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Traité Yoma

11a

Étude de Yoma 11a

Étude de la Guémara 11a

Guémara
Toutes les portes qui se trouvaient là [sur le côté oriental du parvis du Temple] n'avaient pas de mezouza — à l'exception de la porte de Nikanor [sha'ar Nikanor], car dans le parvis situé immédiatement à l'intérieur de cette porte se trouvait la lischkat Parhedrin [la chambre de résidence du Kohen Gadol], à laquelle il y a obligation d'apposer une mezouza. C'est pourquoi une mezouza fut apposée sur cette porte également.
כׇּל הַשְּׁעָרִים שֶׁהָיוּ שָׁם לֹא הָיָה לָהֶם מְזוּזָה, חוּץ מִשַּׁעַר נִיקָנוֹר, שֶׁלִּפְנִים מִמֶּנּוּ לִשְׁכַּת פַּרְהֶדְרִין.
Disons que la baraïta est conforme à l'opinion des Sages et non à celle de Rabbi Yéhouda — car si elle était conforme à l'opinion de Rabbi Yéhouda, une difficulté se poserait : le principe est que des décrets [guezérot] ne sont édictés que pour prévenir la violation d'une interdiction de la Torah. Or le fait qu'une mezouza fut apposée à la lischkat Parhedrin elle-même est dû à un décret rabbinique — et allons-nous alors édicter un décret [supplémentaire] pour apposer une mezouza sur la porte [qui précède] la chambre, afin de prévenir la violation du décret existant ? [Cela reviendrait à un « décret sur un décret. »] La Guemara rejette ce raisonnement : Même si l'on dit que la baraïta est conforme à l'opinion de Rabbi Yéhouda, il n'y a pas de difficulté — car l'ensemble de l'obligation d'apposer la mezouza, aussi bien sur la chambre que sur la porte, résulte d'un seul et unique décret [et non de deux décrets distincts].
לֵימָא רַבָּנַן הִיא וְלָא רַבִּי יְהוּדָה? דְּאִי רַבִּי יְהוּדָה, הִיא גּוּפַהּ גְּזֵירָה, וַאֲנַן נֵיקוּם וְנִגְזוֹר גְּזֵירָה לִגְזֵירָה? אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי יְהוּדָה, כּוּלַּהּ חֲדָא גְּזֵירָה הִיא.
§ À propos de la mezouza de la chambre du Kohen Gadol, la Guemara discute d'autres halakhot [lois] relatives à la mezouza. Les Sages ont enseigné à propos du verset : « Et tu les écriras sur les montants de tes maisons et sur tes portes [bich'arekha] » (Devarim 6, 9) : Les portes des maisons [sha'arei batim], et les portes des cours [sha'arei hatzerot], et les portes des villes [sha'arei medinot], et les portes des bourgs [sha'arei ayarot] — toutes sont soumises à l'obligation de mezouza en ce lieu, en raison de ce qu'il est dit : « Et tu les écriras sur les montants de tes maisons et sur tes portes. »
תָּנוּ רַבָּנַן: ״בִּשְׁעָרֶיךָ״ — אֶחָד שַׁעֲרֵי בָתִּים וְאֶחָד שַׁעֲרֵי חֲצֵירוֹת וְאֶחָד שַׁעֲרֵי מְדִינוֹת וְאֶחָד שַׁעֲרֵי עֲיָירוֹת יֵשׁ בָּהֶן חוֹבַת מִצְוָה לַמָּקוֹם, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּכְתַבְתָּם עַל מְזוּזוֹת בֵּיתֶךָ וּבִשְׁעָרֶיךָ״.
Abayé dit à Rav Safra : Ces portes de ville [abboulei] de Mé'hoza [une ville à majorité juive en Babylonie] — pour quelle raison les Sages n'y ont-ils pas apposé de mezouza ? Rav Safra lui dit : Ces [structures] ne sont pas les portes de la ville. Elles ont été construites comme des fortifications [renforcements] de la forteresse à tourelles [akra de khouvei] au-dessus de la porte — et par conséquent, elles ne requièrent pas de mezouza. Abayé lui dit : Et la forteresse à tourelles elle-même ne devrait-elle pas nécessiter une mezouza, puisqu'il y a dans la forteresse une résidence pour le gardien de la prison ? N'est-ce pas ce qu'une baraïta similaire a enseigné : Une synagogue [beit knesset] dans laquelle se trouve une résidence pour le préposé de la synagogue [chazan] est soumise à l'obligation de mezouza [même si la synagogue elle-même n'est pas une résidence] ?
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב סָפְרָא: הָנֵי אֲבוּלֵּי דְמָחוֹזָא מַאי טַעְמָא לָא עֲבַדוּ לְהוּ רַבָּנַן מְזוּזָה? אֲמַר לֵיהּ: הָנְהוּ חִזּוּק לְאַקְרָא דְכוּבֵי הוּא דַּעֲבִידִי. אָמַר לֵיהּ: וְאַקְרָא דְכוּבֵי גּוּפַהּ תִּבְעֵי מְזוּזָה, דְּהָא אִית בַּהּ דִּירָה לְשׁוֹמֵר בֵּית הָאֲסוּרִין, דְּהָא תַּנְיָא: בֵּית הַכְּנֶסֶת שֶׁיֵּשׁ בּוֹ בֵּית דִּירָה לְחַזַּן הַכְּנֶסֶת חַיֶּיבֶת בִּמְזוּזָה!
Abayé dit plutôt : La raison pour laquelle aucune mezouza n'y fut apposée est le danger [sakana]. Les portes d'une ville à population juive requièrent certainement une mezouza ; cependant, puisque des non-Juifs [goyim] y habitent également, le danger est que ceux-ci soupçonnent les Juifs de sorcellerie ou d'espionnage — comme il fut enseigné dans une baraïta : La mezouza appartenant à un particulier est vérifiée deux fois tous les sept ans, pour s'assurer qu'elle n'a pas été volée ou rendue non conforme. Et afin de ne pas imposer un fardeau excessif à la collectivité, la mezouza relevant du public est vérifiée deux fois au cours d'une période de cinquante ans [yovél — Jubilé].
אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: מִשּׁוּם סַכָּנָה. דְּתַנְיָא: מְזוּזַת יָחִיד נִבְדֶּקֶת פַּעֲמַיִם בַּשָּׁבוּעַ, וְשֶׁל רַבִּים פַּעֲמַיִם בַּיּוֹבֵל.
Et Rabbi Yéhouda a dit : Un événement est arrivé à un vérificateur [artavin — inspecteur de mezouzot] qui examinait des mezouzot dans le marché supérieur de Tzippori [en Galilée], pendant une période où des décrets [antichastes] avaient été édictés contre le peuple juif — un officier romain [kasdor] le trouva et lui infligea une amende de mille zuz. La Guemara soulève une difficulté : Mais Rabbi Elazar n'a-t-il pas dit que ceux qui sont en route pour accomplir une mitsva ne peuvent être victimes d'un préjudice [durant l'accomplissement de la mitsva] ? La Guemara répond : Dans un endroit où le danger est permanent [dekaviia heizeka], c'est différent — car l'on ne doit pas se fier à un miracle. Comme il est écrit à propos du commandement divin adressé à Chemouel [Samuel] d'aller oindre David comme roi à la place de Chaoul [Saül] : « Et Chemouel dit : Comment irai-je ? Chaoul l'entendra et me tuera. Et l'Éternel dit : Prends en main une génisse et dis : Je suis venu sacrifier à l'Éternel » (I Chemouel 16, 2). Même lorsque D.ieu Lui-même donne l'ordre, Il tient compte d'un danger réel et imminent.
וְאָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בְּאַרְטָבִין אֶחָד שֶׁהָיָה בּוֹדֵק מְזוּזוֹת בַּשּׁוּק הָעֶלְיוֹן שֶׁל צִפּוֹרִי, וּמְצָאוֹ קַסְדּוֹר אֶחָד וְנָטַל מִמֶּנּוּ אֶלֶף זוּז. וְהָאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שְׁלוּחֵי מִצְוָה אֵין נִיזּוֹקִין? הֵיכָא דִּקְבִיעַ הֶיזֵּקָא, שָׁאנֵי. דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר שְׁמוּאֵל אֵיךְ אֵלֵךְ וְשָׁמַע שָׁאוּל וַהֲרָגָנִי וַיֹּאמֶר ה׳ עֶגְלַת בָּקָר תִּקַּח בְּיָדֶךָ וְאָמַרְתָּ לִזְבּוֹחַ לַה׳ בָּאתִי״.
§ Rav Kahana enseigna une baraïta devant Rav Yéhouda : Un grenier à paille [beit hateven], et une étable [beit habakkar], et un hangar à bois [beit ha'etzim], et un entrepôt [beit ha'otzerot] sont exemptés de l'obligation de mezouza, parce que les femmes s'en servent [naot] [dans des conditions de nudité partielle]. Et quel est le sens du terme « naot » ? Cela signifie qu'elles s'y baignent [rohatzot]. Rav Yéhouda lui dit : La raison [de l'exemption] est donc qu'elles s'y baignent — par déduction, les bâtiments de ce type utilisés normalement [sans bain des femmes] sont soumis à l'obligation [de mezouza]. Mais n'est-il pas enseigné dans une autre baraïta : Une étable à bœufs [refet bakar] est exemptée de l'obligation de mezouza [sans aucun lien avec le bain des femmes] !
תָּנֵי רַב כָּהֲנָא קַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה: בֵּית הַתֶּבֶן וּבֵית הַבָּקָר וּבֵית הָעֵצִים וּבֵית הָאוֹצָרוֹת פְּטוּרִים מִן הַמְּזוּזָה, מִפְּנֵי שֶׁהַנָּשִׁים נְאוֹתוֹת בָּהֶן. וּמַאי ״נְאוֹתוֹת״? רוֹחֲצוֹת. אֲמַר לֵיהּ רַב יְהוּדָה: טַעְמָא דְּרוֹחֲצוֹת, הָא סְתָמָא — חַיָּיבִין? וְהָתַנְיָא: רֶפֶת בָּקָר פְּטוּרָה מִן הַמְּזוּזָה!
Abayé dit plutôt : Que signifie le terme « naot » dans ce contexte ? Cela signifie que les femmes s'y parent [mitkashot] — et voici ce que la baraïta enseigne : Bien que ces structures soient solides et propres au point que les femmes s'y parent, elles sont exemptées de l'obligation de mezouza puisqu'elles ne servent pas de résidences. Rav Kahana lui dit : Tu dis que les bâtiments où les femmes se parent seraient exemptés de la mitsva de mezouza ? Mais n'est-il pas enseigné dans une autre baraïta : Une étable [refet bakar] est exemptée de l'obligation de mezouza, mais une grange dans laquelle les femmes se parent est soumise à l'obligation de mezouza !
אֶלָּא: מַאי ״נְאוֹתוֹת״ — מִתְקַשְּׁטוֹת. וְהָכִי קָתָנֵי: אַף עַל פִּי שֶׁהַנָּשִׁים מִתְקַשְּׁטוֹת בָּהֶן, פְּטוּרִין. אֲמַר לֵיהּ רַב כָּהֲנָא: וְשֶׁהַנָּשִׁים מִתְקַשְּׁטוֹת בָּהֶן פְּטוּרִין, וְהָתַנְיָא: רֶפֶת בָּקָר פְּטוּרָה מִן הַמְּזוּזָה, וְשֶׁהַנָּשִׁים מִתְקַשְּׁטוֹת בָּהּ חַיֶּיבֶת בִּמְזוּזָה!
Abayé dit alors : Qu'as-tu à dire [pour résoudre la contradiction entre les deux baraïtot] — que la question des bâtiments où les femmes se parent fait l'objet d'un désaccord entre tannaïm [tanna'ei]? De même, à mon avis, la question des étables ordinaires [sem'a — sans usage particulier] fait également l'objet d'un désaccord entre tannaïm — comme il fut enseigné dans une baraïta : [Le verset dit] « ta maison » [beitekha] — ta maison qui est destinée à ta résidence, à l'exclusion du grenier à paille, et de l'étable, et du hangar à bois, et de l'entrepôt, qui sont exemptés de la mitsva de mezouza — et certains les déclarent soumis [à la mitsva]. Apparemment, les Sages sont en désaccord sur l'obligation de mezouza dans une étable ordinaire.
אֶלָּא מַאי אִית לָךְ לְמֵימַר, מִתְקַשְּׁטוֹת תַּנָּאֵי הִיא? לְדִידִי נָמֵי סְתָמָא תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: ״בֵּיתֶךָ״ — בֵּיתְךָ הַמְיוּחָד לָךְ, פְּרָט לְבֵית הַתֶּבֶן וּלְבֵית הַבָּקָר וּלְבֵית הָעֵצִים וּלְבֵית הָאוֹצָרוֹת, שֶׁפְּטוּרִין מִן הַמְּזוּזָה, וְיֵשׁ מְחַיְּיבִין.
[Dans une baraïta il est affirmé :] En vérité [be'emet], [les Sages] ont dit : Un bâtiment servant de toilettes [beit ha-kissé], et un bâtiment servant de tannerie [beit habourseki], et un bain public [beit hamerhatz], et un bâtiment servant de bain rituel [beit hatevila], et les endroits dont les femmes se servent [naot] — sont exemptés de l'obligation de mezouza. Cette baraïta est incohérente avec les positions aussi bien de Rav Kahana que de Rav Yéhouda. Aussi, Rav Kahana interprète la baraïta selon sa logique propre, et Rav Yéhouda l'interprète selon sa logique propre.
בֶּאֱמֶת אָמְרוּ, בֵּית הַכִּסֵּא וּבֵית הַבּוּרְסְקִי וּבֵית הַמֶּרְחָץ וּבֵית הַטְּבִילָה, וְשֶׁהַנָּשִׁים נְאוֹתוֹת בָּהֶן פְּטוּרִים מִן הַמְּזוּזָה. רַב כָּהֲנָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ וְרַב יְהוּדָה מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ.
Rav Kahana interprète la baraïta selon sa logique propre : « Ta maison » signifie ta maison désignée pour ta résidence, à l'exclusion du grenier à paille, de l'étable, du hangar à bois et de l'entrepôt, qui sont exemptés de la mitsva de mezouza [en usage ordinaire, sem'a]. Et certains les déclarent soumis [à la mitsva] en usage ordinaire [sem'a]. En vérité, [les Sages] ont dit que les toilettes, la tannerie, le bain public, le bain rituel — et les endroits dont les femmes se servent [naot] — et quel est le sens du terme « naot » ici ? Cela signifie que les femmes s'y baignent — sont exemptés de l'obligation de mezouza.
רַב כָּהֲנָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: ״בֵּיתֶךָ״ — בֵּיתְךָ הַמְיוּחָד לָךְ, פְּרָט לְבֵית הַתֶּבֶן וּלְבֵית הַבָּקָר וּלְבֵית הָעֵצִים וּלְבֵית הָאוֹצָרוֹת, שֶׁפְּטוּרִים מִן הַמְּזוּזָה בִּסְתָם. וְיֵשׁ שֶׁמְּחַיְּיבִים בִּסְתָם. בֶּאֱמֶת אָמְרוּ: בֵּית הַכִּסֵּא וּבֵית הַבּוּרְסְקִי וּבֵית הַמֶּרְחָץ וּבֵית הַטְּבִילָה וְשֶׁהַנָּשִׁים נְאוֹתוֹת בָּהֶן, וּמַאי ״נְאוֹתוֹת״ — רוֹחֲצוֹת, פְּטוּרִין מִן הַמְּזוּזָה.
La Guemara objecte à cette interprétation : Si c'est le cas — que « naot » ici signifie se baigner — cela est identique au bain public [beit hamerhatz] ! Pourquoi la baraïta mentionnerait-elle à la fois le bain public et les endroits où les femmes se baignent ? La Guemara répond : La baraïta nous enseigne la loi relative au bain public relevant du public [merhatz derabbim], et elle nous enseigne la loi relative au bain public relevant d'un particulier [merhatz deyahid]. Car on aurait pu penser : Un bain public dont la saleté est importante [nafich zouhama] est exempt de mezouza ; cependant, le bain d'un particulier dont la saleté n'est pas importante — puisque seules les femmes de cette maison s'y baignent — j'aurais pu dire qu'il est soumis à l'obligation de mezouza. La baraïta nous enseigne donc que le bain d'un particulier est également exempt.
אִי הָכִי, הַיְינוּ מֶרְחָץ! אַשְׁמְעִינַן מֶרְחָץ דְּרַבִּים וְאַשְׁמְעִינַן מֶרְחָץ דְּיָחִיד. דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: מֶרְחָץ דְּרַבִּים דִּנְפִישׁ זוּהֲמֵיהּ, אֲבָל מֶרְחָץ דְּיָחִיד דְּלָא נְפִישׁ זוּהֲמֵיהּ — אֵימָא לִיחַיַּיב בִּמְזוּזָה, קָא מַשְׁמַע לַן.
Yoma 11a
100%
יומא י״א אמַסֶּכֶת יוֹמָא