Guémara
[La Guemara conteste la formulation précédente :] L'appelles-tu une « femme en attente de son yavam » [chomérèt yavam] ? Une fois qu'ils ont eu des rapports, elle est sa femme à part entière, car Rav a dit : celui qui a des rapports avec sa yevama [même sans intention d'accomplir par là le yiboum] l'a acquise en tout point ! [Comment alors la qualifier encore de simple « femme en attente » au regard des lois de la sota ?] La Guemara répond : ceci est conforme à l'opinion de Chmouel, qui a dit qu'il ne l'a acquise que pour les seuls objets énoncés dans la section [du yiboum], mais non pour les autres ; elle n'est donc pas considérée comme sa femme au regard des lois de la sota.
שׁוֹמֶרֶת יָבָם קָרֵית לַהּ? אִשְׁתּוֹ מְעַלְּיָא הִיא, דְּהָא אָמַר רַב: קָנָה לַכֹּל! כִּשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר: לֹא קָנָה אֶלָּא לִדְבָרִים הָאֲמוּרִים בַּפָּרָשָׁה.
La Guemara répond : si cette preuve [tirée du fait qu'entrer sous le dais nuptial a une portée juridique même pour une femme inapte] a été avancée, c'est uniquement pour appuyer l'opinion de Rav. Or Rav n'a-t-il pas dit qu'il l'a acquise en tout point [ce qui contredit qu'elle reste une simple « femme en attente »] ? La Guemara répond : de quoi traitons-nous ici ? D'un cas, par exemple, où le yavam a accompli avec elle le maamar [la « déclaration » de fiançailles léviratiques], puis a eu avec elle des rapports par débauche. Et ceci est conforme à l'opinion de Beit Chammaï, qui disent : le maamar acquiert la yevama de façon pleine et entière [et dénoue le lien léviratique]. Dès lors, lorsqu'ils ont ces rapports, ils ne deviennent pas pleinement mariés [et elle demeure au statut de fiancée].
מִידֵּי הוּא טַעְמָא אֶלָּא לְרַב. הָא אָמַר רַב: קָנָה לַכֹּל. הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן דַּעֲבַד בַּהּ מַאֲמָר, וּבֵית שַׁמַּאי הִיא, דְּאָמְרִי: מַאֲמָר קוֹנֶה קִנְיָן גָּמוּר.
La Guemara soulève une difficulté : s'il en est ainsi [si l'on parle d'une yevama fiancée par maamar], ce cas est identique à celui de la fiancée [arousa, déjà mentionné dans la Michna] — quelle différence y a-t-il entre les deux ? La Guemara répond : et selon ton raisonnement, les exemples de la Michna d'une « femme mariée » [nessoua] et d'une « femme introduite [au foyer] » [kenoussa] ne forment-ils pas, eux aussi, une seule et même chose ?! Il faut donc dire que la Michna vise deux cas très voisins, avec cette différence : « femme mariée » désigne sa propre épouse, et « femme introduite » désigne celle de son prochain, c'est-à-dire la femme de son frère devenue son épouse par le yiboum. Ici de même : « fiancée » désigne sa propre fiancée, et « femme en attente de son yavam » désigne celle de son prochain, c'est-à-dire sa yevama, désormais fiancée à lui [par maamar].
אִי הָכִי — הַיְינוּ אֲרוּסָה? וּלְטַעְמָיךְ, נְשׂוּאָה וּכְנוּסָה לָאו חֲדָא מִילְּתָא הִיא?! אֶלָּא: נְשׂוּאָה דִּידֵיהּ, וּכְנוּסָה דְּחַבְרֵיהּ. הָכָא נָמֵי: אֲרוּסָה דִּידֵיהּ, וְשׁוֹמֶרֶת יָבָם דְּחַבְרֵיהּ.
Rav Pappa a dit : la question de Rava peut se résoudre sans recourir au [débat sur le fait qu'un] prêtre entre sous le dais nuptial avec une femme qui lui est inapte. La baraïta qu'il a citée est conforme à ce tana, qui n'exige pas que l'homme soit exempt de faute, comme il est enseigné dans une baraïta : on ne peut pas adresser de mise en garde [kinoui] à une fiancée afin de la faire boire les eaux de la sota tant qu'elle est fiancée ; mais on peut la mettre en garde afin de la faire boire les eaux de la sota lorsqu'elle est mariée, même si elle s'est isolée avec l'homme alors qu'elle était encore fiancée.
רַב פָּפָּא אָמַר: הַאי תַּנָּא הוּא, דְּתַנְיָא: אֵין מְקַנִּין לָהּ לָאֲרוּסָה לְהַשְׁקוֹתָהּ כְּשֶׁהִיא אֲרוּסָה, אֲבָל מְקַנִּין אוֹתָהּ לְהַשְׁקוֹתָהּ כְּשֶׁהִיא נְשׂוּאָה.
Rav Nahman bar Yits'haq a dit : la question ne se pose pas du tout, car le serment [de la sota] est formulé par voie d'extension [guilgoul]. La femme ne peut pas être contrainte de boire les eaux de la sota pour des faits survenus alors qu'elle était fiancée ; mais si elle est tenue de boire en raison de faits survenus une fois mariée, le serment peut être étendu pour englober tout acte d'infidélité éventuel commis du temps où elle était fiancée.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: עַל יְדֵי גִלְגּוּל.
§ Rav Hanina a envoyé [un enseignement] au nom de Rabbi Yohanan : celui qui accomplit le maamar avec sa yevama [et qui a un frère] — même s'il est cohen et qu'elle est fille de cohen — l'a rendue interdite à la téroumah. [Selon la Torah, l'autre frère pourrait encore avoir des rapports avec elle et accomplir ainsi le yiboum ; mais selon les Sages, seul le frère qui l'a fiancée peut accomplir le yiboum. Comme elle est considérée comme en attente de lévirat même à l'égard du frère que les Sages lui interdisent d'épouser, elle est classée parmi les femmes en attente d'un rapport invalide. En conséquence, elle ne peut consommer la téroumah qu'une fois le lévirat consommé.]
שְׁלַח רַב חֲנִינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: הָעוֹשֶׂה מַאֲמָר בִּיבִמְתּוֹ [וְיֵשׁ לוֹ אָח], אֲפִילּוּ הוּא כֹּהֵן וְהִיא כֹּהֶנֶת — פְּסָלָהּ מִן הַתְּרוּמָה.
La Guemara demande : selon qui Rabbi Yohanan a-t-il énoncé cela ? Si l'on dit que c'est selon l'opinion de Rabbi Méïr — admettons que Rabbi Méïr ait dit qu'une femme tenue en réserve pour un rapport invalide ne mange pas la téroumah lorsque ce rapport est interdit par la Torah ; mais lorsque le rapport n'est interdit que par les Sages, Rabbi Méïr a-t-il vraiment dit qu'elle est écartée de la téroumah ? Et si l'on dit au contraire que c'est selon les opinions de Rabbi Elazar et de Rabbi Chimon — dès lors qu'ils soutiennent que même une femme tenue en réserve pour un rapport interdit par la Torah peut consommer la téroumah, est-il besoin de préciser qu'elle le peut lorsqu'elle est tenue en réserve pour un rapport interdit seulement par les Sages ?!
לְמַאן? אִילֵּימָא לְרַבִּי מֵאִיר — אֵימַר דְּאָמַר רַבִּי מֵאִיר מִשְׁתַּמֶּרֶת לְבִיאָה פְּסוּלָה לָא אָכְלָה מִדְּאוֹרָיְיתָא, דְּרַבָּנַן מִי אָמַר? וְאֶלָּא לְרַבִּי אֶלְעָזָר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן. הַשְׁתָּא מִשְׁתַּמֶּרֶת לְבִיאָה פְּסוּלָה דְּאוֹרָיְיתָא אָכְלָה — דְּרַבָּנַן מִיבַּעְיָא?!
Plutôt, lorsque Ravin vint [d'Erets Israël], il rapporta [une version exacte de l'énoncé de Rabbi Yohanan] : si un yavam qui a accompli le maamar avec sa yevama a un frère [apte], tous s'accordent à dire que la yevama peut consommer la téroumah. S'il a un frère qui est un halal — par exemple, dont la mère était une divorcée et donc inapte à épouser son père cohen — tous s'accordent à dire que la yevama ne peut pas consommer la téroumah, car elle est considérée comme tenue en réserve pour un rapport invalide. Ils n'ont divergé que dans le cas où il lui a remis un acte de divorce [guet] : Rabbi Yohanan dit qu'elle peut consommer la téroumah [car elle est considérée comme retournée à la maison de son père], tandis que Réch Lakich dit qu'elle ne le peut pas.
אֶלָּא, כִּי אֲתָא רָבִין, אָמַר: עָשָׂה בָּהּ מַאֲמָר בִּיבִמְתּוֹ — דִּבְרֵי הַכֹּל אָכְלָה, יֵשׁ לוֹ אָח חָלָל — דִּבְרֵי הַכֹּל אֵינָהּ אוֹכֶלֶת. לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא שֶׁנָּתַן לָהּ גֵּט. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אוֹכֶלֶת. רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: אֵינָהּ אוֹכֶלֶת.
La Guemara analyse les deux opinions : Rabbi Yohanan a dit qu'elle peut consommer la téroumah, parce que, même selon Rabbi Méïr — qui a dit dans la Michna qu'elle ne peut pas en consommer — cela ne vaut que lorsqu'elle est en attente d'un rapport invalide selon la Torah ; mais lorsque le rapport n'est interdit que par les Sages, elle peut en consommer. [Dans le cas présent, comme la halitsa n'a pas encore été accomplie, le lien léviratique subsiste selon la Torah, mais les Sages leur interdisent de consommer le lévirat ; l'interdit est donc seulement rabbinique.]
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר אוֹכֶלֶת — אֲפִילּוּ לְרַבִּי מֵאִיר דְּאָמַר אֵינָהּ אוֹכֶלֶת, הָנֵי מִילֵּי מִשְׁתַּמֶּרֶת לְבִיאָה פְּסוּלָה דְּאוֹרָיְיתָא, אֲבָל דְּרַבָּנַן — אָכְלָה.
Et Réch Lakich a dit qu'elle ne peut pas consommer la téroumah, parce que, même selon Rabbi Elazar et Rabbi Chimon — qui disent dans la Michna qu'elle peut en consommer — cela ne vaut que dans un cas de fiançailles [kiddouchin], car un cohen peut donner à une femme le droit à la téroumah dans un autre cas, par le biais des fiançailles. Mais ici, où il lui a remis un acte de divorce, dès lors qu'il ne peut conférer à aucune femme, dans aucun autre cas, le droit à la téroumah par la remise d'un guet — non [elle ne peut pas en consommer].
וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר אֵינָהּ אוֹכֶלֶת — אֲפִילּוּ לְרַבִּי אֶלְעָזָר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמְרִי אוֹכֶלֶת, הָנֵי מִילֵּי דְּיֵשׁ לוֹ לְהַאֲכִיל בְּמָקוֹם אַחֵר, אֲבָל הָכָא, כֵּיוָן דְּאֵין לוֹ לְהַאֲכִיל בְּמָקוֹם אַחֵר — לָא.
Et si tu disais : ici aussi [dans le cas du guet], il peut lui ouvrir le droit à la téroumah lorsqu'elle retourne à la maison de son père [, après un divorce complet] — ce cas est différent, pour la raison suivante : une femme qui retourne à la maison de son père a été détachée de son mari, et elle est proche de la maison de son père [bei nacha] ; elle peut donc à nouveau consommer la téroumah au titre de son père. En revanche, cette yevama qui a reçu un acte de divorce demeure liée à son yavam jusqu'à ce qu'ils accomplissent la halitsa ; elle est de ce fait écartée de la téroumah.
וְכִי תֵּימָא: הָכָא נָמֵי יֵשׁ לוֹ לְהַאֲכִילָהּ בְּחוֹזֶרֶת — חוֹזֶרֶת פָּסְקָה מִינֵּיהּ, וּקְרוֹבָה לְבֵי נָשָׁא, אֲבָל הָא אֲגִידָא בֵּיהּ.
§ Il a été enseigné dans la Michna que, dans le cas des femmes ayant épousé des Cohanim alors qu'elles leur étaient inaptes, si elles deviennent veuves ou divorcées de ce mariage, elles sont écartées de la téroumah ; mais si elles deviennent veuves ou divorcées alors qu'elles n'étaient encore que fiancées, elles restent aptes à consommer la téroumah. Rabbi Hiyya bar Yossef posa une question à Chmouel : dans le cas d'un Cohen Gadol [Grand Prêtre] qui a fiancé une mineure [ketana], et qu'elle est devenue adulte [bogérèt] sous son autorité, c'est-à-dire alors qu'elle lui était fiancée —
נִתְאַרְמְלוּ אוֹ נִתְגָּרְשׁוּ וְכוּ׳. בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי חִיָּיא בַּר יוֹסֵף מִשְּׁמוּאֵל: כֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁקִּדֵּשׁ אֶת הַקְּטַנָּה וּבָגְרָה תַּחְתָּיו,
Rachi
שומרת יבם קרית לה:,לישנא אחרינא ועיקר דכוותה גבי שומרת יבם - דקשיא לך נמי בה הא לאו בת אשקויי היא מוקמת לה נמי כגון שבא עליה דהא כשנכנסה לחופה ליכא לאוקומה דהא חופה ביבמה לא שייכא:,שומרת יבם קרית כו' - אלא לא תוקמה לשומרת יבם כשבא עליה אלא כגון דעבד בה מאמר ולשקדמה שכיבת בעל לא קפדינן דהא קדמה שכיבת בעל הראשון שהיא באה מכחו ומאמר קונה קנין גמור וקרינן בה תחת אישך:,קנה לכל - בביאת שוגג ומזיד:
מידי הוא טעמא אלא לרב - הא דמייתינן יש חופה לפסולות לסיועה לרב מייתינן לה דאמר לעיל יש חופה לפסולות ורב האמר לעיל קנה לכל ולדידיה לא מיתרצתא היא:,כגון דעבד מאמר - ואח"כ בא עליה בזנות בבית חמיה:,וב"ש היא דאמרי - בפרק ד' אחין (לעיל יבמות דף כט:) מאמר קונה קנין גמור ליעשות ארוסה גמורה והפריח את זיקת היבום ותו לא מקניא ליה בביאת מזיד אלא במסירת חופה כאשה בעלמא כדאמרינן בד' אחין (שם) ומשום הכי קרי לה שומרת יבם אפילו לאחר ביאה דאי לב"ה לא אלים מאמר להפריח זיקת יבמין וליחול זיקת אירוסין ונישואין והוי קני לה בביאת זנות לגמרי:
אי הכי היינו ארוסה - גמורה וארוסה הא תנא לה:,נשואה דידיה - אשתו שלא היתה יבמתו:,דחבריה - אחיו דביבמתו שייך לשון כניסה:
רב פפא אמר - לעולם לא תדוק מינה דיש חופה והכא כגון דקינא לה כשהיא ארוסה ונשאה ובא עליה והדר איסתתרה ומשקה לה על ידי אותו קינוי והאי תנא הוא כו':, לישנא אחרינא אמר רב פפא - לעולם דקינא לה כשהיא ארוסה ואיסתתרה ומשקה לה כשהיא נשואה [הג"ה עד שלא נבעלה ודקשיא לך משקדמה שכיבת בעל לבועל האי תנא וכו' עכ"ה] ודקשיא לך אין מנוקה מעון האי תנא הוא דלית ליה הך דרשא. וזה הוא לשון מורי והוא נראה עיקר דללישנא קמא איכא למיפרך אם כן מאי לא שטיתי ארוסה ואדרבה הא לא כשהיא ארוסה איסתתרה:
רב נחמן אמר - מתניתין בדלא קינא ולא איסתתרה כשהיא ארוסה אלא קינא לה משנשאה ואיסתתרה ומשקה לה ע"י קינוי של עכשיו ומגלגל עליה שבועה כל ימים שהיתה תחתיו משנתארסה ונבדקה ומכאן לגלגול שבועה מן התורה:
פסלה מן התרומה - עד שיכנוס:
משתמרת לביאה פסולה - שיש ביד אחיו לבא עליה וביאתו ביאה וכי היכי דהיא משתמרת לביאתו כך היא משתמרת לביאת אחיו שהיא פסולה מדרבנן דיש ביאה אחר מאמר כדתנן (לעיל יבמות דף נ:) מאמר לזו ובעל לזו כו' וכן בב' יבמין ויבמה אחת:,דאורייתא - ביאה שהיא פסולה דאורייתא כגון אלמנה לכהן גדול:
דברי הכל - בין לרבי יוחנן בין לריש לקיש אכלה בתרומה דבי נשא דהא אפילו לרבי מאיר לא פסיל אלא במשתמרת לביאה פסולה דאורייתא:,יש - לזה היבם אח חלל:,לדברי הכל לא אכלה - אפי' היא בת כהן ואע"ג דעבד בה מאמר כהן כשר אכתי משתמרת לביאה פסולה היא לביאת החלל דהויא פסולה דאורייתא ולא אכלה ואפי' לרבי אלעזר ורבי שמעון כי מכשרי באלמנה לכ"ג קמכשרי שיש לו להאכיל במקום אחר אבל משתמרת ליבם חלל דאין לו להאכיל דהא כהן חלל זר הוא פסל לה ולא אכלה:,אלא שנתן לה גט - כהן ליבמתו כהנת ואכתי לביאתו היא משתמרת וביאתה פסולה מדרבנן היא דגט מהני בה מדרבנן:
אפילו לרבי אלעזר דאמר אוכלת הני מילי - על ידי קידושין דיש לו להאכיל כי האי גוונא במקום אחר:,אבל על ידי גירושין - דאין לו להאכיל על ידי גירושין במקום אחר לא:
ואם תאמר הכא נמי יש לו להאכיל - על ידי גירושין גמורים:,בחוזרת - דאם היה מגרשה לגמרי היתה חוזרת לבית אביה ואוכלת בתרומה:
ובגרה תחתיו - בימי אירוסין וכ"ג אסור בבוגרת כדאמרינן במתניתין ומצותו בקטנה או בנערה:
Tossafot
שומרת יבם קרית לה אשתו מעלייתא היא דהא אמר רב קנה לכל - ואע"ג דקרי לה שומרת יבם במילתיה דרבי יאשיה ורבי יונתן דאיירו בבא עליה יבם בבית חמי' ובלא עבד בה מאמר התם משום דלאו אשתו מעליא היא לענין השקאה קרי לה שפיר שומרת יבם אפילו לרב דאמר קנה לכל דהא ממעט לה רבי יונתן בברייתא מתחת אישך ורבי יאשיה קרי לה נמי שומרת יבם דקתני יכול שאני מוציא שומרת יבם כו' משום דאי לאו רבויא דאיש איש הוה ממעט לה וכן מסיק התם אבל הכא לא הזכיר שום טעם שהיה ראוי לקרותה על ידו שומרת יבם ועוד כיון דקונה לכל לא הוה ליה למימר שומרת יבם וכנוסה דהך נמי כנוסה היא:,דהא אמר רב קנה לכל - ובנפל מן הגג ונתקע או בנתכוון להטיח בכותל ליכא לאוקמה דויתן איש בך את שכבתו מבלעדי אישך דמשמע מבלעדי אישך שנתן בך את שכבתו משמע דבעינן בבעל כוונת שכיבה:
רב פפא אמר האי תנא - פי' בקונטרס בלשון שני לעולם דקינא לה ואיסתתרה כשהיא ארוסה והאי תנא הוא דלית ליה הך דרשא דונקה האיש מעון ולית ליה הך דרשא שקדמה שכיבת בעל וקש' לר"י דבריש שבועות (דף ה. ושם) ובסוטה (דף כח.) ובכמה דוכתי פריך ומי בדקי לה מיא והתניא ונקה האיש וכו' ולא משני האי תנא הוא משמע דליכא מאן דפליג ועוד מנא ליה דהאי תנא לא בעי שתקדום שכיבת בעל דלמא כשבא עליה ארוסה בבית אביה איירי ונראה כלשון ראשון שבקונטרס ושלא שטית ארוסה דקאמר לא שנסתרה באירוסין קאמר אלא ה"ק שלא שטית להיות נבדקת עליה בקינוי דאירוסין מיהו גם ללשון זה קצת קשה כיון שצריך להביא ראיה על זה שמועיל קינוי דאירוסין להשקותה בסתירה דנישואין מנא ליה דהאי תנא אית ליה האי סברא הא איכא לפרושי מקנין לארוסה להשקותה כשהיא נשואה היינו דקינא לה כשהיא ארוסה ואיסתתרה ונכנסה לחופה ולא נבעלה כדפי' מתניתין דלעיל:
על ידי גלגול - לא בעי לאפוקי גלגול מגלגול דאיש אחר דלא דמי דגלגול דאיש אחר ראוי להשקות על ידו אם היה מקנא על ידו אבל קרקעות לאו בנות שבועה נינהו כלל אבל מגלגול דארוסה יליף שפיר דלאו בת השקאה היא כלל ואפי' הכי מגלגל זנות דאירוסין וא"ת ולמאי דדייקינן מיניה לעיל דיש חופה לפסולות ולא מוקמינן על ידי גלגול מנלן גלגול שבועה וי"ל דנפקא ליה מאיש אחר ולא הוה מפליג בין קרקעות לאיש אחר אי נמי דמשמע ליה מאיש אחר אפילו קטן דדמי לקרקעות שאין מקנין על ידו כדתנן בסוף פרק ארוסה (סוטה דף כו: וכן בריש פ' שם כד.):
אימור דאמר רבי מאיר כו' - גם מכאן ראיה דחשיב משתמרת לביאה פסולה אף על פי שלא היו הקידושין בעבירה:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.