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Traité Yevamot

98a

Étude de Yevamot 98a

Étude de la Guémara 98a

Guémara
[Si l'on objecte que la baraïta aurait dû mentionner une interdiction,] il y a bien une interdiction rabbinique — ce qui contredirait l'opinion de Rav Aha. La Guemara répond : en réalité, il n'y a même pas d'interdiction non plus ; et c'est seulement parce que la baraïta voulait enseigner, dans sa clause finale, que s'ils sont nés dans la sainteté ils sont responsables [d'une faute], qu'elle a aussi formulé sa première clause en disant qu'ils ne sont pas responsables. C'est pour cette seule raison de symétrie de rédaction que la baraïta ne parle que de l'absence de responsabilité [et non d'une interdiction].
הָא אִיסּוּרָא אִיכָּא! הוּא הַדִּין דַּאֲפִילּוּ אִיסּוּרָא נָמֵי לֵיכָּא, וְאַיְּידֵי דְּבָעֵי לְמִיתְנֵי סֵיפָא ״אֲבָל חַיָּיבִין״, תַּנָּא נָמֵי רֵישָׁא ״אֵין חַיָּיבִין״.
Rava dit : concernant ce que les Sages ont affirmé, à savoir qu'un non-juif n'a pas de filiation paternelle [reconnue par la loi], ne va pas dire que c'est uniquement parce qu'ils sont si plongés dans la débauche que l'identité de leurs pères n'est pas connue avec certitude — ce qui laisserait entendre que, là où cette identité serait connue, on en tiendrait compte au regard de l'interdiction d'unions avec les proches parents du côté paternel et d'autres questions halakhiques. Au contraire : même lorsque la paternité est connue [avec certitude], on n'en tient pas davantage compte.
אָמַר רָבָא, הָא דַּאֲמוּר רַבָּנַן: אֵין אָב לְגוֹי, לָא תֵּימָא מִשּׁוּם דִּשְׁטִופִי בְּזִמָּה, דְּלָא יְדִיעַ, אֲבָל יְדִיעַ — חָיְישִׁינַן, אֶלָּא אֲפִילּוּ דִּידִיעַ — נָמֵי לָא חָיְישִׁינַן.
La preuve [que le lien paternel est nul même quand le père est certain] vient du cas de deux frères jumeaux identiques, qui proviennent d'une seule et même goutte [séminale] divisée en deux, et ont donc à l'évidence le même père ; or il est enseigné dans la clause finale de la baraïta [à propos de jumeaux convertis] : ils ne font pas la halitsa et ne font pas le yiboum [l'un pour la veuve de l'autre], alors même qu'ils ont assurément le même père. Apprends-en que le Miséricordieux a dépossédé le non-juif de sa descendance [au plan de la parenté], ainsi qu'il est écrit au sujet des Égyptiens : « dont la chair est la chair des ânes et dont l'émission est celle des chevaux » (Yehezkel 23, 20) — c'est-à-dire que la descendance d'un non-juif ne lui est pas plus apparentée que ne le serait celle des ânes ou des chevaux.
דְּהָא שְׁנֵי אַחִין תְּאוֹמִים, דְּטִפָּה אַחַת הִיא וְנֶחְלְקָה לִשְׁתַּיִם, וְקָתָנֵי סֵיפָא: לֹא חוֹלְצִין וְלֹא מְיַיבְּמִין, שְׁמַע מִינַּהּ: אַפְקוֹרֵי אַפְקְרֵיהּ רַחֲמָנָא לְזַרְעֵיהּ, דִּכְתִיב: ״בְּשַׂר חֲמוֹרִים בְּשָׂרָם וְזִרְמַת סוּסִים זִרְמָתָם״.
Viens et entends [une autre preuve], car Rabbi Yossi a dit : il advint que Niftaïm le converti épousa la femme de son demi-frère utérin [son frère par la même mère], et l'affaire vint devant les Sages, qui dirent : il n'y a pas de mariage [valide] pour un converti. La Guemara objecte : est-ce possible ? Si un converti consacre [betroth] une femme qui ne lui est pas apparentée, son acte de consécration serait-il vraiment sans effet ?! Il faut plutôt corriger la baraïta et dire : pour un converti, il n'y a pas d'interdiction de la « femme du frère ». La Guemara conclut : qu'est-ce, sinon que la baraïta vise un cas où le frère — le premier mari — l'a épousée alors qu'il était déjà converti ? [Cela prouverait qu'un converti peut épouser la femme de son frère défunt lui aussi converti, même frères utérins, contre Rav Sheshet.]
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מַעֲשֶׂה בְּנִיפְטַיִים הַגֵּר שֶׁנָּשָׂא אֵשֶׁת אָחִיו מֵאִמּוֹ, וּבָא מַעֲשֶׂה לִפְנֵי חֲכָמִים, וְאָמְרוּ: אֵין אִישׁוּת לַגֵּר. וְאֶלָּא גֵּר דְּקַדֵּישׁ הָכִי נָמֵי לָא תָּפְסִי בַּהּ קִידּוּשִׁין?! אֶלָּא אֵימָא: אֵין אִסּוּר אֵשֶׁת אָח לַגֵּר. מַאי לָאו דְּנַסְבַהּ אַח כְּשֶׁהוּא גֵּר!
La Guemara répond : non, la baraïta vise un cas où le frère l'a épousée alors qu'il était encore non-juif [et, depuis sa conversion, ils ne sont plus mariés, car le mariage des non-juifs n'a pas d'effet halakhique pour un converti]. La Guemara demande : s'il l'a épousée alors qu'il était non-juif, à quoi bon énoncer cette halakha — c'est évident [qu'elle est permise au frère converti] ? La Guemara répond : pour que tu n'ailles pas dire que les Sages devraient décréter l'interdiction même dans le cas où le premier mari l'a épousée étant non-juif, par crainte de confusion avec le cas où le frère l'aurait épousée déjà converti. La baraïta nous enseigne donc qu'il n'y a pas un tel décret.
לָא, דְּנַסְבַהּ כְּשֶׁהוּא גּוֹי. כְּשֶׁהוּא גּוֹי, מַאי לְמֵימְרָא? מַהוּ דְּתֵימָא: לִיגְזוֹר כְּשֶׁהוּא גּוֹי אַטּוּ כְּשֶׁהוּא גֵּר, קָא מַשְׁמַע לַן.
Viens et entends [une autre preuve], car ben Yassian a dit : lorsque je me rendis dans les cités d'outre-mer, je trouvai un converti qui avait épousé la femme de son demi-frère utérin. Je lui dis : mon fils, qui te l'a permis ? Il me répondit : il y a [le cas connu d']une femme et de ses sept fils à qui cela fut permis. Sur ce banc même [safsal], Rabbi Akiva s'est assis et a énoncé deux choses : il a dit qu'un converti peut épouser l'ancienne femme de son demi-frère utérin ; et il a dit que le verset « la parole de l'Éternel fut adressée à Yona une seconde fois, en ces termes » (Yona 3, 1) implique que la Présence divine ne lui parla qu'une seconde fois — mais une troisième fois la Présence divine ne lui parla pas, c'est-à-dire que Yona ne reçut plus d'autre prophétie. Quoi qu'il en soit, cette baraïta enseigne qu'un converti peut épouser la femme de son frère utérin. Qu'est-ce, sinon qu'elle vise un cas où le frère du converti l'avait épousée alors que lui-même était déjà converti ?
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר בֶּן יָאסְיָין: כְּשֶׁהָלַכְתִּי לִכְרַכֵּי הַיָּם מָצָאתִי גֵּר אֶחָד שֶׁנָּשָׂא אֵשֶׁת אָחִיו מֵאִמּוֹ. אָמַרְתִּי לוֹ: בְּנִי, מִי הִרְשְׁךָ? אָמַר לִי: הֲרֵי אִשָּׁה וְשִׁבְעָה בָּנֶיהָ, עַל סַפְסָל זֶה יָשַׁב רַבִּי עֲקִיבָא וְאָמַר שְׁנֵי דְבָרִים: גֵּר נוֹשֵׂא אֵשֶׁת אָחִיו מֵאִמּוֹ, וְאָמַר: ״וַיְהִי דְבַר ה׳ אֶל יוֹנָה שֵׁנִית לֵאמֹר״ — שֵׁנִית דִּבְּרָה עִמּוֹ שְׁכִינָה, שְׁלִישִׁית לֹא דִּבְּרָה עִמּוֹ שְׁכִינָה. קָתָנֵי מִיהַת גֵּר נוֹשֵׂא אֵשֶׁת אָחִיו מֵאִמּוֹ. מַאי לָאו, דְּנַסְבַהּ אָחִיו כְּשֶׁהוּא גֵּר?
La Guemara répond : non, la baraïta vise un cas où le frère l'avait épousée alors qu'il était encore non-juif. La Guemara demande : s'il en est ainsi, à quoi bon énoncer cette halakha évidente ? La Guemara répond : pour que tu n'ailles pas dire que l'on devrait décréter l'interdiction du mariage entre un converti et l'ancienne femme de son frère même lorsque le frère l'a épousée alors qu'il était encore non-juif, par crainte de confusion avec le cas où le frère l'aurait épousée déjà converti. La baraïta nous enseigne donc qu'il n'y a pas un tel décret.
לָא, דְּנַסְבַהּ כְּשֶׁהוּא גּוֹי. מַאי לְמֵימְרָא? מַהוּ דְּתֵימָא: נִגְזוֹר כְּשֶׁהוּא גּוֹי אַטּוּ כְּשֶׁהוּא גֵּר, קָא מַשְׁמַע לַן.
[La Guemara demande :] et ce converti qui a cité Rabbi Akiva est-il un témoin digne de foi, alors même que la décision le concerne personnellement ? Rabbi Abba n'a-t-il pas dit, au nom de Rav Houna au nom de Rav : tout disciple des Sages qui enseigne une décision halakhique dans un cas donné qui survient ensuite — s'il l'a énoncée avant l'incident, on l'écoute ; mais sinon, si la décision a suivi l'incident, on ne l'écoute pas [car on soupçonne qu'il l'a façonnée pour son propre intérêt] ?
וּמִי מְהֵימַן, וְהָאָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: כׇּל תַּלְמִיד חָכָם שֶׁמּוֹרֶה הֲלָכָה וּבָא, אִם קוֹדֶם מַעֲשֶׂה אֲמָרָהּ — שׁוֹמְעִין לוֹ, וְאִם לָאו — אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ!
La Guemara répond : si tu veux, dis que le converti enseignait déjà cette décision [avant l'incident], et que c'est seulement ensuite qu'il advint qu'il épousa lui-même sa belle-sœur. Et si tu veux, dis qu'il est digne de foi parce qu'il a étayé sa décision en rapportant qu'il y avait eu un cas concret impliquant une femme et ses sept fils, dans lequel Rabbi Akiva avait tranché que ce type de mariage est permis. Et si tu veux, dis qu'ici c'est différent, car le converti a rapporté un autre enseignement [de Rabbi Akiva] en même temps : puisqu'il a cité, dans le même témoignage, un enseignement de Rabbi Akiva sans rapport [avec son intérêt], cet enseignement-ci est lui aussi tenu pour fiable.
אִיבָּעֵית אֵימָא: מוֹרֶה וּבָא הָיָה. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מִשּׁוּם דְּקָאָמַר הֲרֵי אִשָּׁה וְשִׁבְעָה בָּנֶיהָ. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: שָׁאנֵי הָכָא, דְּקָאָמַר מַעֲשֶׂה אַחֲרִינָא בַּהֲדֵהּ.
Le Maître a dit que Rabbi Akiva a déduit du verset « la parole de l'Éternel fut adressée à Yona une seconde fois, en ces termes » que la Présence divine ne lui parla qu'une seconde fois, mais qu'une troisième fois elle ne lui parla pas. La Guemara objecte : n'est-il pas écrit au sujet du roi Yarovam fils de Yoach : « C'est lui qui rétablit la frontière d'Israël depuis l'entrée de Hamath jusqu'à la mer de la Araba, selon la parole de l'Éternel, D.ieu d'Israël, qu'Il avait dite par l'intermédiaire de Son serviteur Yona fils d'Amittaï, le prophète » (Melakhim II 14, 25) ? Il appert donc que Yona prophétisa au moins une fois de plus.
אָמַר מָר: ״וַיְהִי דְבַר ה׳ אֶל יוֹנָה שֵׁנִית לֵאמֹר״, שֵׁנִית דִּבְּרָה עִמּוֹ שְׁכִינָה, שְׁלִישִׁית לֹא דִּבְּרָה עִמּוֹ. וְהָא כְּתִיב: ״הוּא הֵשִׁיב [אֶת] גְּבוּל יִשְׂרָאֵל מִלְּבוֹא חֲמָת עַד יָם הָעֲרָבָה כִּדְבַר ה׳ אֲשֶׁר דִּבֶּר בְּיַד עַבְדּוֹ יוֹנָה בֶן אֲמִתַּי הַנָּבִיא״!
Ravina dit : Rabbi Akiva voulait dire que Yona ne prophétisa pas une troisième fois au sujet de Ninive [seulement]. Rav Nahman bar Yitzhak dit : voici le sens de l'expression « selon la parole de l'Éternel, D.ieu d'Israël, qu'Il avait dite par l'intermédiaire de Son serviteur Yona fils d'Amittaï, le prophète » — ce n'est pas que Yona ait prophétisé sur les conquêtes de Yarovam fils de Yoach, mais plutôt que, de même que le sort de Ninive se retourna du mal vers le bien, de même, aux jours de Yarovam fils de Yoach, le sort d'Israël se retourna du mal vers le bien.
אָמַר רָבִינָא: עַל עִסְקֵי נִינְוֵה קָאָמַר. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר, הָכִי קָאָמַר: ״כִּדְבַר ה׳ אֲשֶׁר דִּבֶּר בְּיַד עַבְדּוֹ הַנָּבִיא״ — כְּשֵׁם שֶׁנֶּהְפַּךְ לְנִינְוֵה מֵרָעָה לְטוֹבָה, כָּךְ בִּימֵי יָרׇבְעָם בֶּן יוֹאָשׁ נֶהֱפַךְ לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל מֵרָעָה לְטוֹבָה.
[La Guemara reprend le débat entre Rav Aha bar Yaakov et Rav Sheshet.] Viens et entends [une autre preuve] : un converti dont la naissance eut lieu dans la sainteté mais dont la conception n'eut pas lieu dans la sainteté possède une parenté maternelle — c'est-à-dire que son lien avec les parents de sa mère est reconnu — mais ne possède pas de parenté paternelle. Comment cela ? S'il a épousé sa demi-sœur utérine, née avant lui et convertie, il doit la renvoyer [divorcer] ; car, bien que selon la Torah ils soient tenus pour étrangers l'un à l'autre, les Sages ont rendu leur union interdite, de peur qu'il n'épouse une demi-sœur utérine née après lui [dans la sainteté], laquelle lui est, elle, interdite. S'il s'agit de sa demi-sœur du côté paternel, il peut la garder pour épouse. S'il a épousé la demi-sœur utérine de son père, il doit la renvoyer.
תָּא שְׁמַע: גֵּר שֶׁהָיָה לֵידָתוֹ בִּקְדוּשָּׁה וְהוֹרָתוֹ שֶׁלֹּא בִּקְדוּשָּׁה — יֵשׁ לוֹ שְׁאֵר הָאֵם, וְאֵין לוֹ שְׁאֵר הָאָב. כֵּיצַד? נָשָׂא אֲחוֹתוֹ מִן הָאֵם — יוֹצִיא. מִן הָאָב — יְקַיֵּים. אֲחוֹת הָאָב מִן הָאֵם — יוֹצִיא,

Rachi

הא איסורא איכא - מדרבנן דלא ליתי לאיחלופי בישראל וקשיא לרב אחא:

הא דאמור רבנן אין אב למצרי - ואפילו היכא דליכא למימר כקטן שנולד דמי כגון הורתו שלא בקדושה ולידתו בקדושה דיש לו שאר מן האם כשאר ישראל גמור ואין לו שאר מן האב:,לא תימא משום דשטופי זימה הוא ולא ידעינן - אבוה מנו אבל היכא דידיע כגון היו אביו ואמו חבושים בבית האסורים דלא נבעלה לאחר חיישינן ואי נולד בקדושה דליכא למימר כקטן שנולד ליהוי ליה נמי שאר אב דהא ודאי אבוה הוא:

דהא שני אחין תאומים כו':,ה"ג וקאמר לא חולצין ולא מייבמין - ומסיפא יליף טעמא דאי מרישא לא מצי למילף דאפילו שאר האם אין לו דטעמא לאו משום דזרמת סוסים הוא אלא משום דכקטן שנולד דמי: ,זרמת - זרע שהוא יורה כחץ כזרם מים המקלח בכח:

בנפטיים הגר:,דנסבא אחיו - המת כשהוא גר דהויא קידושיו קידושין ושריא לאחיו דאין לו אחוה דכקטן שנולד דמי:

כשהוא עובד כוכבים - ומשנתגייר לא ידעה דלא הוה ליה בה קידושין הלכך שרי לאחוה:

הרי אשה - גיורת ושבעה בניה שהתיר להן רבי עקיבא לישא איש את אשת אחיו ומהן למדתי:

אם קודם - שבא מעשה לידו היה רגיל לשנותו לתלמידיו שומעין לו ואם לאו הואיל ודבר חידוש הוא שמא בשביל מעשה שבא לידו אומרה:

הרי אשה ושבעה בניה - ראיה של קודם לכן הביא:,ואי בעית אימא שאני הכא דקאמר - מילתא דיונה בן אמתי בהדה ומגו דמהימן אהא מהימן נמי אהא דניכרין דברי אמת שביחד קבלן:

הוא השיב - ירבעם בן יואש:

על עסקי נינוה קאמר - דלא דברה עמו על עסקי נינוה אלא שתי פעמים:

ה"ג גר שהיתה הורתו שלא בקדושה ולידתו בקדושה:,נשא אחותו מן האם - שנולדה בהיותה עובדת כוכבים יוציא. ואע"ג דלאו אחותו היא דכקטן שנולד דמי גזירה דלמא אתי למנסב אחותו שנולדה אחריו דבההיא איכא כרת דלידת שניהם בקדושה ואחותו גמורה מן האם הויא כישראלית שילדה בן ובת:,מן האב יקיים - שהכל יודעין דאין אב לעובד כוכבים וא"נ אתי למנסב בת אביו שיוליד מאשה אחרת משנתגייר לא איכפת לן דהא לאו בנו הוא:,אחות האב מן האם יוציא - גזירה משום אחותו מן האם כדאמרן:

Tossafot

על עסקי נינוה - תימה דאמאי איצטריך למכתב שנית ולא שלישית דלא אשכחן שדברה עמו שלישית ושמא כיון שמצינו שחזרו לקלקולם ונתנבא עליהם נחום האלקושי היינו יכולים לסבור שגם אז נתנבא עליהן יונה וא"ת והא אשכחן דדברה עמו שלישית בעסקי נינוה דכתיב ויאמר ה' אל יונה ההיטב חרה לך על הקיקיון וגו' ואני לא אחוס על נינוה וגו' וי"ל דהני לאו עסקי נינוה נינהו ומיהו לרב נחמן בר יצחק דאמר שוב לא דברה עמו קשיא וי"ל שזה היה אותו יום וחשיב הכל נבואה אחת:,רב נחמן בר יצחק אומר ה"ק כו' - אמר ר"י שחולק על אותו מדרש שהביא רש"י בפירוש נביאים (מלכים ב י׳:ל׳) ויאמר ה' אל יהוא יען אשר הטיבות וגו' ע"י יונה בן אמתי אמר לו או שמא אינו חושב אלא דברים שהוא צורך גדול כגון מעשה נינוה וכיוצא בו:

נשא אחותו מן האם יוציא - פירש בקונטרס דגזרינן שמא ישא אחותו שנולדה אחריו שיש בה כרת משמע שסובר דאם היתה גם לידתו שלא בקדושה היה מותר באחותו מן האם שנולדה בנכריות כיון דתרוייהו שלא בקדושה דהתם ליכא למגזר שמא ישא אחותו שנולדה אחריו וקשה דהא לעיל בפ"ב (ד' כב. ושם) אמימר אמר [אפי'] האחין מן האם מעידים לכתחלה ומאי שנא מעריות פי' שאפי' נתגיירו ונולדו בנכריות שייך בהו קורבה ומשני ערוה לכל מסורה כו' משמע דאפילו נולדו בנכריות שייך בהו קורבה דאם דבסתם גיורת מיירי ועוד בני יודן אמתא הורתן ולידתן שלא בקדושה הוה אפ"ה אסר להו רב ששת (לעיל יבמות ד' צז:) למינסב נשי דהדדי אלא י"ל דטעמא דדלמא אתי לאיחלופי בישראל ואפי' בנולדו בהיותם נכריות יש לגזור בקורבת אם והא דנקט הכא לידתו בקדושה לרבותא נקטיה דאע"ג דלידתו בקדושה דכשתי אמהות דמו אפ"ה אסירי דלמא אתו לאיחלופי בישראל וריב"א פי' דלהכי נקט הורתו שלא בקדושה דאי בקדושה הרי הוא כישראל גמור ומותר באחותו שנולדה בהיותה נכרית כיון דלית ביה צד נכריות כלל ולא שייך בה שמא יאמרו אי נמי משום הכי נקט הורתו שלא בקדושה ולידתו בקדושה דפסיקא ליה מילתא שאז איירי בין נולדה לפניו בנכריות בין נולדה אחריו בקדושה וה"ר חיים פירש דדוקא נקט ולידתו בקדושה דאז מן האב יקיים שלא ראה עצמו בנכריות וליכא למימר ביה שמא יאמרו באנו מקדושה חמורה לקדושה קלה אבל אם גם לידה שלא בקדושה אפי' מן האב יוציא דכיון שראה עצמו בנכריות אתי למימר באנו מקדושה חמורה כו' דהא שמעינן לרבי מאיר דהכא בירושלמי ובבראשית רבה דאסר בן נח באחותו בין מן האב בין מן האם דדריש על כן יעזב איש את אביו ואת אמו (בראשית ב׳:כ״ד) בסמוך לו מאביו בסמוך לו מאמו ומיהו נראה לר"י דהך ברייתא פליגא אירושלמי ובראשית רבה דהא משמע דכ"ע מוקי הכא קרא לאחות אב ואחות אם והיינו כרבנן דהתם ועוד דטעמא דאחות אב מן האם יוציא משמע בפ' ד' מיתות (סנהדרין נח.) דהוי משום שמא יאמרו באנו דאילו טעמא דאיחלופי ליתיה הכא בקורבת אב א"כ משמע דבהאי גר דלידתו בקדושה שייך שפיר טעמא שמא יאמרו אע"פ שלא ראה עצמו שעה אחת בנכריות וזה דוחק לומר דאחות אב מן האם לא קאי אגר דרישא אלא מיירי בלידתו שלא בקדושה כי היכי דלא קאי נמי סיפא דקתני נשא אשה ובתה ארישא כדפי' בקונט' דהכא משמע דקאי אגר דרישא:,אחות האב מן האם יוציא - פי' בקונט' דגזרינן משום אחותו מן האם ואין נראה דבהדיא משמע בפרק ד' מיתות (נ"ז שם) דטעמא משום שמא יאמרו דמוקי התם הך ברייתא כר' אליעזר דדריש את אביו זו אחות אביו ואם כן מיתסרא בנכריות:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Yevamot 98a
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