Guémara
[Pourquoi interdire à une veuve qui allaite de se remarier durant les vingt-quatre mois d'allaitement ?] Parce qu'il faut craindre que, peut-être, elle ne tombe enceinte [de son nouveau mari] et que son lait ne se tarisse durant la grossesse — et ce manque de lait ferait mourir son nourrisson. La Guemara objecte : s'il en est ainsi, le même souci vaudrait même lorsqu'elle est enceinte d'un enfant de son propre mari [pourquoi alors ne pas interdire à tout mari de cohabiter avec sa femme qui allaite] ! La Guemara répond : pour son propre enfant, elle le nourrira [memasmessa] de jaunes d'œufs et de lait, en remplacement du lait maternel. La Guemara objecte : même si l'enfant n'est pas de lui [du second mari], il reste l'enfant de la mère, et pour son enfant elle le nourrira tout autant de jaunes d'œufs et de lait ! La Guemara répond : le [second] mari ne lui donnera pas l'argent nécessaire pour acheter de quoi nourrir un enfant qui n'est pas le sien. La Guemara objecte : mais elle pourrait réclamer cette subsistance aux héritiers de son premier mari ! Abayé dit : une femme a honte de se présenter au beit din [le tribunal rabbinique], si bien qu'elle n'obtiendra pas de quoi nourrir l'enfant — et c'est ainsi qu'en définitive elle fait mourir son fils.
דִּלְמָא אִיעַבַּרָה וּמִעֲכַר חַלְבַהּ, וְקָטְלָה לֵיהּ. אִי הָכִי, דִּידֵיהּ נָמֵי! דִּידֵיהּ — מְמַסְמְסָא לֵיהּ בְּבֵיצִים. וְחָלָב דִּידַהּ נָמֵי, מְמַסְמְסָא לֵיהּ בְּבֵצִים וְחָלָב! לָא יָהֵב לַהּ בַּעַל. (וְלִיתְבְּעִינֵיהּ) [וְתִתְבְּעִינְהוּ] לְיוֹרְשִׁים! אָמַר אַבָּיֵי: אִשָּׁה בּוֹשָׁה לָבֹא לְבֵית דִּין, וְהוֹרֶגֶת אֶת בְּנָהּ.
MICHNA [rappel] : l'obligation d'attendre trois mois avant de se remarier vaut aussi bien pour les vierges (betoulot) que pour les non-vierges (béoulot), aussi bien pour les divorcées que pour les veuves, aussi bien pour celles qui étaient pleinement mariées (nessouot) que pour celles qui étaient seulement fiancées (aroussot). GUEMARA : La Guemara s'interroge sur la formulation : quelles femmes désigne-t-on par « vierges » et lesquelles par « fiancées » ? Les deux termes semblent synonymes [une fiancée n'ayant pas cohabité est vierge] ; ils doivent donc certainement renvoyer à deux catégories distinctes. De même, quelles femmes désigne-t-on par « non-vierges » et lesquelles par « mariées », puisqu'une femme mariée est toujours réputée non-vierge ?
אַחַת בְּתוּלוֹת וְאַחַת בְּעוּלוֹת. הֵי נִיהוּ בְּתוּלוֹת וְהֵי נִיהוּ אֲרוּסוֹת? הֵי נִיהוּ בְּעוּלוֹת וְהֵי נִיהוּ נְשׂוּאוֹת?
Rabbi Yehouda dit : voici ce que la Michna veut dire — l'obligation d'attendre vaut pour les vierges comme pour les non-vierges qui ont été rendues veuves ou divorcées, que ce soit depuis la fiançaille (éroussin) ou depuis le mariage (nissouïn). Autrement dit, la Michna n'énumère pas des catégories différentes : elle pose un principe général [une vierge devenue veuve depuis la fiançaille, une non-vierge devenue veuve depuis le mariage, toutes sont concernées].
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה, הָכִי קָאָמַר: אַחַת בְּתוּלוֹת וְאַחַת בְּעוּלוֹת שֶׁנִּתְאַרְמְלוּ אוֹ שֶׁנִּתְגָּרְשׁוּ, בֵּין מִן הָאֵרוּסִין בֵּין מִן הַנִּשּׂוּאִין.
La Guemara rapporte : Rabbi Elazar n'était pas venu à la maison d'étude ce jour-là. Il rencontra Rabbi Assi et lui demanda : qu'ont dit les Sages aujourd'hui à la maison d'étude ? Il lui répondit : voici ce qu'a dit Rabbi Yohanan — la halakha est conforme à l'avis de Rabbi Yossi [selon lequel une femme est autorisée à se fiancer même avant que les trois mois ne soient écoulés, car le motif de l'attente ne s'applique pas à la simple fiançaille].
רַבִּי אֶלְעָזָר לָא עָל לְבֵי מִדְרְשָׁא. אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַבִּי אַסִּי, אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֲמוּר רַבָּנַן בְּבֵי מִדְרְשָׁא? אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי.
Rabbi Elazar dit : du fait même que Rabbi Yohanan ait eu besoin d'énoncer cette halakha, il semble qu'il existe un avis individuel qui le contredise — bien qu'aucun tel avis ne figure dans la Michna [car on ne tranche expressément que contre une opinion divergente]. Rabbi Assi lui répondit : oui, c'est exact, et ainsi est-il enseigné dans une baraïta [Tossefta, Yevamot 6, 6] : s'agissant d'une femme dont on est certain qu'elle n'est pas enceinte — par exemple une femme qui, au moment de la mort de son mari, n'avait plus cohabité avec lui depuis longtemps, soit parce qu'elle avait coutume de courir sans cesse, comme une fugitive, se réfugier dans la maison de son père, soit parce qu'elle avait essuyé une colère dans la maison de son mari [et ne cohabitait plus], soit parce que son mari avait été incarcéré en prison, soit parce que son mari était âgé ou infirme, soit parce qu'elle-même était infirme,
מִכְּלָל דִּיחִידָאָה פְּלִיג עֲלֵיהּ? אִין, וְהָתַנְיָא: הֲרֵי שֶׁהָיְתָה רְדוּפָה לֵילֵךְ לְבֵית אָבִיהָ, אוֹ שֶׁהָיָה לָהּ כַּעַס בְּבֵית בַּעְלָהּ, אוֹ שֶׁהָיָה בַּעְלָהּ חָבוּשׁ בְּבֵית הָאֲסוּרִין, אוֹ שֶׁהָיָה בַּעְלָהּ זָקֵן אוֹ חוֹלֶה, אוֹ שֶׁהָיְתָה הִיא חוֹלָה,
ou bien une femme qui ne pouvait être enceinte parce qu'elle a fait une fausse couche après la mort de son mari, ou parce qu'elle était stérile (akara), ou âgée, ou mineure (ketana), ou bien une aylonit [femme physiologiquement inapte à enfanter], ou encore inapte pour quelque autre raison à donner naissance — même si le motif du décret des trois mois ne s'applique pas à une telle femme, elle doit néanmoins attendre trois mois. Telle est la parole de Rabbi Meïr. Rabbi Yehouda, lui, permet à de telles femmes de se fiancer ou de se marier immédiatement. Il ressort de cette baraïta que la question de savoir si une femme doit attendre les trois mois lorsque le motif de l'attente ne s'applique pas est l'objet d'une controverse [ce qui confirme l'existence de l'avis individuel pressenti par Rabbi Elazar].
אוֹ שֶׁהִפִּילָה אַחַר מִיתַת בַּעְלָהּ, אוֹ שֶׁהָיְתָה עֲקָרָה, אוֹ זְקֵנָה, אוֹ קְטַנָּה, אוֹ אַיְלוֹנִית, אוֹ שֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה לֵילֵד — צְרִיכָה לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר לֵיאָרֵס וְלִינָּשֵׂא מִיָּד.
Rabbi Hiyya bar Abba dit : Rabbi Yohanan s'est rétracté de son enseignement selon lequel la halakha suit Rabbi Yossi. Rav Yossef dit : même s'il avait voulu se rétracter, se rétracterait-il face à la baraïta qui consigne les avis des Sages de la vigne de Yavné ? Car il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Yichmaël, fils de Rabbi Yohanan ben Beroka, dit : j'ai entendu de la bouche des Sages, à la vigne de Yavné, que toutes ces femmes [énumérées plus haut] doivent attendre trois mois. [Or si les grands Sages de Yavné tenaient l'avis de Rabbi Yossi, la halakha le suivrait à coup sûr — et ils ont précisément tranché dans l'autre sens.]
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: חָזַר בּוֹ רַבִּי יוֹחָנָן. אָמַר רַב יוֹסֵף: אִי הֲדַר בֵּיהּ — מִמַּתְנִיתִין דְּכַרְמָא הֲדַר בֵּיהּ. דְּתַנְיָא: אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה, שָׁמַעְתִּי מִפִּי חֲכָמִים בַּכֶּרֶם בְּיַבְנֶה: כּוּלָּן צְרִיכוֹת לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים.
Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Zerika : lorsque tu te présenteras devant Rabbi Abahou, soulève-lui la contradiction suivante. Rabbi Yohanan a-t-il vraiment dit que la halakha suit Rabbi Yossi ? Rabbi Yohanan n'a-t-il pas dit que la halakha s'établit toujours selon une michna anonyme (setam michna) ? Or nous avons appris dans la Michna un enseignement anonyme : toutes les femmes ne peuvent se marier ni se fiancer avant qu'il ne se soit écoulé pour elles trois mois [depuis la fin de leur précédente union], aussi bien les vierges que les non-vierges [— ce qui contredit l'avis de Rabbi Yossi] !
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זְרִיקָא: כִּי עָיְילַתְּ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ, רְמִי לֵיהּ: מִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי? וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כִּסְתַם מִשְׁנָה. וּתְנַן: כׇּל הַנָּשִׁים לֹא יִנָּשְׂאוּ וְלֹא יִתְאָרְסוּ עַד שֶׁיְּהוּ לָהֶם שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים, אַחַת בְּתוּלוֹת וְאַחַת בְּעוּלוֹת!
Lorsque Rabbi Zerika alla poser la question, Rabbi Abahou lui répondit : celui qui t'a soulevé cette contradiction ne prend manifestement pas garde à sa farine [il parle sans réfléchir au sens de ses paroles]. Il s'agit ici d'un enseignement anonyme suivi d'une controverse portant sur ce même enseignement, et en pareil cas la halakha ne suit pas nécessairement l'avis anonyme. Car Rav Papa a dit — et certains l'attribuent à Rabbi Yohanan — le principe suivant : lorsque la Michna rapporte d'abord une controverse, puis ne consigne ensuite qu'un seul des deux avis sous forme anonyme (mahloket puis setam), la halakha suit l'avis anonyme. Mais lorsque la Michna rapporte d'abord un avis anonyme, et consigne ensuite que la règle fait l'objet d'une controverse (setam puis mahloket), la halakha ne suit pas nécessairement l'avis anonyme. [Dans chaque cas, la mention placée en dernier est tenue pour la conclusion que Rabbi a retenue.]
אֲמַר לֵיהּ: דִּרְמָא לָךְ הָא — לָא חַשׁ לְקִמְחֵיהּ. סְתָם וְאַחַר כָּךְ מַחְלוֹקֶת הִיא, וְאֵין הֲלָכָה כִּסְתָם. דְּאָמַר רַב פָּפָּא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹחָנָן: מַחְלוֹקֶת וְאַחַר כָּךְ סְתָם — הֲלָכָה כִּסְתָם. סְתָם וְאַחַר כָּךְ מַחְלוֹקֶת — אֵין הֲלָכָה כִּסְתָם.
La Guemara rapporte : Rabbi Abahou cheminait en s'appuyant sur l'épaule de Rabbi Nahoum, son serviteur, et chemin faisant Rabbi Nahoum recueillait de lui des décisions halakhiques. Un jour, il lui demanda : lorsque la Michna rapporte d'abord une controverse, puis ne consigne ensuite qu'un seul des deux avis sous forme anonyme (mahloket puis setam), quelle est la halakha ? Rabbi Abahou lui répondit : la halakha suit l'avis anonyme. Rabbi Nahoum demanda alors : lorsque la Michna rapporte d'abord un avis anonyme, puis consigne ensuite que la règle fait l'objet d'une controverse (setam puis mahloket), quelle est la halakha ? Rabbi Abahou lui répondit : la halakha ne suit pas nécessairement l'avis anonyme.
מִסְתְּמִיךְ וְאָזֵיל רַבִּי אֲבָהוּ אַכַּתְפֵּיהּ דְּרַבִּי נַחוּם שַׁמָּעֵיהּ, מְנַקֵּיט וְאָזֵיל הִלְכָתָא מִינֵּיהּ. בְּעָא מִינֵּיהּ: מַחְלוֹקֶת וְאַחַר כָּךְ סְתָם מַאי? אֲמַר לֵיהּ: הֲלָכָה כִּסְתָם. סְתָם וְאַחַר כָּךְ מַחְלוֹקֶת מַאי? אֲמַר לֵיהּ: אֵין הֲלָכָה כִּסְתָם.
Rabbi Nahoum demanda : lorsqu'une règle est consignée de façon anonyme dans la Michna mais fait l'objet d'une controverse dans une baraïta, quelle est la halakha ? Rabbi Abahou lui répondit : la halakha suit l'avis anonyme de la Michna. Rabbi Nahoum demanda encore : lorsque la Michna rapporte qu'une règle fait l'objet d'une controverse, et qu'un seul des avis est consigné de façon anonyme dans une baraïta, quelle est la halakha ? Rabbi Abahou lui répondit :
סְתָמָא דְּמַתְנִיתִין וּמַחְלוֹקֶת בְּבָרַיְיתָא, מַאי? אֲמַר לֵיהּ: הֲלָכָה כִּסְתָם. מַחְלוֹקֶת בְּמַתְנִיתִין וּסְתָמָא בְּבָרַיְיתָא, מַאי? אֲמַר לֵיהּ:
Rachi
ואי מינסבא דלמא מיעברא - לאחר לידתה ומיעכר עליה חלבה וקטלה לברה ברעב:,ממסמסא ליה - מאכילתו:,לא יהב לה בעל - משום דלאו בריה הוא:,וליתבעיניה ליורשים - של בעל ראשון:,אשה בושה לבא לב"ד - ולתבוע יורשים בשביל בנה:,והורגת את בנה - על כרחה מת בנה ברעב:
הי נינהו בתולות הי נינהו ארוסות - הא חדא היא דהיכי משכחת לה בתולה יבמה אם לא ארוסה:
הכי קאמר - כלומר לא תתני אחת ואחת דמשמע תרי מילי אלא כולה חדא קתני ופרושי קמפרש אחת בתולות ואחת בעולות וכגון שנתארמלו או נתגרשו בין מן האירוסין דהיינו בתולות בין מן הנשואין דהיינו בעולות:
הלכה כר' יוסי - דשרי ארוסות לינשא הואיל וליכא למיחש לזרע ראשון ונשואה ליארס. והאי דנקט ר' יוסי ולא רבי יהודה דהא רבי יהודה נמי שרי ארוסה לינשא בהדיא אלא משום דר' יוסי נימוקו עמו:
מכלל דיחידאה פליג עליה - תנא קמא דאמר לא ינשאו ולא יתארסו אחת ארוסות ואחת בתולות דאסר אפי' ארוסות ליארס כ"ש לינשא יחידאה היא ולאו סתמא דרבים היא:,ה"ג אין והתניא - בניחותא:,רדופה - רגילה. וגם סמוך למיתתו עמדה בבית אביה זמן מרובה דליכא למימר מעוברת היא:,או שהיה לה כעס - ולא שימשה:
עקרה - שנעקר רחמה ונטלה האם שלה:,אילונית - ממעי אמה לקויה היא ואין לה סימני שער ודדים:,או שאינה ראויה לילד - לאיתויי [מחמת] סמא או חולי:,כולן צריכות להמתין - דגזרו שאינה ראויה אטו ראויה:
ממתני' דכרמא - שנשנית בכרם ביבנה מחמת אותה משנה חזר בו:,בכרם ביבנה - שהיו יושבים שורות שורות כעין הכרם:
לא חש לקימחיה - למה שהוא טוחן ומוציא מפיו כלומר לדיבורו:,סתם ואח"כ מחלוקת היא - דהא איפלגו עלה ר' יוסי ור' יהודה:,מחלוקת ואחר כך סתם - בין שסתם אחריה מיד באחד מהם בין שסתם אחריה במסכת אחרת באותו הסדר כגון נתן צמר לצבע דמחלוקת בב"ק בהגוזל (ב"ק דף ק:) וסתם בב"מ (דף עו.) כל המשנה ידו על התחתונה וסתם לן כר"י דאמר אם השבח יתר על היציאה כו' הלכה כסתם:,סתם ואחר כך מחלוקת - כי מתני':
מנקיט - מלקט ממנו הלכות פסוקות הלכה כפלוני ופלוני:
Tossafot
הלכה כרבי יוסי - ול"ג כרבי יהודה דהא בפ' מי שהוציאוהו (עירובין דף מו:) קאמר רבי יעקב בר אידי אמר רבי יוחנן רבי מאיר ורבי יהודה הלכה כר"י ר"י ורבי יוסי הלכה כרבי יוסי ואין צ"ל רבי מאיר ורבי יוסי הלכה כרבי יוסי ודייק דליתנהו להני כללי מדאיצטריך רבי יוחנן לפסוק כרבי יוסי אף על גב דיחידאה פליג עליה ואי גרס הלכה כרבי יהודה שפיר איצטריך לפסוק הלכה כר' יהודה לאפוקי מר' יוסי דפליג עליה:
סתם ואח"כ מחלוקת היא - וא"ת והא אמרינן בריש מסכת ביצה (דף ב.) גבי שבת סתם לן תנא כר"ש דתנן מחתכין הדלועין כו' אע"ג דפליג ר' יהודה בסיפא וקאמר אם לא היתה נבילה מערב שבת כו' ויש לומר דנהי דלא חשיב סתם גמור מ"מ חשיב כרבים לגבי יחיד וא"ת בפ' המוציא יין (שבת פא: ושם) דפריך ומי סבר רבי יוחנן דבר שאין מתכוין אסור והאמר ר' יוחנן הלכה כסתם משנה ותנן נזיר חופף ומפספס אבל לא סורק ומאי קושיא דסתמא בנזיר (דף מב.) ופלוגתא בפ"ב דביצה (דף כג.) גבי קירוד וקרצוף ובתרי מסכתי אמר בפ"ק דמס' ע"ז (דף ז. ושם) אין סדר למשנה וליכא למימר דר' יוחנן אית ליה הלכה כסתם אפי' בסתם ואח"כ מחלוקת דהא קאמר הכא בהדיא אליבא דר' יוחנן סתם ואח"כ מחלוקת היא וי"ל דודאי בסתם ואח"כ מחלוקת מודה ר' יוחנן דאין הלכה כסתם אבל בתרי מסכתי אית ליה לר' יוחנן דהלכתא כסתם וטעמא דר' יוחנן משום דמסתמא אית לן למימר דמחלוקת ואח"כ סתם הוא ולא סתם ואח"כ מחלוקת דאין לנו לומר שחזר בו רבי מפסקו עד שנראה בפירוש ומיהו שאר אמוראי אית להו דבתרי מסכתי אין סדר למשנה ואין הלכתא כסתם וא"ת דבפ' כל גגות (עירובין דף צב. ושם) פסק ר' יוחנן כר"ש בין עירבו בין לא עירבו ופריך והא אמר ר' יוחנן הלכה כסתם משנה ומייתי מסתם משנה דבפרק חלון (עירובין דף עו:) והיינו סתם ואח"כ מחלוקת ותירץ ה"ר אהרן כהן דעיקר קושיא לרבי יוחנן אינה אלא דלא גזר בעירבו ובזה הדבר הוי מחלוקת ואח"כ סתם מחלוקת בשלש חצירות במי שהוציאוהו (שם דף מה:) וסתם בפרק חלון אבל בפרק כל גגות לא פליגי בגזירה ומיהו קשה דבסוף פרק קמא דמסכת ע"ז (דף כא.) גבי שכירות בתים פסק שמואל כרבי יוסי אע"ג דסתם לן תנא בתר הכי כרבי מאיר:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.