus miséricordieux que le Créateur Lui-même, qui t'a commandé de faire cela — car agir ainsi ne serait pas un signe de vertu, mais de faiblesse. Plus tard, lorsque Chaoul dit à Doeg [l'Édomite] : « Retourne-toi et frappe les prêtres [kohanim] » (I Chemouel 22, 18), et que Doeg tua ce jour-là quatre-vingt-cinq hommes portant l'éphod de lin [et frappa Nob, la ville des kohanim, passant au fil de l'épée hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et ânes et brebis], une Voix Divine se fit de nouveau entendre et lui dit : « Ne sois pas trop méchant » (Kohélet 7, 17).
וְאִם אָדָם חָטָא, בְּהֵמָה מֶה חָטְאָה? וְאִם גְּדוֹלִים חָטְאוּ, קְטַנִּים מֶה חָטְאוּ? יָצְאָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לוֹ: ״אַל תְּהִי צַדִּיק הַרְבֵּה״. וּבְשָׁעָה שֶׁאָמַר לוֹ שָׁאוּל לְדוֹאֵג: ״סוֹב אַתָּה וּפְגַע בַּכֹּהֲנִים״, יָצְאָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לוֹ: ״אַל תִּרְשַׁע הַרְבֵּה״.
Rav Houna dit : Combien peu se soucie et s'inquiète [la-halaï oula-margich] l'homme dont le Maître le soutient ! La preuve en est cette comparaison entre Chaoul et David. Chaoul échoua en un seul péché, et cela lui fut compté contre lui [perdant ainsi le trône]. David, en revanche, échoua en deux péchés et cela ne lui fut pas compté contre lui, car il conserva sa position. La Guemara demande : Quel fut l'unique péché de Chaoul ? L'incident d'Agag, roi d'Amalek, que Chaoul épargna en dépit de l'ordre divin (voir I Chemouel 15, 9). Mais était-ce là son seul péché ? N'y a-t-il pas aussi l'incident de Nob, la ville des kohanim, dans laquelle Chaoul fit plus tard tuer de nombreuses personnes innocentes, comme cité plus haut ? La Guemara répond : C'est après l'incident d'Agag, et même avant l'incident de Nob, que Dieu dit : « Je regrette d'avoir couronné Chaoul comme roi » (I Chemouel 15, 11).
אָמַר רַב הוּנָא: כַּמָּה לָא חָלֵי וְלָא מַרְגֵּישׁ גַּבְרָא דְּמָרֵיהּ סַיְּיעֵיהּ, שָׁאוּל בְּאַחַת — וְעָלְתָה לוֹ. דָּוִד בִּשְׁתַּיִם — וְלֹא עָלְתָה לוֹ. שָׁאוּל בְּאַחַת מַאי הִיא? מַעֲשֶׂה דַּאֲגָג. וְהָא אִיכָּא מַעֲשֶׂה דְּנוֹב עִיר הַכֹּהֲנִים! אַמַּעֲשֶׂה דַּאֲגָג כְּתִיב: ״נִחַמְתִּי כִּי הִמְלַכְתִּי אֶת שָׁאוּל לְמֶלֶךְ״.
Rav Houna a affirmé plus haut que David échoua en deux péchés. Quels étaient-ils ? L'un était l'incident au cours duquel il fit tuer Ouriya [le Hittite]. L'autre était l'affaire de l'incitation [de David] à effectuer un recensement du peuple juif (voir II Chemouel 24, 1), qui entraîna de nombreuses morts dans une épidémie.
דָּוִד בִּשְׁתַּיִם מַאי נִינְהוּ — דְּאוּרִיָּה, וְדַהֲסָתָה.
La Guemara demande : Mais ces deux péchés étaient-ils les seuls ? Il y a aussi l'incident de Bat Chéva, dans lequel il prit la femme d'un autre comme épouse. La Guemara répond : Là, dans ce cas, un châtiment lui fut infligé séparément, de sorte que la chose n'est plus comptée parmi ses péchés, comme il est écrit à propos de cet incident : « Et il restituera l'agneau au quadruple » (II Chemouel 12, 6). L'agneau était une métaphore pour Bat Chéva, et David reçut effectivement un quadruple châtiment pour l'avoir prise : le premier enfant né de Bat Chéva et David mourut (voir II Chemouel 12, 13-23) ; le fils de David, Amnon, fut tué ; Tamar, sa fille, fut violée par Amnon (voir II Chemouel 13) ; et son fils Avchalom se rebella contre lui et fut finalement tué (voir II Chemouel 15-18).
וְהָא אִיכָּא נָמֵי מַעֲשֶׂה דְּבַת שֶׁבַע! הָתָם אִפְּרַעוּ מִינֵּיהּ, דִּכְתִיב: ״וְאֶת הַכִּבְשָׂה יְשַׁלֵּם אַרְבַּעְתָּיִם״, יֶלֶד, אַמְנוֹן, תָּמָר, וְאַבְשָׁלוֹם.
Yoma 22b
100%
יומא כ״ב במַסֶּכֶת יוֹמָא