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Traité Yevamot

71b

Étude de Yevamot 71b

Étude de la Guémara 71b

Guémara
[Pour l'enfant qui avait été affaibli par la fièvre, on attend sept jours de guérison avant de le circoncire, et ces sept jours se comptent] de moment à moment : durant la période de rétablissement, on doit compter depuis l'instant précis où les sept jours ont commencé jusqu'au même instant exact, sept jours plus tard — soit sept périodes complètes de vingt-quatre heures. Ainsi, si l'enfant a guéri dans l'après-midi d'un jour donné, on est tenu d'attendre jusqu'à cette même heure du jour, une semaine après ; ce n'est qu'alors qu'il est circoncis.
מֵעֵת לְעֵת.
La Guemara objecte : mais le Sage de Lod (Louda) n'a-t-il pas enseigné que « le jour de sa guérison est comme le jour de sa naissance » ? Or quoi — n'est-ce pas que, de même que pour le jour de sa naissance nous n'exigeons pas de compter de moment à moment [d'attendre, depuis l'heure de la naissance, jusqu'à la même heure le huitième jour, pour le circoncire], de même, pour le jour de sa guérison, nous n'exigeons pas non plus de compter de moment à moment ?
וְהָתָנֵי לוּדָאָה: יוֹם הַבְרָאָתוֹ כְּיוֹם הִוָּלְדוֹ. מַאי לָאו: מָה יוֹם הִוָּלְדוֹ לָא בָּעֵינַן מֵעֵת לְעֵת, אַף יוֹם הַבְרָאָתוֹ לָא בָּעֵינַן מֵעֵת לְעֵת?
La Guemara réfute cet argument : non. Le jour de sa guérison est plus exigeant (adif) que le jour de sa naissance. Car, tandis que depuis le jour de sa naissance jusqu'à la circoncision nous n'exigeons pas de compter de moment à moment — l'enfant pouvant être circoncis dès l'entrée du huitième jour —, depuis le jour de sa guérison, en revanche, nous exigeons d'attendre sept jours pleins, de l'instant où il guérit jusqu'au même instant sept jours plus tard. [L'enseignement du Sage de Lod ne vient donc pas dispenser du décompte « de moment à moment », mais seulement préciser qu'on attend bien jusqu'au huitième jour, comme à la naissance.]
לָא, עֲדִיף יוֹם הַבְרָאָתוֹ מִיּוֹם הִוָּלְדוֹ. דְּאִילּוּ יוֹם הִוָּלְדוֹ לָא בָּעֵינַן מֵעֵת לְעֵת, וְאִילּוּ יוֹם הַבְרָאָתוֹ בָּעֵינַן מֵעֵת לְעֵת.
[La Guemara cherche d'autres circonstances où un enfant mâle pourrait être présent au moment de la consommation de l'agneau pascal, mais absent au moment de sa préparation et de son abattage — situation où la circoncision du fils empêcherait le père de consommer le sacrifice.] Rav Papa dit : tel serait le cas, par exemple, si l'œil du nourrisson le faisait souffrir le huitième jour après sa naissance — lequel tombait la veille de Pessah — et qu'il se rétablisse entre-temps, entre le moment de la préparation de l'agneau pascal et celui de sa consommation. Car pour une affection bénigne telle qu'un mal d'œil, on ne circoncit pas tant que la douleur persiste, mais on peut le faire dès que l'enfant est rétabli, sans avoir à attendre sept jours.
רַב פָּפָּא אָמַר: כְּגוֹן דְּכָאֵיב לֵיהּ עֵינֵיהּ לְיָנוֹקָא וְאִיתְּפַח בֵּינֵי וּבֵינֵי.
Rava dit : cela se produirait, par exemple, si le père et la mère du nourrisson étaient enfermés en prison au moment de la préparation de l'agneau pascal — de sorte qu'ils ont fait abattre leur offrande par l'intermédiaire d'un émissaire (chaliah), qu'il n'y avait personne de disponible pour circoncire le nourrisson, et que les parents furent libérés de prison avant que n'arrive l'heure de consommer l'agneau pascal. [À ce moment-là, le père ne peut manger du sacrifice tant qu'il n'a pas circoncis son fils, alors qu'à l'heure de l'abattage cette obligation ne le retenait pas, faute de pouvoir l'accomplir depuis la prison.]
רָבָא אָמַר: כְּגוֹן שֶׁהָיוּ אָבִיו וְאִמּוֹ חֲבוּשִׁין בְּבֵית הָאֲסוּרִין.
Rav Kahana, fils de Rav Nehemya, dit : cela se produirait, par exemple, dans le cas d'un toumtoum [un enfant dont les organes sexuels externes sont indéterminés, en sorte qu'on ne sait pas s'il est garçon ou fille] qui, entre-temps — entre le moment de la préparation de l'agneau pascal et celui de sa consommation —, fut « déchiré » [examiné chirurgicalement], son sexe se révéla, et il se trouva être un mâle : si bien que l'obligation de le circoncire entra alors en vigueur.
רַב כָּהֲנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נְחֶמְיָה אָמַר: כְּגוֹן טוּמְטוּם שֶׁנִּקְרַע, וְנִמְצָא זָכָר בֵּינֵי וּבֵינֵי.
Rav Cherevya dit : cela se produirait, par exemple, si, sept jours plus tôt, le bébé avait déjà sorti sa tête — mais non le reste de son corps — hors du corridor [le canal] menant à la matrice de sa mère. En pareille situation, il est tenu pour né [quant à certaines lois], mais il n'est apte à la circoncision qu'une fois son corps tout entier sorti. Si cela survient entre le moment de la préparation de l'agneau pascal et celui de sa consommation, le père de l'enfant ne peut manger de l'offrande tant qu'il n'a pas circoncis son fils.
רַב שֵׁרֵבְיָא אָמַר: כְּגוֹן שֶׁהוֹצִיא רֹאשׁוֹ חוּץ לַפְּרוֹזְדוֹר.
La Guemara soulève une question : mais en pareil cas, l'enfant peut-il vivre [aussi longtemps, la tête seule au-dehors] ? N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : dès que le bébé émerge à l'air du monde, ce qui était fermé — la bouche et les narines — s'ouvre, et ce qui était ouvert — le cordon ombilical, par lequel l'enfant recevait jusque-là sa subsistance — se ferme ; car s'il n'en allait pas ainsi, il ne pourrait vivre même une seule heure [n'ayant plus d'autre moyen de se nourrir] ! [Si tel est le cas, cet enfant dont seule la tête a émergé devrait fatalement périr de faim, ne pouvant rien absorber.]
וּמִי חָיֵי? וְהָתַנְיָא: כֵּיוָן שֶׁיָּצָא לַאֲוִיר הָעוֹלָם, נִפְתַּח הַסָּתוּם וְנִסְתַּם הַפָּתוּחַ. שֶׁאִלְמָלֵא כֵּן, אֵין יָכוֹל לִחְיוֹת אֲפִילּוּ שָׁעָה אַחַת!
La Guemara répond : de quel cas traitons-nous ici ? D'un cas, par exemple, où l'enfant était sustenté par la chaleur d'une fièvre (icheta), de sorte qu'il n'avait pas besoin de manger. La Guemara demande : la fièvre de qui ? Si l'on dit qu'il s'agit de sa propre fièvre [l'enfant lui-même fiévreux], s'il en est ainsi, il faudrait attendre sept jours pleins après que son corps entier soit sorti de la matrice avant de pouvoir le circoncire, conformément à la loi régissant un nourrisson malade [— ce qui ruine le cas de Rav Cherevya, où la mila a lieu sans délai] ! Il faut donc dire plutôt qu'il était sustenté par la fièvre de sa mère. Et si tu veux, dis : ce principe [selon lequel un enfant ne peut survivre en de telles conditions] ne vaut que là où il ne crie pas ; mais là où il crie, il peut vivre, car ses cris attestent qu'il a déjà commencé à respirer.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן, כְּגוֹן דְּזַנְתֵּיהּ אִישָּׁתָא. אִישָּׁתָא דְּמַאן? אִילֵימָא אִישָּׁתָא דִּידֵיהּ, אִי הָכִי כֹּל שִׁבְעָה בָּעֵי? אֶלָּא דְּזַנְתֵּיהּ אִישָּׁתָא דְּאִימֵּיהּ. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלָא מְעַוֵּי, אֲבָל הֵיכָא דִּמְעַוֵּי, מִחְיָיא חָיֵי.
§ Rabbi Yohanan dit au nom de Rabbi Bena'a : un incirconcis (arel) peut recevoir l'aspersion (hazaa) de l'eau mêlée des cendres de la vache rousse, afin de se purifier de l'impureté contractée au contact d'un cadavre humain — car nous ne disons pas que cette aspersion serait sans effet tant qu'il demeure incirconcis. Ainsi avons-nous trouvé chez nos ancêtres qu'ils reçurent l'aspersion alors qu'ils étaient incirconcis, comme il est dit : « Et le peuple monta hors du Jourdain le dixième jour du premier mois » (Yehochoua 4, 19) — et les versets rapportent ensuite que tous les hommes furent circoncis par la suite, avant d'offrir l'agneau pascal le quatorzième (voir Yehochoua 5, 10).
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי בְּנָאָה: עָרֵל מְקַבֵּל הַזָּאָה, שֶׁכֵּן מָצִינוּ בַּאֲבוֹתֵינוּ שֶׁקִּבְּלוּ הַזָּאָה כְּשֶׁהֵן עֲרֵלִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָעָם עָלוּ מִן הַיַּרְדֵּן בֶּעָשׂוֹר לַחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן״.
La Guemara précise [le raisonnement] : le dixième jour même, ils ne se circoncirent pas, à cause de l'épuisement du voyage (houlcha dé'orha). Quand donc leur fit-on l'aspersion, pour qu'ils fussent aptes à apporter l'agneau pascal le quatorzième ? La première aspersion dut nécessairement avoir lieu au plus tard le dixième jour, puisqu'il y a un délai de quatre jours entre la première et la seconde aspersion. En ce cas, l'aspersion initiale n'a-t-elle pas été pratiquée alors qu'ils étaient encore incirconcis ? Cela prouve qu'un incirconcis peut recevoir l'aspersion des eaux de purification.
בַּעֲשָׂרָה לָא מְהִילִי, מִשּׁוּם חוּלְשָׁא דְאוֹרְחָא. הַזָּאָה אֵימַת עָבֵיד לְהוּ?! לָאו כְּשֶׁהֵן עֲרֵלִים?
La Guemara objecte : mais peut-être n'offrirent-ils pas du tout l'agneau pascal [— auquel cas il n'y aurait nulle preuve qu'une aspersion ait eu lieu] ? La Guemara répond : cela ne saurait te venir à l'esprit, car il est écrit : « Et ils firent la Pâque » (Yehochoua 5, 10) — ce qui signifie qu'ils apportèrent l'agneau pascal.
וְדִלְמָא לָא עֲבוּד פֶּסַח כְּלָל? לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״וַיַּעֲשׂוּ אֶת הַפֶּסַח״.
Yevamot 71b
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