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Traité Yoma

20b

Étude de Yoma 20b

Étude de la Guémara 20b

Guémara
Et si tu imagines que [la limite de] minuit [pour la teroumat ha-dèchen] est fixée par la Torah, comment peut-on l'effectuer plus tôt [comme aux Fêtes de pèlerinage] ou plus tard [comme les jours ordinaires où l'on attend le chant du coq] que l'heure établie par la Torah ? [Cette objection montre que la position de Rav est intenable.]
וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מֵחֲצוֹת דְּאוֹרָיְיתָא הִיא, הֵיכִי מַקְדְּמִינַן (וְהֵיכִי מְאַחֲרִינַן)?
Rabbi Yo'hanan dit plutôt : [L'indication de] minuit comme limite après laquelle les membres ne peuvent plus être incinérés est dérivée d'une autre source. Du fait qu'il est dit concernant l'incinération des membres : «Toute la nuit», ne sais-je pas que cela signifie «jusqu'au matin» ? Et alors pourquoi le verset précise-t-il «jusqu'au matin» ? Cela enseigne : Donne un autre «matin» au «matin de la nuit» [c'est-à-dire : distingue un second point d'aube à l'intérieur même de la nuit, soit minuit — qui est le «matin» de la seconde moitié de la nuit]. Il n'y a néanmoins aucune heure précise fixée pour effectuer ce prélèvement, et combien de temps avant l'aube il est accompli dépend des besoins [du service].
אֶלָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל הַלַּיְלָה״, אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁהוּא עַד הַבֹּקֶר? וּמָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״עַד הַבֹּקֶר״ — תֵּן בֹּקֶר לְבׇקְרוֹ שֶׁל לַיְלָה.
En conséquence : chaque jour ordinaire, les prêtres prélèvent les cendres de l'autel au chant du coq ou aux alentours — soit avant, soit après —, car les jours ordinaires, enlever les cendres juste avant l'aube est suffisant. À Yom Kippour, comme il existe un problème de faiblesse du Kohen Gadol [qui doit assurer seul le service de toute la journée], on effectue ce prélèvement plus tôt et on le fait dès minuit. Et aux Fêtes de pèlerinage, quand les Israélites à Jérusalem sont nombreux et que les offrandes qu'ils apportent pour sacrifier pendant la Fête sont nombreuses, les cendres sont prélevées encore plus tôt, et on le fait dès la fin de la première veille [de la nuit], conformément à la raison qu'enseigne la michna : «Et le chant du coq ne retentissait pas, lors des Fêtes de pèlerinage, avant que la cour du Temple ne soit pleine d'Israélites.»
הִלְכָּךְ, בְּכׇל יוֹם תּוֹרְמִין אֶת הַמִּזְבֵּחַ בִּקְרִיאַת הַגֶּבֶר אוֹ סָמוּךְ לוֹ, בֵּין מִלְּפָנָיו בֵּין מִלְּאַחֲרָיו — סַגִּיא. בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, דְּאִיכָּא חוּלְשָׁא דְּכֹהֵן גָּדוֹל — עָבְדִינַן מֵחֲצוֹת. וּבִרְגָלִים, דִּנְפִישִׁי יִשְׂרָאֵל וּנְפִישִׁי קׇרְבָּנוֹת — עָבְדִינַן מֵאַשְׁמוֹרֶת הָרִאשׁוֹנָה. כִּדְקָתָנֵי טַעְמָא: לֹא הָיְתָה קְרִיאַת הַגֶּבֶר מַגַּעַת עַד שֶׁהָיְתָה עֲזָרָה מְלֵאָה מִיִּשְׂרָאֵל.
§ L'expression kéri'at ha-guèver [«le chant du coq» ou «la proclamation du gever»], mentionnée dans la michna comme indication d'une certaine heure, soulève une question. La Guemara demande : Que signifie précisément l'expression kéri'at ha-guèver ? Rav dit : C'est le cri d'un homme [guèvra][le préposé désigné à cet effet, tel Guévini le crieur,] proclamait qu'il était temps pour les prêtres de se présenter au service. Rabbi Cheila dit : C'est le chant du coq [tarnégol], qui est également appelé guèver.
מַאי: ״קְרִיאַת הַגֶּבֶר״? רַב אָמַר: קְרָא גַּבְרָא. רַבִּי שֵׁילָא אָמַר: קְרָא תַּרְנְגוֹלָא.
Rav se trouva un jour chez Rabbi Cheila [dans sa ville], où il n'était pas encore connu. Il n'y avait pas d'amora [un répétiteur] pour se tenir devant Rabbi Cheila et répercuter son cours au public. Rav se leva devant lui pour assurer cette tâche, au cours de laquelle Rabbi Cheila évoqua kéri'at ha-guèver. Rav interpréta le concept pour l'assemblée et dit : Que signifie kéri'at ha-guèver ? Cela signifie : le cri d'un homme [guèvra]. Rabbi Cheila lui dit : Que le Maître dise plutôt que c'est le chant du coq [tarnégol]. Rav lui répondit en citant un proverbe populaire : «Une flûte jouée pour des nobles, c'est de la musique ; jouée pour des tisserands [des gens frustes], ils n'en tirent aucun plaisir.» De même, cette interprétation que j'ai donnée était acceptée par des érudits de la Torah bien supérieurs à toi ; toi, qui n'as pas leur niveau, tu ne peux pas l'apprécier.
רַב אִיקְּלַע לְאַתְרֵיהּ דְּרַבִּי שֵׁילָא. לָא הֲוָה אָמוֹרָא לְמֵיקַם עֲלֵיהּ דְּרַבִּי שֵׁילָא, קָם רַב עֲלֵיהּ, וְקָא מְפָרֵשׁ: מַאי ״קְרִיאַת הַגֶּבֶר״ — קְרָא גַּבְרָא. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי שֵׁילָא, וְלֵימָא מָר: ״קְרָא תַּרְנְגוֹלָא״? אֲמַר לֵיהּ: ״אַבּוּב לְחָרֵי — זָמַר, לְגַרְדָּאֵי — לָא מְקַבְּלוּהּ מִינֵּיהּ״.
«Quand je me tenais devant Rabbi Hiyya [mon propre maître] et que j'interprétais : Que signifie kéri'at ha-guèver ? — le cri d'un homme, il ne me dit pas un seul mot [d'objection] ; et toi, Rabbi Cheila, tu me dis : dis que c'est le chant du coq.» Dès que Rabbi Cheila entendit cela, il reconnut immédiatement qui avait répercuté son cours. Il lui dit : Est-ce que le Maître est Rav ? Que le Maître se repose et cesse de répercuter mon cours, car il est en dessous de sa dignité de servir comme mon assistant. Rav lui répondit : On dit ce proverbe — «Si tu t'es engagé à travailler pour lui, carde sa laine» [une fois qu'on accepte d'accomplir une tâche, on doit en supporter les aspects moins agréables et terminer le travail]. Certains disent que c'est ceci que Rav lui dit : «On élève en matière de sainteté et on ne rabaisse pas» — puisque la tâche d'interprétation avait été entamée par un homme de mon rang, il ne convient pas qu'un homme de rang moindre me remplace, ce qui serait une marque de mépris envers la Torah.
כִּי הֲוָה קָאֵימְנָא עֲלֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא וּמְפָרֵישְׁנָא: מַאי ״קְרִיאַת הַגֶּבֶר״ — קְרָא גַּבְרָא, וְלָא אֲמַר לִי וְלָא מִידֵּי. וְאַתְּ אָמְרַתְּ לִי, אֵימָא: ״קְרָא תַּרְנְגוֹלָא״. אֲמַר לֵיהּ: מָר נִיהוּ רַב? נִינַח מָר. אֲמַר לֵיהּ, אָמְרִי אִינָשֵׁי: ״אִיתְּגַרְתְּ — לֵיהּ פּוּץ עַמְרֵיהּ״. אִיכָּא דְּאָמְרִי, הָכִי אֲמַר לֵיהּ: ״מַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ, וְלֹא מוֹרִידִין״.
La Guemara note : Une baraïta a été enseignée conformément à l'opinion de Rav, et une baraïta a été enseignée conformément à l'opinion de Rabbi Cheila. La Guemara développe : Une baraïta a été enseignée conformément à l'opinion de Rav : Que disait Guévini le Crieur [l'officier en charge dans le Temple] dans sa proclamation ? «Levez-vous, prêtres, pour votre service ; lévites, pour votre estrade [dou'han] ; et Israélites, pour votre faction [ma'amad] !» Et la Guemara rapporte : Sa voix était si puissante qu'elle pouvait s'entendre à une distance de trois parasanges [environ treize kilomètres].
תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דְּרַב, תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דְּרַבִּי שֵׁילָא. תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דְּרַב: גְּבִינִי כָּרוֹז מַהוּ אוֹמֵר: ״עִמְדוּ כֹּהֲנִים לַעֲבוֹדַתְכֶם, וּלְוִיִּם לְדוּכַנְכֶם, וְיִשְׂרָאֵל לְמַעֲמַדְכֶם״. וְהָיָה קוֹלוֹ נִשְׁמָע בְּשָׁלֹשׁ פַּרְסָאוֹת.
Il y eut un incident impliquant le roi Agrippa, qui revenait sur la route et entendit la voix de Guévini le Crieur à une distance de trois parasanges. Quand le roi arriva chez lui, il lui envoya des cadeaux [tant il fut impressionné par sa voix]. La Guemara note : Et pourtant, la voix du Kohen Gadol était plus puissante et supérieure à la sienne, car le Maître a dit : Et il y eut un incident où le Kohen Gadol récita dans sa confession accompagnant le sémikha [l'imposition des mains] sur son taureau à Yom Kippour : «Ana Hachem [De grâce, ô Dieu !]», et sa voix fut entendue jusqu'à Yériho. Et Rabba bar bar Hana dit que Rabbi Yo'hanan dit : La distance de Jérusalem à Yériho est de dix parasanges.
מַעֲשֶׂה בְּאַגְרִיפַּס הַמֶּלֶךְ שֶׁהָיָה בָּא בַּדֶּרֶךְ, וְשָׁמַע קוֹלוֹ בְּשָׁלֹשׁ פַּרְסָאוֹת, וּכְשֶׁבָּא לְבֵיתוֹ שִׁיגֵּר לוֹ מַתָּנוֹת. וְאַף עַל פִּי כֵן, כֹּהֵן גָּדוֹל מְשׁוּבָּח מִמֶּנּוּ. דְּאָמַר מָר: וּכְבָר אָמַר ״אָנָא הַשֵּׁם״ וְנִשְׁמַע קוֹלוֹ בִּירִיחוֹ. וְאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִירוּשָׁלַיִם לִירִיחוֹ עֲשַׂר פַּרְסֵי.
Et non seulement la distance était plus grande dans le cas du Kohen Gadol, mais ici [pour le Kohen Gadol], il y a le problème de sa faiblesse due au jeûne et à l'obligation d'accomplir seul la totalité du service [de Yom Kippour], tandis que là [pour Guévini], il n'y a pas de problème de faiblesse. En outre, ici [pour le Kohen Gadol], c'était pendant le jour, moment où le son se propage moins bien ; et là [pour Guévini], c'était pendant la nuit, lorsque le son se propage mieux.
וְאַף עַל גַּב דְּהָכָא אִיכָּא חוּלְשָׁא, וְהָכָא לֵיכָּא חוּלְשָׁא. וְהָכָא יְמָמָא, וְהָתָם לֵילְיָא.
Comme Rabbi Lévi l'a dit : Pourquoi la voix d'une personne ne s'entend-elle pas pendant le jour de la même manière qu'elle s'entend la nuit ? C'est parce que le son de la sphère solaire traversant le firmament produit un bruit comparable au bruit qu'un charpentier fait en sciant des cèdres, et ce bruit noie les autres sons. Et cette sciure visible pendant le jour dans les rayons du soleil, «la» est son nom [selon la Guemara]. C'est ce que voulait dire Neboukhadnetzar [Nabuchodonosor] : «Et tous les habitants de la terre sont considérés comme la» (Daniel 4, 32) — c'est-à-dire que tous les habitants de la terre sont comparables à des grains de poussière.
דְּאָמַר רַבִּי לֵוִי: מִפְּנֵי מָה אֵין קוֹלוֹ שֶׁל אָדָם נִשְׁמָע בַּיּוֹם כְּדֶרֶךְ שֶׁנִּשְׁמָע בַּלַּיְלָה? מִפְּנֵי גַּלְגַּל חַמָּה שֶׁמְּנַסֵּר בָּרָקִיעַ כְּחָרָשׁ הַמְנַסֵּר בַּאֲרָזִים. וְהַאי חִירְגָּא דְיוֹמָא ״לָא״ שְׁמֵיהּ. וְהַיְינוּ דְּקָאָמַר נְבוּכַדְנֶצַּר: ״וְכׇל דָּיְירֵי אַרְעָא (כְּלָא) חֲשִׁיבִין״.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta : Sans le son de la sphère solaire, le bruit de la foule de Rome s'entendrait à travers le monde entier ; et sans le bruit de la foule de Rome, le son de la sphère solaire s'entendrait à travers le monde entier. Les Sages ont encore enseigné dans une baraïta : Trois sons voyagent d'un bout du monde à l'autre, et ce sont : le son de la sphère solaire, le bruit de la foule tumultuaire de Rome, et le son de l'âme [néchama] au moment où elle quitte le corps — son [qui devrait logiquement être] audible partout dans le monde. Et certains disent : Même le son d'une femme accouchant.
תָּנוּ רַבָּנַן: אִלְמָלֵא גַּלְגַּל חַמָּה, נִשְׁמָע קוֹל הֲמוֹנָהּ שֶׁל רוֹמִי. וְאִלְמָלֵא קוֹל הֲמוֹנָהּ שֶׁל רוֹמִי, נִשְׁמָע קוֹל גַּלְגַּל חַמָּה. תָּנוּ רַבָּנַן: שָׁלֹשׁ קוֹלוֹת הוֹלְכִין מִסּוֹף הָעוֹלָם וְעַד סוֹפוֹ, וְאֵלּוּ הֵן: קוֹל גַּלְגַּל חַמָּה, וְקוֹל הֲמוֹנָהּ שֶׁל רוֹמִי, וְקוֹל נְשָׁמָה בְּשָׁעָה שֶׁיּוֹצְאָה מִן הַגּוּף, וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף לֵידָה,

Rachi

ואי דאורייתא הוא היכי מקדמינן - גרסינן ולא גרסינן היכי מאחרינן הלא כל חציו ראוי להרמה ומה לנו אם יאחר: ,היכי מקדמינן - אפילו דשן המעוכל יפה והא אמרת חציו להרמה אלמא אין חצי הראשון כשר לכך:

אלא א"ר יוחנן - לא תימא חציו לכך וחציו לכך אלא הכי דריש הכתוב הכשר כל הלילה בין להקטרה שאין מעוכלין בין להרמה אם יש דשן מעוכל וחצות דעושה עיכול באברים שמשלה בהן האור מהכא נפקא ממשמע שנאמר בהקטרה כל הלילה על מוקדה איני יודע שעד הבקר קרוי לילה:,ומה ת"ל עד בקר תן השכמה אחרת לבקרו של לילה - בוקרו של לילה הוא עלות השחר ונתן לך הכתוב בו בקר אחר לומר שאין צריך להקטיר מן השכמה ואילך וכיון שלא נתן זמן באותו בקר על כרחך הוא חצות לילה הלכך הואיל וכל הלילה כשר להרמה קבעו חכמים זמנה הכל לפי שעה בכל יום דלא נפישי קרבנות ורב להם היום בקרות הגבר סגי:

ביוה"כ דאיכא חולשא דכ"ג - שהרי עליו לבדו הוא מוטל צריך להשכים יותר:,דנפישי קרבנות - ורב הדשן במקום המערכה וצריך להעלות את הדשן לתפוח לאחר ההרמה כדתנן במסכת תמיד (דף כח:) מעלין האפר לתפוח ותפוח הוא גל של אפר כמין תפוח של ענבים הנדרך בגת ששם כנסו אפר של כל ימות החג והוא באמצע המזבח ופעמים שהוא עליו כג' מאות כור לפיכך צריך להקדים לתרום מאשמורה הראשונה:

קרא גברא - מכריז הממונה על הכרוז ואומר עמדו כהנים לעבודתכם כדקתני בברייתא בשמעתין:

רב איקלע לאתריה דר' שילא - ולא היו מכירין אותו:,לא היה אמורא - מתורגמן העומד לפני חכם הדרשן והחכם לוחש לו לשון עברית והוא מתרגם לרבים לשון שהן שומעין:,וקא מפרש קרות הגבר קרא גברא - נפל לו בתוך הדרש שלחש לו ר' שילא קרות הגבר לשון עברי והוא תרגם לרבים קרא גברא:,אבוב לחרי זמר - חליל שהוא חשוב לפני בני חורים זמר נאה וערב:,לגרדאי לא קבלוה מיניה - בא אצל גרדיים לשורר ולחולל להם לא הוכשר בעיניהם ומשל הוא כלומר פירוש זה שפירשתי לפני שרים רבים פעמים רבות ולא מיחו בידי עכשיו פירשתי לפניך שאינך גדול כמותם ולא קבלתו:

מר הוא רב - שאתה רגיל לקום ולתרגם לפני ר' חייא שהוא דודך:,נינח מר - לך ושב בכבודך שאיני כדאי שתהא מתורגמני:,אי תגרת ליה פוץ עמריה - אם נשכרת אצל אדם למלאכת יום כל מלאכה שיטיל עליך ואפילו היא בזויה כגון ניפוץ צמר שהיא מלאכת נשים עשה לו אף אני מאחר שהתחלתי בפעולותיך אגמור:,ולא מורידין - גנאי הדרשה הוא שארד אני ויקום פחות ממני לגומרה:

גביני כרוז - גביני המכריז:

דאמר מר - לקמן בפ"ד (יומא דף לט:):,כבר אמר אנא השם - כבר פעם אחת היה מעשה שהיה כ"ג מתודה על פרו ביום הכפורים ואמר אנא השם חטאתי וכו' ונשמע קולו ביריחו:

ואיכא חולשא - דתעניתא:,והכא יממא - שאין הקול נשמע בו כבלילה:

והאי חירגא לא שמיה - והאי פסולת הנסורות והוא נראה בעמוד של חמה דיומא ממש:,לא שמיה - כן שמו לשון אין:

Tossafot

היכי מקדמינן והיכי מאחרינן - רש"י לא גרס היכי מאחרינן ונראה לי דשפיר גרס ליה דכיון דזמנו קבוע מחצות ואילך היכי מקדימין ברגלים ובכל יום היכי מאחרין דמשמע שלעולם היו רגילים לתרום בקרות הגבר סמוך לו מלפניו או מלאחריו ואמאי והא זריזין מקדימין למצות וכי היכי דתמיד של שחר זמנו עד ד' שעות ואפ"ה היו מקדימין בהאיר המזרח דהיינו מתחילת זמן שקבעה לו תורה ה"נ אמאי מאחרינן ליה לכתחילה עד קרות הגבר:

אלא א"ר יוחנן ממשמע שנאמר כו' - בפ' המזבח מקדש (זבחים דף פו:) לא גרס רש"י אלא ופירש דרבי יוחנן מתרץ לקראי כרב חציו להקטרה וחציו להרמה מיהו היינו דוקא בשרירי וגבי הרמה מקרא אחרינא נפקא לן דכתיב עד בקר תן בקר לבקרו של לילה ומוקמינן ליה בהרמה ולא מסרן הכתוב אלא לחכמים להיות משכימין כל מה שירצו לפי הצורך וקשה דקרא דעד בקר דכתיב בהקטרה היכי מוקמינן ליה בהרמה ועוד דבכל הספרים גרסי' אלא ויש פירושים אחרים של רש"י שפירש בהם דגרסינן אלא ופירש דרבי יוחנן פליג אדרב וס"ל דכל הלילה קאי אהקטרה וקאי אהרמה דכל הלילה כשר להקטרה כשאין דשן וכשר להרמה אם יש דשן מעוכל וגבי הקטרה כתיב בקר מיותר לומר תן בקר לבקרו של לילה והיינו בשרירי דחצות עושה עיכול והכי מידריש קרא תן השכמה אחת לבקרו של לילה ובקרו של לילה הוא עמוד השחר ונתן לך הכתוב בקר אחר לומר שאין צריך להקטיר מן השכמה ואילך וכיון שלא קבע זמן לאותו בקר על כרחך הוא חצות לילה שמע מינה דבשרירי תלוי בחצות ובדשן מעוכל דלית ביה ממשא כל הלילה והרים אבל אית ביה ממשא כל הלילה והקטיר וכן פירש רש"י בכאן ובפ' שני דמגילה (דף כ:) דקאמר כל הלילה כשר להקטרה קשה אמאי לא קאמר נמי להרמה וי"ל משום דבשום פעם לא היו רגילין לתרום קודם אשמורה הראשונה לא קתני ליה:

משום חולשא דכ"ג עבדינן מחצות - משמע דאפי' תרומת הדשן שהיא עבודת הלילה אינה כשירה אלא בו ולהכי מקדמינן ליה כדי שינוח בין עבודה זו לעבודת היום וריב"א פירש דלא גרסי' כ"ג אלא הכי גרסי' משום חולשא דכהן קודם שהכהן התורם יהא חלש דאי כ"ג תורם א"כ ליחשביה להא טבילה דטביל בהדי חמש טבילות ועשרה קידושין שכ"ג טובל בו ביום וכן עשה הפייט הוקמו מחצות דשן לנערה כפייס דשן הבערה אלמא שהיו מפייסין ביוה"כ מי תורם ור"י אומר דשפיר גרס כ"ג דלהכי מקדמי לתרום ולסדר מערכה ולסלק האברים שלא נתעכלו כדי שימצא כהן גדול מזומן כל מה שצריך מיד כשיעלה עמוד השחר קודם שיהיה רעב וחלש:

והיה קולו נשמע בשלש פרסאות - תימה דבפרק שלישי דתמיד (דף ל:) תנן מיריחו היו שומעין קול גביני כרוז דהיינו עשר פרסאות וי"ל דבי' פרסאות לא היו מבינין אלא קול הברה בעלמא וכן יש לפרש אהא דאמר' ריש פרק טרף בקלפי (לקמן יומא לט:) דצירי דלתות היכל נשמעין בשמונה תחומי שבת והתם תנן מיריחו:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Yoma 20b
100%
יומא כ׳ במַסֶּכֶת יוֹמָא