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Traité Yevamot

59b

Étude de Yevamot 59b

Étude de la Guémara 59b

Guémara
La Guemara réfute cette preuve : selon quelle opinion cette baraïta est-elle enseignée ? Elle suit l'opinion de Rabbi Méir, qui soutient qu'une femme ayant eu un rapport par voie atypique [chelo kedarka] reste autorisée à un Cohen Gadol [grand prêtre] ; et lorsque Rav a énoncé son enseignement [déclarant une telle femme interdite], c'était selon l'opinion de Rabbi Élazar, qui tient au contraire qu'une telle femme est disqualifiée pour épouser un Cohen Gadol.
הָא מַנִּי — רַבִּי מֵאִיר הִיא, וְרַב דְּאָמַר כְּרַבִּי אֶלְעָזָר.
La Guemara objecte : si l'enseignement de Rav suit l'opinion de Rabbi Élazar, pourquoi avoir précisément dit qu'elle lui est interdite parce qu'elle est non-vierge [beoula] ? Qu'il le déduise du fait qu'elle est devenue une zona [femme rendue interdite à la prêtrise par un rapport illicite] ! Car Rabbi Élazar a justement dit : même dans le cas d'un homme célibataire qui a eu un rapport avec une femme célibataire sans intention de mariage, il l'a par là rendue zona.
אִי כְּרַבִּי אֶלְעָזָר, מַאי אִירְיָא מִשּׁוּם בְּעוּלָה? תִּיפּוֹק לֵיהּ דְּהָוְיָא לַהּ זוֹנָה! דְּהָא אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: פָּנוּי הַבָּא עַל הַפְּנוּיָה שֶׁלֹּא לְשֵׁם אִישׁוּת — עֲשָׂאָהּ זוֹנָה.
Rav Yossef dit : lorsque Rav a déclaré disqualifiée pour le Cohen Gadol une femme ayant eu un rapport par voie atypique, il visait une femme qui a eu un rapport avec un animal ; car là, elle est disqualifiée parce qu'elle est non-vierge [beoula], mais elle n'est pas disqualifiée au titre de l'interdit de zona.
אָמַר רַב יוֹסֵף: כְּגוֹן שֶׁנִּבְעֲלָה לִבְהֵמָה, דְּהָתָם מִשּׁוּם בְּעוּלָה אִיכָּא, מִשּׁוּם זוֹנָה לֵיכָּא.
Abaye lui objecta : quel que soit le côté par lequel on prend la chose, cette réponse fait difficulté. Si elle est considérée comme non-vierge [beoula], elle est aussi zona ; et si elle n'est pas zona, elle n'est pas non plus non-vierge. Et si tu voulais dire que cela est comparable au cas d'une femme dont la virginité a été altérée par la pénétration d'un corps étranger de façon atypique [chelo kedarka], dont l'hymen n'a donc pas été endommagé — de sorte qu'elle n'est pas interdite comme zona, tout en n'étant plus considérée comme vierge — cela n'est pas correct : car s'il en était ainsi [si une telle femme était tenue pour non-vierge et interdite au Cohen Gadol], tu n'aurais plus aucune femme apte à la grande prêtrise, puisqu'il n'en est aucune qui n'ait perdu sa virginité par la pénétration d'un corps étranger de façon atypique — par exemple par un caillou [tsror] employé pour se nettoyer aux latrines.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי, מִמָּה נַפְשָׁךְ: אִי בְּעוּלָה הָוְיָא — זוֹנָה נָמֵי הָוְיָא. וְאִי זוֹנָה לָא הָוְיָא — בְּעוּלָה נָמֵי לָא הָוְיָא. וְכִי תֵּימָא: מִידֵי דְּהָוֵיא אַמוּכַּת עֵץ שֶׁלֹּא כְּדַרְכָּהּ, אִם כֵּן, אֵין לְךָ אִשָּׁה שֶׁכְּשֵׁרָה לַכְּהוּנָּה, שֶׁלֹּא נַעֲשֵׂית מוּכַּת עֵץ עַל יְדֵי צְרוֹר.
La Guemara abandonne donc cette explication. Rabbi Zéira dit plutôt que Rav visait une femme qui a refusé son mari [par mioun] après n'avoir eu avec lui qu'un rapport par voie atypique. Bien que l'acte n'ait rien eu de licencieux — puisqu'elle était mariée à ce moment-là — elle est néanmoins disqualifiée pour entrer dans la prêtrise, parce qu'elle n'est plus vierge.
אֶלָּא, אָמַר רַבִּי זֵירָא: בִּמְמָאֶנֶת.
Rav Chimi bar Hiyya dit : une femme qui a eu un rapport avec un animal est comparable à celle dont l'hymen a été déchiré accidentellement ; elle n'est donc pas zona et reste apte à la prêtrise. Cela est aussi enseigné dans une baraïta : si une femme a eu un rapport avec ce qui n'est pas un homme — c'est-à-dire un animal — bien qu'elle soit passible de lapidation [si elle l'a fait intentionnellement et en présence de témoins l'ayant avertie du châtiment], elle demeure néanmoins apte à la prêtrise.
אָמַר רַב שִׁימִי בַּר חִיָּיא: נִבְעֲלָה לִבְהֵמָה — כְּשֵׁרָה לַכְּהוּנָּה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: נִבְעֲלָה לְמִי שֶׁאֵינוֹ אִישׁ, אַף עַל פִּי שֶׁבִּסְקִילָה — כְּשֵׁרָה לַכְּהוּנָּה.
Lorsque Rav Dimi vint d'Érets Israël, il rapporta : il advint, à propos d'une certaine jeune fille [riva] du village de Heïtlou, qui balayait la maison, qu'un chien de village [koufri] dressé pour la chasse la prit par-derrière ; et Rabbi [Yehouda haNassi] la déclara apte à la prêtrise, car elle n'était pas tenue pour zona. Chemouel dit : Rabbi la déclara apte même à un Cohen Gadol, car elle était encore considérée comme vierge. La Guemara s'étonne de ce propos : y avait-il un Cohen Gadol au temps de Rabbi ? Chemouel voulait plutôt dire qu'elle est apte [à être épousée] par un Cohen Gadol.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: מַעֲשֵׂה בְּרִיבָה אַחַת בְּהַיְתָלוֹ שֶׁהָיְתָה מְכַבֶּדֶת אֶת הַבַּיִת, וּרְבָעָהּ כֶּלֶב כּוּפְרִי מֵאַחֲרֶיהָ, וְהִכְשִׁירָהּ רַבִּי לַכְּהוּנָּה. אָמַר שְׁמוּאֵל: וּלְכֹהֵן גָּדוֹל. בִּימֵי רַבִּי כֹּהֵן גָּדוֹל מִי הֲוָה? אֶלָּא — רְאוּיָה לְכֹהֵן גָּדוֹל.
Rava de Parzakya dit à Rav Achi : d'où ce principe énoncé par les Sages, qu'il n'y a pas de znout avec un animal, est-il déduit ? Rav Achi répondit qu'il est écrit : « Tu n'apporteras pas dans la maison de l'Éternel ton D.ieu, pour quelque vœu que ce soit, le salaire d'une prostituée [etnan zona] ni le prix d'un chien [mehir kélev], car tous deux sont en abomination à l'Éternel ton D.ieu » (Devarim 23, 19). Ce verset interdit d'offrir en sacrifice un animal qui aurait servi à rémunérer une prostituée pour ses services, ou qui aurait servi de paiement pour l'acquisition d'un chien.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא מִפַּרְזַקְיָא לְרַב אָשֵׁי: מְנַָא הָא מִילְּתָא דַּאֲמוּר רַבָּנַן אֵין זְנוּת לִבְהֵמָה? דִּכְתִיב: ״לֹא תָבִיא אֶתְנַן זוֹנָה וּמְחִיר כֶּלֶב״.
Et nous avons appris dans une michna (Temoura 30a) : le salaire d'un chien [etnan kélev] — c'est-à-dire un animal cachère donné par un homme ou une femme au maître d'un chien afin d'avoir un rapport avec celui-ci — et de même le prix d'une prostituée [mehir zona] — un animal cachère servant à acquérir une prostituée comme servante — sont permis d'être offerts en sacrifice. Et cela parce qu'il est dit « tous deux » [gam chenéhem] : les objets précisément énumérés dans le verset sont en abomination ; par conséquent, deux cas seulement sont interdits — le paiement remis à une prostituée pour ses services et le paiement servant à l'acquisition d'un chien — et non quatre, les cas inverses étant exclus de cette halakha.
וּתְנַן: אֶתְנַן כֶּלֶב וּמְחִיר זוֹנָה — מוּתָּרִין, (מִשּׁוּם) שֶׁנֶּאֱמַר: ״גַּם שְׁנֵיהֶם״ — שְׁנַיִם וְלֹא אַרְבָּעָה.
Les Sages ont enseigné : un Cohen Gadol ne doit pas épouser une femme qu'il a lui-même violée ni une femme qu'il a lui-même séduite, car il lui est ordonné d'épouser une vierge ; mais s'il l'a épousée, il est marié [le mariage est valide]. Quant à une femme violée par un autre homme ou séduite par un autre homme, il ne doit pas l'épouser ; et s'il l'a épousée, Rabbi Éliézer ben Yaakov dit que l'enfant né de cette union est un halal, tandis que les Sages disent que la lignée de l'enfant est sans défaut [cacher].
תָּנוּ רַבָּנַן: אֲנוּסַת עַצְמוֹ וּמְפוּתַּת עַצְמוֹ — לֹא יִשָּׂא, וְאִם נָשָׂא — נָשׂוּי. אֲנוּסַת חֲבֵירוֹ וּמְפוּתַּת חֲבֵירוֹ — לֹא יִשָּׂא, וְאִם נָשָׂא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: הַוָּלָד חָלָל, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: הַוָּלָד כָּשֵׁר.
La Guemara analyse cette baraïta. Elle énonce que s'il a épousé la femme qu'il a lui-même violée ou séduite, il est marié. Rav Houna dit au nom de Rav : et il doit la répudier par un guet [acte de divorce]. La Guemara objecte : mais considère ce que la baraïta enseigne — « s'il l'a épousée, il est marié » ! Puisqu'il est évident que le mariage est techniquement valide, la baraïta doit vouloir dire qu'ils sont autorisés à rester mariés. Rav Aha bar Yaakov dit : non, cela veut dire
אִם נָשָׂא — נָשׂוּי, אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: וּמוֹצִיא בְּגֵט. וְאֶלָּא הָא דְּקָתָנֵי: אִם נָשָׂא נָשׂוּי! אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: לוֹמַר

Rachi

הא מני ר"מ - דאמר בתולה עד שיהו כל בתוליה קיימין פרט לבוגרת ואייתר ליה בבתוליה למעוטי בעולה שלא כדרכה דשריא:,ורב - דאמר פסולה כרבי אלעזר דאמר לעיל בתוליה מקצת בתולים לרבויי בוגרת ואתא בבתוליה למעוטי בעולה שלא כדרכה כדלעיל:

דהויא לה זונה - ואפי' לכהן הדיוט אסורה:,דהא אמר רבי אלעזר כו' - לקמן בפירקין (יבמות דף סא:):

איסור זונה ליכא - דילפינן לקמן בשמעתין אין זנות לבהמה:

אי זונה לא הויא - א"כ לאו ביאה היא ואפי' לכהן גדול תשתרי:,וכ"ת מידי דהויא אמוכת עץ - דהא רבי אלעזר קאמר במתני' לא ישא את מוכת עץ ותיבעי למימר דאפי' במוכת עץ שלא כדרכה פסולה: ,א"כ אין לך אשה שכשרה לכהונה גדולה שלא נעשית מוכת עץ על ידי צרור - של קינוח בית הכסא:

אלא א"ר זירא - משכחת לה להא דרב אליבא דרבי אלעזר דהויא בעולה ולא זונה ולא אלמנה ולא גרוש' בקטנה יתומה הנישאת לבעל ובעלה שלא כדרכה ומיאנה בו דאין כאן פסול זנות ואלמנות וגירושין ואשמעינן רב דיש כאן פסול בעולה לכהן גדול:

כשר' לכהונה - אפי' לכהן גדול דמוכת עץ בעלמא היא ומאן דשרי במוכת עץ שרי בה: ,למי שאינו איש - בהמה:,שבסקילה - אם יש עדים והתראה היכא דליכא עדים והתראה כשרה לכהונה:

בהיתלו - שם מקום:,כופרי - כלבים גדולים שצדין בהן חיות:,מאחריה - שלא כדרכה דאי כדרכה לא גרעה ממוכת עץ: רבי לאחר חורבן הבית היה כמה דורות שהוא סוף התנאים ובימי רבן יוחנן בן זכאי חרב הבית דתנן (ר"ה דף כט:) משחרב בית המקדש התקין רבן יוחנן בן זכאי וכו':

אתנן כלב - שאם אמר אדם לזונה הילך טלה זה והבעלי לכלבי ומחיר זונה שהחליף זונה בטלה מותרים למזבח. ומדשרי אתנן כלב אלמא לאו זנות הוא:

לא ישא - כהן גדול דכתיב בתולה יקח (ויקרא כ״א:י״ד) בשעת ליקוחין תהיה בתולה:

Tossafot

הא מני ר' מאיר - אע"ג דלר' מאיר חייבי לאוין וכריתות בני קנס דרב גופיה מוקי מתניתין דריש אלו נערות (כתובות דף כט.) כרבי מאיר הכא לאו מקנס ממעט להו אלא לענין שאין ראויה לקיימה כדקתני נמי סיפא באלו נערות (שם לט.) אם לא היתה ראויה לבא בישראל אינו רשאי לקיימה שנאמר ולו תהיה לאשה באשה הראויה לו תימה דהתם (דף מ.) פריך עלה וליתי עשה ולידחי לא תעשה ומאי פריך שאני הכא דגלי קרא וי"ל דפריך הכי וניתי עשה וכי תימא שאני הכא דגלי קרא אם כן נגמר מהכא בכל מקום דלא דחי א"נ פריך דלא הוה ליה לאוקמי קרא בחייבי לאוין אלא בחייבי כריתות דוקא דהוה אמינא שמותר לקיימה הואיל ואיתרבו לקנס מהבתולות ומנערות בריש אלו נערות (כתובות דף כט:) דקראי משתמעי דהיכא דאיכא קנס איכא נישואין אבל בחייבי לאוין נימא דאתי עשה ודחי לא תעשה אבל קשה דמשני היכא אמרינן דדחי כגון מילה בצרעת אבל הכא אי אמרה לא בעינא ליה מי איתיה לעשה כלל א"כ למה לי קרא למעוטי שלא ישאנה ונראה לר"י דהכא לאו מיתורא קדריש אלא הכי פירושו ולו תהיה לאשה באשה הראויה לו פרט לאלמנה משום דדרשינן באלו נערות (שם דף לח.) תהיה מדעתה וכיון דבעינן מדעתה א"כ בעינן אשה הראויה לו דלא חשיב עשה דהא אי אמרה לא בעינא ליה מי איתיה לעשה כלל ומעיקרא דפריך וניתי עשה ונדחי לא תעשה סלקא דעתך דכי אמרה מיהא בעינא ליה ידחה עשה את לא תעשה דלא מסיק אדעתיה דלא אתי עשה ודחי לא תעשה אלא כגון מילה בצרעת כו' א"נ מעיקרא ס"ד כדפי' דמייתורא קא דריש:,ורב דאמר כרבי אלעזר - לא שסבר רב כרבי אלעזר דהא רב ושמואל דאמרי תרוייהו בוגרת ומוכת עץ לא ישא ורבי אלעזר מכשיר בוגרת אלא הכי קאמר דרב דאמר לרבי אלעזר נבעלה שלא כדרכה פסולה לכהונה כיון דמכשיר בוגרת וליה לא סבירא ליה והשתא ניחא דפריך אי כר' אלעזר מאי איריא משום בעולה תיפוק ליה דהויא זונה דהא אמר רבי אלעזר פנוי כו' ואי אליבא דנפשיה קאמר מאי פריך דאטו משום דסבר לה כר' אלעזר בחדא סבר לה כותיה בכל מילי דאין שני הדברים הללו תלויין זה בזה דמה ענין זה אצל זה ועוד דעל כרחך לא סבר כוותיה בהא דאמר פנוי הבא על הפנויה עשאה זונה מדפריך ארב בסמוך ובהא אמר רב עמרם דאין הלכה כר' אלעזר ובסוף פ"ק דכתובות (דף טו. ושם) גבי תינוקת שנאנסה פסיק לשם כר' יוסי דמכשיר והיכי הוה מכשיר אפילו בתרי רובי אי סבר פנוי הבא על הפנויה עשאה זונה ודוחק לומר דלא אצטריך לפסוק אלא לבא עליה לשום אישות אלא אליבא דר' אלעזר קאמר וליה לא סבירא ליה:

שנים ולא ארבעה - וא"ת ומהיכא תיסק אדעתיה למיסר דאיצטריך קרא למעוטי וי"ל דסלקא דעתך לאסור משום דאיתקוש וכי תימא אם איתא דהני נמי אסור לכתוב רחמנא אתנן ומחיר כלב וזונה א"כ הוה אמינא דכל חד לחוד שרי ומיהו למאן דאמר (ב"מ צד: ובשאר דוכתי) משמע שניהם כאחד ומשמע אחד בפני עצמו עד שיפרוט לך הכתוב יחדו ה"ל למכתב הכי ובפ' כל האסורין (תמורה דף ל: ושם) מהאי דרשא דשנים ולא ד' נפקא לן דאין זנות לבהמה:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Yevamot 59b
100%
יבמות נ״ט במַסֶּכֶת יְבָמוֹת