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Traité Yoma

19b

Étude de Yoma 19b

Étude de la Mishna & Guémara 19b

[Qu'est-ce que le fait que les Anciens se qualifient eux-mêmes d' « émissaires » démontre ?] Existe-t-il quelque chose que nous sommes incapables d'accomplir et que nos agents seraient capables d'accomplir ? [Or] le rôle de l'agent est d'accomplir une tâche au nom de celui qui l'a mandaté. L'agent ne peut pas accomplir une tâche que le mandant est incapable d'accomplir. Puisqu'il est interdit aux Israélites d'entrer dans le Parvis des prêtres et d'y accomplir les rites sacrificiels, les prêtres ne sont manifestement pas les agents représentant les Israélites. [La Guemara répond :] Voici ce qu'ils lui disent [en réalité] : « Nous te faisons jurer selon notre compréhension et la compréhension du tribunal » — les mettant en garde contre toute rationalisation d'une violation du serment en prétendjant qu'il l'a pris selon sa propre interprétation. Il est lié par la compréhension du tribunal. La Michna ne traite pas de la nature de l'émission sacerdotale [mais seulement de la formule de serment].
מִי אִיכָּא מִידֵּי דַּאֲנַן לָא מָצֵינַן לְמֶעְבַּד, וּשְׁלוּחֵי דִידַן מָצוּ עָבְדִי? הָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ: מַשְׁבִּיעִין אָנוּ עָלֶיךָ עַל דַּעְתֵּינוּ וְעַל דַּעַת בֵּית דִּין.
§ La Michna [continue] : Après ce serment, il se retirait et pleurait, et eux se retiraient et pleuraient. La Guemara explique : Il se retirait et pleurait — en raison de l'affront que constituait pour lui le fait d'être soupçonné d'être un Tsadouqi [Sadducéen]. Et eux se retiraient et pleuraient — car Rabbi Yehoua ben Lévi a dit : Quiconque soupçonne les gens intègres [de manquement] est châtié dans son propre corps. Le Kohen Gadol pourrait bien être au-dessus de tout reproche, et ils l'auraient soupçonné à tort.
הוּא פּוֹרֵשׁ וּבוֹכֶה וְהֵן פּוֹרְשִׁין וּבוֹכִין וְכוּ׳. הוּא פּוֹרֵשׁ וּבוֹכֶה — שֶׁחֲשָׁדוּהוּ צַדּוּקִי, וְהֵם פּוֹרְשִׁין וּבוֹכִין — דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל הַחוֹשֵׁד בִּכְשֵׁרִים לוֹקֶה בְּגוּפוֹ.
[La Guemara demande :] Pourquoi les Anciens insistaient-ils à ce point pour que le Kohen Gadol prête serment ? La Guemara explique : Afin qu'il ne préparât pas la ketoret [l'encens] et ne l'allumât pas à l'extérieur [dans le Heikhal — le Sanctuaire], avant d'entrer dans le Kodech haKodachim [le Saint des Saints], pour introduire ensuite le foyer [mah'ta] avec l'encens déjà allumé dans le Kodech haKodachim — de la manière dont les Tsadouqim [Sadducéens] procédaient. Puisque le Kohen Gadol est seul à l'intérieur et qu'il n'y a aucun moyen de vérifier s'il accomplit réellement le service selon les prescriptions, les Anciens insistaient pour qu'il prêtât serment de l'accomplir selon leurs instructions.
וְכׇל כָּךְ לָמָּה? שֶׁלֹּא יְתַקֵּן מִבַּחוּץ וְיַכְנִיס, כְּדֶרֶךְ שֶׁהַצַּדּוּקִין עוֹשִׂין.
Les Sages ont enseigné [dans la Tossefta] : Il arriva qu'un certain Tsadouqi [nommé Kohen Gadol] prépara la ketoret à l'extérieur [dans le Heikhal] et l'introduisit ainsi [dans le Kodech haKodachim, à l'encontre de la halakha]. À sa sortie [du Kodech haKodachim], il se réjouissait d'une joie immense [d'avoir pu accomplir le service selon son opinion]. Son père le rencontra et lui dit : « Mon fils, bien que nous soyons Tsadouqim et que tu aies accompli le service conformément à notre opinion, nous redoutons les Perouchim [Pharisiens] et n'appliquons pas réellement cette procédure en pratique. » Le fils répondit à son père : « Tous mes jours j'ai été tourmenté par ce verset : “Car dans le nuage J'apparaîtrai sur le kapporet” (Vayikra 16, 2). Je me disais : Quand l'occasion se présentera-t-elle à moi et pourrai-je l'accomplir ? Maintenant que l'occasion s'est présentée à moi — ne l'aurais-je pas accomplie ? ! »
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּצַדּוּקִי אֶחָד שֶׁהִתְקִין מִבַּחוּץ וְהִכְנִיס. בִּיצִיאָתוֹ הָיָה שָׂמֵחַ שִׂמְחָה גְּדוֹלָה. פָּגַע בּוֹ אָבִיו, אָמַר לוֹ: בְּנִי, אַף עַל פִּי שֶׁצַּדּוּקִין אָנוּ, מִתְיָרְאִין אָנוּ מִן הַפְּרוּשִׁים. אָמַר לוֹ: כׇּל יָמַי הָיִיתִי מִצְטַעֵר עַל הַמִּקְרָא הַזֶּה: ״כִּי בֶּעָנָן אֵרָאֶה עַל הַכַּפּוֹרֶת״, אָמַרְתִּי: מָתַי יָבוֹא לְיָדִי וַאֲקַיְּימֶנּוּ, עַכְשָׁיו שֶׁבָּא לְיָדִי — לֹא אֲקַיְּימֶנּוּ?!
Les Sages ont dit : Il ne s'écoula pas beaucoup de jours avant qu'il ne mourût et ne fût jeté dans la décharge, et des vers sortaient de ses narines [en punition de ses actes]. Et certains disent : Il fut frappé au moment même où il sortait du Kodech haKodachim — comme Rabbi Hiyya l'a enseigné : On entendit dans le Parvis du Temple une sorte de bruit [comme si] un ange était venu le frapper au visage. Et ses frères prêtres vinrent [le retirer de là] et trouvèrent l'empreinte d'un sabot de veau entre ses épaules — c'est la marque laissée par un ange frappant. Comme il est dit à propos des anges : « Et leurs pieds étaient des pieds droits, et la plante de leurs pieds était comme la plante du pied d'un veau » (Ye'hezkel 1, 7).
אָמְרוּ: לֹא הָיוּ יָמִים מוּעָטִין עַד שֶׁמֵּת וְהוּטַל בָּאַשְׁפָּה, וְהָיוּ תּוֹלָעִין יוֹצְאִין מֵחוֹטְמוֹ. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: בִּיצִיאָתוֹ נִיגַּף, דְּתָנֵי רַבִּי חִיָּיא: כְּמִין קוֹל נִשְׁמַע בַּעֲזָרָה שֶׁבָּא מַלְאָךְ וַחֲבָטוֹ עַל פָּנָיו. וְנִכְנְסוּ אֶחָיו הַכֹּהֲנִים וּמָצְאוּ כְּכַף רֶגֶל עֵגֶל בֵּין כְּתֵפָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְרַגְלֵיהֶם רֶגֶל יְשָׁרָה וְכַף רַגְלֵיהֶם כְּכַף רֶגֶל עֵגֶל״.
§ Il a été enseigné dans la Michna que Rabbi Zekharya ben Kevoutal dit : De nombreuses fois j'ai lu devant lui dans le livre de Daniel. Rav Hanan bar Rava l'enseignait à Hiyya bar Rav devant Rav en disant : « Rabbi Zekharya bar Kefoutal a dit » [avec un Kof] — et Rav lui indiqua de la main que le nom se prononçait « Kevoutal » [avec un Qof]. La Guemara demande : Pourquoi Rav l'indiqua-t-il par un geste ? Qu'il le dise simplement à voix haute ! La Guemara répond : Rav était en train de réciter le Chema' en ce moment et ne pouvait pas interrompre le Chema' en parlant.
אָמַר רַבִּי זְכַרְיָה בֶּן קְבוּטָל וְכוּ׳. מַתְנֵי לֵיהּ רַב חָנָן בַּר רָבָא לְחִיָּיא בַּר רַב קַמֵּיהּ דְּרַב ״אָמַר רַבִּי זְכַרְיָה בֶּן קְפוּטָל״, וּמַחְוֵי לֵיהּ רַב בִּידֵיהּ ״קְבוּטָל״. וְנֵימָא לֵיהּ מֵימָר! קְרִיאַת שְׁמַע הֲוָה קָרֵי.
[La Guemara demande :] Interrompre de cette façon [par un geste] est-il permis durant la récitation du Chema' ? Rabbi Yitz'haq bar Chmouel bar Marta n'a-t-il pas dit : Celui qui récite le Chema' ne doit faire de signe ni avec les yeux, ni ouvrir et fermer les lèvres pour transmettre un message, ni pointer du doigt ? Et il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi El'azar Hisma dit : Celui qui récite le Chema' et fait des signes des yeux, ou ouvre et ferme les lèvres, ou pointe du doigt — à son sujet le verset dit : « Et tu ne M'as pas invoqué, ô Jacob ! » (Yecha'ya 43, 22). En signalant pendant la récitation du Chema', il se comporte de manière irrévérencieuse envers Dieu, comme s'il n'avait pas du tout récité le Chema' devant Lui. Comment Rav pouvait-il donc faire un geste pendant le Chema' ?
וְכִי הַאי גַּוְונָא מִי שְׁרֵי? וְהָא אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר שְׁמוּאֵל בַּר מָרְתָּא: הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע לֹא יִרְמוֹז בְּעֵינָיו, וְלֹא יִקְרוֹץ בְּשִׂפְתוֹתָיו, וְלֹא יוֹרֶה בְּאֶצְבְּעוֹתָיו. וְתַנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר חַסָּמָא אוֹמֵר: הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע וּמְרַמֵּז בְּעֵינָיו, וּמְקָרֵץ בְּשִׂפְתוֹתָיו, וּמַרְאֶה בְּאֶצְבָּעוֹ — עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״וְלֹא אוֹתִי קָרָאתָ יַעֲקֹב״!
La Guemara répond : Ce n'est pas difficile [à concilier]. Cet interdit de la gestuelle durant la récitation du Chema' s'applique dans le cours du premier paragraphe [du Chema', Devarim 6, 4-9], qui est le plus fondamental [et requiert une concentration totale] ; le cas où Rav a fait un geste était dans le cours du second paragraphe [du Chema', Devarim 11, 13-21], où faire un geste pour transmettre un message significatif est permis.
לָא קַשְׁיָא: הָא בְּפֶרֶק רִאשׁוֹן, הָא בְּפֶרֶק שֵׁנִי.
À propos des interruptions durant la récitation du Chema', la Guemara cite une baraïta dans laquelle les Sages ont enseigné : « Et tu en parleras » (Devarim 6, 7) — d'elles [des paroles de la Torah], et non [dans le cours de] la prière [la Amida, qui ne peut être interrompue par aucun discours]. « Et tu en parleras » — il t'est permis d'interrompre [le Chema'] pour parler de ces matières de Torah, mais non pour parler d'autres sujets [susceptibles de conduire à la légèreté].
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְדִבַּרְתָּ בָּם״, בָּם — וְלֹא בִּתְפִלָּה. ״וְדִבַּרְתָּ בָּם״, בָּם יֵשׁ לְךָ רְשׁוּת לְדַבֵּר, וְלֹא בִּדְבָרִים אֲחֵרִים.
Rabbi A'ha dit : « Et tu en parleras » — rends-les [les paroles de Torah] un usage fixe et ne les traite pas comme un usage occasionnel [ou passager]. Rava a dit : Celui qui se livre à un bavardage vain [chi'hat 'houlin] sans Torah ni but particulier viole un commandement positif, comme il est dit : « Et tu en parleras » — parle d'elles et non d'autres choses. Rav A'ha bar Ya'aqov a dit : De plus, il viole même un commandement négatif, comme il est dit : « Toutes ces choses sont fatigantes ; aucun homme ne peut jamais les énoncer » (Qohelet 1, 8) — l'expression « nul homme ne peut les énoncer » est comprise comme un interdit de se livrer au bavardage vain.
רַבִּי אַחָא אוֹמֵר: ״וְדִבַּרְתָּ בָּם״, עֲשֵׂה אוֹתָן קֶבַע וְאַל תַּעֲשֵׂם עֲרַאי. אָמַר רָבָא: הַשָּׂח שִׂיחַת חוּלִּין — עוֹבֵר בַּעֲשֵׂה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְדִבַּרְתָּ בָּם״, בָּם — וְלֹא בִּדְבָרִים אֲחֵרִים. רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: עוֹבֵר בְּלָאו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל הַדְּבָרִים יְגֵעִים לֹא יוּכַל אִישׁ לְדַבֵּר״.
Mishna 1
MICHNA : Si le Kohen Gadol cherchait à s'endormir [au cours de la nuit de la veille de Yom Kippour], les jeunes prêtres [pir'hei kehouna] faisaient claquer [leur] majeur [tzerada] contre le pouce devant lui [créant un bruit sec], et lui disaient de temps en temps : « Ichi [Mon Maître], Kohen Gadol ! Lève-toi de ton lit et rafraîchis-toi une fois sur le sol [de pierre froide] pour dissiper ta somnolence. » Et ils l'occupaient [de différentes manières] jusqu'à ce qu'arrivât le moment d'immoler l'offrande quotidienne [du matin].
מַתְנִי׳ בִּקֵּשׁ לְהִתְנַמְנֵם, פִּרְחֵי כְהוּנָּה מַכִּין לְפָנָיו בְּאֶצְבַּע צְרָדָא, וְאוֹמְרִים לוֹ: אִישִׁי כֹּהֵן גָּדוֹל! עֲמוֹד וְהָפֵג אַחַת עַל הָרִצְפָּה. וּמַעֲסִיקִין אוֹתוֹ עַד שֶׁיַּגִּיעַ זְמַן הַשְּׁחִיטָה.(משנה)
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : Quel est ce doigt « tzerada » mentionné dans la Michna ? Rav Yehouda a dit : C'est « la rivale [tzara] de celle-là [da] » [le pouce]. Lequel est-il ? Tzerada est la rivale du pouce — c'est le majeur. On plaçait fortement le majeur contre le pouce et, lorsqu'on les séparait, le doigt frappait la paume en produisant un bruit. Rav Houna fit la démonstration du bruit fort pouvant être obtenu en claquant avec le majeur, et le son se propagea dans toute la maison d'études [beit hamidrach] de Rav. Le bruit ainsi créé était suffisamment fort pour tenir le Kohen Gadol éveillé.
גְּמָ׳ מַאי צְרָדָא? אָמַר רַב יְהוּדָה: צָרָתַהּ דְּדָא, מַאי הִיא — גּוּדָל. מַחְוֵי רַב הוּנָא וְאָזֵל קָלָא בְּכוּלֵּי בֵּי רַב.
Yoma 19b
100%
יומא י״ט במַסֶּכֶת יוֹמָא