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Traité Yevamot

81a

Étude de Yevamot 81a

Étude de la Mishna & Guémara 81a

[À propos de l'enseignement précédent, la Guemara s'interroge :] dirons-nous que ceci constitue une réfutation décisive de l'opinion de Rav Hamnouna, qui a dit : une femme en attente de son yavam [chomérèt yavam — la veuve sans enfant astreinte au lévirat] qui s'est livrée à la débauche devient interdite à son yavam [pour le yiboum], tout comme une femme mariée ordinaire qui a commis l'adultère [est interdite à son mari] ? La Guemara repousse cet argument : non, cela ne fait pas difficulté pour Rav Hamnouna, car il est possible que la même règle vaille aussi dans le cas où elle a eu des relations avec un autre homme [étranger au lévirat] — elle serait, là aussi, disqualifiée [pour la prêtrise]. Mais puisque le Tana a enseigné la première partie [de la Michna] au sujet du yavam lui-même, il a également enseigné la dernière partie au sujet du yavam lui-même, bien que la même halakha s'applique si elle a cohabité avec un autre.
לֵימָא תֶּיהְוֵי תְּיוּבְתָּא דְּרַב הַמְנוּנָא, דְּאָמַר: שׁוֹמֶרֶת יָבָם שֶׁזִּינְּתָה פְּסוּלָה לִיבָמָהּ! לֹא: הוּא הַדִּין אֲפִילּוּ לְאַחֵר נָמֵי, וְאַיְּידֵי דִּתְנָא רֵישָׁא בְּדִידֵיהּ, תְּנָא נָמֵי סֵיפָא בְּדִידֵיהּ.
Il est enseigné dans la Michna [précédente] : de même, au sujet d'une femme stérile de naissance [aylonit], si l'un des frères a accompli avec elle la halitsa, il ne l'a pas disqualifiée [de la prêtrise], mais s'il a eu des relations avec elle, il l'a disqualifiée. La Guemara déduit de cette formulation que la raison de sa disqualification est qu'il a eu des relations avec elle ; mais s'il n'a pas eu de relations avec elle, elle n'est pas disqualifiée. Selon l'opinion de qui cette clause de la Michna a-t-elle été enseignée ? On doit dire qu'elle n'a pas été enseignée selon l'opinion de Rabbi Yehouda. Car si l'on prétendait que cet enseignement est conforme à l'opinion de Rabbi Yehouda — n'a-t-il pas dit qu'une aylonit est considérée comme une femme ayant eu des relations interdites par la Torah [zona], de sorte qu'elle est de toute façon disqualifiée d'épouser un Cohen ?
וְכֵן אַיְילוֹנִית שֶׁחָלְצוּ לָהּ אַחִין כּוּ׳. טַעְמָא דִּבְעָלוּהָ. הָא לֹא בְּעָלוּהָ — לָא. כְּמַאן? דְּלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאִי רַבִּי יְהוּדָה, הָאָמַר: אַיְילוֹנִית זוֹנָה הִיא.
Mishna 1
MICHNA : Un Cohen eunuque par cause naturelle [séris hama — impuissant de naissance, « par le soleil »] qui a épousé une fille d'Israël [non issue d'une famille sacerdotale] lui permet de manger de la téroumah. Rabbi Yossi et Rabbi Chimon disent : un Cohen hermaphrodite [androguinos — possédant à la fois les organes mâles et femelles] qui a épousé une fille d'Israël lui permet de manger de la téroumah.
מַתְנִי׳ סְרִיס חַמָּה כֹּהֵן שֶׁנָּשָׂא בַּת יִשְׂרָאֵל — מַאֲכִילָהּ בִּתְרוּמָה. רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: אַנְדְּרוֹגִינוֹס כֹּהֵן שֶׁנָּשָׂא בַּת יִשְׂרָאֵל — מַאֲכִילָהּ בִּתְרוּמָה.(משנה)
Rabbi Yehouda dit : un toumtoum [dont les organes sexuels sont indéterminés, recouverts] qui a été ouvert [par incision] et s'est révélé être un mâle ne doit pas accomplir la halitsa [s'il existe un autre frère], parce qu'il est traité comme un eunuque [séris]. Un hermaphrodite [androguinos] peut épouser une femme, mais il ne peut pas être épousé par un homme, car il est considéré comme un homme. Rabbi Éliézer dit : si quelqu'un a eu des relations avec un hermaphrodite, il encourt à cause de lui la peine de lapidation, comme s'il avait eu des relations avec un mâle.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: טוּמְטוּם שֶׁנִּקְרַע וְנִמְצָא זָכָר — לֹא יַחְלוֹץ, מִפְּנֵי שֶׁהוּא כְּסָרִיס. אַנְדְּרוֹגִינוֹס נוֹשֵׂא אֲבָל לֹא נִישָּׂא. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אַנְדְּרוֹגִינוֹס חַיָּיבִין עָלָיו סְקִילָה כַּזָּכָר.
Guémara
GUEMARA : La Guemara s'interroge sur l'enseignement de la Michna concernant le Cohen impuissant de naissance : cela va de soi [pechita] ; pourquoi un tel Cohen ne permettrait-il pas à son épouse de consommer la téroumah ? La Guemara répond : cette halakha est nécessaire, de peur que tu ne dises que, puisque le verset déclare « et celui qui est né en sa maison, eux mangeront de son pain » (Vayikra 22, 11), le droit de manger la téroumah dépendrait de la capacité du Cohen à engendrer des enfants — c'est-à-dire que seul celui qui peut engendrer permettrait à son épouse de manger la téroumah, tandis que celui qui ne peut pas engendrer ne le lui permettrait pas. C'est pourquoi le Tana nous enseigne que la capacité du Cohen à avoir des enfants n'entre pas en ligne de compte.
גְּמָ׳ פְּשִׁיטָא? מַהוּ דְּתֵימָא: מוֹלִיד — מַאֲכִיל, שֶׁאֵינוֹ מוֹלִיד — אֵינוֹ מַאֲכִיל, קָא מַשְׁמַע לַן.
Il est enseigné dans la Michna que Rabbi Yossi et Rabbi Chimon disent : un Cohen hermaphrodite qui a épousé une fille d'Israël lui permet de manger de la téroumah. Réch Lakich a dit : il lui permet de manger la téroumah, mais il ne lui permet pas de manger la poitrine et la cuisse [hazé vachoq] des sacrifices de paix [chelamim]. Rabbi Yohanan dit : il lui permet même de manger la poitrine et la cuisse des sacrifices de paix. La Guemara demande : et selon Réch Lakich, qu'y a-t-il de différent dans la poitrine et la cuisse des sacrifices de paix ? Si tu dis que c'est parce qu'elles relèvent de la loi de la Torah [déoraïta] — la téroumah aussi relève de la loi de la Torah ! Pourquoi, dès lors, lui serait-il permis de manger la téroumah, mais non la poitrine et la cuisse ?
רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: אַנְדְּרוֹגִינוֹס. אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מַאֲכִילָהּ בִּתְרוּמָה, וְאֵין מַאֲכִילָהּ בְּחָזֶה וָשׁוֹק. רַבִּי יוֹחָנָן אוֹמֵר: אַף מַאֲכִילָהּ בְּחָזֶה וָשׁוֹק. וּלְרֵישׁ לָקִישׁ, מַאי שְׁנָא חָזֶה וָשׁוֹק — דְּאוֹרָיְיתָא? תְּרוּמָה נָמֵי דְּאוֹרָיְיתָא!
La Guemara répond : de quoi traitons-nous ici ? Nous traitons de la téroumah à l'époque présente, après la destruction du Temple, où la téroumah n'est en vigueur que par décret rabbinique [dérabanan]. La Guemara demande : mais à l'époque où le Temple est debout, quelle est la halakha ? Il ne permet pas à son épouse de manger la téroumah. Mais s'il en est ainsi, il y a une difficulté : au lieu d'enseigner qu'il ne lui permet pas de manger la poitrine et la cuisse des sacrifices de paix, que [le Tana] établisse une distinction et l'enseigne à l'intérieur même du cas de la téroumah, ainsi : dans quel cas cela est-il dit ? Cela est dit au sujet de la téroumah qui n'est en vigueur que par décret rabbinique, mais au sujet de la téroumah qui est en vigueur par la loi de la Torah, cette règle ne s'applique pas !
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — בִּתְרוּמָה בַּזְּמַן הַזֶּה דְּרַבָּנַן. אֲבָל בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים מַאי — לֹא? אַדְּתָנֵי ״אֵין מַאֲכִילָהּ בְּחָזֶה וָשׁוֹק״, לִיפְלוֹג וְלִיתְנֵי בְּדִידַהּ: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בִּתְרוּמָה דְּרַבָּנַן, אֲבָל בִּתְרוּמָה דְּאוֹרָיְיתָא — לָא!
La Guemara répond : c'est bien là, en effet, ce qu'il [Réch Lakich] veut dire. En d'autres termes, voici ce que Réch Lakich entend réellement, et il faut comprendre sa déclaration ainsi : lorsqu'il lui permet de manger, il lui permet de manger la téroumah à l'époque présente, où la téroumah n'est en vigueur que par décret rabbinique ; mais il ne lui permet pas de manger [quoi que ce soit] à l'époque où la poitrine et la cuisse sont données aux Cohanim — c'est-à-dire lorsque le Temple est debout — pas même la téroumah qui n'est en vigueur que par décret rabbinique. Cela, par crainte qu'il n'en vienne à lui faire manger de la téroumah qui est en vigueur par la loi de la Torah.
הָכִי נָמֵי קָאָמַר: כְּשֶׁהוּא מַאֲכִילָהּ — מַאֲכִילָהּ בִּתְרוּמָה בַּזְּמַן הַזֶּה דְּרַבָּנַן, וְאֵין מַאֲכִילָהּ בִּזְמַן חָזֶה וָשׁוֹק, וַאֲפִילּוּ בִּתְרוּמָה דְּרַבָּנַן, דִּלְמָא אָתֵי לְאוֹכֹלַהּ בִּתְרוּמָה דְּאוֹרָיְיתָא.
Cependant, Rabbi Yohanan est en désaccord et dit qu'il lui permet même de manger la poitrine et la cuisse des sacrifices de paix. À propos de cette controverse, Rabbi Yohanan dit à Réch Lakich : puisque tu distingues entre la téroumah et la poitrine et la cuisse, soutiens-tu que la téroumah, à l'époque présente, n'est imposée que par décret rabbinique ? Il lui répondit : oui, et la preuve en est que j'enseigne [dans une braïta] qu'une galette de figues sèches [iggoul] qui s'est mélangée à d'autres galettes est annulée [bétoul]. [En effet,] si une galette de figues de téroumah s'est mélangée à cent galettes ordinaires [de houlin], la galette est annulée et il n'est pas nécessaire de toutes les traiter comme téroumah. Or si la galette — qui est un aliment important en lui-même — est annulée, c'est forcément parce que la téroumah n'est que de décret rabbinique.
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אַף מַאֲכִילָהּ בְּחָזֶה וָשׁוֹק. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרֵישׁ לָקִישׁ: מִי סָבְרַתְּ תְּרוּמָה בַּזְּמַן הַזֶּה דְּרַבָּנַן? אֲמַר לֵיהּ: אִין, שֶׁאֲנִי שׁוֹנֶה: עִיגּוּל בְּעִגּוּלִים עוֹלֶה.
Rabbi Yohanan lui dit : mais n'enseigné-je pas, moi aussi, qu'un morceau d'un sacrifice expiatoire [hatat] qui s'est mélangé à d'autres morceaux de viande est annulé — tenant que la règle de l'annulation s'applique même aux interdits de la Torah ? [Comment, dès lors, prétends-tu déduire de l'annulation d'une galette que la téroumah est rabbinique ?] Soutiens-tu que nous avons appris [dans la Michna] que tout ce qu'il est d'usage de compter [kol chedarko liminot — tout objet vendu, même occasionnellement, à la pièce plutôt qu'au poids ou à la mesure] est tenu pour important et ne peut donc être annulé ? Il n'en est rien : nous avons en réalité appris que seul ce dont l'usage [constant] est de le compter [ète chedarko liminot — l'objet toujours vendu à la pièce et d'aucune autre manière] est tenu pour important et n'est, par conséquent, pas sujet à annulation ; or les galettes de figues sèches ne sont pas toujours vendues à la pièce.
אֲמַר לֵיהּ, וַהֲלֹא אֲנִי שׁוֹנֶה: חֲתִיכָה בַּחֲתִיכוֹת — עוֹלָה. מִי סָבְרַתְּ ״כׇּל שֶׁדַּרְכּוֹ לִימָּנוֹת״ שָׁנִינוּ? ״אֶת שֶׁדַּרְכּוֹ לִימָּנוֹת״ שָׁנִינוּ.
La Guemara demande : quelle est cette halakha à laquelle Rabbi Yohanan fait allusion ? [Elle se trouve dans une Michna,] ainsi que nous l'avons appris (Orla 3, 6-7) : dans le cas de quelqu'un qui possédait des bottes de fenugrec [tiltan, une légumineuse] provenant d'un mélange interdit de cultures dans une vigne [kilé hakérèm] — c'est-à-dire des plants de fenugrec qui ont poussé dans une vigne — ces bottes doivent être brûlées, car il est interdit de tirer profit d'un mélange interdit de cultures dans une vigne. Si les bottes interdites se sont mélangées à d'autres qui sont permises…
מַאי הִיא — דִּתְנַן: מִי שֶׁהָיוּ לוֹ חֲבִילֵי תִלְתָּן שֶׁל כִּלְאֵי הַכֶּרֶם — יִדְלְקוּ. נִתְעָרְבוּ בַּאֲחֵרוֹת —

Rachi

פסולה ליבמה - כאשת איש שזינתה שאסורה לבעלה וכיון דזונה היא אסורה לכהונה:

האמר איילונית זונה היא - בפרק הבא על יבמתו (לעיל יבמות דף סא.) ויליף לה מהזנו ולא יפרוצו:

מתני' סריס חמה כהן וכו' - אבל סריס אדם מיפסל נמי פסיל לה מתרומה דבי נשא דהיינו פצוע דכא:

לא יחלוץ - אם יש אח אחר:,אבל לא נישא - שהוא כזכר והשוכב עמו הרי הוא כבא על הזכר:,רבי אליעזר אומר - בגמרא מפרש פלוגתייהו:

גמ' מהו דתימא מוליד מאכיל - דדייקינן ויליד ביתו הם יאכלו הראוי להוליד יאכיל:

מאכילה בתרומה כו' - לקמן מפרש לה בתרומה בזמן הזה דרבנן אבל במידי דאורייתא לא מאי טעמא ספק איש ספק אשה הוא:

ה"נ קאמר כו' - והכי משתמע מילתיה דר"ל מאכילה בתרומה כלומר בזה"ז שאין נוהג אלא תרומה ואינו מאכילה בכלום בזמן שחזה ושוק נוהגין דהיינו כשהמקדש קיים:,אפי' בתרומה דרבנן - כגון תרומת פירות הואיל ואיכא תרומה דאורייתא כגון דגן תירוש ויצהר גזרי':

אף מאכילה - דזכר מעליא הוא:,מי סברת תרומה בזה"ז דרבנן - דקמוקמת לה למתניתין במידי דרבנן ואסרת לה בחזה ושוק:,שאני שונה - ברייתא עיגול של תרומה בטל במאה של חולין או עיגול של תרומה טמאה בטל בק' עיגולים של תרומה טהורה ואי תרומה בזמן הזה דאורייתא כיון דעיגול דבר חשוב הוא ודרכו לימנות לא בטיל אף על גב דתרומת תאנים דרבנן הואיל ותרומה דאורייתא נוהגת לא מבטלינן דרבנן גזרה דרבנן אטו דאורייתא:

אמר ליה והלא אני שונה כו' - כלומר מי אית לך למיגזר בהא דרבנן אטו דאורייתא אי נמי אתית לבטולי בדאורייתא לאו איסורא הוא שהרי אני שונה חתיכה של חטאת טמאה בטיל בטהורה והכא מידי דאורייתא הוא ואף על גב דדרכו לימנות דמי סברת כל שדרכו לימנות שנינו דלא בטיל את שדרכו לימנות במנין שנינו שעשאוהו מיוחד למנין אבל חתיכה ועיגול פעמים שהם נמכרים באומד אף על גב דרגילים לימנות הואיל ואינן מיוחדים בכך בטלין:

תלתן - פניגר"י מין קטנית הוא ולמתק הקדירה בא:,ידלקו - כלאים בשריפה דכתיב (דברים כב) תוקדש תוקד אש:

Tossafot

לימא תיהוי תיובתא דרב המנונא כו' - וא"ת לעיל בפ"ק (יבמות דף טו:) דקאמר צרות מתיירא אני בני צרות מעיד אני לכם לרב המנונא מבני צרות לפשוט שהצרות פטורות מחליצה ומן היבום שאם היו זקוקות לאחין א"כ היו בני צרות פסולות מק"ו דאלמנה דליכא למפרך מה לאלמנה שכן היא עצמה מתחללת שגם היבמה שזינתה מתחללת לרב המנונא ואמר ר"י דמה דפשט להם בני צרות בזה לא היה מתיירא שאם יקפידו עליו יאמר שאין הלכה כרב המנונא:

ואין מאכילה בזמן חזה ושוק אפילו בתרומה דרבנן - בפרק שני דכתובות (דף כה.) גבי מאי גדולה חזקה דקאמר ואיבעית אימא בתרומה דרבנן אכלי דאורייתא לא אכלי ההיא שינויא לא הויא כסוגיא דהכא דגזרינן דרבנן אטו דאורייתא והא דאמר באלו עוברין (פסחים דף מד.) גבי שתי מדוכות הנח לתרומת תבלין דרבנן ולא גזרינן אטו דאורייתא אמר ר"י דשאני התם דאקראי בעלמא ולא איתחזק איסורא דאימור תרומה לתוך תרומה נפלה אבל עיגול בעיגולים דהכא אע"ג דאקראי בעלמא איתחזק איסורא והא דפריך לקמן (יבמות דף פב.) דרבי יוחנן אדרבי יוחנן מברייתא דשתי קופות הו"מ לשנויי בתרומת פירות דרבנן כי ההיא דפסחים אלא דמשני לה שפיר וא"ת ומי דחקו לר"ל דלא אכלה בתרומה בזמן חזה ושוק ואור"י משום דשמעינן לר' יוסי דאמר אנדרוגינוס ספיקא הוי דקאמר שלא הכריעו בו חכמים אם הוא זכר אם הוא נקבה וא"ת והא לר' יוסי תרומה בזמן הזה דאורייתא כדמוכח ברייתא דסדר עולם דמייתי לקמן בשמעתין וי"ל דקסבר ר"ל דר' יוסי תנא לה ולא סבר לה דכה"ג אשכחן בפרק יוצא דופן (נדה דף מו:) ועוד לפי שהיה שונה אליבא דר' יוסי עיגול בעיגולים עולה ורבי יוחנן אית ליה לקמן (יבמות דף פב:) דתני לה וסבר לה כדדייק ממתניתין דמשוי ליה רבי יוסי לאנדרוגינוס ודאי זכר מדקתני נושא ומינה מותבינן לקמן (שם) לריש לקיש ולדידיה ליתא לברייתא מקמי מתני':

אמר ליה ר' יוחנן לר"ל מי סברת תרומה בזמן הזה דרבנן - אע"ג דר' יוחנן גופיה אית ליה לקמן (שם) דלרבנן תרומה בזה"ז דרבנן הכא אליבא דר' יוסי קיימי וה"ק מי סברת דלר' יוסי תרומה בזה"ז דרבנן והשתא צ"ל דהא דמהדר ליה ר"ל אני שונה עיגול בעיגולים עולה אליבא דרבי יוסי היה שונה:,שאני שונה עיגול בעיגולים עולה כו' - וא"ת אכתי דלמא אע"ג דהוי דאורייתא עולה משום דסבר כרבנן דאמרי אינו מקדש אלא ו' דברים בלבד ואר"י דא"כ ה"ל למינקט מידי דאורייתא כגון ביצת טריפה שנתערבה ומדנקט עיגול בעיגולים ש"מ משום דתרומה דרבנן אבל במידי דאורייתא אסור כל שדרכו:

והלא אני שונה חתיכה בחתיכות עולה - היינו מתני' דמייתי בסמוך דחתיכה של חטאת וכו' תימה מנא ליה דאתיא כר' יוסי דלמא רבנן היא דאמרי אינו מקדש אלא ו' דברים בלבד וי"ל חדא דבר פלוגתיה דר' יהודה הוא רבי יוסי ועוד מאי איריא דנקט חתיכה דהוי כל שדרכו לימנות הוי ליה למינקט מילתא דהוי את שדרכו כיון דאין מקדש אלא ששה דברים ומדנקט חתיכה דוקא ש"מ דוקא חתיכה דהויא כל שדרכו עולה אבל את שדרכו אוסר וה"נ הוה מצינן לשנויי לר"ל דשפיר דייק מההיא דעיגול בעיגולים דעל כרחך לא אתי כרבנן מדנקט עיגול דהויא כל שדרכו ולא נקט את שדרכו:

מאי היא דתנן מי שהיו לו חבילי תלתן כו' - וא"ת לר"ל כיון דתרומה בזמן הזה דרבנן אלמא בטלה קדושת הארץ א"כ כלאי הכרם נמי דרבנן ואמאי תני כל שדרכו הא בדרבנן אין אוסר כל שדרכו ואין לומר דלר"מ תרומה בזמן הזה דאורייתא דהא שמעינן ליה לר"מ דעיגול בעיגולים עולה בריש מסכת ביצה (דף ג:) גבי ליטרא קציעות כו' וי"ל דכלאי הכרם חדא דרבנן דבזמן בהמ"ק הוי דאורייתא אבל עיגול תרתי דרבנן חדא דבטלה קדושת הארץ ועוד דאפילו בזמן בית המקדש תרומת תאנים דרבנן אי נמי חבילי תלתן הוי את שדרכו והכי פירושו שהיה ר"מ אומר כל שדרכו בדאורייתא מקדש ולכך דין הוא דאת שדרכו יקדש אפי' בדרבנן כגון חבילי תלתן:,נתערבו באחרות - אמר ר"ת דלא גרסי' ואחרות באחרות מדפריך בהתערובת (זבחים דף עד. ושם) לשמואל דאסר ספק ספיקא בעבודת כוכבים מברייתא שמתרת ולא משכח דקאי כשמואל אלא ר' יהודה בברייתא שאוסר אפי' בשאר איסורין ספק ספיקא ושמואל סבר כוותיה בחדא בעבודת כוכבים ופליג בשאר איסורין ואי הוה גרס הכא ובע"ז ובכל דוכתי דכי הך משנה ואחרות באחרות הוה ליה לאתויי לשמואל סייעתא מכל הנך משניות וי"מ דאפילו גרס בכל הנך משניות ואחרות באחרות לא היה יכול להביא ראיה מהם לשמואל דאסר ספק ספיקא דדלמא הכי קאמר וכל האחרות שנתערבו באחרות דליכא אלא חד ספיקא ויש חידוש יותר בנתערב שתי פעמים מבנתערב פעם אחת דאף על גב דאיכא תרי רובי אסיר דגבי שאר מילי אוסרין חד רובא ושרינן תרי רובי כגון גבי יוחסין בסוף פ"ק דכתובות (דף טו. ושם) דאמר הולכין אחר רוב העיר והוא דאיכא רוב סיעה בהדה ואין הולכין אחר רוב העיר גרידתא ורוב סיעה גרידתא:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Yevamot 81a
100%
יבמות פ״א אמַסֶּכֶת יְבָמוֹת