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Traité Yevamot

82b

Étude de Yevamot 82b

Étude de la Guémara 82b

Guémara
Et moi, Rabbi Yohanan, ce que j'ai dit, je l'ai dit selon l'opinion de Rabbi Yossi — à savoir qu'un Cohen androgyne [hermaphrodite] permet à sa femme de consommer la téroumah. Et Rabbi Yossi lui-même soutient que, même de nos jours, la loi de la téroumah reste en vigueur de droit de la Torah [de-oraïta]. C'est pourquoi j'ai soutenu qu'un androgyne permet à sa femme de manger non seulement la téroumah, mais même la poitrine et la cuisse [hazé ve-chok] des sacrifices de paix [chelamim].
וַאֲנָא דְּאָמְרִי כְּרַבִּי יוֹסֵי.
Comme cela est enseigné dans une baraïta de l'ouvrage appelé Séder Olam, à propos d'un verset qui parle du retour du peuple juif en Terre d'Israël après l'exil : « Et l'Éternel ton D.ieu te fera entrer dans le pays qu'ont possédé tes pères, et tu en hériteras » (Devarim 30, 5). Ces deux expressions d'héritage enseignent qu'il y eut un premier héritage de la Terre d'Israël aux jours de Yehochoua [Josué], et un second héritage lors du retour de l'exil de Babylone. Autrement dit : puisque la sainteté de la Terre s'était éteinte lorsque le Premier Temple fut détruit et le peuple exilé à Babylone, une seconde consécration fut nécessaire à leur retour. Mais ils n'auront pas de troisième héritage : il ne sera jamais nécessaire de consacrer la Terre une troisième fois, car la seconde consécration fut définitive.
דְּתַנְיָא בְּסֵדֶר עוֹלָם: ״אֲשֶׁר יָרְשׁוּ אֲבוֹתֶיךָ וִירִשְׁתָּהּ״, יְרוּשָּׁה רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה — יֵשׁ לָהֶן, וּשְׁלִישִׁית — אֵין לָהֶן.
Et Rabbi Yohanan a dit : quel est le Tana qui a enseigné le Séder Olam ? C'est Rabbi Yossi. Puisque Rabbi Yossi soutient que la seconde consécration de la Terre d'Israël ne s'est jamais éteinte, même après la destruction du Second Temple, il tient aussi que la téroumah de nos jours est en vigueur de droit de la Torah.
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַאן תְּנָא סֵדֶר עוֹלָם — רַבִּי יוֹסֵי.
La Guemara soulève une autre objection contre l'opinion de Rabbi Yohanan : mais Rabbi Yohanan soutient-il vraiment que, pour un mélange contenant un élément interdit par la loi rabbinique, on n'exige pas que la portion permise du mélange soit en plus grande quantité [afin d'annuler la part interdite] ? N'avons-nous pas appris autrement dans une michna (Mikvaot 7, 2) : un bain rituel [mikvé] qui contient exactement quarante séa d'eau — la mesure minimale d'un mikvé valide — et dans lequel on a versé un séa d'un liquide autre que de l'eau, puis duquel on a retiré un séa du mélange : le mikvé demeure valide, car le liquide ajouté a été annulé dans les quarante séa d'eau, de sorte qu'après le retrait d'un séa du mélange il reste encore les quarante séa d'eau valide requis. Et Rabbi Yehouda bar Cheïla a dit que Rabbi Assi a dit que Rabbi Yohanan a dit : cette règle s'applique jusqu'à la majeure partie [du mikvé].
וְסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן בִּדְרַבָּנַן לָא בָּעֵינַן רִבּוּיָא? וְהָא תְּנַן: מִקְוֶה שֶׁיֵּשׁ בּוֹ אַרְבָּעִים סְאָה מְכֻוּוֹנוֹת, נָתַן סְאָה וְנָטַל סְאָה — כָּשֵׁר. וְאָמַר רַבִּי יְהוּדָה בַּר שֵׁילָא אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עַד רוּבּוֹ.
La Guemara précise l'opinion de Rabbi Yohanan : qu'est-ce à dire ? N'est-ce pas que sa majeure partie doit demeurer — c'est-à-dire que la plus grande part des quarante séa d'eau d'origine doit rester dans le mikvé ? Autrement dit, on peut ajouter au mikvé jusqu'à dix-neuf séa d'autres liquides, puis en retirer une quantité égale du mélange, et ces autres liquides sont annulés par l'eau du mikvé ; mais si l'on retire vingt séa — de sorte que l'eau valide ne constitue plus la majorité — le mikvé n'est plus apte à l'usage. Or, certains liquides ne sont impropres au mikvé que par la loi rabbinique : cela montrerait donc que, même pour les interdits rabbiniques, la portion permise du mélange doit être en plus grande quantité afin d'annuler la part interdite. La Guemara réfute cette preuve : non, cela signifie qu'on ne doit pas en retirer la majeure partie ; mais si l'eau et les autres liquides sont en proportion égale, le mikvé demeure valide.
מַאי לָאו, דְּנִשְׁתַּיֵּיר רוּבּוֹ! לָא, דְּלָא נִשְׁקוֹל רוּבּוֹ.
Et si tu veux, dis une autre explication de l'opinion de Rabbi Yohanan : c'est différent ici — dans le cas des deux paniers, dont l'un contient de la téroumah [et où une mesure de chaque est tombée dans l'autre] — car on peut dire : « comme je dis » que la téroumah est tombée dans la téroumah et que les produits profanes [houlin] sont tombés dans les produits profanes. On suppose donc que c'est bien ce qui a eu lieu, et c'est pourquoi la portion permise n'a pas besoin d'être la majeure partie du mélange.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: שָׁאנֵי הָכָא, דְּאִיכָּא לְמֵימַר ״שֶׁאֲנִי אוֹמֵר״.
§ Nous avons appris dans la michna : un androgyne peut épouser une femme. Cette formulation indique qu'il le peut d'emblée [le-khathila], car il est considéré comme un homme à part entière. Dès lors, un androgyne qui est Cohen devrait permettre à sa femme de manger la poitrine et la cuisse des sacrifices de paix — comme le soutient Rabbi Yohanan, et contre l'opinion de Réch Lakich. La Guemara rejette cet argument et propose de corriger le texte : enseigne plutôt dans la michna « s'il a épousé ». C'est-à-dire : s'il a épousé une femme, le mariage est valide et un acte de divorce [guet] est requis, car il se peut qu'il soit un homme ; mais même s'il l'a épousée, il ne permet pas à sa femme de manger la téroumah, car il se peut qu'il soit une femme.
תְּנַן: אַנְדְּרוֹגִינוֹס נוֹשֵׂא! תְּנִי ״אִם נָשָׂא״.
La Guemara soulève une difficulté : mais la michna n'enseigne-t-elle pas « il épouse » — ce qui indique qu'il le peut d'emblée ? La Guemara rejette cet argument : et selon ton raisonnement, quel est le sens de la clause suivante, « mais il n'est pas épousé [par un homme] » ? Cet enseignement se rapporte assurément à un cas après coup ; car s'il était un homme à part entière, il n'y aurait aucune raison de dire qu'il ne peut être épousé par un homme d'emblée. Plutôt, quel est le sens de « il n'est pas épousé » ? Cela signifie que, même après coup, ce mariage n'est pas valide. Si tel est le cas, lorsque la michna énonce qu'un androgyne « épouse » une femme, elle parle elle aussi d'un cas après coup.
וְהָא ״נוֹשֵׂא״ קָתָנֵי! וְלִיטַעְמָיךְ: מַאי ״אֲבָל לֹא נִישָּׂא״? אֶלָּא מַאי ״נִישָּׂא״ — דִּיעֲבַד, ״נוֹשֵׂא״ נָמֵי — דִּיעֲבַד!
On peut dire en réponse : non ; les mots « il épouse » indiquent qu'un androgyne peut épouser une femme d'emblée, tandis que les mots « mais il n'est pas épousé » signifient que son mariage à un homme n'est pas valide, même après coup. Dès lors, la difficulté soulevée contre Réch Lakich demeure.
אָמְרִי, לָא: ״נוֹשֵׂא״ — לְכַתְּחִלָּה מַשְׁמַע, ״אֲבָל לֹא נִישָּׂא״ — דִּיעֲבַד נָמֵי לָא.
La Guemara conteste cette compréhension : mais du fait que la michna enseigne dans la dernière clause — « Rabbi Éliézer dit : celui qui a eu des relations avec un androgyne est passible de lapidation à son sujet, comme [pour des relations] avec un mâle » — on déduit par contraste que le premier Tana, lui, est dans l'incertitude quant à savoir si un androgyne est ou non un homme à part entière. Et cela fait difficulté à l'opinion de Rabbi Yohanan [qui le tient pour un homme certain].
וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אַנְדְּרוֹגִינוֹס חַיָּיבִין עָלָיו סְקִילָה כַּזָּכָר, מִכְּלָל דְּתַנָּא קַמָּא סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ!
La Guemara répond : non ; il est évident, tant pour ce Maître que pour cet autre Maître, qu'un androgyne est réputé homme à part entière. La différence pratique entre eux porte sur la question de savoir si l'on est passible de lapidation pour des relations avec lui en un seul endroit ou en deux endroits. Car un Sage — le premier Tana — tient qu'on est passible de lapidation à son sujet pour des relations en deux endroits, qu'on l'ait pénétré par l'arrière, à la manière des relations entre hommes, ou par son organe féminin : puisque l'androgyne est réputé mâle, on est passible de lapidation pour des relations en l'un ou l'autre endroit. Et un Sage — Rabbi Éliézer — tient qu'on n'est passible de lapidation pour des relations avec un androgyne que si on l'a pénétré par l'arrière, comme s'il était un mâle.
בֵּין לְמָר בֵּין לְמָר מִפְשָׁט פְּשִׁיטָא לֵיהּ, אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ סְקִילָה מִשְּׁנֵי מְקוֹמוֹת. דְּמָר סָבַר: חַיָּיבִין עָלָיו סְקִילָה מִשְּׁנֵי מְקוֹמוֹת, וּמָר סָבַר: כְּזָכָר.
Rav a dit :
אָמַר רַב:

Rachi

ואנא אמינא לרבי יוסי - דהא מתני' ר' יוסי קאמר לה אנדרוגינוס כהן וכו' ולדידיה אמינא אף מאכילה בחזה ושוק דהא תרומה נמי לר' יוסי דאורייתא היא אף בזמן הזה:

ירושה ראשונה - בימי יהושע הויא ירושה וכן שניה דבימי עזרא דכשגלו גלות ראשונה בטלה קדושת הארץ:,שלישית אין להם - כלומר לא בעי למהדר ומירתא דירושה עומדת היא ואשמעינן האי קרא דלא בטלה קדושת הארץ בגלות טיטוס:

וסבר ר' יוחנן כו' - קס"ד האי דמותיב דטעמא דר' יוחנן לאו משום דסמיך אשאני אומר אלא משום דאי הוי נמי איפכא לא איכפת לן דלא בעינן רבויא בדרבנן אלא מכי איערב בטיל ליה:,נתן סאה ונטל סאה כשר - גבי שאר משקין ומי פירות ותמד שהחמיץ קאי במס' מקואות ואשמועי' דאע"ג דחזר ונטל ואיכא למימר הא חסר ליה מקוה שהסאה הזאת אין משלימתו שאין ראויה למקוה אפ"ה כשר דמכי יהבו לגביה בטל ליה והוו להו ארבעים וחד כולן ראוין וכי שקל חד סאה פשו ארבעים אבל איפכא לא דכי נטל סאה ברישא חסר ליה וכי הדר מלייה הוה ליה מקוה חסר דמשקין הללו אין משלימין את המקוה:

מאי לאו דנשתייר רובו - עד י"ט סאה יכול לעשות כן אבל טפי לא דבעינן דניהוי רובא מי גשמים. אלמא אע"ג דפסול שאיבה דרבנן בעיא רובא בכשרות:,דלא נשקול רובא - אבל עד פלגא שפיר דמי:

ואיבעית אימא - לעולם בעינן רבויא בדרבנן והאי דקאמר אע"פ שלא רבו חולין משום דתלינן אשאני אומר חולין לתוך חולין נפלו ואין כאן איסור אבל הכא ליכא למימר שאני אומר כה"ג דהא מיא מיד מבלבלי וליכא למימר חזר ונטלה:

תנן אנדרוגינוס נושא - לכתחלה. אלמא זכר מעליא הוא וקשיא לריש לקיש דאמר אין מאכיל בחזה ושוק:,תני אם נשא נשוי - דבעיא גיטא מיניה משום ספק זכר ולעולם ספיקא הוא:

מאי אבל לא נישא - משמע דיעבד: ,ה"ג נושא נמי דיעבד אמרי לא נושא לכתחלה אבל לא נישא דיעבד נמי לא - ולעולם קשה ליה לר"ל ודייקא כר' יוחנן:

ומותבי' לר' יוחנן והא מדקתני סיפא כו':

משני מקומות - אפי' בנקבותו. וטעמא מפרש לקמן מקרא בשמעתין:,ור"א סבר כזכר - במקום זכרות אין במקום נקבות לא:

Tossafot

ירושה ראשונה ושניה יש להן כו' - פר"ח ראשונה ירושת אברהם יצחק ויעקב שניה ירושת יהושע ומשם ואילך קדשה לעולם ולא יתכן לפרש כן דבסוף פרק יוצא דופן (נדה דף מז. ושם) מפליג רבי יוסי בין תרומה לחלה וא"כ קדושה שניה היא קדושת עזרא דבקדושת עזרא שייך לחלק בין תרומה לחלה משום דגבי חלה כתיב בבואכם וכי אסקינהו עזרא לאו כולהו סלוק עוד שאל ה"ר שמואל מאניוב את ר"י דהכא קאי ר' יוחנן כר' יוסי דירושה ראשונה ושניה יש להם דקדושה ראשונה לא קדשה לעתיד לבא ובפרק השוחט והמעלה (זבחים דף קז:) קאמר הש"ס לר' יוחנן דקדשה לעתיד והשיב ר"י דלמעשרות ודאי לא קדשה הארץ לעתיד אבל קדושת ירושלים והבית קדשה שקדושת מחיצות קיימא כל שעה מאשר לו חומה דדרשי' במגילה (דף י: ושם) אע"פ שאין לו עכשיו והיה לו קודם לכן אי נמי קדושת ירושלים משום דאיקרי נחלה אין לה הפסק א"נ משום דכתיב (תהילים קל״ב:י״ד) זאת מנוחתי עדי עד ואתי שפיר דבפ"ק דמגילה (דף י.) בעי למימר דקסבר רבי אליעזר קדושה ראשונה קדשה לשעתה וקדשה לעתיד ורבי יהושע אית ליה התם בהדיא הכי ובריש ביצה (דף ד.) אית להו דליטרא קציעות בטלה ואם כן סברי דתרומה בזמן הזה דרבנן ובטלה קדושת הארץ וכן לר"ל ר' יוסי סבר דתרומה בזמן הזה דרבנן ובפ' קדשי קדשים (זבחים דף ס: ושם) גרס בכל הספרים א"ר יוסי משום ר' ישמעאל כו' לעולם קסבר קדשה לעתיד אלא יש לחלק בין קדושת הארץ למחיצות עוד שאלו דהכא משמע דסבר רבי יוחנן דקדושת הארץ דאורייתא ובמדרש רות משמע דהוי דרבנן דקאמר ר' יוחנן מעשרות כיון שגלו נפטרו והם חייבו עצמן מאליהן והשיב ר"י דאיכא למימר דהא דקאמר הכא ואנא דאמר כר' יוסי לאו משום דסבר ר' יוחנן כוותיה אלא משום דאליבא דר' יוסי דאנדרוגינוס דמתני' קיימי ועוד אר"י דאין נראה ששום חכם יאמר שקדושת הארץ בזמן בית שני למעשרות ולכל מצות התלויות בארץ היתה מדרבנן וההיא דמדרש איכא לאוקמי במעשר פירות וה"ק כיון שגלו נפטרו ממעשר דאורייתא והם חייבו עצמן מאליהם כשחזרו יותר ממה שהיו חייבים בתחלה שהוסיפו מעשר פירות ועוד אר"י מתוך הירושלמי דשביעית פ"י דהכי פירושו כיון שגלו נפטרו שקדושה ראשונה לא קדשה לעתיד ולא היה חובה להם לקדש את כל א"י כדאמר (חולין דף ז.) הרבה כרכים כו' וכמו שהניחו במקצת היו רשאין להניח הרבה יותר או שמא הכל אם היו רוצים ואעפ"כ חייבו עצמן מאליהן וקדשו וכיון שקדשו קדשה מן התורה:

נתן סאה ונטל סאה כשר - קשה דנהי דשאיבה דרבנן כדאמר בפרק המוכר את הבית (ב"ב דף סו: ושם) מי פירות מיהא פסולין מדאוריי' לטבול בהן כדמוכח פ"ק דפסחים (דף יז: ושם) דאמר משקי בי מטבחיא בקרקע טהורים אמר רב פפא לא אמרן אלא מים אבל דם לא ומים נמי לא אמרן אלא דהוו רביעית דחזיא להטביל מחטין וצנורות כו' משמע דדם לא חזי להטביל בו ועוד אמרי' בכסוי הדם (חולין דף פד. ושם) דג' מים כתיבי וממעטינן מי פירות והיכי פריך מהכא דמדרבנן בעיא ריבוייא ואמי פירות בהדיא קתני לה כדפי' בקונטרס וי"ל דפריך משום דקא פסיק ותני עד רובו אפילו למחטין וצנורות דמדאורייתא לא בעי מ' סאה ונהי דכשמי פירות רוב מתבטלים המים במי פירות ופסול מדאורייתא אף למחטין מ"מ במחצה על מחצה מיהא מדאורייתא כשר למחטין ומדרבנן הוא דבעינן רבייה ועוד י"ל דמדאורייתא קמא קמא בטיל ואפ"ה בעינן רובא לכך פריך שפיר א"נ קאי נמי אתמד שיש בו מים דקחשיב במס' מקוואות (פ"ז מ"ב) ואכולהו קא"ר יוחנן עד רובו:,אמר רבי יוחנן עד רובו - משמע דברובו לא אמרינן ראשון ראשון בטל וכן בפרק במה אשה (שבת דף סה: ושם) גבי אבוה דשמואל דעבד להו לבנתיה מקוואות ביומי ניסן שלא ירבו נוטפים על הזוחלים ובפ' הנודר מן הירק (נדרים נז:) בצל שעקרו בשביעית ונטעו בשמינית ורבו גידוליו על עיקרו מותר ותימה דבפרק בתרא דמסכת ע"ז (דף עג.) א"ר יוחנן המערה יין נסך מחבית לבור אפילו כל היום כולו ראשון ראשון בטל ונראה לר"י דההיא דמס' ע"ז דאמרינן ראשון ראשון בטל היינו דוקא עד ס' אבל אם אין ס' מן ההיתר לא דא"א להתבטל כיון שיש נ"ט לבסוף דהא טעם כעיקר מן התורה הוא כדאמר באלו עוברין (פסחים דף מד: ושם) ובפרק ג' מינים (נזיר דף לז: ושם) ומ"מ אע"ג דאיכא ס' מן ההיתר אי לאו דנפול קמא קמא היה נאסר כגון אם היה נופל בבת אחת או אם היה מערה בדבר דנפיש עמודיה טפי מפי חבית דלא נפיש עמודיה טפי מצירצור קטן דביין נסך החמירו יותר מבשאר איסורים כדתנן התם (ע"ז דף עד.) שהוא בכל שהוא וקסבר רבי יוחנן דכי איכא למימר ראשון בטל באיסורא לגו היתירא ולא נפיש עמודיה שבטל והולך עד ס' ולא אמרינן שיאסור בכל שהוא דאמתניתין דהתם קאי וכי פריך התם ממתני' דיין נסך אוסר בכל שהוא מאי לאו דנפול איסורא לגו היתירא לא הוה מצי לשנויי דאיירי בנפיש עמודיה מפי חבית דהא כל שהוא קתני דלא נפיש והא דפריך עלה מיין במים בנ"ט מאי לאו דנפול חמרא דאיסורא לגו מיא דהיתירא אע"ג דרבי יוחנן נמי לא קאמר דבטל אלא עד ס' לא פריך אלא מכח רישא מדסיפא איסורא לגו היתירא רישא נמי איסורא לגו היתירא וקתני בכל שהוא ומסיק דכולה מתניתין היתירא לגו איסורא ומ"מ אמת הוא דבנ"ט אסור בכל ענין בין איסורא לגו היתירא בין איפכא:

דלא נשקול רובא - תימה היכי מצי למימר הכי הא תנן במס' מקוואות (פ"ד מ"ד) מים שאובין ומי גשמים שהן מתערבות בחצר ובמערה עד מעלות המערה אם רוב כשר כשר אם רוב פסול פסול מחצה על מחצה פסול אימתי בזמן שהן מתערבין עד שלא הגיעו למקוה כו' משמע בהדיא דשאובין דרבנן בעי רבייה:

תנן אנדרוגינוס נושא - פירוש דמשמע נשואין גמורים והרי הוא כזכר ומאכיל בתרומה דאורייתא דאי לא הוו נשואין ודאין ה"ל למימר אנדרוגינוס שקדש קידושיו קידושין ומשני תני אם נשא דיעבד ולישנא דלכתחלה דהך סוגיא היינו פי' נישואין ודאין אבל אין לפרש דמדקדק מדשרי לכתחלה לישא ולא אסרינן ליה לכתחלה מספק נשים המסוללות זו בזו דמאחר דמאכיל לר"ל בתרומה בזמן הזה דרבנן לא מסתבר לאוסרו בתחלה מטעם זה ועוד יש לפרש דאנדרוגינוס נושא משמע דחייב לישא דמיפקד אפריה ורביה וא"ת והיכי פריך מאנדרוגינוס נושא אמילתיה דרבי יוסי וצריך לדחוק שהוא סיום מילתיה דרבי יוסי אף על פי שרבי יהודה מפסיק בינתים:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Yevamot 82b
100%
יבמות פ״ב במַסֶּכֶת יְבָמוֹת