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Traité Yevamot

76b

Étude de Yevamot 76b

Étude de la Mishna & Guémara 76b

Mais celle-ci, la fille de Pharaon, n'avait pas besoin de telles choses [d'un examen approfondi de la sincérité de sa conversion], car elle était elle-même de sang royal ; il n'y avait donc aucune raison de douter de la sincérité de sa conversion.
הָא לָא צְרִיכָא לֵיהּ.
La Guemara objecte : mais que l'on déduise [l'interdiction pour Salomon de l'épouser] d'une autre raison — car elle était une Égyptienne de première génération ! Même convertie, elle restait une convertie égyptienne de première génération, et à ce titre ni elle ni ses enfants n'étaient autorisés à épouser un Juif de naissance (Devarim 23, 8-9). Et si tu voulais dire que ceux que la Torah a interdits [les Égyptiens d'alors] ont déjà quitté l'Égypte et vivent désormais ailleurs dans le monde, tandis que ceux qui habitent aujourd'hui l'Égypte sont d'autres peuples [donc non concernés par l'interdit], il y a une difficulté.
[וְתִיפּוֹק לֵיהּ] דְּהָא מִצְרִית רִאשׁוֹנָה הִיא! וְכִי תֵּימָא: הָנָךְ אָזְלִי לְעָלְמָא וְהָנֵי אַחֲרִינֵי נִינְהוּ,
Car n'a-t-on pas enseigné dans une baraïta que Rabbi Yehouda a dit : Minyamin, un converti égyptien, était mon ami parmi les élèves de Rabbi Akiva, et il a dit : « Depuis ma conversion, je suis un Égyptien de première génération ; j'ai donc épousé une autre convertie égyptienne de première génération. Je marierai mon fils, qui est un Égyptien de deuxième génération, à une autre convertie égyptienne de deuxième génération, afin que mon petit-fils soit apte à entrer dans l'assemblée [à épouser une Juive de naissance]. » Cela montre que les convertis égyptiens de première et de deuxième génération demeuraient interdits d'entrer dans l'assemblée, même à l'époque de la Michna.
וְהָא תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מִנְיָמִין גֵּר מִצְרִי הָיָה לִי חָבֵר מִתַּלְמִידֵי רַבִּי עֲקִיבָא, אָמַר: אֲנִי מִצְרִי רִאשׁוֹן, וְנָשָׂאתִי מִצְרִית רִאשׁוֹנָה. אַשִּׂיא לִבְנִי מִצְרִית שְׁנִיָּה כְּדֵי שֶׁיְּהֵא בֶּן בְּנִי רָאוּי לָבֹא בַּקָּהָל!
Rav Papa dit : Allons-nous nous lever pour soulever une objection à partir du cas de Salomon ? Salomon n'a épousé personne [aucune de ces femmes par un mariage valide], car il est écrit à son sujet : « Des nations dont l'Éternel avait dit aux enfants d'Israël : Vous n'irez pas chez elles et elles ne viendront pas chez vous, car assurément elles détourneraient votre cœur vers leurs dieux ; c'est à elles que Salomon s'attacha par amour » (Melakhim I 11, 2). Salomon s'attacha à ces femmes par amour, mais sans être légalement marié avec elles. [Comme Salomon avait d'autres épouses interdites, le cas de la fille de Pharaon ne présente aucune difficulté particulière ; en réalité aucun de ces mariages n'était valide.] Mais l'expression « et Salomon s'allia par mariage » (Melakhim I 3, 1), employée à propos de la fille de Pharaon, fait difficulté, car elle indique que ce mariage-là était bel et bien valide.
אָמַר רַב פָּפָּא: אֲנַן מִשְּׁלֹמֹה לֵיקוּ וְנֹתֵיב? שְׁלֹמֹה לָא נְסֵיב מִידֵּי, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״מִן הַגּוֹיִם אֲשֶׁר אָמַר ה׳ אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לֹא תָבוֹאוּ בָּהֶם וְהֵם לֹא יָבוֹאוּ בָכֶם אָכֵן יַטּוּ אֶת לְבַבְכֶם אַחֲרֵי אֱלֹהֵיהֶם, בָּהֶם דָּבַק שְׁלֹמֹה לְאַהֲבָה״. אֶלָּא קַשְׁיָא ״וַיִּתְחַתֵּן״!
La Guemara répond : en raison de l'amour extraordinaire qu'il lui portait, le verset le considère comme s'il l'avait épousée par un mariage légalement valide, bien qu'il n'en fût rien.
מִתּוֹךְ אַהֲבָה יְתֵירָה שֶׁאֲהֵבָהּ, מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ נִתְחַתֵּן בָּהּ.
Ravina dit à Rav Achi : mais n'avons-nous pas appris dans la michna qu'un homme aux testicules écrasés (petsoua daka) et un homme dont le membre a été tranché (kerout chofkha) sont autorisés à épouser une convertie ou une servante affranchie ? Cela indique que ce sont seulement ces femmes-là qu'ils sont autorisés à épouser, mais qu'il leur est interdit d'épouser une Guivonite (netina). Cela semble contredire la baraïta qui permet à un homme aux testicules écrasés d'épouser une Guivonite.
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי, וְהָא אֲנַן תְּנַן: פְּצוּעַ דַּכָּא וּכְרוּת שׇׁפְכָה מוּתָּרִים בְּגִיּוֹרֶת וּמְשׁוּחְרֶרֶת. הָא בִּנְתִינָה — אֲסִירִי!
Rav Achi lui répondit : et selon ton raisonnement, examine la fin de la michna, qui dit : « et ils ne sont interdits que d'entrer dans l'assemblée » — d'où l'on déduirait l'inverse, à savoir que c'est seulement une femme née juive qu'il leur est interdit d'épouser, mais qu'ils sont autorisés à épouser une Guivonite, puisqu'elle ne fait pas partie de l'assemblée de l'Éternel. Mais alors [les deux déductions se contredisent] ; aussi n'y a-t-il aucune déduction à tirer de cette michna, et l'on doit s'en tenir à la halakha enseignée explicitement [par la baraïta].
אֲמַר לֵיהּ: וְלִיטַעְמָיךְ, אֵימָא סֵיפָא: וְאֵינָן אֲסוּרִין אֶלָּא מִלָּבֹא בַּקָּהָל. הָא בִּנְתִינָה שָׁרוּ! אֶלָּא מֵהָא לֵיכָּא לְמִשְׁמַע מִינַּהּ.
Mishna 1
MICHNA : Les convertis ammonite (amoni) et moabite (moavi) sont interdits d'entrer dans l'assemblée et d'épouser une femme née juive, et leur interdiction est éternelle, pour toutes les générations. En revanche, leurs femmes [les Ammonites et Moabites], y compris la convertie elle-même, sont autorisées immédiatement.
מַתְנִי׳ עַמּוֹנִי וּמוֹאָבִי — אֲסוּרִים, וְאִיסּוּרָן אִיסּוּר עוֹלָם. אֲבָל נְקֵבוֹתֵיהֶם — מוּתָּרוֹת מִיָּד.(משנה)
Les convertis égyptien (mitsri) et édomite (adomi) ne sont interdits que pendant trois générations, hommes comme femmes. Rabbi Chimon autorise immédiatement les femmes égyptiennes et édomites. Rabbi Chimon a dit : la chose se déduit par un raisonnement a fortiori (kal vahomer) : si, là où la Torah a interdit les hommes d'une interdiction éternelle — à savoir les Ammonites et les Moabites — elle a néanmoins autorisé les femmes immédiatement, alors là où elle n'a interdit les hommes que pendant trois générations — à savoir les Égyptiens et les Édomites — n'est-il pas juste que nous autorisions les femmes immédiatement ?
מִצְרִי וַאֲדוֹמִי אֵינָם אֲסוּרִים אֶלָּא עַד שְׁלֹשָׁה דּוֹרוֹת, אֶחָד זְכָרִים וְאֶחָד נְקֵבוֹת. רַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר אֶת הַנְּקֵבוֹת מִיָּד. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן, קַל וָחוֹמֶר הַדְּבָרִים: וּמָה אִם בְּמָקוֹם שֶׁאָסַר אֶת הַזְּכָרִים אִיסּוּר עוֹלָם — הִתִּיר אֶת הַנְּקֵבוֹת מִיָּד, מָקוֹם שֶׁלָּא אָסַר אֶת הַזְּכָרִים אֶלָּא עַד שְׁלֹשָׁה דּוֹרוֹת — אֵינוֹ דִּין שֶׁנַּתִּיר אֶת הַנְּקֵבוֹת מִיָּד?
Ses collègues lui dirent : si tu rapportes une halakha que tu as reçue de tes maîtres, nous l'accepterons de toi. Mais si tu veux seulement établir ton propos par un raisonnement a fortiori fondé sur ta propre logique, il y a une réfutation à ton argument. Rabbi Chimon leur répondit : il n'en est pas ainsi [je conteste que le a fortiori puisse être réfuté] ; mais quoi qu'il en soit, c'est une halakha [transmise par mes maîtres] que j'énonce.
אָמְרוּ לוֹ: אִם הֲלָכָה — נְקַבֵּל, וְאִם לַדִּין — יֵשׁ תְּשׁוּבָה. אָמַר לָהֶם: לֹא כִּי, הֲלָכָה אֲנִי אוֹמֵר.
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : d'où ces choses sont-elles déduites — que les femmes ammonites et moabites sont autorisées immédiatement ? Rabbi Yohanan dit : car le verset énonce : « Et lorsque Saül vit David sortir à la rencontre du Philistin, il dit à Avner, le chef de l'armée : De qui ce jeune homme est-il le fils, Avner ? Et Avner répondit : Par ta vie, ô roi, je l'ignore » (Chemouel I 17, 55). Ce verset est étonnant : Saül ne le reconnaissait-il vraiment pas ? Mais n'est-il pas écrit auparavant : « Il l'aima beaucoup, et David devint son écuyer » (Chemouel I 16, 21) ? Il faut donc dire que Saül s'enquérait du père de David.
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר קְרָא: ״וְכִרְאוֹת שָׁאוּל אֶת דָּוִד יוֹצֵא לִקְרַאת הַפְּלִשְׁתִּי אָמַר אֶל אַבְנֵר שַׂר הַצָּבָא בֶּן מִי זֶה הַנַּעַר אַבְנֵר וַיֹּאמֶר אַבְנֵר חֵי נַפְשְׁךָ הַמֶּלֶךְ אִם יָדָעְתִּי״. וְלָא יְדַע לֵיהּ? וְהָכְתִיב: ״וַיֶּאֱהָבֵהוּ מְאֹד וַיְהִי לוֹ נוֹשֵׂא כֵּלִים״! אֶלָּא אַאֲבוּהּ קָא מְשַׁאֵיל.
La Guemara reste perplexe devant ce verset : et Saül ne connaissait-il pas le père de David ? Mais n'est-il pas écrit au sujet de Yichaï (Jessé), père de David : « Et cet homme, aux jours de Saül, était vieux, avancé en âge parmi les hommes » (Chemouel I 17, 12) — et Rav, ou selon certains Rabbi Abba, a dit : c'est Yichaï, père de David, qui entrait toujours [au tribunal] entouré d'une multitude et en sortait entouré d'une multitude ! [Étant manifestement un homme considérable, tout le monde devait savoir qui il était.]
וְאָבִיו לָא יְדַע לֵיהּ? וְהָכְתִיב: ״וְהָאִישׁ בִּימֵי שָׁאוּל זָקֵן בָּא בַאֲנָשִׁים״, וְאָמַר רַב, וְאִיתֵּימָא רַבִּי אַבָּא: זֶה יִשַׁי אֲבִי דָוִד, שֶׁנִּכְנַס בְּאוּכְלוּסָא וְיָצָא בְּאוּכְלוּסָא!
Yevamot 76b
100%
יבמות ע״ו במַסֶּכֶת יְבָמוֹת