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Traité Yevamot

80b

Étude de Yevamot 80b

Étude de la Guémara 80b

Guémara
[On n'arrête pas d'allaiter une femme enceinte qui sèvre son nourrisson] à cause du danger — danger pour l'enfant, qui pourrait en réalité être viable, comme pour la mère, qui pourrait subir des complications mortelles si elle devait retenir tout son lait. La Guemara précise : de quoi traitons-nous ici ? D'un cas où ses signes de viabilité sont pleinement développés, de sorte que l'enfant a l'apparence d'un nouveau-né viable. Comme il est enseigné dans une baraïta : qu'est-ce qu'un enfant « né au huitième mois » ? C'est tout enfant dont les mois de gestation ne se sont pas achevés, c'est-à-dire un prématuré. Rabbi [Yehouda HaNassi] dit : les signes qui prouvent que l'enfant relève de cette catégorie [de non-viable] sont que ses cheveux et ses ongles ne sont pas pleinement formés. Or le motif [de la non-viabilité] tient à ce qu'ils ne sont pas pleinement formés ; mais si ses cheveux et ses ongles sont pleinement formés, nous disons que ce fœtus était apte à naître après sept mois, et que pour quelque raison sa naissance a simplement été retardée dans le ventre de sa mère.
מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה. הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּשֶׁגָּמְרוּ סִימָנָיו. דְּתַנְיָא: אֵיזֶהוּ בֶּן שְׁמֹנֶה? כֹּל שֶׁלֹּא כָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו. רַבִּי אוֹמֵר: סִימָנִין מוֹכִיחִין עָלָיו, שְׂעָרוֹ וְצִפׇּרְנָיו שֶׁלֹּא גָּמְרוּ. טַעְמָא דְּלֹא גָּמְרוּ. הָא גָּמְרוּ — אָמְרִינַן הַאי בַּר שִׁבְעָה הוּא, וְאִישְׁתַּהוֹיֵי הוּא דְּאִישְׁתַּהִי.
Mais s'il en est ainsi, qu'en est-il de l'acte rendu par Rava Tosfaa au sujet d'une femme dont le mari était parti outre-mer et dont l'enfant fut retardé dans son ventre jusqu'à douze mois — les douze mois de l'année qui suivit le départ du mari ? Rava Tosfaa déclara l'enfant apte [casher, c'est-à-dire légitime, en présumant que le mari en est le père et que l'enfant n'est donc pas un mamzer]. Selon quelle opinion a-t-il tranché ainsi ? Ce ne peut être que selon l'opinion de Rabbi [Yehouda HaNassi], qui soutient qu'un enfant peut être retardé pour une longue durée dans le ventre de sa mère, même une fois pleinement développé et prêt à naître. Mais comment Rava Tosfaa a-t-il pu trancher selon l'opinion individuelle de Rabbi, contre l'opinion majoritaire de ses collègues ?
אֶלָּא הָא דַּעֲבַד רָבָא תּוֹסְפָאָה עוֹבָדָא בְּאִשָּׁה שֶׁהָלַךְ בַּעְלָהּ לִמְדִינַת הַיָּם וְאִישְׁתַּהִי עַד תְּרֵיסַר יַרְחֵי שַׁתָּא, וְאַכְשְׁרֵיהּ. כְּמַאן — כְּרַבִּי, דְּאָמַר מִשְׁתַּהֵא!
La Guemara répond : puisqu'il y a aussi Rabban Chimon ben Gamliel, qui affirme qu'un enfant peut être retardé dans le ventre de sa mère, Rava Tosfaa a en réalité agi conformément à la majorité — l'opinion de Rabbi n'est donc pas celle d'un Sage isolé. Comme il est enseigné dans une baraïta où Rabban Chimon ben Gamliel dit : tout enfant humain qui demeure en vie trente jours n'est pas un nefel [un mort-né, un non-viable]. Même s'il n'a pas été porté neuf mois pleins, dès lors qu'il a survécu trente jours, on ne le traite plus comme un nourrisson dont la viabilité est douteuse. La raison en est qu'on le présume être un enfant qui était apte à naître après sept mois, mais dont la naissance a été retardée dans le ventre de sa mère, faute d'être venu au monde aussitôt sa maturité atteinte.
כֵּיוָן דְּאִיכָּא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל דְּאָמַר מִשְׁתַּהֵי, כְּרַבִּים עֲבַד. דְּתַנְיָא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כׇּל שֶׁשָּׁהָה שְׁלֹשִׁים יוֹם בָּאָדָם — אֵינוֹ נֵפֶל.
Les Sages ont enseigné : qu'est-ce qu'un eunuque par cause naturelle [saris hama, littéralement « eunuque du soleil », c'est-à-dire de naissance, sans intervention de l'homme] ? C'est quiconque a vingt ans et n'a pas encore produit deux poils [pubiens, signe de la maturité]. Et même s'il produit des poils par la suite, il demeure considéré comme un eunuque par cause naturelle pour toutes ses affaires. Voici ses signes : quiconque n'a pas de barbe, dont la chevelure est déficiente — différente de celle des autres hommes — et dont la peau est lisse, c'est-à-dire glabre. Rabban Chimon ben Gamliel dit, au nom de Rabbi Yehouda ben Yaïr : c'est quiconque dont l'urine ne fait pas mousser.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזֶהוּ סְרִיס חַמָּה? כׇּל שֶׁהוּא בֶּן עֶשְׂרִים, וְלֹא הֵבִיא שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת. וַאֲפִילּוּ הֵבִיא לְאַחַר מִכָּאן הֲרֵי הוּא כְּסָרִיס לְכׇל דְּבָרָיו. וְאֵלּוּ הֵן סִימָנָיו: כֹּל שֶׁאֵין לוֹ זָקָן, וּשְׂעָרוֹ לָקוּי, וּבְשָׂרוֹ מַחְלִיק. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה בֶּן יָאִיר: כֹּל שֶׁאֵין מֵימָיו מַעֲלִין רְתִיחוֹת.
Et certains disent : c'est quiconque urine sans former d'arc [le jet ne décrivant pas de courbe]. Et certains disent : c'est quiconque dont la semence se dissipe et ne se coagule pas comme il convient. Et certains disent : quiconque dont l'urine ne fermente pas. D'autres disent : c'est quiconque se baigne à la saison des pluies et dont la chair ne dégage pas de vapeur. Rabbi Chimon ben Elazar dit : c'est quiconque dont la voix est déficiente, au point qu'on ne distingue pas à l'entendre s'il s'agit d'un homme ou d'une femme.
וְיֵשׁ אוֹמְרִים: כׇּל הַמֵּטִיל מַיִם וְאֵין עוֹשֶׂה כִּיפָּה. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: כֹּל שֶׁשִּׁכְבַת זַרְעוֹ דּוֹחָה. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: כֹּל שֶׁאֵין מֵימֵי רַגְלָיו מַחְמִיצִין. אֲחֵרִים אוֹמְרִים: כֹּל שֶׁרוֹחֵץ בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים וְאֵין בְּשָׂרוֹ מַעֲלֶה הֶבֶל. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: כֹּל שֶׁקּוֹלוֹ לָקוּי, וְאֵין נִיכָּר בֵּין אִישׁ לְאִשָּׁה.
Et qu'est-ce qu'une femme sexuellement non développée [aylonit] ? C'est toute femme qui a vingt ans et n'a pas encore produit deux poils [pubiens]. Et même si elle produit des poils par la suite, elle demeure considérée comme une aylonit pour toutes ses affaires. Voici ses signes : une aylonit est toute femme qui n'a pas de seins et qui éprouve de la douleur lors des rapports. Rabban Chimon ben Gamliel dit : c'est toute femme dont le bas-ventre n'est pas formé comme celui des autres femmes, car il lui manque le coussinet de chair qui se trouve habituellement au-dessus du sexe féminin. Rabbi Chimon ben Elazar dit : c'est toute femme dont la voix est grave, au point qu'on ne distingue pas à l'entendre s'il s'agit d'une femme ou d'un homme.
וְאֵיזוֹ הִיא אַיְלוֹנִית? כֹּל שֶׁהִיא בַּת עֶשְׂרִים וְלֹא הֵבִיאָה שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת, וַאֲפִילּוּ הֵבִיאָה לְאַחַר מִכָּאן — הֲרֵי הִיא כְּאַיְלוֹנִית לְכׇל דְּבָרֶיהָ. וְאֵלּוּ הֵן סִימָנֶיהָ: כֹּל שֶׁאֵין לָהּ דַּדִּים, וּמִתְקַשָּׁה בִּשְׁעַת תַּשְׁמִישׁ. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כֹּל שֶׁאֵין לָהּ שִׁיפּוּלֵי מֵעַיִם כְּנָשִׁים. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: כֹּל שֶׁקּוֹלָה עָבֶה, וְאֵינָהּ נִיכֶּרֶת בֵּין אִשָּׁה לְאִישׁ.
Il a été énoncé que des amoraïm ont divergé sur les signes de l'eunuque. Rav Houna a dit : on n'est rangé dans la catégorie d'eunuque que si tous ces signes sont présents. Rabbi Yohanan a dit : on l'y range même si un seul d'entre eux est présent. La Guemara fait observer : dans le cas où il a produit deux poils à la barbe, tous s'accordent à dire qu'il n'est pas tenu pour sexuellement impuissant tant que tous les signes ne sont pas présents. Là où ils divergent, c'est dans le cas où il n'a pas produit [de poils à la barbe].
אִיתְּמַר: סִימָנֵי סָרִיס, רַב הוּנָא אָמַר: עַד שֶׁיְּהוּ כּוּלָּם. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ בְּאֶחָד מֵהֶן. הֵיכָא דְּהֵבִיא שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת בַּזָּקָן — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּעַד שֶׁיְּהוּ כּוּלָּן. כִּי פְּלִיגִי — בְּשֶׁלֹּא הֵבִיא.
La Guemara objecte : mais s'il en est ainsi, qu'en est-il de ce que Rabba bar Avouh dit aux Sages — « Examinez Rav Nahman lorsqu'il se baigne ; si sa chair dégage de la vapeur, je lui donnerai ma fille pour épouse » ? Selon quelle opinion a-t-il donné ces instructions ? N'est-ce pas selon l'opinion de Rav Houna, qui exige la présence de tous les signes — puisqu'on peut présumer qu'il voyait bien que Rav Nahman n'avait pas de barbe ? La Guemara répond : non. Rav Nahman avait des touffes de barbe ; c'est pourquoi Rabba bar Avouh voulait savoir s'il présentait l'autre signe d'incapacité sexuelle [la vapeur dégagée par la chair].
אֶלָּא הָא דַּאֲמַר לְהוּ רַבָּה בַּר אֲבוּהּ לְרַבָּנַן: עַיִּינוּ בֵּיהּ בְּרַב נַחְמָן, אִי בְּשָׂרוֹ מַעֲלֶה הֶבֶל אִיתֵּיב לֵיהּ בְּרַת. כְּמַאן, כְּרַב הוּנָא! לָא, רַב נַחְמָן סִיכֵּי דִיקְנָא הַוְיָא לֵיהּ.
Il est enseigné dans la Michna qu'un homme [naturellement] eunuque n'accomplit ni la halitsa ni le yiboum avec sa yevama, et de même qu'une femme sexuellement non développée [aylonit] n'accomplit ni la halitsa ni le yiboum avec son yavam. La Guemara fait observer que le Tana enseigne le cas de l'eunuque sur le modèle de celui de l'aylonit ; on peut en inférer : de même que, pour l'aylonit, l'incapacité est par le fait du Ciel, de même, pour l'eunuque, l'incapacité doit être par le fait du Ciel [et non par la main de l'homme]. Et cette opinion anonyme de la Michna est conforme à l'opinion de Rabbi Akiva, qui a dit : pour celui dont l'incapacité a été causée par la main de l'homme [saris adam] — oui, il est tenu pour un homme ordinaire et accomplit la halitsa ; tandis que celui qui subit sa condition par le fait du Ciel [saris hama] ne l'accomplit pas.
הַסָּרִיס לֹא חוֹלֵץ וְלֹא מְיַיבֵּם, וְכֵן אַיְלוֹנִית וְכוּ׳. קָתָנֵי סָרִיס דּוּמְיָא דְּאַיְלוֹנִית: מָה אַיְלוֹנִית בִּידֵי שָׁמַיִם, אַף סָרִיס בִּידֵי שָׁמַיִם. וּסְתָמָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּאָמַר: בִּידֵי אָדָם — אִין, בִּידֵי שָׁמַיִם — לָא.
Il est encore enseigné dans la Michna que si un eunuque a accompli la halitsa avec sa yevama, il ne l'a pas pour autant rendue inapte à épouser un Cohen ; mais s'il a eu des rapports avec elle, il l'a rendue inapte. La Guemara infère de cette formulation que le motif de sa disqualification est qu'il a eu, lui — le yavam — des rapports avec elle, puisqu'elle s'est unie à son yavam hors du cadre d'un yiboum permis [devenant ainsi zona, interdite à la prêtrise]. Mais si un autre homme avait eu des relations avec elle, elle ne serait pas rendue inapte —
הַסָּרִיס שֶׁחָלַץ לִיבִמְתּוֹ לֹא פְּסָלָהּ כּוּ׳. טַעְמָא דִּבְעָלָהּ הוּא, הָא אַחֵר — לָא,

Rachi

מפני הסכנה - סכנת שניהם הבן והאם שלא ירבה חלב הדדין ותיאנס ותמות:,טעמא דלא גמרו כו' - בניחותא וסיומא דמילתא היא:,בר שבעה הוא - ולשבעה נגמרה צורתו אלא שנשתהא וחזר. ואשמעינן רבי אבהו דאפי' לרבי לא מחזקינן ליה בבר קיימא עד שיהא בן כ':

ואישתהי עד תריסר ירחי שתא - שלא חזר וילדה אשתו לסוף שנתה:,ואכשריה - רבא דקסבר משתהא הולד אחר גמר צורתו וזה נשתהא ג' חדשים ולא אמרי' לאחר שהלך בעלה נתעברה מאחר:

כל ששהא שלשים יום באדם - שחיה שלשים יום:,אינו נפל - ואפילו לא כלו לו חדשי עיבור דאמרינן לשבעה נגמרה צורתו ואישתהי עד שמיני. להכי נקט באדם דאילו בבהמה קתני התם שמנה ימים שהה אין נפל:

לקוי - רך:,מחליק - חלק כבשר אשה. דרך בשר איש להיות שעיר אשפר"א בלע"ז:,רתיחות - אשקומ"א:

כיפה - קילוח ארוך למרחוק:,דוחה - שאינו קשור אלא צלול כמים:,מחמיצין - מסריחין כששוהים בכלי:,הבל - חמימות כעין עשן:

ומתקשה בשעת תשמיש - תשמיש קשה לה:,שיפולי מעים - כמין כף למעלה מאותו מקום כדאמר בפ' יוצא דופן (נדה דף מז:):

איתיב ליה ברת - אלמא כיון דליתנהו כולהו סימני סריס דבצר ליה האי לא מחזקינן ליה כסריס:,סיכי דיקנא - יתדות הזקן. כלומר בכמה מקומות הוה לו שער בזקנו:

בידי אדם - כלומר סריס אדם בעי חליצה סריס חמה לא:

טעמא דבעלה הוא - דהויא זונה דנבעלה לאחי בעלה שלא במקום מצוה והיא היתה עליו בכרת:

Tossafot

כיון דאיכא רשב"ג דאמר משתהי כו' - תימה דהשתא משמע דפלוגתא דרשב"ג ורבנן בבן שמונה דחשיב בר קיימא לרשב"ג ולא לרבנן וקשיא לר"י דלעיל בהחולץ (דף לו:) ובפ' ר"א דמילה (שבת דף קלה: ושם) משמע דפליגי איפכא ובסתם וולדות דלרשב"ג היכא דלא שהה חשבינן ליה ספיקא ולרבנן חשבינן ליה בר קיימא ואמר ר"י דמשמע ליה לגמרא דפליגי בתרתי דעל כרחך רשב"ג איירי בבן שמנה דמדתניא בתוספתא בתר פלוגתא דרבי ורבנן דלעיל ומדקאמר כל ששהה ולא נקט אם שהה משמע דאתא לרבויי סתם וולדות דאין יוצאין מתורת נפל אלא בשלשים יום ועוד דבתוספתא מסיים במילתיה דרשב"ג שנאמר ופדויו מבן חדש תפדה משמע דמיירי בסתם וולדות מדמייתי קרא ועוד דאם לא בא להוסיף רשב"ג סתם וולדות מה בא להוסיף על רבי ואכתי קשיא לר"י הא דאיבעי לן בסוף רבי אליעזר דמילה (שבת דף קלו.) מי פליגי רבנן עליה דרשב"ג בסתם וולדות או לא ומדקדק מדאמר רב יהודה אמר שמואל הלכה כרשב"ג מכלל דפליגי רבנן ומאי ראיה היא דלמא משום בן ח' בא לפסוק כמותו ואמר ר"י דקי"ל דשמואל בסתם וולדות פוסק כמותו א"נ דע"כ לא בבן שמנה פסק כמותו אלא בסתם וולדות דבבן שמנה אין הלכה כמותו מדר' אבהו דהכא ועוד דאי בבן שמונה פוסק כמותו הוה ליה למימר הלכה כרבי ורבן שמעון בן גמליאל:

עד שיהא בכולן - אע"ג דאמרן לעיל דבעינן שיהא לקוי ממעי אמו ויש סימנים שאין יכולין להוודע משנולד מ"מ כיון שניכר מיד שאין עושה כיפה ושאר סימנים ניכרים כל אחד כשהוא בזמנו הוכיח הראשון על האחרים שממעי אמו הוא לקוי אלא שלא היו ראוין להיות ניכרים סמוך ללידתו וא"ת הא דאמרינן (לקמן יבמות דף קיא:) קטן וקטנה לא חולצין ולא מייבמין קטן שמא ימצא סריס כשמטיל מים ועושה כיפה יחלוץ וייבם לרב הונא דאמר עד שיהא בכולן ואפילו אם יולדו כל הסימנים לאחר מכאן אין בכך כלום כיון שלא היה לקוי ממעי אמו ואין לומר דבאותו קטן שיש בו סימני סריס שאין עושה כיפה קאמר דלא חולצין ולא מייבמין דהא בכל דוכתא משמע דטעמא משום דחיישינן למיעוט וזה היה תימה דאותן שיש בהן סימני סריס בקטנותם רובם מתקנין ולאו סריס נינהו ועוד דלקמן בפרק בית שמאי (יבמות דף קיא:) משמע דבכל קטנים איירי רבי מאיר גבי יבם קטן שבא על יבמה גדולה תגדלנו דקאמרינן לימא מתניתין דלא כרבי מאיר כו' ואמר ר"י דהא דבעינן לעיל שיהו בו סימני סריס משנולד היינו ליחשב ודאי סריס אבל ספק סריס הוי אף על פי שאין בו סימני סריס וכן פירש רשב"ם ביוצא דופן (נדה דף מז: ושם) גבי הא דאמר וכי לא נולדו בו סימני סריס עד כמה עד רוב שנותיו פירוש עד רוב שנותיו אם לא הביא הוי גדול ודאי וסריס ודאי אבל קודם לכן הוא קטן ויש לו דין בן תשעה מכ' ועד רוב שנותיו ואם הביא ב' שערות מכ' ועד קודם רוב שנותיו הוי גדול ולא סריס:,דהביא שתי שערות בזקן כולי עלמא לא פליגי עד שיהא בכולן - וא"ת והא לעיל אמרינן בן עשרים ולא הביא שערות יביאו כו' הא הביא שערות קודם כ' לא חשיב ודאי סריס אע"פ שיש בו סימני סריס ואם כן מאי קאמר עד שיהא בכולן אפילו כולן אין מועילין דהא הביא שתי שערות בזקן ואמר ר"י דשערות דזקן אין מועילין לדין הבאת שתי שערות אף על גב דבכל שאר מקומות בגוף מועילים ואם תאמר כיון דהביא שתי שערות בזקן מאי קאמר עד שיהא בכולן והלא אחד מן הסימנים הוא שאין לו זקן והרי יש לו זקן ואמר ר"י דאין חשוב בהבאת שתי שערות לבד יש לו זקן אלא אם כן נתמלא זקנו וא"ת הא דאמר בפרק קמא דקדושין (דף לה: ושם) זקן האשה והסריס ופירש בקונטרס סריס חמה היכי משכחת לה למ"ד עד שיהא בכולן ואר"י דהכא מיירי קודם כ' אבל מה שהביא אחר כ' שכבר הוא סריס ודאי אין בכך כלום:,כי פליגי בשלא הביא - והא דקאמר רבי יוחנן אפי' באחד מהן לא שיצטרך סימן אחד בהדי האי אלא בהאי לחודיה חשוב סריס ואין לתמוה על הלשון דבכי האי גוונא אמרי' באלו טרפות (חולין דף סב.) עוף הבא בסימן אחד טהור והני מילי דלא דריס ועל כרחך הכי פירושו הני מילי שאותו סימן הוא דלא דריס:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Yevamot 80b
100%
יבמות פ׳ במַסֶּכֶת יְבָמוֹת