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Traité Yevamot

63b

Étude de Yevamot 63b

Étude de la Guémara 63b

Guémara
[…celle qui détourne son mari] du péché. Nous devons donc leur en être reconnaissants. La Guemara rapporte un fait qui s'y rattache : Rav Yehouda enseignait la Torah à Rav Yits'haq, son fils, et ils rencontrèrent le verset : « Et je trouve plus amère que la mort la femme » (Kohélet 7, 26). Son fils lui demanda : par exemple, de qui [parle ce verset] ? Son père lui répondit : par exemple, de ta mère.
מִן הַחֵטְא. מַקְרֵי לֵיהּ רַב יְהוּדָה לְרַב יִצְחָק בְּרֵיהּ ״וּמוֹצֶא אֲנִי מַר מִמָּוֶת אֶת הָאִשָּׁה״. אֲמַר לֵיהּ: כְּגוֹן מַאן? כְּגוֹן אִמָּךְ.
La Guemara objecte : mais Rav Yehouda n'a-t-il pas enseigné à Rav Yits'haq, son fils, la baraïta suivante : un homme ne trouve la sérénité [koral rou'a'h, l'apaisement de l'esprit] qu'auprès de sa première épouse, ainsi qu'il est dit : « Que ta source soit bénie, et réjouis-toi de la femme de ta jeunesse » (Michlei 5, 18) ; et son fils lui demanda : par exemple, de qui ? et son père lui répondit là aussi : par exemple, de ta mère ? Cela montre bien que Rav Yehouda, lui, trouvait la sérénité auprès de sa femme. La Guemara répond : elle était dure et emportée, mais elle se laissait facilement apaiser.
וְהָא מַתְנֵי לֵיהּ רַב יְהוּדָה לְרַב יִצְחָק בְּרֵיהּ: אֵין אָדָם מוֹצֵא קוֹרַת רוּחַ אֶלָּא מֵאִשְׁתּוֹ רִאשׁוֹנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יְהִי מְקוֹרְךָ בָרוּךְ וּשְׂמַח מֵאֵשֶׁת נְעוּרֶיךָ״, וַאֲמַר לֵיהּ: כְּגוֹן מַאן? כְּגוֹן אִמָּךְ! מִתְקָיף תְּקִיפָא, וְעַבּוֹרֵי מְיעַבְּרָא בְּמִלַּהּ.
La Guemara demande : quelles sont les circonstances où une femme est tenue pour une mauvaise épouse ? Abaye dit : c'est lorsqu'elle lui dresse la table et, dans le même temps, dispose sa bouche contre lui. Autrement dit, bien qu'elle lui prépare à manger, elle l'invective tout en le servant. Rava dit : c'est lorsqu'elle lui dresse la table, puis lui tourne le dos, manifestant ainsi qu'elle ne se soucie pas de sa compagnie.
הֵיכִי דָּמֵי אִשָּׁה רָעָה? אָמַר אַבָּיֵי: מְקַשְּׁטָא לֵיהּ תַּכָּא וּמְקַשְּׁטָא לֵיהּ פּוּמָּא. רָבָא אָמַר: מְקַשְּׁטָא לֵיהּ תַּכָּא וּמַהְדְּרָא לֵיהּ גַּבָּא.
Rabbi 'Hama bar 'Hanina dit : dès qu'un homme prend femme, ses fautes s'obstruent [mitpakekin, elles sont comme bouchées et scellées], ainsi qu'il est dit : « Qui a trouvé une femme a trouvé le bien, et il a obtenu [vayafeq] la faveur de l'Éternel » (Michlei 18, 22). En terre d'Israël [« en Occident »], lorsqu'un homme prenait femme, on lui demandait ainsi : matsa ou motsé ? Autrement dit, on demandait au marié si le verset qui convient à son épouse est celui qui commence par le mot matsa — « Qui a trouvé [matsa] une femme a trouvé le bien » — ou bien le verset qui commence par le mot motsé — « Et je trouve [motsé] plus amère que la mort la femme » (Kohélet 7, 26).
אָמַר רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא: כֵּיוָן שֶׁנָּשָׂא אָדָם אִשָּׁה עֲוֹנוֹתָיו מִתְפַּקְּקִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מָצָא אִשָּׁה מָצָא טוֹב וַיָּפֶק רָצוֹן מֵה׳״. בְּמַעְרְבָא כִּי נָסֵיב אִינָשׁ אִיתְּתָא, אָמְרִי לֵיהּ הָכִי: ״מָצָא״ אוֹ ״מוֹצֵא״? ״מָצָא״ דִּכְתִיב: ״מָצָא אִשָּׁה מָצָא טוֹב״, מוֹצֵא דִּכְתִיב: ״וּמוֹצֶא אֲנִי מַר מִמָּוֶת אֶת הָאִשָּׁה״.
Rava dit : il est une mitsva de divorcer d'une mauvaise épouse, ainsi qu'il est écrit : « Chasse le railleur, et la discorde s'en ira ; la querelle et l'opprobre cesseront » (Michlei 22, 10). Et Rava dit : pour une mauvaise épouse dont la ketouba [le montant garanti par le contrat de mariage, dû en cas de divorce] est trop élevée pour que son mari puisse la payer, le remède est sa rivale à ses côtés. Autrement dit, le seul moyen d'améliorer la situation est qu'il épouse une seconde femme. Comme le dit l'adage populaire : c'est par sa semblable qu'on corrige une femme, et non par une épine. Et Rava dit : une mauvaise épouse est aussi pénible qu'un jour de forte pluie, ainsi qu'il est dit : « Une gouttière qui ne cesse de couler un jour de grande pluie, et une femme querelleuse, c'est tout un » (Michlei 27, 15).
אָמַר רָבָא: אִשָּׁה רָעָה מִצְוָה לְגָרְשָׁהּ, דִּכְתִיב: ״גָּרֵשׁ לֵץ וְיֵצֵא מָדוֹן וְיִשְׁבּוֹת דִּין וְקָלוֹן״, וְאָמַר רָבָא: אִשָּׁה רָעָה וּכְתוּבָּתָהּ מְרוּבָּה — צָרָתָהּ בְּצִדָּהּ. דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: בַּחֲבִרְתַּהּ, וְלָא בְּסִילְתָּא. וְאָמַר רָבָא: קָשָׁה אִשָּׁה רָעָה כְּיוֹם סַגְרִיר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״דֶּלֶף טוֹרֵד בְּיוֹם סַגְרִיר וְאֵשֶׁת מִדְיָנִים נִשְׁתָּוָה״.
Et Rava dit : viens et vois combien une bonne épouse est bonne, et combien une mauvaise épouse est mauvaise. Combien une bonne épouse est bonne, ainsi qu'il est écrit : « Qui a trouvé une femme a trouvé le bien. » Si le verset parle d'elle, de l'épouse, cela montre combien une bonne épouse est bonne, puisque l'Écriture en fait l'éloge. Et s'il parle métaphoriquement de la Torah, il indique encore combien une bonne épouse est bonne, puisque la Torah lui est comparée. À l'inverse, combien une mauvaise épouse est mauvaise, ainsi qu'il est écrit : « Et je trouve plus amère que la mort la femme. » Si le verset parle d'elle, cela montre combien une mauvaise épouse est mauvaise, puisque l'Écriture la blâme. Et s'il parle métaphoriquement de la Géhenne [Guehinom], il montre encore combien une mauvaise épouse est mauvaise, puisque la Géhenne lui est comparée.
וְאָמַר רָבָא: בֹּא וּרְאֵה כַּמָּה טוֹבָה אִשָּׁה טוֹבָה, וְכַמָּה רָעָה אִשָּׁה רָעָה. כַּמָּה טוֹבָה אִשָּׁה טוֹבָה, דִּכְתִיב: ״מָצָא אִשָּׁה מָצָא טוֹב״, אִי בְּגַוַּהּ מִשְׁתַּעֵי קְרָא — כַּמָּה טוֹבָה אִשָּׁה טוֹבָה, שֶׁהַכָּתוּב מְשַׁבְּחָהּ. אִי בַּתּוֹרָה מִשְׁתַּעֵי קְרָא — כַּמָּה טוֹבָה אִשָּׁה טוֹבָה, שֶׁהַתּוֹרָה נִמְשְׁלָה בָּהּ. כַּמָּה רָעָה אִשָּׁה רָעָה, דִּכְתִיב: ״וּמוֹצֶא אֲנִי מַר מִמָּוֶת אֶת הָאִשָּׁה״. אִי בְּגַוַּהּ מִשְׁתַּעֵי קָרָא — כַּמָּה רָעָה אִשָּׁה רָעָה, שֶׁהַכָּתוּב מְגַנֶּהָ. אִי בְּגֵיהִנָּם מִשְׁתַּעֵי קְרָא — כַּמָּה רָעָה אִשָּׁה רָעָה, שֶׁגֵּיהִנָּם נִמְשְׁלָה בָּהּ.
Le verset dit : « Voici, je fais venir sur eux un malheur dont ils ne pourront sortir » (Yirmeyahou 11, 11). Rav Na'hman dit au nom de Rabba bar Avouh : c'est une mauvaise épouse dont la ketouba est élevée [dont on ne peut « sortir », faute de pouvoir payer le divorce]. De même, à propos du verset : « L'Éternel m'a livré aux mains de ceux devant qui je ne puis tenir » (Eikha 1, 14), Rav 'Hisda dit au nom de Mar Ouqva bar 'Hiya : c'est une mauvaise épouse dont la ketouba est élevée. En terre d'Israël, ils ont dit : ce verset vise celui dont la nourriture dépend de son argent — il est contraint d'acheter ses vivres au comptant, car il ne possède pas de terre à lui.
״הִנְנִי מֵבִיא רָעָה אֲשֶׁר לֹא יוּכְלוּ לָצֵאת מִמֶּנָּה״, אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: זוֹ אִשָּׁה רָעָה וּכְתוּבָּתָהּ מְרוּבָּה. ״נְתָנַנִי ה׳ בִּידֵי לֹא אוּכַל קוּם״, אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר מָר עוּקְבָא בַּר חִיָּיא: זוֹ אִשָּׁה רָעָה וּכְתוּבָּתָהּ מְרוּבָּה. בְּמַעְרְבָא אָמְרוּ: זֶה שֶׁמְּזוֹנוֹתָיו תְּלוּיִן בְּכַסְפּוֹ.
À propos du verset : « Tes fils et tes filles seront livrés à un autre peuple » (Devarim 28, 32), Rav 'Hanan bar Rava dit au nom de Rav : il s'agit de la femme du père [la marâtre, qui maltraite les enfants d'un premier lit]. À propos du verset : « Je les irriterai par une nation vile [naval] » (Devarim 32, 21), Rav 'Hanan bar Rava dit au nom de Rav : c'est une mauvaise épouse dont la ketouba est élevée. Rabbi Eliézer dit : ce sont les apostats [haminim] ; et de même il est dit : « L'homme vil [naval] a dit en son cœur : il n'y a pas de D.ieu… » (Tehilim 14, 1) — ce qui prouve qu'un apostat est appelé « vil ».
״בָּנֶיךָ וּבְנוֹתֶיךָ נְתוּנִים לְעַם אַחֵר״, אָמַר רַב חָנָן בַּר רָבָא אָמַר רַב: זוֹ אֵשֶׁת הָאָב. ״בְּגוֹי נָבָל אַכְעִיסֵם״, אָמַר רַב חָנָן בַּר רָבָא אָמַר רַב: זוֹ אִשָּׁה רָעָה וּכְתוּבָּתָהּ מְרוּבָּה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אֵלּוּ הַמִּינִים. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״אָמַר נָבָל בְּלִבּוֹ אֵין אֱלֹהִים וְגוֹ׳״.
Dans une baraïta, on a enseigné [à propos de « je les irriterai par une nation vile »] : ce sont les habitants de Barbarie et les habitants de Martenaï, qui circulent nus au marché — car il n'est rien de plus méprisé ni de plus abominable devant l'Omniprésent [haMaqom] que celui qui marche nu au marché. Rabbi Yo'hanan dit : ce sont les 'Habarim [une caste de prêtres perses]. La Guemara rapporte : lorsqu'on dit à Rabbi Yo'hanan que les 'Habarim étaient venus en Babylonie, il frémit et tomba de son siège, par crainte pour les Juifs qui y vivaient. On lui dit : il y a moyen de composer avec leurs persécutions, car ils acceptent des pots-de-vin. En entendant que tout n'était pas perdu, il se redressa et se rassit à sa place.
בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: אֵלּוּ אַנְשֵׁי בַּרְבַּרְיָא וְאַנְשֵׁי מַרְטְנַאי, שֶׁמְּהַלְּכִין עֲרוּמִּים בַּשּׁוּק. שֶׁאֵין לְךָ מְשׁוּקָּץ וּמְתוֹעָב לִפְנֵי הַמָּקוֹם יוֹתֵר מִמִּי שֶׁמְּהַלֵּךְ בַּשּׁוּק עָרוֹם. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֵלּוּ חַבָּרִים. אֲמַרוּ לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן: אֲתוֹ חַבָּרֵי לְבָבֶל, שְׁגָא נְפַל. אֲמַרוּ לֵיהּ: מְקַבְּלִי שׁוּחְדָּא, תָּרֵיץ יְתֵיב.
À propos des 'Habarim, la Guemara rapporte l'enseignement suivant des Sages : les 'Habarim purent décréter contre le peuple juif sur trois sujets, à cause de trois transgressions du peuple juif. Ils décrétèrent contre la viande — c'est-à-dire qu'ils interdirent l'abattage rituel [che'hita] — à cause du manquement des Juifs à donner aux Cohanim les présents [matanot] de l'épaule, des mâchoires et de la caillette. Ils décrétèrent contre les bains, interdisant aux Juifs de se baigner dans les bains publics, à cause de leur négligence de l'immersion rituelle [tevila].
גָּזְרוּ עַל שְׁלֹשָׁה מִפְּנֵי שְׁלֹשָׁה. גָּזְרוּ עַל הַבָּשָׂר — מִפְּנֵי הַמַּתָּנוֹת, גָּזְרוּ עַל הַמֶּרְחֲצָאוֹת — מִפְּנֵי הַטְּבִילָה.
Troisièmement, ils exhumaient les morts de leurs tombes, parce que les Juifs se réjouissaient lors des fêtes des non-Juifs [le jour de leur idolâtrie], ainsi qu'il est dit : « Et la main de l'Éternel sera contre vous et contre vos pères » (Chemouel I 12, 15). Rabba bar Chemouel dit : ce verset vise l'exhumation des morts — qui afflige à la fois les vivants et les morts —, car le Maître a dit : à cause de la faute des vivants, les morts sont exhumés.
קָא מְחַטְּטִי שָׁכְבֵי — מִפְּנֵי שֶׁשְּׂמֵחִים בְּיוֹם אֵידָם. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיְתָה יַד ה׳ בָּכֶם וּבַאֲבוֹתֵיכֶם״. אָמַר רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל: (זוֹ) חַטּוֹטֵי שָׁכְבֵי. דְּאָמַר מָר: בַּעֲוֹן חַיִּים — מֵתִים מִתְחַטְּטִין.
Rava dit à Rabba bar Mari : il est écrit : « Ils ne seront ni recueillis ni ensevelis ; ils seront comme du fumier sur la face de la terre » (Yirmeyahou 8, 2), et il est écrit : « Et la mort sera préférée à la vie » (Yirmeyahou 8, 3). Si la mort est à ce point indigne que leurs corps ne seront même pas ensevelis, pourquoi préférerait-on la mort à la vie ? Rabba bar Mari lui répondit : ce second verset ne se rapporte pas à la situation décrite plus haut ; il signifie plutôt que la mort est préférable pour les méchants — car mieux vaut pour eux ne pas vivre en ce monde, pécher, et finalement tomber dans la Géhenne.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַבָּה בַּר מָארִי, כְּתִיב: ״לֹא יֵאָסְפוּ וְלֹא יִקָּבֵרוּ לְדוֹמֶן עַל פְּנֵי הָאֲדָמָה יִהְיוּ״, וּכְתִיב: ״וְנִבְחַר מָוֶת מֵחַיִּים״. אֲמַר לֵיהּ: נִבְחַר מָוֶת לָרְשָׁעִים, שֶׁלֹּא יִחְיוּ בְּעוֹלָם הַזֶּה וְיֶחֶטְאוּ, וְיִפְּלוּ בְּגֵיהִנָּם.
Yevamot 63b
100%
יבמות ס״ג במַסֶּכֶת יְבָמוֹת