Guémara
Et bien qu'il n'y ait aucune possibilité pour elle de tomber enceinte, les Sages ont décrété, par mesure rabbinique, qu'une mineure devait elle aussi observer le délai d'attente de trois mois — et cela à cause de l'exigence imposée à une femme adulte qui a eu des relations licencieuses [chez qui, elle, on craint une grossesse].
וּגְזַרוּ רַבָּנַן קְטַנָּה מִשּׁוּם גְּדוֹלָה.
La Guemara demande : et décrète-t-on vraiment pour une mineure [un cas où il n'y a aucune crainte] à cause d'une adulte [un cas où la crainte existe] ? N'avons-nous pas appris dans la MICHNA : « Si c'étaient des mineures incapables d'enfanter, on les rend immédiatement à leurs maris » — ce qui montre qu'il n'y a là nulle crainte de grossesse, et que les Sages n'ont précisément pas décrété en pareil cas ? Rav Guiddel a dit au nom de Rav : il s'agissait là d'un édit provisoire, pris en raison de circonstances pressantes [horaat chaa] ; on ne peut donc rien déduire de ce cas de la Michna pour les autres situations. La Guemara s'étonne : peut-on inférer qu'un tel fait s'est réellement produit ? Il ressort plutôt de la Michna qu'il s'agissait d'une simple éventualité, non d'un événement avéré — car s'il avait réellement eu lieu, la Michna aurait rapporté le cas concret. Plutôt [il faut dire] : la décision de la Michna est comparable à un édit provisoire, en ceci qu'un échange d'épouses tel que celui qu'elle décrit est chose rare ; et dans les cas qui ne sont pas fréquents, les Sages ne décrètent pas. C'est pourquoi, dans le cas de la Michna, ces mineures n'étaient pas tenues d'attendre.
וּמִי גָּזְרִינַן קְטַנָּה מִשּׁוּם גְּדוֹלָה? וְהָתְנַן: אִם הָיוּ קְטַנּוֹת שֶׁאֵינָן רְאוּיוֹת לֵילֵד — מַחְזִירִין אוֹתָן מִיָּד. אָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: הוֹרָאַת שָׁעָה הָיְתָה. מִכְּלָל דַּהֲוַאי? אֶלָּא: כְּהוֹרָאַת שָׁעָה הָיְתָה. וְחִילּוּף לָא שְׁכִיחַ.
Une autre version [de l'enseignement] : certains la rapportent ainsi au nom de Chmouel : toutes les femmes doivent attendre trois mois, à l'exception d'une convertie adulte et d'une servante affranchie adulte [qui, elles, n'ont pas à attendre]. En revanche, une mineure fille d'Israël n'a pas à attendre trois mois, quel que soit le cas. La Guemara précise : de quelle situation est-il ici question ? S'il s'agit d'une mineure sortie de son mariage par refus [méioun], ce serait superflu : Chmouel n'a-t-il pas déjà énoncé cette règle une première fois ? Et s'il s'agit d'une femme libérée par un acte de divorce [guet], n'est-ce pas que Chmouel a dit, justement, qu'en ce cas elle doit attendre ? Car Chmouel a enseigné : si elle l'a refusé [par méioun], elle n'a pas à attendre trois mois ; mais s'il lui a donné un guet, elle doit attendre trois mois. Plutôt, il s'agit ici de cas de relations licencieuses [zénout] ; or une relation licencieuse avec une mineure est chose rare, et les Sages n'ont pas édicté de décret rabbinique pour des cas peu fréquents.
לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא, אָמְרִי לַהּ אָמַר שְׁמוּאֵל: כּוּלָּן צְרִיכוֹת לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים, חוּץ מִגִּיּוֹרֶת וּמְשׁוּחְרֶרֶת גְּדוֹלָה. [אֲבָל] קְטַנָּה בַּת יִשְׂרָאֵל אֵינָהּ צְרִיכָה לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים. בְּמַאי? אִי בְּמֵיאוּן — הָאַמְרַהּ שְׁמוּאֵל חֲדָא זִימְנָא. אִי בְּגֵט — הָא קָאָמַר שְׁמוּאֵל דְּבָעֲיָא! דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: מֵיאֲנָה בּוֹ — אֵינָהּ צְרִיכָה לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים! נָתַן לָהּ גֵּט — צְרִיכָה לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים! אֶלָּא בִּזְנוּת, וּזְנוּת בִּקְטַנָּה לָא שְׁכִיחַ.
La Guemara propose : pour une convertie et une servante affranchie, chez qui la relation licencieuse était fréquente [du temps de leur statut païen ou servile], qu'on décrète donc [qu'elles attendent] ! La Guemara répond : Chmouel a énoncé sa règle selon l'opinion de Rabbi Yossi, ainsi qu'il est enseigné dans une braïta : la convertie, la captive — qu'on soupçonne d'avoir été abusée durant sa captivité — et la servante, qui ont été rachetées, ou converties, ou affranchies, doivent attendre trois mois avant de se marier ; telle est l'opinion de Rabbi Yéhouda. Rabbi Yossi, lui, les autorise à être fiancées et mariées immédiatement. Rabba a dit : quel est le raisonnement de Rabbi Yossi ? Il tient qu'une femme qui a des relations licencieuses se sert d'un tampon absorbant [mokh] qu'elle place à l'entrée de sa matrice afin de ne pas tomber enceinte ; il n'y a donc pas lieu de craindre une grossesse.
גִּיּוֹרֶת וּמְשׁוּחְרֶרֶת דִּשְׁכִיחַ בְּהוּ זְנוּת, לִיגְזוֹר! הוּא דְּאָמַר כְּרַבִּי יוֹסֵי. דְּתַנְיָא: הַגִּיּוֹרֶת וְהַשְּׁבוּיָה וְהַשִּׁפְחָה שֶׁנִּפְדּוּ וְשֶׁנִּתְגַּיְּירוּ וְשֶׁנִּשְׁתַּחְרְרוּ — צְרִיכוֹת לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי יוֹסֵי מַתִּיר לֵיאָרֵס וְלִינָּשֵׂא מִיָּד. אָמַר רַבָּה: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי — קָסָבַר אִשָּׁה מְזַנָּה מְשַׁמֶּשֶׁת בְּמוֹךְ כְּדֵי שֶׁלֹּא תִּתְעַבֵּר.
Abaye lui dit : soit, pour une convertie, on l'admet — puisqu'elle est résolue à se convertir, elle se garde de tomber enceinte tant qu'elle est encore païenne, afin de distinguer entre les enfants conçus dans la sainteté [c'est-à-dire après sa conversion] et ceux conçus hors de la sainteté. Une captive et une servante aussi se montreraient prudentes, car elles apprennent de leurs maîtres qu'elles sont sur le point d'être rachetées ou affranchies, et elles se gardent de tomber enceintes. Mais une servante qui sort [en liberté] à cause d'un dommage que lui a causé son maître — la perte d'un de ses membres, telle une dent ou un œil — comment trouverais-tu là un cas où il n'y aurait nulle crainte de grossesse ? Puisqu'elle ne pouvait savoir à l'avance qu'elle serait affranchie, elle n'avait aucune raison de prendre garde à ne pas concevoir.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: בִּשְׁלָמָא גִּיּוֹרֶת, כֵּיוָן דְּדַעְתַּהּ לְאִיגַּיּוֹרֵי, מְנַטְּרָה נַפְשַׁהּ, כְּדֵי לְהַבְחִין בֵּין זֶרַע שֶׁנִּזְרַע בִּקְדוּשָּׁה, וּבֵין זֶרַע שֶׁנִּזְרַע שֶׁלֹּא בִּקְדוּשָּׁה. שְׁבוּיָה וְשִׁפְחָה נָמֵי, דְּשָׁמְעִי מִמָּרַיְיהוּ, וּמְנַטְּרִי נַפְשַׁיְיהוּ. אֶלָּא יוֹצֵאת בְּשֵׁן וָעַיִן הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?
Et si tu venais à dire que, dans tout cas survenant de lui-même [sans qu'elle ait pu s'y préparer — comme la servante ignorant son affranchissement prochain], Rabbi Yossi concède qu'elle doit bel et bien attendre — cela fait difficulté. N'avons-nous pas appris en effet dans une MICHNA : une femme violée et une femme séduite doivent attendre trois mois [par crainte qu'elle ne soit enceinte] ; telle est l'opinion de Rabbi Yéhouda. Rabbi Yossi, lui, l'autorise à être fiancée et mariée immédiatement. Or il est clair qu'une femme violée n'a pu se préparer à l'avance à ne pas concevoir [et pourtant Rabbi Yossi reste indulgent].
וְכִי תֵּימָא: כֹּל דְּמִמֵּילָא מוֹדֶה רַבִּי יוֹסֵי — וְהָתְנַן: אֲנוּסָה וּמְפוּתָּה צְרִיכָה לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי יוֹסֵי מַתִּיר לֵיאָרֵס וְלִינָּשֵׂא מִיָּד.
Plutôt, dit Abaye : une femme qui a des relations licencieuses se retourne aussitôt après [le rapport], cherchant à empêcher l'absorption de la semence, afin de ne pas tomber enceinte [et les servantes agissent de même]. La Guemara demande : si réellement elle s'emploie ainsi à ne pas concevoir, comment alors l'autre opinion — celle de Rabbi Yéhouda — explique-t-elle qu'elle doive malgré tout attendre trois mois ? La Guemara répond : nous craignons que peut-être elle ne se soit pas retournée assez bien [et qu'ainsi elle soit tout de même tombée enceinte].
אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: אִשָּׁה מְזַנָּה, מִתְהַפֶּכֶת שֶׁלֹּא תִּתְעַבֵּר. וְאִידַּךְ? חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא לֹא נִתְהַפְּכָה יָפֶה יָפֶה.
[La Michna avait dit, à propos des deux fiancées échangées au moment d'entrer sous le dais nuptial :] « Et si c'étaient des filles de Cohen [elles sont disqualifiées de la téroumah]. » La Guemara s'interroge : cela indiquerait-il que des filles de Cohen, oui, sont disqualifiées de la téroumah, mais qu'une fille d'Israël [mariée à un Cohen], non, ne le serait pas ? Or il semblerait pourtant qu'une Israélite mariée à un Cohen devrait à coup sûr être disqualifiée de manger la téroumah de son mari. La Guemara répond : plutôt, dis [lis dans la Michna] : « Si c'étaient des épouses de Cohanim [elles sont disqualifiées]. » La Guemara objecte à cette formulation : cela indiquerait-il que des épouses de Cohanim, oui, sont disqualifiées, mais que des épouses d'Israélites, non, ne le sont pas — de sorte que, si leurs maris venaient à mourir, elles seraient aptes à épouser des Cohanim ?
וְאִם הָיוּ כֹּהֲנוֹת כּוּ׳. כֹּהֲנוֹת — אִין, יִשְׂרְאֵלִיּוֹת — לָא! אֵימָא: אִם הָיוּ נְשֵׁי כֹהֲנִים. נְשֵׁי כֹהֲנִים — אִין, נְשֵׁי יִשְׂרְאֵלִים — לָא.
La Guemara objecte à cela : mais Rav Amram n'a-t-il pas dit : « Voici ce que Rav Chéchet nous a enseigné, et il nous a illuminé les yeux en le démontrant à partir de la Michna [Yevamot 53b] » ? Il a dit : l'épouse d'un Israélite qui a été violée — bien qu'elle demeure permise à son mari — est néanmoins disqualifiée pour le sacerdoce [la kéhouna]. [Autrement dit, si son mari meurt par la suite, elle ne pourra pas épouser un Cohen :] car bien qu'elle reste permise à son mari, le viol l'a disqualifiée pour tout ce qui touche au sacerdoce.
וְהָאָמַר רַב עַמְרָם: הָא מִילְּתָא אֲמַר לַן רַב שֵׁשֶׁת, וְאַנְהֲרִינְהוּ לְעַיְינִין מִמַּתְנִיתִין: אֵשֶׁת יִשְׂרָאֵל שֶׁנֶּאֶנְסָה, אַף עַל פִּי שֶׁמּוּתֶּרֶת לְבַעְלָהּ — פְּסוּלָה לַכְּהוּנָּה.
Rava a résolu [la difficulté] et dit : voici ce que le Tana veut dire dans la Michna — si c'étaient des filles de Cohen mariées à un Israélite, elles sont disqualifiées de la téroumah de la maison de leur père [de sorte que, si leurs maris meurent alors qu'elles sont sans enfant, elles ne pourront pas retourner manger la téroumah dans la maison de leur père]. Alors que d'autres filles de Cohen restées sans enfant redeviennent aptes à manger la téroumah dès l'instant où elles quittent leur mari israélite, ces femmes-ci ont été disqualifiées par leur acte de relation interdite [l'union née de l'échange des fiancées].
אָמַר רָבָא, הָכִי קָאָמַר: אִם הָיוּ כֹּהֲנוֹת נְשׂוּאוֹת לְיִשְׂרָאֵל — נִפְסְלוּ מִן הַתְּרוּמָה דְּבֵי נָשַׁיְיהוּ.
Hadran alékh « Arbaa Ahin » [Nous voici de retour vers toi, chapitre « Quatre frères » — formule traditionnelle marquant l'achèvement du chapitre].
הֲדַרַן עֲלָךְ אַרְבָּעָה אַחִין
Rachi
וגזרו רבנן קטנה וכו' - וגבי גיורת קטנה לא גזור משום דלא שכיחא:
מכלל דהואי - בתמיה. וכי מעשה כזה אירע בימי חכמים והא שנים שקידשו קתני ולא תני מעשה:,אלא כהוראת שעה היתה - ולא היתה דלא גזרינן בה מ"ט חילוף לא שכיח:
חוץ מגיורת ומשוחררת גדולה - מדקתני בהאי חוץ גדולה מכלל דצריכות להמתין דקאמר בגדולות קמיירי:
גיורת ומשוחררת גדולה דשכיחא בהו זנות לגזור - שימתינו כדי להבחין בין זרע שנזרע שלא בקדושה לזרע שנזרע בקדושה:,הוא דאמר כרבי יוסי - דלא גזר כדמפרש טעמא דאשה מזנה מתהפכת כדי שלא תתעבר. ומיהו בישראלית גזר שמואל זנות אטו נשואין שמתעברת ולא סבר כר' יוסי דלא גזר בהו כדאמר לקמן באנוסה ומפותה אבל בגיורת לא גזור זנות שבנכרית משום נשואין דבנכרית דאפילו גיורת נשואה כיון דדעתה לאיגיורי מתהפכת נמי כדי להבחין בין זרע קדושה לזרע שלא בקדושה כדלקמן:
מנטרא נפשה - וממטיא מוך בהדה ומזומן לה:,אלא יוצאה בשן ועין - דלא הות ידעת מעיקרא דעתידה להשתחרר לא מיטרחא ומזדהרא לאתויי מוך בהדה:
אנוסה ומפותה - ישראלית והרי אונס ממילא הוא ואין לה מוך:
מתהפכת - ואף יוצאה בשן ועין נמי ליכא השתא למפרך דכיון דהיפוך קל הוא לה ואין בו טורח מתהפכת היא דכל אשה מזנה אינה רוצה להתעבר:
כהנות - בנות כהנים:,ישראלית לא - בתמיה. הואיל ואשת כהן היא אפילו בת ישראל נמי אסורה לבעלה כהן:,נשי כהנים - אם בעליהן כהנים נפסלו להן דאשת כהן שנאנסה אסורה לבעלה:,נשי ישראלים לא - בתמיה. וכי אם בעליהם של אלו ישראלים מי לא מיפסלו נמי לכהונה שאם ימותו אלו לא ינשאו לכהנים:
והאמר רב עמרם כו' ואנהרינהו לעיינין ממתניתין - כלומר הביא לנו ראיה ממשנתנו. ואותה משנה לקמן בהבא על יבמתו (יבמות דף נו.):,אשת ישראל שנאנסה אף על פי שמותרת לבעלה - מוהיא לא נתפשה (במדבר ה) הא נתפשה מותרת אפ"ה פסולה לכהונה אם ימות בעלה:
אם היו כהנות - בנות כהנים ואפילו נשואות לישראל דלא מהני האי זנות לאסרן לבעליהן:,נפסלו מתרומה דבי נשייהו - שאם ימות בעלה וזרע אין לה אינה שבה אל בית אביה כנעוריה דפסיל לה האי זנות כדתניא לקמן באלמנה לכהן גדול (יבמות דף סח.) כהנת לויה וישראלית שבא עליה גר עמוני כו' ויליף טעמא מובת כהן כי תהיה לאיש זר כיון שנבעלה לפסול לה פסלה ואע"ג דמותבינן ואימא נבעלה לפסול חייבי כריתות ומשנינן כי תהיה כתיב הנך דאית בהו הוייה אלמא זנות דחייבי כריתות לא פסיל מאכילת תרומה הא הדר מייתינא התם קרא אחרינא כי תהיה אלמנה וגרושה למעוטי כותי ועבד שאין לו אלמנות וגירושין בה ומההוא קרא נמי נפקא לן חייבי כריתות דהא אין לו אלמנות וגירושין בה ומעיקרא פרכינן הכי ואימא חייבי כריתות ולא חייבי לאוין:
Tossafot
חוץ מגיורת ושפחה משוחררת גדולה - והא דתניא בהחולץ (לקמן יבמות דף מב.) לפיכך גר וגיורת צריכין להמתין שלשה חדשים כר' יהודה אתיא דחייש שמא לא נתהפכה יפה יפה א"נ אפילו כרבי יוסי וה"ק לפיכך גר וגיורת צריכין להמתין אם ידוע שנבעלה ולא נתהפכה ועוד אר"י דיש לחלק דלא מינטרא נפשה כלל כשמתגיירת עם בעלה כיון שכל הזרע מאותו איש ואין חוששת להבחין בין זרע שנזרע מבעלה זה בקדושה לשלא נזרע בקדושה:
גיורת ומשוחררת דשכיחא לגזור - פירוש לגזור שיהיו צריכות להמתין ולא לגזור אטו בת ישראל קאמר דמהא לא הוה משני מידי:
אשה מזנה מתהפכת - וכן גיורת ומשוחררת כיון דדעתה לאיגיורי אבל יוצאה בשן ועין מודה בה רבי יוסי:
כהנות אין ישראלית לא - ובכתובות (דף נא.) גבי הא דתנן ובכהנת אהדרינתיך למדינתיך לא דייק הכי אלא דוקא הכא משום דכי משני אימא נשי כהנים אכתי אית ליה פירכא אחריתי נשי כהנים אין נשי ישראלים לא:
אע"פ שמותרת לבעלה פסולה לכהונה - פי' בקונט' טעמא דשמעתין משום ובת כהן כי תהיה לאיש זר ולר"י נראה דמבת איש כהן לא שמעינן אשת איש וכל חייבי כריתות הנאסרות ע"י קדושין משום דלא הוי זר אצלה מעיקרא והכי משמע בהבא על יבמתו (לקמן יבמות דף נו:) דקאמר רבא אשת כהן שנאנסה ובא עליה לוקה משום זונה ומשום טומאה ואי מבת כהן כי תהיה לאיש זר שמעינן נמי אשת איש א"כ יהא לוקה נמי מהאי קרא דלכהונה נמי אסורות מק"ו דלקמן בפרק אלמנה (יבמות דף סח: ושם) דלא חשיב לה התם אזהרה מן הדין אלא גילוי מלתא בעלמא הוא וה"נ משמע כן קצת מדקאמר אף על פי שמותרת לבעלה פסולה לכהונה ואי פסולה מקרא דבת כהן פשיטא דאין לחלק בין אונס לרצון ואי היא גופה אתא לאשמועינן דשייך קרא דבת כהן בחייבי כריתות דע"י קדושין כיון דשייך בהו ממזרות אע"ג דלא הוי זר אצלה מעיקרא אם כן לישמעינן הכי בהדיא וממילא ידענו דלא שייך בהאי קרא לפלוגי בין אונס לרצון באשת איש טפי מבשאר [פסולי כהונה] אלא לר"י נראה דפסולה מן הכהונה מטעם טומאה וזונה כדאמר בהבא על יבמתו (לקמן יבמות דף נו: ושם) וללישנא דאמר התם דכל באונס לא מיקריא זונה פסולה לכהונה משום טומאה גרידא ומיהו קשה לר"י כיון דלא כתיב טומאה אאשת ישראל שנבעלה באונס דכתיב והיא לא נתפשה הא נתפשה מותרת אם כן אמאי פסולה לכהונה דבכלל איסור טומאה הוי בעל ובועל ותרומה וגם כהונה וכי שרי לבעלה תשתרי נמי לכהונה ואמר ר"י דההוא קרא דלא נתפשה לא מיירי אלא בטומאה דבעל גרידא דנטמאה קמא אית לן לאוקמי לבעל ולענין בעל שרי אונס בישראל אבל ונטמאה בתרא דנפקא לן מינה איסור תרומה וכהונה לא מפליג בה בין אונס לרצון בין אשת כהן לאשת ישראל ויש לאסור בכל ענין דכיון דאשכחן באשת כהן דאפילו באונס אסורה אין לנו לחלק בין אונס לרצון לענין תרומה וכהונה אפילו באשת ישראל ומיהו גבי בועל אע"ג דלא כתיב ביה לא נתפשה יש לחלק בין אונס לרצון באשת ישראל דסברא הוא דלא נאסרה על הבועל אלא כשנאסרה על הבעל ולפי פר"י אין פסולה זונה לתרומה מקרא דבת כהן אלא שמא מטעם דכלליה קרא בהדי חללה פסולה לתרומה כמו חללה ובפרק החולץ (לקמן יבמות דף מד: ד"ה הכא) כתב ר"י מזה:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.