Guémara
Il a encore été enseigné [à propos de la femme d'un Cohen] : et elle mange la téroumah grâce à lui [à son mari]. La Guemara précise : il s'agit de la téroumah qui s'applique par décret rabbinique, et non de la téroumah de la Torah. La Guemara cherche à appuyer cette affirmation. Viens et entends une baraïta : si un non-Cohen a mangé de la téroumah rituellement impure appartenant à un Cohen, il doit le rembourser avec des produits profanes [non consacrés] et purs. Dans le cas où il l'a remboursé avec de la nourriture profane impure, Soumkhos dit au nom de Rabbi Méïr : s'il a agi par inadvertance [bechogueg], son paiement est tenu pour valable ; mais s'il a agi délibérément [bemézid], son paiement n'est pas valable du tout. Et les Sages disent : dans un cas comme dans l'autre, son paiement est un paiement valable — et la nourriture acquiert la sainteté de la téroumah, bien qu'elle soit impure — et il doit en outre revenir le rembourser une seconde fois avec des produits profanes et purs.
וְאוֹכֶלֶת בְּגִינוֹ תְּרוּמָה. בִּתְרוּמָה דְּרַבָּנַן. תָּא שְׁמַע: אָכַל תְּרוּמָה טְמֵאָה — מְשַׁלֵּם חוּלִּין טְהוֹרִים. שִׁילֵּם חוּלִּין טְמֵאִים, סוֹמְכוֹס אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: בְּשׁוֹגֵג — תַּשְׁלוּמָיו תַּשְׁלוּמִין, בְּמֵזִיד — אֵין תַּשְׁלוּמָיו תַּשְׁלוּמִין. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה — תַּשְׁלוּמָיו תַּשְׁלוּמִין, וְחוֹזֵר וּמְשַׁלֵּם חוּלִּין טְהוֹרִין.
Et nous avons discuté cette baraïta autour de la question suivante : pourquoi, selon l'avis de Rabbi Méïr, lorsque le non-Cohen rembourse le Cohen délibérément avec de la nourriture profane impure, son paiement n'est-il pas tenu pour valable ? Au contraire, le non-Cohen devrait plutôt en être béni ! Car il a mangé de la téroumah une chose qui ne lui était d'aucune utilité [au Cohen] durant ses jours d'impureté — puisque la téroumah impure doit être brûlée — et il le rembourse avec de la nourriture profane impure, laquelle, elle, lui est utile durant ses jours d'impureté [il peut la consommer]. Certes, une fois qu'il la lui donne, ce produit devient à son tour de la téroumah impure ; mais au moment du paiement, cette nourriture était disponible et propre à être consommée.
וְהָוֵינַן בַּהּ: בְּמֵזִיד אֵין תַּשְׁלוּמָיו תַּשְׁלוּמִין? תָּבֹא עָלָיו בְּרָכָה, דַּאֲכַל מִינֵּיהּ מִידֵּי דְּלָא (קָ)חֲזֵי לֵיהּ בִּימֵי טוּמְאָתוֹ, וְקָא מְשַׁלֵּם מִידֵּי דְּ(קָ)חֲזֵי לֵיהּ בִּימֵי טוּמְאָתוֹ.
Et Rava dit — et certains rapportent cet énoncé sans l'attribuer à un Sage en particulier : la baraïta est incomplète, et voici ce qu'elle enseigne en réalité. S'il a mangé de la téroumah impure, il rembourse avec n'importe quoi, même avec des produits profanes impurs. S'il a mangé de la téroumah pure, il rembourse avec de la nourriture profane et pure ; et s'il a remboursé avec des produits profanes impurs, les Sages divergent sur ce cas : Soumkhos dit au nom de Rabbi Méïr : si c'est par inadvertance, son paiement est valable ; si c'est délibérément, son paiement n'est pas valable. Et les Sages disent : que ce soit par inadvertance ou délibérément, son paiement est valable, et il doit en outre revenir rembourser avec des produits profanes et purs.
וְאָמַר רָבָא, וְאָמְרִי לַהּ כְּדִי: חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: אָכַל תְּרוּמָה טְמֵאָה — מְשַׁלֵּם כָּל דְּהוּ. אָכַל תְּרוּמָה טְהוֹרָה — מְשַׁלֵּם חוּלִּין טְהוֹרִין, שִׁילֵּם חוּלִּין טְמֵאִים — סוֹמְכוֹס אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: בְּשׁוֹגֵג — תַּשְׁלוּמָיו תַּשְׁלוּמִין, בְּמֵזִיד — אֵין תַּשְׁלוּמָיו תַּשְׁלוּמִין. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בֵּין בְּשׁוֹגֵג בֵּין בְּמֵזִיד — תַּשְׁלוּמָיו תַּשְׁלוּמִין, וְחוֹזֵר וּמְשַׁלֵּם חוּלִּין טְהוֹרִין.
La Guemara revient à la question de fond : le tribunal a-t-il le pouvoir de stipuler une mesure qui déracine une chose interdite par la Torah ? Or ici, voici un cas où, selon la Torah, le produit qu'il a donné [au Cohen] constitue un paiement parfaitement valable, et appartient pleinement au Cohen — au point que si un Cohen épousait une femme au moyen de ce produit, la fiançaille [kiddouchin] avec elle serait valide. Et pourtant les Sages ont dit — c'est-à-dire que c'est une loi rabbinique, selon Soumkhos au nom de Rabbi Méïr — que son paiement n'est pas valable. Cela revient à permettre une femme mariée à tous les hommes : car elle est fiancée selon la Torah, mais dans les faits on la traite comme une femme non mariée. On voit donc qu'une interdiction rabbinique l'emporte sur une fiançaille effective selon la Torah.
וְהָא הָכָא, דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא תַּשְׁלוּמֵי מְעַלְּיָא הָוֵי, דְּאִי מְקַדֵּשׁ בְּהוּ כֹּהֵן אִשָּׁה — תָּפְסוּ לַהּ קִידּוּשֵׁי, וַאֲמוּר רַבָּנַן אֵין תַּשְׁלוּמָיו תַּשְׁלוּמִין, וְקָשָׁרֵינַן אֵשֶׁת אִישׁ לְעָלְמָא!
La Guemara répond : quel est le sens de l'expression « son paiement n'est pas valable » qu'a employée Rabbi Méïr ? Elle signifie qu'il est tenu de revenir rembourser avec des produits profanes et purs — mais la nourriture qu'il a donnée d'abord est, elle aussi, consacrée [elle devient bien de la téroumah, et il n'y a donc pas annulation d'un kiddouchin de la Torah]. La Guemara objecte : s'il en est ainsi, l'avis de Soumkhos est identique à celui des Sages !
מַאי אֵין תַּשְׁלוּמָיו תַּשְׁלוּמִין דְּקָאָמַר רַבִּי מֵאִיר — דְּבָעֵי לְמֶיהְדַּר שַׁלּוֹמֵי חוּלִּין טְהוֹרִין. אִי הָכִי, סוֹמְכוֹס הַיְינוּ רַבָּנַן!
La Guemara répond que Rav A'ha, fils de Rav Ika, a dit : la différence pratique entre eux porte sur la question de savoir si l'on a décrété contre l'auteur involontaire à cause de l'auteur délibéré. Selon Soumkhos, s'il a payé par inadvertance avec des produits profanes impurs, son paiement est valable et les Sages ne l'ont pas pénalisé d'un second remboursement ; tandis que les Sages [du second avis] soutiennent que, même si sa faute fut accidentelle, il doit rembourser le Cohen une seconde fois — car les Sages édictent le décret dans le cas d'une transgression par erreur à cause du cas de celui qui transgresse délibérément.
אָמַר רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא: קָנְסוּ שׁוֹגֵג אַטּוּ מֵזִיד אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.
La Guemara propose encore : viens et entends une autre preuve. À propos du sang [d'un sacrifice] devenu rituellement impur, qu'un Cohen a aspergé sur l'autel, la distinction suivante s'applique : s'il l'a fait par inadvertance, l'offrande est agréée [hourtsa] ; s'il a aspergé le sang délibérément, l'offrande n'est pas agréée.
תָּא שְׁמַע: דָּם שֶׁנִּטְמָא וּזְרָקוֹ, בְּשׁוֹגֵג — הוּרְצָה, בְּמֵזִיד — לֹא הוּרְצָה.
Or ici, voici un cas où, selon la Torah, le sang opère l'agrément [de l'offrande], comme il est enseigné dans une baraïta : pour quoi le tsits [la plaque frontale du Cohen Gadol] opère-t-il l'agrément ? Pour le sang, pour la chair et pour la graisse qui sont devenus impurs, que ce soit par inadvertance ou délibérément, que ce soit par contrainte ou volontairement, que ce soit pour une offrande individuelle ou pour une offrande de la communauté. Et les Sages ont dit que si un Cohen a aspergé délibérément un sang impur, le tsits n'opère pas l'agrément, et le propriétaire doit apporter une autre offrande. La Guemara en déduit : puisqu'il n'est pas tenu d'apporter cette offrande supplémentaire selon la Torah, il fait entrer par là, en somme, un animal profane [non consacré] dans le parvis du Temple [ce qui est interdit] !
וְהָא הָכָא, דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא אַרְצוֹיֵי מְרַצֵּה, דְּתַנְיָא: עַל מָה הַצִּיץ מְרַצֶּה — עַל הַדָּם, וְעַל הַבָּשָׂר, וְעַל הַחֵלֶב שֶׁנִּטְמָא, בֵּין בְּשׁוֹגֵג בֵּין בְּמֵזִיד, בֵּין בְּאוֹנֶס בֵּין בְּרָצוֹן, בֵּין בְּיָחִיד בֵּין בְּצִבּוּר. וְאָמְרִי רַבָּנַן: לֹא הוּרְצָה, וְקָא הָדַר מְעַיֵּיל חוּלִּין לָעֲזָרָה!
Rabbi Yossi bar 'Hanina dit qu'il n'y a pas de preuve à tirer d'ici. Car quel est le sens de l'expression « n'opère pas l'agrément » qu'a employée le Tana de la baraïta ? Elle signifie qu'il n'opère pas l'agrément au sens où il permettrait de consommer la chair de l'offrande. Mais les propriétaires, eux, obtiennent bien leur expiation par cette offrande, et ils n'ont pas à en apporter une autre [aucun animal profane n'est donc introduit dans le parvis].
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: מַאי ״לֹא הוּרְצָה״ דְּקָאָמַר — לְהַתִּיר בָּשָׂר בַּאֲכִילָה, אֲבָל בְּעָלִים נִתְכַּפְּרוּ בּוֹ.
La Guemara soulève une difficulté : en fin de compte, la mitsva de la Torah de manger la chair de cette offrande se trouve déracinée ! Or il est écrit : « Et ils mangeront les choses par lesquelles l'expiation a été faite » (Chemot 29, 33) — ce verset enseigne que les Cohanim mangent l'offrande et que, par là, le propriétaire obtient son expiation [manger la chair fait donc partie intégrante de la mitsva]. Il [Rabbi Yossi bar 'Hanina] lui répondit : le cas du « assieds-toi et ne fais rien » [chèv véal taassé] est différent. Autrement dit, les Sages peuvent déraciner une mitsva de la Torah en ordonnant de rester passif et de ne rien faire ; ils ne peuvent en revanche pas déraciner une mitsva en ordonnant d'accomplir un acte [positif].
סוֹף סוֹף קָמִתְעַקְּרָא אֲכִילַת בָּשָׂר, וּכְתִיב: ״וְאָכְלוּ אֹתָם אֲשֶׁר כֻּפַּר בָּהֶם״, מְלַמֵּד שֶׁהַכֹּהֲנִים אוֹכְלִים וּבְעָלִים מִתְכַּפְּרִים! אֲמַר לֵיהּ: שֵׁב וְאַל תַּעֲשֶׂה שָׁאנֵי.
Rachi
אכל תרומה - בשוגג:,משלם חולין טהורים - דכתיב (ויקרא כ״ב:י״ד) ונתן לכהן את הקדש דבר הראוי להיות קדש בפרק כל שעה (פסחים לב.):,בשוגג תשלומיו תשלומין - אם בשוגג שילם טמאים כסבור טהורים הם:,במזיד אין תשלומיו תשלומין - דקנסינן ליה:
תבא עליו ברכה כו' - אמאי קנסת ליה מאי מזיד יש כאן אע"פ שיודע שהן טמאים נתכוין הוא לתשלומין הגונים:,דאכל מיניה וכו' - ואע"ג דתשלומין נעשים תרומה ולא חזו ליה בימי טומאה הא מיהא לתשלומין מעליא איכוון:,תרומה טמאה לא חזיא לאכילה - כהן טהור קאי עלה בעשה בפ' הערל (לעיל יבמות עג:) וכהן טמא קאי עלה במיתה דלא חלק הכתוב לגבי טומאת הגוף בין קדשים טהורים לקדשים טמאים:
כל דהו - ואפי' חולין טמאים:
והכא דמדאורייתא תשלומין מעליא נינהו - דחולין טמאים נמי ראויין להיות קדש כדרבי אילעי לעיל (יבמות דף פט:):,ואמור רבנן אין תשלומיו תשלומין כו' - מדר' מאיר קמותיב:
קנסו שוגג אטו מזיד איכא בינייהו - לרבי מאיר בשוגג תשלומיו תשלומין ולא בעי לשלומי תו טהורים ואתו רבנן למימר בין בשוגג בין במזיד בעי מיהדר תשלומין:
אבל בעלים נתכפרו - ולא בעי לאתויי קרבן אחרינא:
שב ואל תעשה - לאו עקירה היא כגון אכילת בשר עשה היא ואמור רבנן שב ואל תאכל לאו עקירה בידים הוא אלא ממילא היא מיעקרא אבל תרומה דקאמר לא עשה ולא כלום ומפקת לה לחולין עקירה ממש היא:
Tossafot
ואוכלת בגינו תרומה בתרומה דרבנן - ולא בעי לאוקומי אפי' בתרומה דאורייתא ומשום דקטן אוכל נבילות הוא דהא בעיא היא בפ' חרש (לקמן יבמות קיג: וקיד. ושם) אי בית דין מצווין להפרישו או לא ולא איפשיטא ועוד דאוכלת בגינו משמע דאפי' כי גדלה אוכלת מכח זה אע"פ שעדיין לא בעל:,אכל תרומה טמאה משלם כו' - בתרומה לא שייך לפוטרו משום דקם ליה בדרבה מיניה אפילו לאביי דאית ליה (בכתובות דף ל:) אליבא דר' נחוניא בן הקנה דאפילו במיתה בידי שמים הוא עושה כמיתה בידי אדם לתשלומין דשאני תרומה דגלי קרא בהדיא ויסף חמישיתו עליו ועוד א"ר יצחק דתשלומין דתרומה לכפרה קאתו ולא שייך קם ליה בדרבה מיניה כדאמר במסכת תרומות (פ"ז משנה ד) שאפי' אם רצה הכהן למחול אינו יכול למחול ואפי' אכל תרומה משל עצמו מפריש קרן הראוי להיות קדש לעצמו וכן משמע בפרק כל שעה (פסחים לב. ושם) דלרבי יוסי דשרי חמץ בפסח בהנאה דהאוכל תרומת חמץ בפסח במזיד פטור מן התשלומין לרבי נחוניא בן הקנה אבל בשוגג חייב אע"ג דלא גלי קרא בכרת אלא משום דבשוגג אתו תשלומין לכפרה ואפשר דאם אכל תרומה במזיד שיפטור לרבי נחוניא בן הקנה משום דבמזיד לא אתו לכפרה שהרי הכהן יכול למחול כדתנן במסכת תרומות (פ"ז מ"א) א"נ מיחייב משום דמדאגבהה קנייה כדאמר באלו נערות (כתובות דף לא: ושם):,בשוגג תשלומיו תשלומין כו' - אין לפרש האי שוגג ומזיד אאכילה קאי כדפירש ריב"ן אבל התשלומין הם במזיד דאם כן במזיד אמאי אין תשלומיו תשלומין דאפילו סובין יכול לשלם דתשלומין אין נעשין קדש אלא נראה לר"י דשוגג ומזיד אתשלומין קאי כדפירש בקונטרס וההיא דקאמר והוינן בה במזיד אין תשלומיו תשלומין תבא עליו ברכה כו' אע"ג דכי משלם חולין טמאים נעשין תרומה טמאה מכל מקום תבא עליו ברכה דנפסד הוא שמשלם יותר ממה שהפסיד לכהן:
חסורי מיחסרא כו' אכל תרומה טהורה כו' - וא"ת אי לפי דמים משלם כשמשלם כאן חולין טמאין אמאי תשלומיו תשלומין והלא הן נעשין תרומה טמאה ואינם שוים כתרומה טהורה שאכל ויש לומר דמשלם חולין טמאים כל כך דכשנעשין תרומה טמאה יהיו שוים להסקה כתרומה טהורה שאכל ומכל מקום קנסינן ליה כשמשלם במזיד אע"פ ששוים כדמי תרומה משום דמשלם מידי דלא קפיץ עליה זבינא:
אזיל כהן ומקדש אשה כו' - וא"ת ולמה אינו מדקדק דמדאורייתא תשלומיו תשלומין ונעשית תרומה וקאמרי רבנן דאינן תשלומין והוי חולין ושריין לזרים ואמר ר"י דהוה מצי למימר דאין תשלומיו תשלומין דקאמר היינו לגבי הא דהדרי למרייהו ולעולם תרומה הוו וא"ת ומאי מדקדק מקידושין דלמא היינו משום דהפקר ב"ד היה הפקר כדאמר לעיל (יבמות דף פט:) ואמר ר"י דהכא אין שייך לומר כן דמה פשע כהן שיש לנו להפקיר ממונו:
והא הכא דמדאורייתא ארצויי מרצה דתנן על מה הציץ מרצה כו' - תימה דבהקומץ רבה (מנחות כה:) ובכיצד צולין (פסחים פ: ושם) פריך להו אהדדי ומשני רבינא ורב שילא חד אמר טומאה בין בשוגג בין במזיד זריקתו בשוגג הורצה במזיד לא הורצה וחד אמר איפכא והכא משמע דחדא מתניתין איירי מדאורייתא וחדא מדרבנן ואומר ר"י דהתם לא מצי לשנויי דהך דקתני בין במזיד בין בשוגג היינו מדאורייתא אבל מדרבנן במזיד לא הורצה דמשמע כיון דקתני סתמא דפסק הלכה אתא לאשמועינן דבין בשוגג בין במזיד מרצה אפילו מדרבנן והכא מוכח נמי שפיר דמאחר דקתני דציץ מרצה בין בשוגג בין במזיד אטומאה או אזריקה למר כדאית ליה ולמר כדאית ליה מדאורייתא ליכא לפלוגי ומרצה בתרוייהו בין בשוגג בין במזיד ונראה לר"י דבהא סברא פליגי דמר סבר דבטומאה איכא למיקנס טפי במזיד דהוי אתחלתא דפסולה ולא עביד נמי מצוה בשעה שמטמא ומר סבר בזריקה שייך למיקנס טפי שמקריב דבר טמא לגבוה וזילא מילתא טפי:,ועל הבשר - למאן דאמר (פסחים עז.) יש דם אע"פ שאין בשר נפקא מינה במה שהציץ מרצה על הבשר דמשוי ליה כי טהור למיקבעי' בפיגול ולאפוקיה מידי מעילה כדמפרש בפ' כיצד צולין (פסחים עח. ושם) אבל להתיר בשר באכילה לא מהני ריצוי ציץ כדמוכח התם:,בין ביחיד בין בצבור - כמאן דאמר טומאה דחויה בצבור (אלא) דלמאן דאמר הותרה בצבור לא בעי ציץ לרצויי כדמוכח בכיצד צולין (שם):
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.