Guémara
[La Guemara achève l'explication amorcée à la page précédente : lorsque la baraïta enseigne qu'un fils ne doit pas écouter son père qui lui ordonne de profaner le Chabbat,] la référence n'est pas à une situation où le père exigerait de son enfant qu'il accomplisse un travail interdit le Chabbat entraînant le karet [le retranchement]. Il s'agit plutôt du cas où il lui a ordonné de transgresser l'interdit de mener une bête chargée [le mé'hamer]. Bien qu'il soit interdit de faire travailler des animaux le Chabbat, cela n'entraîne pas la peine de karet, car cet acte a le statut d'un interdit ordinaire. Et cela montre que si le père d'un homme lui disait de profaner le Chabbat en menant un âne [chargé], malgré cela la mitsva positive d'honorer ses parents ne supplante pas l'interdit de mener une bête chargée.
לָאו דִּמְחַמֵּר, וַאֲפִילּוּ הָכִי לָא דָּחֵי.
§ La Guemara objecte : s'il en est ainsi, plutôt que ce principe selon lequel nous tenons qu'« une mitsva positive vient et supplante un interdit » (asse do'he lo taasse), déduisons d'ici [du cas de l'honneur dû aux parents] qu'elle ne supplante même pas un interdit ordinaire ! Tout comme on a inféré plus haut, à partir du cas des tsitsit [les franges, où la mitsva positive supplante l'interdit du chaatnez, le mélange interdit de laine et de lin], que toute autre mitsva positive supplante de même n'importe quel interdit, peut-être faudrait-il inférer du cas de l'honneur dû aux parents que les mitsvot positives ne supplantent aucun interdit du tout.
אֶלָּא דְּקַיְימָא לַן דְּאָתֵי עֲשֵׂה וְדָחֵי לֹא תַעֲשֶׂה, לִיגְמַר מֵהָכָא דְּלָא לִידְחֵי!
Et si tu disais qu'on ne doit pas l'inférer d'ici, car les interdits du Chabbat sont différents en ce qu'ils sont plus graves — et que c'est pour cette raison que la mitsva d'honorer ses parents ne supplante pas ces interdits-là — cela ne peut être le cas. Car le Tana [de la baraïta] parle de manière générale d'un père qui ordonne à son fils d'accomplir un interdit ordinaire, et non de profaner le Chabbat, et il ne soulève aucune difficulté de ce genre [du type « le Chabbat est plus grave »].
וְכִי תֵּימָא, שָׁאנֵי לָאוֵי דְּשַׁבָּת דַּחֲמִירִי — וְהָא תַּנָּא בְּעָלְמָא קָאֵי, וְלָא קָפָרֵיךְ!
Comme il est enseigné dans une autre baraïta : on aurait pu penser que si le père d'un homme disait à son fils, qui est Cohen ou nazir : « Rends-toi impur [par le contact d'un cadavre] » — afin de me rapporter un objet d'un lieu impur — ou s'il lui disait : « Ne rapporte pas cet objet perdu », on aurait pu supposer que son fils doive lui obéir. C'est pourquoi le verset déclare : « Chaque homme craindra sa mère et son père, et vous garderez Mes chabbats ; Je suis l'Éternel votre D.ieu » (Vayikra 19, 3). Ce verset enseigne : vous êtes tous tenus à Mon honneur. Cela prouve que le Tana ne fait aucune distinction entre profaner le Chabbat, qui est un interdit grave, et le fait qu'un Cohen se rende impur par le contact d'un cadavre, qui est un interdit plus léger.
דְּתַנְיָא, יָכוֹל אָמַר לוֹ אָבִיו: הִיטַּמֵּא, אוֹ שֶׁאָמַר לוֹ: אַל תַּחְזִיר, יָכוֹל יִשְׁמַע לוֹ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אִישׁ אִמּוֹ וְאָבִיו תִּירָאוּ וְאֶת שַׁבְּתוֹתַי תִּשְׁמוֹרוּ״, כּוּלְּכֶם חַיָּיבִין בִּכְבוֹדִי.
§ La Guemara écarte alors ce raisonnement et admet l'affirmation selon laquelle la baraïta ne parle pas d'un cas où le père a demandé à son fils de profaner le Chabbat par un travail interdit entraînant le karet, mais d'un père qui a ordonné à son fils de mener une bête chargée. Quant à la difficulté soulevée — à savoir que cela semble indiquer qu'une mitsva positive ne supplante aucun type d'interdit — la raison pour laquelle il n'en va pas ainsi est qu'il y a matière à réfuter cet argument.
אֶלָּא, מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמִיפְרַךְ:
La Guemara explique comment la prétention précédente peut être repoussée : qu'en est-il du fait que ces instructions du père sont différentes ? Car lorsqu'on mène une bête le Chabbat en l'honneur de ses parents, ce n'est là qu'une simple préparation à la mitsva [hekhsher mitsva] d'honorer ses parents, puisque le fils ne nourrit ni ne vêt réellement son père à ce moment-là. Par conséquent, ce n'est pas un véritable accomplissement d'une mitsva positive, et le cas d'un père qui ordonne à son fils de mener une bête ne peut donc servir de source à l'égard des autres cas.
מָה לְהָנָךְ שֶׁכֵּן הֶכְשֵׁר מִצְוָה.
La Guemara propose une autre source possible : il pourrait te venir à l'esprit de dire que le principe selon lequel une mitsva positive supplante même un interdit entraînant le karet se déduit de la construction du Temple [Beit haMikdach]. Comme il est enseigné dans une baraïta : on aurait pu penser que la construction du Temple doive supplanter le Chabbat ; c'est pourquoi le verset déclare : « Vous garderez Mes chabbats et vous révérerez Mon sanctuaire ; Je suis l'Éternel » (Vayikra 19, 30), ce qui signifie que vous êtes tous tenus à Mon honneur. D.ieu est honoré quand le Chabbat est observé, et Il exige l'observance du Chabbat même lorsque le Temple est en construction.
אֶלָּא, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: תֵּיתֵי מִבִּנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ. דְּתַנְיָא: יָכוֹל יְהֵא בִּנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ דּוֹחֶה שַׁבָּת — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֶת שַׁבְּתוֹתַי תִּשְׁמוֹרוּ וּמִקְדָּשִׁי תִּירָאוּ״ — כּוּלְּכֶם חַיָּיבִין בִּכְבוֹדִי.
La Guemara analyse cette baraïta : quoi donc, ne s'agit-il pas de construire le Temple en accomplissant des travaux interdits le Chabbat dont la violation entraîne le karet, tels que bâtir et démolir ? Et la raison pour laquelle la construction du Temple ne supplante pas le Chabbat serait que le Miséricordieux écrit expressément : « Gardez Mes chabbats » — d'où l'on peut inférer que, sans cela, la mitsva positive supplanterait le Chabbat. Il serait donc possible de déduire d'ici qu'en règle générale, les mitsvot positives supplantent même les interdits entraînant le karet.
מַאי לָאו, בְּבוֹנֶה וְסוֹתֵר, וְטַעְמָא דִּכְתַב רַחֲמָנָא ״אֶת שַׁבְּתוֹתַי תִּשְׁמוֹרוּ״, הָא לָאו הָכִי — דָּחֵי!
La Guemara répond : non, ici aussi la référence est à l'interdit de mener une bête chargée [le mé'hamer], et malgré cela la mitsva positive de construire le Temple ne supplante pas cet interdit le Chabbat. La Guemara objecte de nouveau, comme précédemment : s'il en est ainsi, plutôt que ce principe selon lequel nous tenons qu'« une mitsva positive vient et supplante un interdit », déduisons d'ici qu'elle ne supplante même pas un interdit ordinaire !
לָא, לָאו דִּמְחַמֵּר, וַאֲפִילּוּ הָכִי לָא דָּחֵי. וְאֶלָּא דְּקַיְימָא לַן דְּאָתֵי עֲשֵׂה וְדָחֵי לֹא תַעֲשֶׂה, לִיגְמַר מֵהָכָא דְּלָא דָּחֵי!
Et si tu disais que les interdits du Chabbat sont différents en ce qu'ils sont plus graves, cela ne peut être le cas, car le Tana parle de manière générale et ne soulève aucune difficulté de ce genre — comme il est enseigné dans la baraïta mentionnée plus haut : on aurait pu penser que si le père d'un homme disait à son fils, qui est Cohen ou nazir : « Rends-toi impur », ou s'il lui disait : « Ne rapporte pas cet objet perdu », on aurait pu supposer que son fils doive lui obéir. C'est pourquoi le verset déclare : « Chaque homme craindra sa mère et son père… » (Vayikra 19, 3), ce qui signifie : vous êtes tous tenus à Mon honneur.
וְכִי תֵּימָא, שָׁאנֵי לָאוֵי דְּשַׁבָּת דַּחֲמִירִי — וְהָא תַּנָּא בְּעָלְמָא קָאֵי, וְלָא קָא פָרֵיךְ! דְּתַנְיָא, יָכוֹל אָמַר לוֹ אָבִיו: הִיטַּמֵּא, אוֹ שֶׁאָמַר לוֹ: אַל תַּחְזִיר, יָכוֹל יִשְׁמַע לוֹ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אִישׁ אִמּוֹ וְאָבִיו תִּירָאוּ וְגוֹ׳״ — כּוּלְּכֶם חַיָּיבִים בִּכְבוֹדִי.
La Guemara conclut : il n'y a donc pas de preuve à tirer d'ici à l'égard de tous les interdits de la Torah, car il y a matière à réfuter cet argument ainsi : qu'en est-il du fait que ces cas — mener une bête le Chabbat — ne sont qu'une préparation à la mitsva [hekhsher mitsva] de construire le Temple, et non une mitsva en soi ? La Guemara soulève alors une difficulté : que la règle selon laquelle « la préparation d'une mitsva ne supplante pas un interdit » se déduise donc de là, du cas de l'honneur dû aux parents, comme il a été dit plus haut ! Pourquoi répéter ce point à propos de la construction du Temple ?
אֶלָּא, מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמִיפְרַךְ: מָה לְהָנָךְ שֶׁכֵּן הֶכְשֵׁר מִצְוָה. הֶכְשֵׁר מִצְוָה תִּיפּוֹק לִי מֵהָתָם?
La Guemara répond : oui, il en est effectivement bien ainsi [on l'aurait su du cas des parents]. Et alors, pourquoi ai-je besoin du verset : « Vous garderez Mes chabbats et vous révérerez Mon sanctuaire » (Vayikra 19, 30) ? Après tout, la règle selon laquelle la construction du Temple ne supplante pas l'interdit de mener une bête le Chabbat se déduit déjà du cas de l'honneur dû aux parents. La Guemara répond : ce verset est nécessaire pour déduire ce qui est enseigné dans une baraïta : on aurait pu penser qu'une personne doive révérer le Temple [au point d'en faire lui-même un objet de culte] ; c'est pourquoi le verset déclare : « Vous garderez Mes chabbats et vous révérerez Mon sanctuaire ». Le terme « garder » est employé à propos du Chabbat, et le terme « révérer » est employé à propos du sanctuaire. De même que dans le cas du « garder » employé à propos du Chabbat,
אִין הָכִי נָמֵי. וְ״אֶת שַׁבְּתוֹתַי תִּשְׁמוֹרוּ וּמִקְדָּשִׁי תִּירָאוּ״ לְמָה לִי? מִיבְּעֵי לֵיהּ, לְכִדְתַנְיָא: יָכוֹל יִתְיָירֵא אָדָם מִמִּקְדָּשׁ, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֶת שַׁבְּתוֹתַי תִּשְׁמוֹרוּ וְאֶת מִקְדָּשִׁי תִּירָאוּ״. נֶאֶמְרָה שְׁמִירָה בַּשַּׁבָּת, וְנֶאֶמְרָה מוֹרָא בַּמִּקְדָּשׁ. מָה שְׁמִירָה הָאֲמוּרָה בַּשַּׁבָּת —
Rachi
לאו דמחמר - אחר בהמה שהוא בלאו דלא תעשה כל מלאכה אתה ובהמתך (שמות כ׳:י׳) ובהאי לאו ליכא כרת דלא עביד מעשה בגופיה וכמ"ד בפ' מי שהחשיך (שבת דף קנד.) המחמר אחר בהמתו בשבת פטור:,ואפ"ה לא דחי - בתמיה:
וליגמר מהכא - דלא דחי אפילו לאו גרידא:
וכי תימא שאני לאוי דשבת דחמירי - דקי"ל (עירובין דף סט:) מחלל שבת כעובד עבודת כוכבים ומשום הכי אפי' לאו גרידא לא דחי ומנייהו לא גמרינן:,והא תנא בעלמא קאי ולא פריך - והא אשכחן תנא בעלמא דיליף שאר לאוי כגון לאו דלא יטמא דכהן ולאו דלא תוכל להתעלם מלאו דשבת לחומרא ולא פרכינן שאני לאוי דשבת דחמירי:
אמר לו אביו - לכהן:,היטמא - בבית הקברות להשיב אבידה או שהיתה עומדת בחוץ ואמר לו אל תחזיר יכול ישמע לו ת"ל איש אמו ואביו וילפינן לאו דטומאה ולאו דהשבת אבדה מלאוי דשבת:
אלא - לעולם דאמר ליה שחוט לי בשל לי ואפ"ה לא איצטריך עליה דאיכא למיפרך מה להנך שחוט לי בשל לי שכן הכשר מצוה בחילול שבת בעקירת לא תעשה הוא מקיים עשה דכיבוד וזהו הכשר קיומו ואי אפשר לקיימו בלא עקירת לאו הלכך אי לא כתב את שבתותי תשמורו ה"א לידחי אבל ייבום לא זה בלבד הכשר קיום העשה שהרי יכול לחלוץ ולא יעקור לאו של ערוה ולא איצטריך עליה:
מאי לאו בבונה וסותר - איצטריך למיסר אף על גב דאב מלאכה הוא ואיכא כרת אי לאו דאשמועינן ה"א אתי עשה דועשו לי מקדש ודחי לאו דשבת:
והא תנא בעלמא גמר - לאוי דטומאה והעלם אבדה מלאוי דשבת ולא פריך:
תיפוק לי מהתם - מאיש אמו ואביו תיראו דהכשר מצוה הוא ולא דחי למה ליה למיהדר למכתב הכא את שבתותי תשמורו אלא לאו דתילף מיניה דאפילו בלא הכשר מצוה אי לא כתיב קרא בהדיא דלא דחי אמרינן דדחי אם כן איצטריך עליה:
נאמר שמירה בשבת ומורא במקדש - והקישן הכתוב בפסוק אחד:
Tossafot
ניגמר מהכא דלא דחי - משמע דאי איירי בשחיטה ובישול ניחא ותימה דמנא ליה לתנא לאוקמי קרא בשחיטה ובישול לאשמועינן דבעלמא דחי אדרבה נוקמה בלאו דמחמר ונגמר מהכא דבעלמא לא דחי אפילו לאו גרידא וי"ל דדייק תנא מדלא אשמועי' קרא בשאר דברים דליכא אלא לאו גרידא דלא הוה אתי למיטעי וא"ת והיכי נגמר מהכא דלא דחי דלמא שאני הכא דהוי עשה ולא תעשה דהא כתיב (למען ינוח שורך וחמורך וביום השביעי תשבות) (שמות כג) ומש"ה הוא דלא דחי אבל לאו גרידא לעולם נילף מכלאים בציצית דדחי ואר"י דעשה דכיבוד הואיל ועדיף כולי האי דהוקש כבודם לכבוד המקום חשיב עשה דשבת כמאן דליתיה לגמרי והוי כמאן דליכא אלא לאו גרידא וכמו כן עשה דמקדש ועשה דבת כהן עדיפי מעשה דשבת משום מורא ומשום כפרה דבת כהן וא"ת מנלן דלא דחי עשה דכיבוד אפי' לאו גרידא דהא שבת וטומאה והשבת אבדה כולהו עשה ולא תעשה נינהו וי"ל כיון דגלי לן קרא דלא אלימא לן טעמא דהוקש כבודם לכבוד המקום דלידחי א"כ אפילו לאו גרידא לא דחי דמכלאים לא מצי גמיר משום דכיבוד הוי הכשר מצוה:
והא תנא בעלמא קאי ולא קפריך - קשה דמשמע דאי איירי בשחיטה ובישול ניחא ליה ואדרבה כ"ש דקשה טפי דהיכי יליף דהיטמא ולא תחזיר דליכא כרת משבת דאיכא כרת וסקילה דנהי דהתם לא דחי הכא דחי אע"ג דאיכא לאו ועשה משום דהוקש כבודם ויש לומר כיון דגלי קרא דגרע מעשה דעלמא דבעלמא דחי לאו שיש בו כרת והאי לא דחי תו לא מהני טעמא דהוקש כבודם לכבוד המקום:
שכן הכשר מצוה - פירוש בקונטרס לעולם בשחוט לי בשל לי והא בעלמא דחי מ"מ לא נילף מהכא דלידחי עשה דייבום לאו דאחות אשה משום דאיכא למיפרך שכן הכשר מצוה דאי אפשר לקיים הכיבוד בלא דחיית הלאו אבל גבי ייבום יכול לקיים המצוה בלא דחיית הלאו דאפשר בחליצה וקשה לר"י דאין זה אפשר דאי אסור לייבם משום כרת חליצה נמי לא בעי דכל שאין עולה לייבום אין עולה לחליצה ולקמן בפ"ב (יבמות דף כ. ושם) ילפי' מקרא ועוד אמרי' בההיא שמעתא (דף כא.) דלא חשבינן גבי יבום אפשר לקיים שניהם ע"י חליצה משום דחליצה במקום ייבום לאו מצוה היא (ועוד דלקמן לפי האמת דאיכא קרא בכלאים ל"ל קרא כיון דהכשר מצוה דוחה אפי' ל"ת שיש בו כרת) ועוד דמסקינן דבשום מקום אין עשה דוחה ל"ת שיש בו כרת משמע אפילו בהכשר מצוה ולקמן דפריך הכשר מצוה תיפוק לי מהתם דפי' הקונט' תיפוק לי מהתם מכיבוד אב דלא דחי אלא ודאי ההוא דמקדש אתא למימר הא בעלמא דחי אפי' בלא הכשר מצוה ואין זה דיוק דדלמא לגופיה איצטריך משום דמכיבוד ילפינן דבעלמא דחי איצטריך למיכתב גבי מקדש דלא דחי ומיהו הא איכא למימר אף על גב דבעלמא דחי גבי מקדש ה"א דלא דחי כמו בכיבוד דבכל מילי דשבת ה"א דלא דחי ולהכי איצטריך מילה ופסח ותמיד וכן אומר מהרר"י ונראה לר"י וכן פירש רבינו חננאל דבלאו דמחמר מוקי לה ומהכא לא נילף בעלמא דלא לידחי לאו גרידא דמה לכיבוד שכן הכשר מצוה כשמחמר ומטמא ומניח מלהחזיר אבדה כדי להביא גוזלות לאביו בשעת דחיית הלאו אין מאכילו ומלבישו אבל בעלמא דעביד גוף המצוה ילפינן מכלאים בציצית דדחי ואר"י דכיבוד אב אפי' עוסק בגוף מצוה לא דחי דבכל ענין קא פסיק שלא ישמע לו והיינו משום דברוב ענייני כיבוד רגילים להיות על ידי הכשר מצוה קאמר רחמנא דלא דחי בכל ענין והשתא לקמן פריך שפיר הכשר מצוה תיפוק לי מהתם דלא דחי ואם אינו ענין להכשר מצוה תניהו ענין לגוף מצוה:
יכול יתיירא אדם מבית המקדש - גבי אביו לא הוצרך לומר כן דפשיטא שלא ישתחוה לו לשם אלהות אבל גבי המקדש איצטריך משום דהוי דבר שבקדושה א"נ גבי אביו שייך מורא שלא יכעיסנו אבל במקדש אין יכול למצוא אלא בדוחק כמו שמפרש והולך:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.