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Traité Yevamot

48a

Étude de Yevamot 48a

Étude de la Guémara 48a

Guémara
Et il lui est permis de l'épouser aussitôt après [l'avoir affranchie], sans qu'elle ait à passer par le processus décrit dans la Torah [pour la belle captive]. Si les Sages ne proposent pas cette voie, c'est manifestement parce qu'ils tiennent que, même si on la rendait esclave puis qu'on l'immergeait en vue de l'affranchissement, elle ne deviendrait juive que si elle acceptait aussi sur elle-même le joug des mitsvot. Rav Chéchet suppose donc que les Sages trancheraient de même pour un esclave ordinaire immergé en vue de l'affranchissement : il ne devient juif que s'il accepte lui aussi sur lui-même le joug des mitsvot.
וּמוּתָּר בָּהּ מִיָּד.
Rava dit : quel est le fondement de l'opinion de Rabbi Chimon ben Elazar [qui soutient que l'esclave n'a pas à accepter le joug des mitsvot] ? C'est qu'il est écrit, à propos de l'agneau pascal : « Tout esclave d'un homme, acquis à prix d'argent, tu le circonciras, et alors il en mangera » (Chemot 12, 44). Faudrait-il comprendre que l'expression « esclave d'un homme », plutôt que simplement « esclave », vise l'esclave d'un homme mais non l'esclave d'une femme ? Certainement pas ; en réalité, « esclave d'un homme » signifie que l'esclave est lui-même un homme, c'est-à-dire un adulte, et enseigne ceci : un esclave qui est un homme [adulte], tu peux le circoncire contre son gré — sans qu'il ait besoin d'accepter sur lui-même le joug des mitsvot —, mais tu ne peux pas circoncire contre son gré le fils d'un homme [non juif], c'est-à-dire un adulte qui n'est pas esclave.
אָמַר רָבָא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר — דִּכְתִיב: ״כׇּל עֶבֶד אִישׁ מִקְנַת כָּסֶף״. ״עֶבֶד אִישׁ״, וְלֹא עֶבֶד אִשָּׁה? אֶלָּא ״עֶבֶד אִישׁ״ — אַתָּה מָל בְּעַל כׇּרְחוֹ, וְאִי אַתָּה מָל בֶּן אִישׁ בְּעַל כׇּרְחוֹ.
La Guemara demande : et les Sages, comment répondent-ils à cet argument ? Oula dit que les Sages raisonnent ainsi : de même que tu ne peux pas circoncire contre son gré un fils qui est un homme [adulte], de même tu ne peux pas circoncire contre son gré un esclave qui est un homme [adulte]. La Guemara objecte : mais n'est-il pas écrit « tout esclave d'un homme » [, mot superflu dont il faut bien tirer un enseignement] ? La Guemara explique : les Sages ont besoin de ce verset pour ce qu'a enseigné Chmouel.
וְרַבָּנַן? אָמַר עוּלָּא: כְּשֵׁם שֶׁאִי אַתָּה מָל בֶּן אִישׁ בְּעַל כׇּרְחוֹ, כָּךְ אִי אַתָּה מָל עֶבֶד אִישׁ בְּעַל כׇּרְחוֹ. וְאֶלָּא הָכְתִיב ״כׇּל עֶבֶד אִישׁ״? הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לִכְדִשְׁמוּאֵל.
Car Chmouel a dit : celui qui déclare son esclave sans maître [le hefker, l'abandonne] — l'esclave est affranchi et n'a même pas besoin d'un acte d'affranchissement [guett chihrour], ainsi qu'il est dit : « Tout esclave d'un homme, acquis à prix d'argent ». Faudrait-il comprendre que l'expression « esclave d'un homme », plutôt que simplement « esclave », vise l'esclave d'un homme mais non l'esclave d'une femme ? Certainement pas ; en réalité, l'expression indique que seul l'esclave dont le maître a la possession — et qui peut à bon droit être appelé « esclave d'un homme » — est appelé esclave, tandis que l'esclave dont le maître n'a plus la possession n'est pas appelé esclave ; il est donc considéré comme un homme libre et n'a pas besoin d'un acte d'affranchissement.
דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: הַמַּפְקִיר עַבְדּוֹ יָצָא לְחֵירוּת וְאֵין צָרִיךְ גֵּט שִׁחְרוּר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל עֶבֶד אִישׁ מִקְנַת כָּסֶף״. ״עֶבֶד אִישׁ״, וְלֹא עֶבֶד אִשָּׁה? אֶלָּא: עֶבֶד שֶׁיֵּשׁ לוֹ רְשׁוּת לְרַבּוֹ עָלָיו — קָרוּי עֶבֶד, וְשֶׁאֵין רְשׁוּת לְרַבּוֹ עָלָיו — אֵין קָרוּי עֶבֶד.
Rav Papa objecte vigoureusement à l'affirmation de Rav Chéchet — selon laquelle les Sages de la baraïta tiendraient qu'un esclave ordinaire immergé en vue de l'affranchissement ne devient juif que s'il accepte aussi sur lui-même le joug des mitsvot : admettons que tu aies entendu les Sages exiger l'acceptation du joug des mitsvot dans le cas de la belle captive, qui n'était impliquée dans aucune mitsva avant son affranchissement ; mais s'agissant d'un esclave, qui était déjà impliqué dans des mitsvot avant son affranchissement — puisqu'en tant qu'esclave il était tenu d'observer certaines mitsvot —, peut-être que même les Sages conviendraient qu'il n'a pas besoin d'accepter sur lui-même le joug des mitsvot.
מַתְקֵיף לַהּ רַב פָּפָּא: אֵימוֹר דְּשָׁמְעַתְּ לְהוּ לְרַבָּנַן בִּיפַת תּוֹאַר, דְּלָא שָׁיְיכָא בְּמִצְוֹת. אֲבָל עֶבֶד, דְּשָׁיֵיךְ בְּמִצְוֹת, הָכִי נָמֵי דַּאֲפִילּוּ רַבָּנַן מוֹדוּ.
Car il est enseigné dans une baraïta : aussi bien dans le cas d'un converti que dans celui de quelqu'un qui achète un esclave à un non-juif [et l'affranchit à présent], le converti comme l'esclave doivent accepter sur eux-mêmes le joug des mitsvot pour devenir juifs. La Guemara déduit : la baraïta n'énonce la nécessité d'accepter le joug des mitsvot que dans le cas où l'on achète un esclave à un non-juif ; mais si l'on achète un esclave à un juif, alors l'esclave n'a pas besoin d'accepter sur lui-même le joug des mitsvot, puisqu'il était déjà impliqué dans les mitsvot avant son affranchissement.
דְּתַנְיָא: אֶחָד גֵּר וְאֶחָד לוֹקֵחַ עֶבֶד מִן הַגּוֹי — צָרִיךְ לְקַבֵּל. הָא לוֹקֵחַ מִיִּשְׂרָאֵל — אֵין צָרִיךְ לְקַבֵּל.
Selon l'opinion de qui cela est-il enseigné ? Si l'on suggère que c'est selon l'opinion de Rabbi Chimon ben Elazar, c'est inexact : n'a-t-il pas dit que, même dans le cas de celui qui achète un esclave à un non-juif, l'esclave n'a pas besoin d'accepter sur lui-même le joug des mitsvot ? Il faut donc nécessairement que ce soit selon l'opinion des Sages. Et ainsi, conclus de cette baraïta que, dans le cas de celui qui achète un esclave à un non-juif, l'esclave a besoin d'accepter sur lui-même le joug des mitsvot, mais que dans le cas de celui qui achète un esclave à un juif, l'esclave n'a pas besoin d'accepter sur lui-même le joug des mitsvot [ce qui confirme l'objection de Rav Papa].
מַנִּי? אִי רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר, הָאָמַר: לוֹקֵחַ מִן הַגּוֹי נָמֵי אֵין צָרִיךְ לְקַבֵּל! אֶלָּא לָאו רַבָּנַן, וּשְׁמַע מִינַּהּ: דְּלוֹקֵחַ מִן הַגּוֹי — צָרִיךְ לְקַבֵּל, אֲבָל לוֹקֵחַ מִיִּשְׂרָאֵל — אֵין צָרִיךְ לְקַבֵּל.
La Guemara demande : mais s'il en est ainsi, il devient difficile de comprendre le sens de la baraïta citée plus haut : « aussi bien pour un converti que pour un esclave affranchi ». Cette formule semble se rapporter à la nécessité, pour le converti comme pour l'esclave affranchi, d'accepter le joug des mitsvot — laquelle est mentionnée auparavant dans la baraïta. La Guemara explique : lorsque cette clause est enseignée, elle ne l'est qu'à propos de l'immersion [tevila], mentionnée immédiatement avant elle, et non à propos de la nécessité d'accepter le joug des mitsvot, mentionnée encore avant.
וְאֶלָּא קַשְׁיָא אֶחָד גֵּר וְאֶחָד עֶבֶד מְשׁוּחְרָר! כִּי תַּנְיָא הָהִיא — לְעִנְיַן טְבִילָה תַּנְיָא.
§ Ayant cité plus haut le cas de la belle captive, la Guemara s'y arrête. Les Sages ont enseigné : le verset dit « elle se rasera la tête et fera ses ongles » (Devarim 21, 12). L'expression « elle fera ses ongles » est ambiguë. Rabbi Éliézer dit : cela signifie qu'elle se coupe les ongles. Rabbi Akiva dit : cela signifie qu'elle les laisse pousser.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְגִלְּחָה אֶת רֹאשָׁהּ וְעָשְׂתָה אֶת צִפׇּרְנֶיהָ״, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: תָּקוֹץ, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: תְּגַדֵּיל.
Chaque Tana explique le fondement de son opinion. Rabbi Éliézer dit : un acte de « faire » est énoncé à propos de la tête — qu'elle la rase —, et un acte de « faire » est énoncé à propos des ongles ; or, de même que là-bas, pour les cheveux de sa tête, la Torah exige leur enlèvement, de même ici, pour ses ongles, la Torah exige leur enlèvement [donc elle les coupe]. Rabbi Akiva dit : un acte de « faire » est énoncé à propos de la tête — qu'elle la rase —, et un acte de « faire » est énoncé à propos des ongles ; or, de même que là-bas, pour les cheveux de sa tête, la Torah exige qu'elle fasse quelque chose qui la rende repoussante, de même ici, pour ses ongles, la Torah exige qu'elle fasse quelque chose qui la rende repoussante — c'est-à-dire les laisser pousser.
אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: נֶאֶמְרָה עֲשִׂיָּה בָּרֹאשׁ, וְנֶאֶמְרָה עֲשִׂיָּה בַּצִּפׇּרְנַיִם. מָה לְהַלָּן הַעֲבָרָה — אַף כָּאן הַעֲבָרָה. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: נֶאֶמְרָ[ה] עֲשִׂיָּה בָּרֹאשׁ, וְנֶאֶמְרָ[ה] עֲשִׂיָּה בַּצִּפׇּרְנַיִם. מָה לְהַלָּן נִיוּוּל — אַף כָּאן נִיוּוּל.
Et une preuve à l'appui de l'énoncé de Rabbi Éliézer peut être tirée du verset qui dit : « Et Mefibocheth, fils de Saül, descendit à la rencontre du roi ; il n'avait point fait ses pieds ni fait sa moustache » (II Chmouel 19, 25). Quel est le sens de « faire » dans ce contexte ? Manifestement, il s'agit de l'enlèvement — la coupe des ongles de ses pieds et la taille de sa moustache [signe de deuil pendant la fuite de David]. Cela prouve que « faire » désigne bien l'enlèvement, comme le soutient Rabbi Éliézer.
וּרְאָיָה לְדִבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: ״וּמְפִבֹשֶׁת בֶּן שָׁאוּל יָרַד לִקְרַאת הַמֶּלֶךְ לֹא עָשָׂה רַגְלָיו וְלֹא עָשָׂה שְׂפָמוֹ״, מַאי עֲשִׂיָּה — הַעֲבָרָה.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta : le verset dit « elle pleurera son père et sa mère un mois de jours, et après cela tu pourras venir à elle [l'épouser] » (Devarim 21, 13).
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וּבָכְתָה אֶת אָבִיהָ וְאֶת אִמָּהּ״,

Rachi

ומותר בה מיד - אלמא לר' שמעון עבד אין צריך לקבל בשעת טבילת שחרור ולרבנן דלא הוי תקנתא בהכי סברי צריך לקבל:

עבד איש ולא עבד אשה - בתמיה ואשה שקנתה עבדים ולא מלו מי לא הוו כשאר עבדים. אלא ע"כ האי איש אעובד כוכבים שמכרו קאי ולמעוטי בן איש וה"ק עבד שלקחת מן העובד כוכבים אתה מל בעל כרחו של עבד ואי אתה מל בן עובד כוכבים בעלמא דלאו עבד בעל כרחו ומדכתב רחמנא איש קרא יתירא למעוטי בן איש ש"מ ומלתה אותו בעל כרחו משמע דאי מדעתו היכי ממעט לבן איש ואי לא כתיב איש ה"א האי עבד לאו למעוטי בן אתא אלא היא גופא איצטריך לאשמועינן דמילת עבדים מעכבא בפסח. לשון אחר ועיקר עבד איש ה"ק עבד שהוא איש אע"פ שהוא גדול ובן דעת ומלתה אותו בעל כרחו ואי אתה מל בן [שהוא] איש גר הבא להתגייר אין לו כח למול בנו גדול בעל כרחו דגבי בנים כתיב המול לו כל זכר ולא כתיב בהו איש וגבי עבד כתיב איש למעוטי בן:

ורבנן - כשם שאין אתה מל בן איש [בע"כ] דהא לא כתיב בהו איש:,כך אי אתה מל כו' - ומילתא בעלמא היא ולא הקישא אלא ה"ק ליה כי היכי דמודית לן בבן ה"ה לעבד נמי דאין מגיירין בן דעת אלא מרצונו:

אימור דקא שמעת לרבנן - דפליגי אדרבי שמעון דלא הויא תקנתא:,ביפת תואר דלא שייכא במצות אבל עבד - ששהא אצלו כמה ימים וניהג עליו מצות הנוהגות בעבד מי שמעת להו דצריך לקבל:

לענין טבילה תניא - ששניהם שוים בטבילה שצריכים לטבול כשבאין לכלל ישראל גמור אבל לענין קבלה לא הושוו דעבד אין צריך לקבל בשעת טבילת שחרור:

תקוץ - אצפרנים קאי ואע"ג דלאו ניוול גזירת הכתוב היא:

עשיה בראש - כלומר נאמר שם תיקון מצוה בראש דכתיב וגלחה:

לא עשה רגליו - לא קצץ צפרני רגליו:,ולא עשה שפמו - לא גלח שער שפמו. אלמא עשיה קרי להעברה:

Tossafot

אלא עבד איש אתה מל בעל כרחו - פי' בקונט' בלשון שני דעבד איש אע"ג שהוא גדול ובן דעת ומלתה אותו וגו' בעל כרחו ואי אתה מל בן איש גר הבא להתגייר אין לו כח למול בנו גדול בעל כרחו דגבי בנים כתיב המול לו כל זכר ולא כתיב בהו כל איש כמו גבי עבד ודבר תימה פירש דקרא דהמול לו כל זכר מוקמינן למילת זכריו שמעכבתו מלאכול בפסח וזה לא שייך אלא בבנים שנולדו בקדושה אבל מילת בניו שלא נולדו בקדושה אינה מעכבתו מלאכול בפסח ונראה דלא צריך קרא למידרש מיניה ואי אתה מל בן איש בעל כרחו דממילא ידעינן שלא יגיירוהו בעל כרחו ועוד דמיפת תואר שמעינן דאין מלין גר בעל כרחו דהא יפת תואר אין מטבילין אותה בעל כרחה מדאיצטריך רחמנא להמתין לה שלשים יום ובקבלה עליה אין צריך להמתין ולא נקטיה אלא לפרושי מילתיה דרשב"א דקאמר דמתחלה כופין לשם שפחות ולא לשם גירות אי נמי משום דנקט לה במילתיה דרבנן כשם שאי אתה מל בן איש נקט נמי בדרבי שמעון בן אלעזר לאשמועינן דאע"פ שאי אתה מל בן איש בעל כרחו עבד אתה מל בעל כרחו תימה דרשב"א קאמר לקמן דאין משהין אותו בא"י מפני הפסד טהרות עבד שאינו רוצה למול ומשמע דזקוק למוכרו ואמאי ימהלנו בעל כרחו וכן קשה דרבי יהושע בן לוי אית ליה בהשולח (גיטין דף לט: ושם) נתיאשתי מפלוני עבדי אותו העבד אין לו תקנה אלא בשטר אלמא לית לי' ההיא דשמואל דבסמוך וא"כ דריש עבד איש אתה מל בעל כרחו ולקמן קאמר הלוקח עבד מן העובד כוכבים ולא רצה למול מגלגל עמו עד י"ב חודש וימול אותו בעל כרחו ואומר ר"י דתקנת חכמים היא שלא יכשיל את רבו באיסור והיתר כיון דאין מקבל עליו עול מצות ועוד דאין טוב לחייבו במצות מאחר דאין חפץ לקיימם:

המפקיר עבדו יצא לחירות ואין צריך גט שחרור - תימה לשמואל תקשי ליה למה ליה שטרא בעבד כנעני יפקירנו ולימא ליה באפי בי תרי זיל דהכי דייק בפ"ק דקידושין (דף טז. ושם) גבי עבד עברי למה לי שטרא לימא ליה באפי בי תרי זיל ומשני עבד עברי גופו קנוי ואר"י דהכי פריך למה לי שטרא דאותו לשון עצמו הכתוב בשטר הרי את בן חורין הרי את לעצמך יאמר לו בעל פה דס"ד דאין צריך אלא מחילה מחוב שעליו ומסיק דגופו קנוי ואין הלשון הכתוב בשטר מועיל בעל פה אבל הפקר שמסלק רשותו מועיל אפי' בעל פה לשמואל וא"ת אמאי לא חשיב הפקר גבי קנינים של עבד בפ"ק דקדושין (גז"ש) וי"ל דלא חשיב אלא קנינים שמקנה הרב לעבד עצמו והפקר אינו אלא סילוק בעלמא שהרב מסלק עצמו מן העבד ועוד יש לומר דמילתא דאיתא בכל מילי לא קתני כדקאמר התם לענין חליפין ותנא דידן מילתא דאיתא במטלטלין לא קתני:

לא עשה רגליו - פי' בקונטרס צפרני רגליו ולר"י נראה דהיינו שער בית הערוה דהכי משמע פרק מצות חליצה (לקמן יבמות קג.) גבי מן הארכובה ולמעלה חליצתה פסולה למימרא דלא מיקרי רגל מן הארכובה ולמעלה תא שמע ולא עשה את רגליו ומשני לישנא מעליא מכאן אין ראיה דשרי לגלח שער של בית הערוה דשמא מדרבנן אסור אבל בריש פרק ב' נזירים (נזיר נח:) קאמר רב בהדיא מיקל אדם כל גופו בתער אפילו שער בית השחי ובית הערוה כדמשמע התם דפריך עלה והתניא המעביר שער בית השחי ובית הערוה הרי זה לוקה ומשני כי קאמר רב במספרים והא בתער קאמר כעין תער וא"ת דבתר הכי קאמר בעי מיניה רב מרבי חייא מהו לגלח א"ל אסור והא קא גדיל א"ל גבול יש לו משמע דבמספרים בעא מיניה אי שרי דאי בתער מאי פריך והא קא גדיל והלא יכול לגלח במספרים ושמא רב לא קבלה מרבי חייא ור"ת מפרש דבתער בעא מיניה והא דפריך והא קא גדיל ה"פ והלא אין זה תיקון ואין דומה כלל לתיקוני אשה שאין זה משום ייפוי אלא משום צער שגדל יותר מדאי ואפילו בתער אית לן למישרי ולפי זה צריך לומר שלא היה יודע ברייתא דלעיל שאוסרת ובה"ג גריס הכי אמר רב מיקל אדם כל גופו בתער והתניא המעביר כו' כי קאמר רב בשאר אברים ובשאר אברים מי שרי והתניא העברת שער אינו מדברי תורה אלא מדברי סופרים ומשמע ליה דאיירי ההיא ברייתא אף (בשאר אברים אע"ג דבבית השחי ובבית הערוה נמי איירי כדמוכח בתר הכי דכי קאמר רב במספרים כי תניא ההיא בתער ולפי זה בשאר אברים לא שרי אלא במספרים ובית השחי ובית הערוה אפי' במספרים אסור ומדרבנן דלא תקשי הך דהכא מיהו בה"ג של אספמיא כתוב אלא הא בתער והא במספרים והדר ביה משינויא קמא דשני) כי קאמר רב בשאר אברים ולגירסא זו שאר אברים ודאי אסור לגלח בתער אבל במספרים שרי אף בית השחי ובית הערוה ובערוך בערך גינוסטרא גורס כגירסת ספרים שלנו ובתשובת הגאונים שרי לגלח בית השחי ובית הערוה כי מגלח כל גופו מראשו ועד רגליו ולא משמע דאיירי במצורע דפשיטא הוא אלא במגלח לרפואה כיון דמגלח כל גופו אין זה ייפוי אלא ניוול ותדע דלא משתמיט בשום דוכתא גבי מצורע שיהא עשה דמצורע דוחה לאו דלא ילבש גבר אלא לאו דהקפת הראש וזקן גרידא:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Yevamot 48a
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יבמות מ״ח אמַסֶּכֶת יְבָמוֹת