Guémara
La halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Yossé [à savoir que le Grand-Prêtre initial retourne à son service, tandis que le second n'est plus apte à servir ni comme Grand-Prêtre ni comme Kohen ordinaire]. Et Rabbi Yossé concède que si le second Kohen a enfreint cette disposition et a officié [comme Grand-Prêtre avec les huit vêtements], son service est valide [bédièved]. Rav Yehouda dit au nom de Rav : La halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Yossé, et Rabbi Yossé concède que si le Grand-Prêtre initial venait à mourir, le second retournerait à son service [en qualité de Grand-Prêtre].
הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי, וּמוֹדֶה רַבִּי יוֹסֵי שֶׁאִם עָבַר וְעָבַד — עֲבוֹדָתוֹ כְּשֵׁרָה. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי, וּמוֹדֶה רַבִּי יוֹסֵי שֶׁאִם מֵת רִאשׁוֹן, שֶׁחוֹזֵר לַעֲבוֹדָתוֹ.
La Guemara demande : Cela est évident ! Il est clair que le second Kohen peut servir comme Grand-Prêtre après la mort du premier, sans craindre que leur rivalité engendre de la haine entre eux. La Guemara répond : [La règle n'est pas évidente.] Car on aurait pu penser que le simple fait de savoir qu'un autre Kohen est en attente pour le remplacer suffit à engendrer de la haine — au point qu'il serait pour lui comme une femme dont le mari a pris une rivale [tzara] de son vivant [celui-ci attendant la mort de l'autre]. Rav nous enseigne donc que ce n'est pas une préoccupation [et que la mort du premier libère le second sans restriction].
פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא, הָוְיָא לֵיהּ צָרָה מֵחַיִּים. קָא מַשְׁמַע לַן.
§ Il a été enseigné dans la michna que Rabbi Yehouda dit : On lui désignait même une autre femme [au cas où la femme du Grand-Prêtre mourrait à Yom Kippour]. Les Rabbins [Hakhamim] disent : Il n'y a pas lieu de craindre la mort de sa femme, et les Sages ne lui désignaient donc pas d'autre épouse. La Guemara demande à propos des Rabbins : Mais ne sont-ils pas préoccupés par l'éventualité qu'il devienne impur — c'est pourquoi les Sages désignent un Grand-Prêtre remplaçant ? Pourquoi alors ne sont-ils pas préoccupés par l'éventualité de la mort de sa femme ? La Guemara répond que les Rabbins auraient pu dire ceci : L'impureté [touma] est fréquente [chekhiha], car il n'est pas rare que le Grand-Prêtre devienne impur, soit par des sécrétions corporelles soit par une source extérieure. La mort [mita], elle, n'est pas fréquente, et il n'y a donc pas à s'en préoccuper.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף אִשָּׁה אַחֶרֶת מַתְקִינִין לוֹ. וְרַבָּנַן נָמֵי, הָא חָיְישִׁי לְשֶׁמָּא? אָמְרִי לָךְ רַבָּנַן: טוּמְאָה שְׁכִיחָא, מִיתָה לָא שְׁכִיחָא.
Il a été enseigné dans la michna que les Rabbins dirent à Rabbi Yehouda : Si tel est le cas [si l'on craint la mort de sa femme], il n'y a plus de limite à la chose [car on devrait alors aussi craindre la mort de la deuxième femme, et désigner une troisième, puis une quatrième]. La Guemara commente : Les Rabbins ont bien parlé à Rabbi Yehouda, formulant un argument solide. Que peut répondre Rabbi Yehouda ? Rabbi Yehouda aurait pu vous dire : Pour la mort potentielle d'une femme, on s'en préoccupe ; pour la mort potentielle de deux femmes [en même temps], on ne s'en préoccupe pas, car la probabilité en est négligeable. La Guemara demande : Et que répondraient les Rabbins à cet argument ? Ils diraient : S'il y a lieu de craindre une mort potentielle, alors même pour la mort potentielle de deux femmes [simultanément], on s'en préoccupe.
אָמְרוּ לוֹ: אִם כֵּן, אֵין לַדָּבָר סוֹף. שַׁפִּיר קָא אָמְרִי לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה! וְרַבִּי יְהוּדָה — אָמַר לָךְ: לְמִיתָה דַחֲדָא — חָיְישִׁינַן. לְמִיתָה דְתַרְתֵּי — לָא חָיְישִׁינַן. וְרַבָּנַן? אִי אִיכָּא לְמֵיחַשׁ — אֲפִילּוּ לְמִיתָה דִּתְרֵין חָיְישִׁינַן.
La Guemara suggère : Et les Rabbins, pourquoi ne disent-ils pas la même chose [à propos d'eux-mêmes] ? Puisqu'ils disent : « S'il y a lieu de craindre, on craint même la mort de deux femmes », ils devraient également dire, en ce qui concerne leur propre opinion [désignant un Kohen remplaçant] : « S'il y a lieu de craindre l'impureté, on craint aussi l'impureté d'un deuxième remplaçant » — et il n'y aurait plus de limite. La Guemara répond que les Rabbins auraient pu vous dire : Le Grand-Prêtre est vigilant [zariz] dans le respect de sa pureté. Aucune vigilance ne peut cependant prévenir la mort. La Guemara demande : S'il est vigilant dans le respect de sa pureté, pourquoi les Sages lui désignent-ils un autre Kohen [de substitution] ? La Guemara répond : C'est précisément parce qu'on lui établit un rival [tzara] qu'il sera encore plus vigilant qu'à l'ordinaire [pour maintenir son statut].
וְרַבָּנַן, נֵימְרוּ אִינְהוּ לְנַפְשַׁיְיהוּ! אָמְרִי לָךְ רַבָּנַן: כֹּהֵן גָּדוֹל זָרִיז הוּא. אִי זָרִיז הוּא, לָמָּה מַתְקִינִין כֹּהֵן אַחֵר? כֵּיוָן דְּעָבְדִינַן לֵיהּ צָרָה, כׇּל שֶׁכֵּן דְּמִזְדָּרַז טְפֵי.
§ La Guemara pose une question sur l'opinion de Rabbi Yehouda [qui prescrit de désigner une deuxième femme] : Et la simple désignation [tekkanta] d'une deuxième femme lui suffit-elle ? Le Miséricordieux [le Tout-Puissant] a dit dans la Torah : « Et il expiera pour lui et pour sa maison » (Vayikra 16, 11). « Maison » désigne la femme — et cette femme désignée n'est pas sa femme [ils ne sont pas encore mariés]. À quoi sert la désignation si sa femme meurt à Yom Kippour ? La Guemara répond : Il la fiance [mékadicheha] avant Yom Kippour. La Guemara demande : Mais cela ne résout pas le problème. Tant qu'il ne l'a pas épousée [ala beïtha], elle n'est pas encore sa « maison », c'est-à-dire sa femme. La Guemara répond : Rabbi Yehouda dit que non seulement une femme de substitution est désignée, mais qu'il l'épouse réellement. Dès lors, un autre problème se pose : le Grand-Prêtre aurait deux « maisons » [deux épouses], et le Miséricordieux a dit « et il expiera pour lui et pour sa maison » (Vayikra 16, 11) : il expie pour une maison et non pour deux maisons.
וּמִי סַגִּי לֵיהּ בְּתַקַּנְתָּא? ״בֵּיתוֹ״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהָךְ לָאו בֵּיתוֹ הִיא! דִּמְקַדֵּשׁ לַהּ. וְהָא כַּמָּה דְּלָא כָּנֵיס לַהּ — לָאו בֵּיתוֹ הִיא! דְּכָנֵיס לָהּ. אִם כֵּן, הָוֵה לֵיהּ שְׁנֵי בָתִּים, וְרַחֲמָנָא אָמַר: ״וְכִפֶּר בַּעֲדוֹ וּבְעַד בֵּיתוֹ״, וְלֹא בְּעַד שְׁנֵי בָתִּים!
La Guemara répond : [Rabbi Yehouda dit] qu'il la divorce ensuite. La Guemara demande : S'il la divorce, notre difficulté est rétablie à sa place : il n'y a aucun intérêt à désigner une seconde femme, puisque si la première femme meurt, la deuxième n'est pas [ou plus] son épouse. La Guemara répond : Non, il s'agit d'un cas où il l'épouse puis la divorce de manière conditionnelle [al tenaio], en lui disant : « Voici ton acte de divorce [get] à condition que tu meures à Yom Kippour. » Si elle meurt à Yom Kippour, elle est rétroactivement divorcée [et il ne reste marié qu'à la première femme] ; si la première femme meurt mais que la seconde ne meurt pas, son divorce ne prend pas effet et la deuxième femme reste son épouse. Dans les deux cas, le Grand-Prêtre n'a qu'une seule femme. La Guemara demande : Et peut-être ni l'une ni l'autre ne mourra, et le Grand-Prêtre se retrouvera alors avec deux maisons à Yom Kippour ?
דַּהֲדַר מְגָרֵשׁ לַהּ. אִי מְגָרֵשׁ לַהּ, הָדְרָא קוּשְׁיַין לְדוּכְתָּא! לָא צְרִיכָא, דִּמְגָרֵשׁ לַהּ עַל תְּנַאי. דְּאָמַר לַהּ: הֲרֵי זֶה גִּיטֵּיךְ עַל מְנָת [שֶׁתָּמוּתִי. וְדִילְמָא לָא מָיְיתָא, וְהָוֵה לֵיהּ שְׁנֵי בָתִּים!
Plutôt [propose la Guemara], il est question d'un cas où [le Grand-Prêtre] lui dit : « Voici ton get à condition que tu ne meures pas à Yom Kippour. » Si elle ne meurt pas, comme il l'a dit, elle est divorcée [rétroactivement] et il reste marié à la première femme ; si la première femme meurt, la seconde est-elle en vie [et n'est-elle pas divorcée] ? La Guemara demande : Et peut-être la seconde ne mourra pas, son get sera alors valide, ce qui signifie qu'elle n'est plus son épouse — mais la première pourrait mourir, laissant le Grand-Prêtre sans femme du tout à Yom Kippour.
אֶלָּא דְּאָמַר לַהּ: הֲרֵי זֶה גִּיטֵּיךְ עַל מְנָת] שֶׁלֹּא תָּמוּתִי. אִי לָא מָיְתָה — מִיגָּרְשָׁא לַהּ. וְאִי מָיְתָה הָא — קָיְימָא הָךְ. וְדִילְמָא הִיא לָא מָיְתָה, וְהָוֵה לֵיהּ גִּיטָּא דְּהַאי גִּיטָּא, וּמָיְיתָא חֲבֶרְתַּהּ, וְקָם לֵיהּ בְּלֹא בַּיִת!
Plutôt [propose la Guemara], il est question d'un cas où le Grand-Prêtre lui dit : « Voici ton get à condition qu'une d'entre vous [les deux femmes] meure. » Si celle-ci meurt, l'autre est en vie ; si l'autre meurt, celle-ci est en vie. La Guemara demande : Et peut-être aucune des deux ne mourra, et il se retrouvera alors avec deux maisons [deux épouses].
אֶלָּא, דְּאָמַר לַהּ: עַל מְנָת שֶׁתָּמוּת [אַחַת מִכֶּם]. מָיְתָה הָא — קָיְימָא הָךְ, מָיְתָה הָךְ — הָא קָיְימָא הָא. וְדִילְמָא לָא מָיְיתָא וְלָא חֲדָא מִינַּיְיהוּ, וְהָוֵה לֵיהּ שְׁנֵי בָתִּים?
Et de plus, la question se pose : Un acte de ce type constitue-t-il un get valide ? Ce type de condition produit-elle son effet ? N'a-t-on pas dit que Rava a déclaré : Si quelqu'un dit à sa femme : « Voici ton get à condition que tu ne boives pas de vin tous les jours de ma vie et de ta vie », cela n'est pas une séparation [kérithouth]. Le get est appelé dans la Torah un acte de séparation [séfer kérithouth], ce qui signifie que pour que le document soit valide, tous les liens entre le mari et la femme doivent être tranchés. Si une clause dans le document maintient un lien permanent entre les époux [comme l'interdiction de boire du vin pendant toute sa vie], le document n'effectue pas un divorce valide.
וְעוֹד: כִּי הַאי גַּוְונָא מִי הָוֵי גִּיטָּא? וְהָאָמַר רָבָא: ״הֲרֵי זֶה גִּיטֵּיךְ עַל מְנָת שֶׁלֹּא תִּשְׁתִּי יַיִן כׇּל יְמֵי חַיַּי וְחַיַּיְכִי״ — אֵין זֶה כְּרִיתוּת.
Cependant, si quelqu'un dit à sa femme : « Voici ton get à condition que tu ne boives pas de vin tous les jours de la vie de Untel [un tiers] », c'est [une séparation valide, c'est] une kérithouth. Puisque la condition dépend non pas d'elle et de lui mais de la vie d'une tierce personne, cela équivaut à n'importe quelle autre condition dans un divorce. Par conséquent, dans le cas du Grand-Prêtre, puisque le divorce ne prend effet que si aucune des deux femmes ne meurt, c'est une condition qui maintient un lien entre le mari et la femme aussi longtemps qu'elle vit, ce qui invalide le divorce. Plutôt [propose la Guemara], il est question d'un cas où [le Grand-Prêtre] lui dit : « Voici ton get à condition que ta compagne ne meure pas. » Si sa compagne [la première femme] ne meurt pas, la seconde est divorcée [rétroactivement] ; et si la première meurt, la seconde n'est-elle pas en vie [et donc non divorcée, lui restant mariée] ? La Guemara demande : Et peut-être sa compagne mourra au milieu du service [de Yom Kippour], et il se révèlera [rétroactivement]
כׇּל יְמֵי חַיַּי פְּלוֹנִי — הֲרֵי זֶה כְּרִיתוּת!
Traduction française en préparation — version anglaise (Steinsaltz) : Rather, it is a case where the High Priest said to the second wife: This is your bill of divorce on condition that your counterpart, the other wife, will not die. If her counterpart, the first woman, does not die, the second woman is divorced; and if the first woman dies, isn’t the second woman alive and not divorced? The Gemara asks: And perhaps her counterpart will die in the middle of the Yom Kippur service, and it will become clear
אֶלָּא, דְּאָמַר לַהּ: הֲרֵי זֶה גִּיטֵּיךְ עַל מְנָת שֶׁלֹּא תָּמוּת חֲבֶרְתִּיךְ. אִי לָא מָיְתָה חֲבֶרְתַּהּ — מִיגָּרְשָׁא, וְאִי מָיְתָה הָא — הָא קָיְימָא הָא. וְדִילְמָא מָיְיתָא חֲבֶרְתַּהּ בְּפַלְגָא דַעֲבוֹדָה, וְאִיגַּלַּי מִלְּתָא
Rachi
שאם עבר ועבד - בשמונה בגדים ככהן גדול עבודתו כשירה דהא כה"ג הוא אלא דאמרו רבנן לא לישתמש משום איבה אבל בארבעה ודאי פסולה דהוה ליה חסר בגדים:,שחוזר שני לעבודתו - לכהונה גדולה:
פשיטא - דהא משום איבה הוא דאיפסיל:,מהו דתימא - משום איבה נפסיל אף לאחר מיתת ראשון דאי אמרת ישמש אחריו הויא ליה צרה מחיים כאשה שהיא צרה לחבירתה דאמר זה מצפה מתי ימות וישמש הוא קא משמע לן דלא חיישינן:
הא קא חייש לשמא - יארע בו פסול:,טומאה שכיחא - על ידי קרי או על ידי התזת צנורא מפי עם הארץ:
נימרו אינהו לנפשייהו - כיון דאמרי אי איכא למיחש חיישינן נמי למיתה דתרתי נימרו נמי בטומאה אי איכא למיחש חיישינן נמי לטומאה דתרי ואין לדבר סוף:,זריז הוא - ונשמר מן הטומאה אבל מיתה אין מסורה בידינו:
בתקנתא - בהזמנה:
הדרא קושיין - דשמא תמות:,על מנת שתמותי - ביוה"כ ואם מתה בו ביום נמצא גט למפרע ואין כאן אלא בית אחד ואם לא מתה היא ומתה חבירתה נשארה לו זאת שאין הגט גט וכל סוגיא זאת אין תירוצין שבה יכולין לעמוד כי יש להן תשובות רבות ואינו אלא כי מלמדין אותנו ואם תאמר כן יש להשיב כן ואינו משיב כל תשובות שיש להשיב כי באחת הוא מסלקו לתרץ בענין אחר עד שהעמידה על מכונה:,ודילמא לא מייתה - ואין הגט גט:
ע"מ שלא תמות - ואי לא מתה כדקאמר הוה ליה גיטא למיפרע:
כהאי גוונא - שהתנאי תלוי בחייה מי הוה גט:,אין זה כריתות - שהרי כל ימי חייה קשורה בו ואנן כריתות בעינן:
כל ימי חיי פלוני הרי זה כריתות - ותינשא לאחר מיתת פלוני וגם מהיום הוא גט שאם קלקלה אין כאן חיוב אשת איש שאינו אלא כחשש שמא תשתה יין בחיי פלוני:
שלא תמות חברתיך - ואי לא מתה חבירתה הוה לה גט למפרע ואין כאן אלא בית אחד:
Tossafot
הלכה כר' יוסי - תימה הילכתא למשיחא דכי ה"ג פריך בזבחים פרק ב"ש (זבחים דף מה.) ובפרק ד' מיתות (סנהדרין דף נא:) ויש לומר דאיכא נפקא מינה אפילו בזמן הזה לפרנס הממונה על הציבור ועבר מחמת אונס שכשיעבור האונס חוזר לשררתו וגם נוהגין כבוד בשני כי ההוא מעשה דר"ג וראב"ע וההיא דבפ' קמא דתענית (דף ד:) דפסיק כר"ג דאמר בז' במרחשון שואלין הגשמים ומוקי לה בזמן שבית המקדש קיים י"ל דנפקא מינה אפילו בזמן הזה לבני [בבל דאית] להו פירי בדברא כדאיתא התם והא דאמר בפסחים פ' אלו דברים (פסחים ד' סו.) גבי פסח כלל אמר ר"ע כל מלאכה שאי אפשר לעשות מע"ש דוחה את השבת ופסיק בגמרא (דף סט:) הלכה כר"ע יש לומר דנפקא מינה לענין מילה ואע"ג דגבי מילה נמי פסיק רב יהודה הכי בפרק ר"א דמילה (שבת דף קלג.) מ"מ פסיק הכי בתרי דוכתי לאלומי פיסקא דמילה וקשה (דבס"פ התכלת (מנחות ד' נב.)) פסיק כר"ש וכאבא יוסי בן דוסתאי גבי חביתי כ"ג וי"ל דאין הש"ס תופס זה בקשיא הילכתא למשיחא אלא רב יוסף מקשה אותו בפרק ד' מיתות (סנהדרין שם) ובפרק בית שמאי אבל הש"ס אינו חושש כי היכי דמהדר ליה לרב יוסף בפרק בית שמאי אלא מעתה (כו') שחיטת קדשים לא ניתני ורבי' חיים כהן זצ"ל תירץ דלא פריך הכי אלא היכא דאיכא תרתי הילכתא למשיחא ועבירה כגון ההיא דפרק ב"ש דאיירי בפיגול ובפרק ד' מיתות גבי בת כהן שזינתה וכיון דאיכא תרתי מילתא דלא שכיחא היא ולא הוי ליה למיפסק הילכתא במילתא דלא שכיחא כלל:
דמגרש לה על תנאי - המתרץ היה דעתו לתרץ כדמסקינן דלחדא אמר לה הרי זה גיטיך על מנת שלא תמות חברתיך ולחדא אמר לה הרי זה גיטיך על מנת שאכנס לבית הכנסת אלא שבעל הש"ס לא מסיק למילתיה של המתרץ והולך ומדקדק בפירוש דמילתיה דאמר לה על מנת שתמותי כו' כלומר היכי בעית למימר על תנאי אי דאמר לה על מנת שתמותי ודילמא לא מתה והוו להו שני בתים אלא דאמר לה על מנת שלא תמות וכו' אהא נמי איכא למיפרך וכו' עד מסקנא דמילתא כולה מדברי בעל הש"ס שדקדק מעצמו פירושא דמילתא דשינויא דעל תנאי ולא מיתוקמא ליה אלא כדמסיק דלחדא אמר ע"מ שלא תמות חברתיך וכו' ותדע שהוא כן דכל הנך אלא דאמר לה הם מדברי המקשה שהולך ומדקדק מכח קושיות עד שהוא יורד על האמת דבכולם יש דל"ת אלא דאמר ובשינויא בתרא גרס אלא לחדא אמר לה הרי זה גיטיך ע"מ שאכנס לבית הכנסת ולפי שהמקשה בעצמו מסיק כך ואין דעתו להקשות על אותו תירוץ גרסינן לחדא ול"ג דלחדא בדל"ת:,על מנת שתמותי - הוה מצי למיפרך א"כ אמאי מגרש לה י"ל איכא למימר על מנת שתמותי בפלגא דעבודה הלכך מגרשה דלא ליהוו עד ההיא שעתא שני בתים:
על מנת שתמות אחת מכם - הוה מצי למיפרך ודילמא מתה לה חדא מינייהו והוה ליה גיטא וקם ליה בלא בית אלא ניחא ליה טפי למיפרך ודילמא לא מתה ולא חדא דהא שכיח טפי:
כל ימי חיי וחייכי כו' - תימה לר"י דבפרק המגרש (גיטין דף פג:) אמרינן אמר רבא ה"ז גיטיך ע"מ שלא תשתי יין כל ימי חיי אין זה כריתות כל ימי חיי פלוני הרי זה כריתות ופריך מאי שנא חיי פלוני דדילמא מיית ומקיימה ליה לתנאיה חיי דידיה נמי דילמא מיית וכו' עד אלא כל ימי חייכי אין זה כריתות כל ימי חיי וחיי פלוני הרי זה כריתות והשתא קשה דסוגיא דהכא אינה לא כדאמר ס"ד מעיקרא התם ולא כמסקנא ועוד הקשה ר"י מאי האי דאי לא תלא אלא בחיי חבירתה לחודא הוי גט ובשביל שתלה או בחייה או בחיי חבירתה מיגרע גרע ונ"ל דנקט הכא לישנא דמעיקרא ודמסקנא דהתם וה"פ והאמר רבא כל ימי חיי היינו לישנא דמעיקרא וכ"ש כל ימי חייכי אין זה כריתות פירוש בין שאמר כל ימי חיי כדמעיקרא בין שאמר חייכי כדמסקנא דהתם אין זה כריתות והכא כל ימי חייכי הוא וא"כ פריך שפיר לכל לישני דהתם דאע"ג דאילו לא אמר אלא ע"מ שתמות חברתיך הוי גיטא השתא דתלה התנאי נמי במיתתה איכא למימר דמיגרע גרע דכל היכא דאיכא תנאי דאפשר דמקיים במיתתה ויחולו קיום התנאי והגט בשעת מיתתה אין זה כריתות והכא נמי אי מייתא איהי ברישא הרי חל קיום התנאי והגט ביחד במיתתה ולא דמי להיכא דאמר על מנת שתמות חברתיך דכי מייתא חבירתה ברישא חייל גיטה בחייה של זאת ואי היא מייתא ברישא לא חל גיטא: [ועי' תוס' גיטין פג: ד"ה כל כו' שהניחו סוגיא זו בקושיא]:
אלא דאמר לה הרי זה גיטיך על מנת שתמות חברתיך - נראה לפרש דאמר לה נמי הא וקאי אמאי דסליק מיניה דשני דאמר ע"מ שלא תמות חברתיך ופריך ודילמא מייתא בפלגא דעבודה כו' ומשני דאמר לה תרוייהו לישני הרי זה גיטיך על מנת שלא תמות חברתיך ואמר לה נמי על מנת שתמות חברתיך בפלגא דעבודה דאי לא אמר לה אלא על מנת שתמות חברתיך הוה ליה למיפרך ודילמא לא מייתא חבירתה והוו ליה שני בתים והא שכיחא טפי דלא מתה כדפי' לעיל [ד"ה ע"מ שתמות] אלא על כרחך מיירי דאמר לה תרוייהו לישני:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.