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Traité Yevamot

97b

Étude de Yevamot 97b

Étude de la Mishna & Guémara 97b

§ L'opinion selon laquelle un homme peut épouser une femme que son père a violée ou séduite [hors mariage] peut engendrer une parenté familiale insolite. Une femme dit : « J'ai un demi-frère du côté de mon père et non du côté de ma mère ; or ce demi-frère est l'époux de ma mère ; et moi, je suis la fille de sa femme. » Rami bar Hama dit : Une telle situation n'est pas légitime selon l'opinion de Rabbi Yehouda dans la michna, qui tient qu'un homme ne peut pas épouser une femme avec laquelle son père a eu des relations, même hors mariage. Mais selon les Sages, une femme dont le père n'était pas marié à sa mère peut légitimement avoir un demi-frère paternel qui se trouve être l'époux de sa mère.
״אַח מֵאַב וְלֹא מֵאֵם, וְהוּא בַּעֲלַהּ דְּאֵם, וַאֲנָא בְּרַתַּהּ דְּאִנְתְּתֵיהּ״. אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא: דְּלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּמַתְנִיתִין.
La guemara rapporte une autre énigme sur une parenté familiale étrange. Une femme dit : « Il est mon frère et il est mon fils ; et moi je suis la sœur de celui-ci, que je porte sur mon épaule. » Quelle en est la solution ? Tu la trouves dans le cas d'un non-Juif qui a eu des relations avec sa fille, et elle lui a enfanté un fils, lequel est donc à la fois son frère et son fils. La guemara met en scène un non-Juif parce qu'elle ne veut pas envisager qu'un Juif agisse de la sorte.
״אָח הוּא, וּבְרִי הוּא, אֲחָתֵיהּ אֲנָא דְּהַאי דְּדָרֵינָא אַכַּתְפַּאי״ — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּגוֹי הַבָּא עַל בִּתּוֹ.
La guemara rapporte une autre énigme : « Paix sur toi, mon fils ; moi, je suis la fille de ta sœur. » Tu trouves la solution dans le cas d'un non-Juif qui a eu des relations avec la fille de sa fille [sa petite-fille], laquelle lui a enfanté un fils. La mère de ce fils lui est en effet apparentée aussi par sa propre mère : elle est la fille de sa sœur [la fille de la fille du grand-père, donc sa nièce].
״שְׁלָמָא לָךְ בְּרִי, בַּת אֲחָתִיךְ אֲנָא״ — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּגוֹי הַבָּא עַל בַּת בִּתּוֹ.
La guemara rapporte une autre énigme : « Puiseurs d'eau qui tirez l'eau au seau pour irriguer les champs, que cette énigme obscure tombe parmi vous : ce garçon que je porte est mon fils, et moi je suis la fille de son frère. » Tu trouves la solution dans le cas d'un non-Juif qui a eu des relations avec la fille de son fils [sa petite-fille], car leur fils est aussi l'oncle de cette femme.
״דַּלָּאֵי דְּדָלוּ דַּוְולָא, לִיפּוֹל בְּכוּ סְתַר פְּתַר: דְּהַאי דְּדָרֵינָא הוּא בַּר, וַאֲנָא בְּרַת אֲחוּהּ״ — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּגוֹי הַבָּא עַל בַּת בְּנוֹ.
La guemara rapporte une autre énigme : « Malheur, malheur [baya, baya] à cause de mon frère, qui est mon père, et qui est mon mari, et qui est le fils de mon mari, et qui est l'époux de ma mère ; et moi, je suis la fille de sa femme ; et il ne donne pas de pain à mes frères orphelins, qui sont les fils de moi, sa fille. » Tu trouves la solution dans le cas d'un non-Juif qui a eu des relations avec sa mère, et elle lui a enfanté une fille — cette fille est à la fois sa sœur et sa fille. Puis il a eu des relations avec cette fille. Et ensuite le vieillard, son père, a eu des relations avec elle, et elle lui a enfanté des fils. Cette femme est donc l'épouse de son frère-père ; et lui est aussi le fils de son mari [le vieillard]. Et les frères de cette femme, c'est-à-dire les fils qu'elle a eus du vieillard, sont les fils de sa fille [du point de vue du vieillard].
״בִּיָּיא בִּיָּיא מֵאַח, וְהוּא אַב, וְהוּא בְּעֵל, וְהוּא בַּר בְּעֵל, וְהוּא בַּעְלַהּ דְּאֵם, וַאֲנָא בְּרַתַּהּ דְּאִיתְּתֵיהּ, וְלָא יָהֵיב פִּיתָּא לַאֲחוּהּ יַתְמֵי בְּנֵי בְרַתֵּיה״ — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּגוֹי הַבָּא עַל אִמּוֹ וְהוֹלִיד מִמֶּנָּה בַּת, וְחָזַר וּבָא עַל אוֹתָהּ בַּת, וְחָזַר זָקֵן וּבָא עָלֶיהָ וְהוֹלִיד מִמֶּנָּה בָּנִים.
La guemara rapporte une autre énigme : « Toi et moi sommes frère et sœur ; ton père et moi sommes frère et sœur ; ta mère et moi sommes frère et sœur. » Tu trouves la solution dans le cas d'un non-Juif qui a eu des relations avec sa mère, et elle lui a enfanté deux filles ; puis il a eu des relations avec l'une d'elles, et elle lui a enfanté un fils. Et c'est la sœur de la mère de ce fils qui l'interpelle et lui tient ce propos : car elle est sa sœur du côté de son père, et la sœur de son père du côté de leur mère [commune], et elle est la sœur de sa mère des deux côtés.
״אֲנָא וְאַתְּ — אַחֵי, אֲנָא וַאֲבוּךְ — אַחֵי, אֲנָא וְאִמָּךְ — אַחֵי״ — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּגוֹי הַבָּא עַל אִמּוֹ וְהוֹלִיד מִמֶּנָּה שְׁתֵּי בָנוֹת, וְחָזַר וּבָא עַל אַחַת מֵהֶן, וְהוֹלִיד מִמֶּנָּה בֵּן, וְקָרְיָא לֵיהּ אֲחָתֵיהּ דְּאִימָּא וְקָאָמְרָה לֵיהּ הָכִי.
La guemara rapporte une autre énigme : « Toi et moi sommes cousins ; ton père et moi sommes cousins ; ta mère et moi sommes cousins. » Tu trouves la solution de cette énigme par une voie permise [sans inceste], elle aussi. Par exemple : Réouven, qui a deux filles ; son frère Chimon vient et épouse l'une d'elles ; et le fils de Lévi, le troisième frère, vient et épouse l'autre. Et le fils de Chimon tient ce propos au petit-fils de Lévi : ils sont cousins du côté de leurs mères [les deux filles de Réouven] ; le fils de Chimon et le fils de Lévi sont cousins du côté de leurs pères [Chimon et Lévi étant frères] ; et le fils de Chimon et la mère du petit-fils de Lévi sont cousins du côté de leurs pères [également].
״אֲנָא וְאַתְּ — בְּנֵי אַחֵי, אֲנָא וַאֲבוּךְ — בְּנֵי אַחֵי, אֲנָא וְאִמָּךְ — בְּנֵי אַחֵי״. הָא בְּהֶיתֵּירָא נָמֵי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ — כְּגוֹן רְאוּבֵן שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁתֵּי בָנוֹת, וַאֲתָא שִׁמְעוֹן וּנְסַב חֲדָא מִינַּיְיהוּ, וַאֲתָא בַּר לֵוִי וּנְסַב חַד מִינַּיְיהוּ, וְקָאָמַר לֵיהּ בְּרֵיהּ דְּשִׁמְעוֹן לְבַר בְּרֵיהּ דְּלֵוִי.
Mishna 1
MICHNA : Concernant une femme convertie dont les fils se sont convertis avec elle, ils n'accomplissent pas la halitsa pour les femmes l'un de l'autre, et ils ne pratiquent pas le yiboum avec elles — car leur conversion est tenue pour une nouvelle naissance, et ils sont considérés comme étrangers l'un à l'autre. Il en va ainsi même si la conception du premier fils n'a pas eu lieu dans la sainteté d'Israël — c'est-à-dire que la mère ne s'était pas encore convertie lorsqu'elle l'a conçu — mais que sa naissance, elle, a eu lieu dans la sainteté, la mère s'étant convertie avant de l'enfanter ; tandis que le second fils a été à la fois conçu et enfanté dans la sainteté. Le premier fils est tenu pour un converti, sans lien de parenté avec son frère. Et cette halakha s'applique pareillement à une servante dont les fils ont été affranchis avec elle, car eux non plus ne sont pas considérés comme apparentés.
מַתְנִי׳ הַגִּיּוֹרֶת שֶׁנִּתְגַּיְּירוּ בָּנֶיהָ עִמָּהּ לֹא — חוֹלְצִין וְלֹא מְיַיבְּמִין, אֲפִלּוּ הוֹרָתוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן שֶׁלֹּא בִּקְדוּשָּׁה וְלֵידָתוֹ בִּקְדוּשָּׁה, וְהַשֵּׁנִי הוֹרָתוֹ וְלֵידָתוֹ בִּקְדוּשָּׁה. וְכֵן שִׁפְחָה שֶׁנִּשְׁתַּחְרְרוּ בָּנֶיהָ עִמָּהּ.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Les fils de Youdan la servante furent affranchis. Rav Aha bar Yaakov leur permit d'épouser les femmes l'un de l'autre après divorce. Rava lui dit : Mais Rav Chéchet n'a-t-il pas interdit le mariage dans ce cas ? Rav Aha bar Yaakov lui répondit : Lui l'a interdit, et moi je le permets — je suis en désaccord avec sa décision.
גְּמָ׳ בְּנֵי יוּדָן אַמְתָּא אִשְׁתַּחְרוּר, שְׁרָא לְהוּ רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב לְמִינְסַב נְשֵׁי דַּהֲדָדֵי. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: וְהָא רַב שֵׁשֶׁת אָסַר! אֲמַר לֵיהּ: הוּא אָסַר וַאֲנָא שָׁרֵינָא.
La guemara explique : Si les deux esclaves affranchis [ou convertis] sont demi-frères du côté de leur père et non du côté de leur mère, tout le monde s'accorde à dire que le mariage est permis ; car même un non-Juif, et a fortiori un converti, est tenu pour étranger à la famille de son père. S'ils sont demi-frères du côté de leur mère et non du côté de leur père, tout le monde s'accorde à dire que c'est interdit.
מִן הָאָב וְלֹא מִן הָאֵם — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי. מִן הָאֵם וְלֹא מִן הָאָב — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דַּאֲסִיר.
Là où ils divergent, c'est dans le cas où ils sont frères et du côté de leur père et du côté de leur mère. Celui qui permet le mariage soutient qu'on les rattache à leur père : on suit leur lignée paternelle, puisqu'on les appelle « les fils d'Untel », leur père. Comme on les reconnaît par leur ascendance paternelle, il est de notoriété qu'ils sont tenus pour non apparentés, et il n'y a pas à craindre que l'on en infère qu'un homme pourrait épouser sa belle-sœur. Et Rav Chéchet soutient, lui, qu'on les appelle aussi « les fils d'Untel », leur mère. Cette crainte existe donc bel et bien, car il n'est pas de notoriété publique qu'un converti soit tenu pour né de nouveau et sans lien avec la famille de sa mère.
כִּי פְּלִיגִי, מִן הָאָב וּמִן הָאֵם. מַאן דְּשָׁרֵי: בָּתַר אַבָּא שָׁדֵינַן, דְּהָא ״בְּנֵי פְלָנְיָא״ קָרוּ לְהוּ. וְרַב שֵׁשֶׁת: קָרוּ לְהוּ נָמֵי ״בְּנֵי פְלוֹנִית״.
Et certains rapportent une autre version de ce différend : Rav Aha bar Yaakov est en désaccord avec Rav Chéchet même au sujet de demi-frères maternels [il les permet aussi]. Et quelle en est la raison ? Le statut légal d'un converti qui vient de se convertir est comme celui d'un enfant qui vient de naître : tous ses liens familiaux antérieurs sont écartés, qu'ils soient du côté de son père ou du côté de sa mère.
וְאִיכָּא דְּאָמַר: פְּלִיג רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אֲפִילּוּ בְּאַחִין מִן הָאֵם, וּמַאי טַעְמָא? גֵּר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר כְּקָטָן שֶׁנּוֹלַד דָּמֵי.
Yevamot 97b
100%
יבמות צ״ז במַסֶּכֶת יְבָמוֹת