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Traité Yevamot

99b

Étude de Yevamot 99b

Étude de la Mishna & Guémara 99b

[Suite de la Michna, à propos de ces enfants « mélangés » dont on ne sait, pour chacun, s'il est fils de Cohen ou fils d'esclave.] Et ils ne peuvent pas se rendre impurs au contact d'un mort, car chacun d'eux est peut-être un Cohen [à qui cela est interdit]. Et ils ne peuvent épouser de femmes, ni des femmes de lignée intacte [qui ne peuvent épouser un esclave], ni des femmes inaptes au sacerdoce [comme une divorcée, qu'un Cohen ne peut prendre] — car, pour chacun d'eux, il y a doute : est-il Cohen, ou est-il esclave ? Si ces enfants mélangés ont grandi et se sont affranchis l'un l'autre, ils peuvent alors épouser des femmes aptes au sacerdoce, car un esclave affranchi peut épouser de telles femmes. Toutefois, aucun d'eux ne peut épouser une femme inapte au sacerdoce, dans le cas où il serait Cohen.
וְאֵינָן מִטַּמְּאִין לְמֵתִים. וְאֵינָן נוֹשְׂאִין נָשִׁים, בֵּין כְּשֵׁרוֹת בֵּין פְּסוּלוֹת. הִגְדִּילוּ הַתַּעֲרוֹבוֹת וְשִׁחְרְרוּ זֶה אֶת זֶה — נוֹשְׂאִין נָשִׁים רְאוּיוֹת לַכְּהוּנָּה.
Et ils ne peuvent pas se rendre impurs au contact d'un mort, puisqu'ils sont des Cohanim incertains. Cependant, s'ils se sont rendus impurs, ils ne reçoivent pas les quarante coups [de fouet], car chacun d'eux n'est peut-être pas Cohen [et l'avertissement reste un avertissement douteux]. Et ils ne peuvent pas consommer de téroumah, car l'un d'eux n'est pas Cohen. Cependant, s'ils en ont mangé par mégarde, ils ne paient pas le principal ni le cinquième supplémentaire, car chacun d'eux est peut-être Cohen [et un Cohen qui mange sa propre téroumah ne doit rien]. Et ils ne reçoivent pas de part de téroumah à l'aire de battage, car aucun ne peut prouver qu'il est Cohen. Cependant, ils peuvent vendre la téroumah qu'ils prélèvent sur leur propre récolte, et l'argent leur appartient : puisqu'on ne peut établir d'aucun d'eux qu'il n'est pas Cohen, on ne peut leur réclamer cette téroumah.
וְאֵינָן מְטַמְּאִין לְמֵתִים, וְאִם נִטְמְאוּ — אֵינָן סוֹפְגִין הָאַרְבָּעִים. וְאֵינָן אוֹכְלִין בִּתְרוּמָה, וְאִם אָכְלוּ — אֵינָן מְשַׁלְּמִין קֶרֶן וָחוֹמֶשׁ. וְאֵינָן חוֹלְקִין עַל הַגּוֹרֶן. וּמוֹכְרִין אֶת הַתְּרוּמָה, וְהַדָּמִים שֶׁלָּהֶן.
Et ils ne reçoivent pas de part des offrandes consacrées du Temple, car chacun d'eux n'est peut-être pas Cohen. Et on ne leur confie pas non plus d'offrandes consacrées à sacrifier, pour la même raison. Toutefois, les peaux de leurs propres offrandes ne peuvent leur être réclamées, car on ne peut établir d'aucun d'eux qu'il n'est pas Cohen.
וְאֵינָן חוֹלְקִין בְּקׇדְשֵׁי הַמִּקְדָּשׁ, וְאֵין נוֹתְנִים לָהֶם קָדָשִׁים. וְאֵין מוֹצִיאִין שֶׁלָּהֶם מִידֵיהֶם.
Et ils sont exemptés de donner à un Cohen l'épaule, les mâchoires et la caillette [les trois parts dues au Cohen sur tout animal pur abattu pour la consommation profane]. Et, pour chacun d'eux, le premier-né de son animal pur devra paître jusqu'à devenir impropre au sacrifice, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il contracte un défaut. [Il n'a pas intérêt à le sacrifier tant qu'il est sans défaut, ce qui le ferait manger par les Cohanim ; mais] une fois qu'il a contracté un défaut, on ne peut le lui réclamer, car, étant peut-être Cohen, il peut prétendre que l'animal est propriété de Cohen. L'animal devient alors son bien privé, et il peut le manger s'il le souhaite. Et, d'une manière générale, on lui impose à la fois les rigueurs des Cohanim et les rigueurs des Israélites [non-Cohanim].
וּפְטוּרִין מִן הַזְּרוֹעַ וּמִן הַלְּחָיַיִם וּמִן הַקֵּיבָה, וּבְכוֹרוֹ יְהֵא רוֹעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב. וְנוֹתְנִין עָלָיו חוּמְרֵי כֹהֲנִים וְחוּמְרֵי יִשְׂרְאֵלִים.
Guémara
GUEMARA : La Michna a enseigné que si ce sont les fils de lignée certaine et intacte qui sont morts, [les fils mélangés font la halitsa avec leurs veuves, mais non le yiboum]. La Guemara s'interroge : cela laisse-t-il entendre que, parce qu'ils ont été mélangés, ils sont rendus inaptes ? Le fait que leur lignée soit incertaine ne devrait pourtant pas les rendre inaptes [au yiboum]. Rav Papa dit : Dis [corrige la formulation ainsi] : « Et si ce sont les fils certains qui sont morts. »
גְּמָ׳ מֵתוּ הַכְּשֵׁרִים וְכוּ׳. אֶלָּא הָנָךְ, מִשּׁוּם דְּאִיעָרוּב לְהוּ הָווּ לְהוּ פְּסוּלִין? אָמַר רַב פָּפָּא, אֵימָא: וּמֵתוּ הַוַּדָּאִין.
La Michna a enseigné qu'avec les veuves des fils certains de la belle-fille, l'un des fils mélangés fait la halitsa et l'autre fait le yiboum. La Guemara observe : on fait précisément d'abord la halitsa, et ensuite le yiboum. Mais on ne fait pas le yiboum en premier, car si [la veuve] n'est pas sa propre yevama mais la belle-fille de son frère, agir ainsi enfreindrait l'interdit qui frappe une yevama ayant des relations avec un homme étranger [extérieur au lévirat].
לִבְנֵי הַכַּלָּה אֶחָד חוֹלֵץ וְכוּ׳. דַּוְקָא מִיחְלָץ וַהֲדַר יַבּוֹמֵי, אֲבָל יַבּוֹמֵי בְּרֵישָׁא — לָא, דְּקָפָגַע בִּיבָמָה לַשּׁוּק.
La Michna a enseigné que, dans le cas d'une Cohénète dont l'enfant a été mélangé à celui de sa servante, ils reçoivent une seule part de téroumah à l'aire de battage. La Guemara demande : n'est-il pas évident qu'ils reçoivent une seule part, et pas davantage ? Réponds plutôt : ils reçoivent une part « comme un seul », c'est-à-dire qu'ils ne reçoivent leur part à l'aire que s'ils se présentent ensemble.
כֹּהֶנֶת שֶׁנִּתְעָרֵב וְכוּ׳. חֵלֶק אֶחָד פְּשִׁיטָא! אֵימָא חֵלֶק כְּאֶחָד.
La Guemara observe : selon cette correction, nous avons appris dans la Michna une règle conforme à l'opinion de celui qui dit qu'on ne distribue de téroumah à un esclave que si son maître est avec lui. Ainsi qu'il est enseigné dans une baraïta : on ne distribue de téroumah à l'esclave d'un Cohen — qui est peut-être lui-même Cohen — que si son maître est avec lui ; telle est l'opinion de Rabbi Yehouda. Rabbi Yossi dit : on la lui distribue à lui seul, même sans l'accompagnement de son maître, car il peut dire : « Si je suis Cohen, donnez-moi de la téroumah au titre de mon propre sacerdoce ; et si je suis l'esclave d'un Cohen, donnez-la-moi au titre de mon maître. »
תְּנַן כְּמַאן דְּאָמַר אֵין חוֹלְקִין תְּרוּמָה לְעֶבֶד אֶלָּא אִם כֵּן רַבּוֹ עִמּוֹ. דְּתַנְיָא: אֵין חוֹלְקִין תְּרוּמָה לְעֶבֶד אֶלָּא אִם כֵּן רַבּוֹ עִמּוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: יָכוֹל שֶׁיֹּאמַר, אִם כֹּהֵן אֲנִי — תְּנוּ לִי בִּשְׁבִיל עַצְמִי, וְאִם עֶבֶד כֹּהֵן אֲנִי — תְּנוּ לִי בִּשְׁבִיל רַבִּי.
La Guemara explique l'arrière-plan de ce désaccord : au lieu de Rabbi Yehouda, on élevait une personne à la présomption de sacerdoce, au regard de la lignée, sur la base du fait qu'elle avait reçu de la téroumah. Si l'on voyait quelqu'un recevoir de la téroumah, on supposait qu'il était Cohen et l'on témoignait en ce sens. C'est pourquoi on ne distribuait pas de téroumah à qui pouvait être un esclave, à moins qu'il ne fût accompagné de son maître, de peur qu'on ne le suppose lui-même Cohen. À l'inverse, au lieu de Rabbi Yossi, on n'élevait pas une personne à la présomption de lignée sacerdotale sur la base du fait qu'elle avait reçu de la téroumah ; c'est pourquoi on l'autorisait à recevoir de la téroumah seule.
בִּמְקוֹמוֹ שֶׁל רַבִּי יְהוּדָה הָיוּ מַעֲלִין מִתְּרוּמָה לְיוּחֲסִין. בִּמְקוֹמוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי לֹא הָיוּ מַעֲלִין מִתְּרוּמָה לְיוּחֲסִין.
Il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Elazar bar Tsadok a dit : de tous mes jours, je n'ai jamais eu l'occasion de témoigner au tribunal, hormis un unique témoignage — et sur la foi de ma parole, on éleva un esclave au rang présumé de sacerdoce. Bien qu'ils aient vraisemblablement examiné l'affaire avec soin, une erreur se produisit.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר צָדוֹק: מִיָּמַי לֹא הֵעַדְתִּי אֶלָּא עֵדוּת אֶחָד, וְהֶעֱלוּ עֶבֶד לַכְּהוּנָּה עַל פִּי.
La Guemara demande : peut-il te venir à l'esprit qu'on l'ait réellement élevé [au sacerdoce, par l'entremise d'un juste tel que Rabbi Elazar bar Tsadok] ? Considère plutôt : si, même par les animaux des justes, le Saint béni soit-Il ne provoque pas de faute, alors par les justes eux-mêmes, à plus forte raison n'est-il pas vrai qu'Il ne provoque pas de faute ?
הֶעֱלוּ סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! הַשְׁתָּא בְּהֶמְתָּן שֶׁל צַדִּיקִים אֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מֵבִיא תַּקָּלָה עַל יָדָן, צַדִּיקִים עַצְמָן לֹא כׇּל שֶׁכֵּן!
Réponds plutôt : voici ce que Rabbi Elazar bar Tsadok a voulu dire : « On chercha à élever un esclave au rang présumé de sacerdoce sur la foi de ma parole. » Comment cela arriva-t-il ? Rabbi Elazar bar Tsadok vit un homme recevoir de la téroumah au lieu de Rabbi Yossi, puis s'en alla témoigner au lieu de Rabbi Yehouda de ce qu'il avait vu — sans réaliser que ce témoignage suffirait à faire supposer que l'homme était Cohen. Comme là-bas on ne distribue de téroumah qu'aux Cohanim, l'esclave faillit être élevé par erreur au rang présumé de sacerdoce.
אֶלָּא אֵימָא: בִּקְּשׁוּ לְהַעֲלוֹת עֶבֶד לַכְּהוּנָּה עַל פִּי. חֲזָא בְּאַתְרֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי — וַאֲזַל וְאַסְהֵיד בְּאַתְרֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה.
Yevamot 99b
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