Guémara
GUEMARA : [La Guemara objecte au principe selon lequel une femme ne tombe pas enceinte du premier rapport :] Mais Tamar n'est-elle pas tombée enceinte de son premier rapport, alors même qu'elle était vierge au moment de son union avec Yehouda ? Rav Nahman lui répondit : Tamar avait déchiré son hymen avec son doigt avant le rapport, et c'est pour cela qu'elle est tombée enceinte dès le premier rapport [son cas n'infirme donc pas le principe], comme l'a dit Rabbi Yitshak : Toutes les femmes de la maison de Rabbi Yehouda HaNassi qui déchiraient ainsi leur hymen étaient surnommées Tamar. Et pourquoi les appelle-t-on Tamar ? On les nomme ainsi à cause de Tamar, qui avait déchiré son hymen avec son doigt. [La Guemara s'interroge alors sur la preuve tirée de Tamar elle-même :] Mais n'y avait-il pas eu Er et Onan, ses précédents maris, qui avaient vraisemblablement eu des rapports avec elle [auquel cas elle n'était plus vierge lors de son union avec Yehouda] ? La Guemara répond : Er et Onan avaient eu des rapports d'une manière non habituelle [shélo kedarka], de sorte qu'elle était encore vierge.
וְהָא תָּמָר בְּבִיאָה רִאשׁוֹנָה אִיעַבַּרָא! אֲמַר לֵיהּ: תָּמָר בְּאֶצְבַּע מִעֲכָה. דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל מוֹעֹכוֹת שֶׁל בֵּית רַבִּי — תָּמָר שְׁמָן, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָן תָּמָר — עַל שֵׁם תָּמָר שֶׁמִּעֲכָה בְּאֶצְבָּעָהּ. וְהָא הֲווֹ עֵר וְאוֹנָן! עֵר וְאוֹנָן שִׁמְּשׁוּ שֶׁלֹּא כְּדַרְכָּן.
La Guemara soulève une objection à partir d'une baraïta : Après qu'une femme a accouché, durant les vingt-quatre mois entiers où l'enfant est allaité, son mari [adopte la conduite suivante :] il pénètre à l'intérieur mais répand sa semence à l'extérieur, afin que sa femme ne tombe pas enceinte — car une nouvelle grossesse tarirait son lait et l'enfant pourrait en mourir. Telle est l'opinion de Rabbi Éliézer. Les Sages lui répliquèrent : De tels actes ne sont rien d'autre que des actes semblables à ceux de Er et Onan [et sont donc interdits]. [Quoi qu'il en soit, on peut déduire d'ici que Er et Onan avaient eu avec Tamar des rapports d'une manière naturelle, mais sans mener l'acte à son terme.]
מֵיתִיבִי: כׇּל עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה חֹדֶשׁ דָּשׁ מִבִּפְנִים וְזוֹרֶה מִבַּחוּץ, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. אָמְרוּ לוֹ: הַלָּלוּ אֵינוֹ אֶלָּא כְּמַעֲשֵׂה עֵר וְאוֹנָן!
La Guemara répond : La Tossefta veut dire en réalité que leur acte était semblable à celui de Er et Onan sous certains aspects, mais non semblable à celui de Er et Onan sous d'autres aspects. La Guemara précise : il était semblable à l'acte de Er et Onan en ce qu'il y avait répandage de la semence, comme il est écrit : « Et il advint que, lorsqu'il s'unissait à la femme de son frère, il [répandait sa semence] à terre [pour ne pas donner de descendance à son frère] » (Béréchit 38, 9). Et pourtant il n'était pas semblable à l'acte de Er et Onan, car là-bas Er et Onan avaient des rapports d'une manière non habituelle, tandis qu'ici la Tossefta parle de rapports d'une manière habituelle [naturelle].
כְּמַעֲשֵׂה עֵר וְאוֹנָן, וְלֹא כְּמַעֲשֵׂה עֵר וְאוֹנָן. כְּמַעֲשֵׂה עֵר וְאוֹנָן, דִּכְתִיב: ״וְהָיָה אִם בָּא אֶל אֵשֶׁת אָחִיו וְשִׁחֵת אַרְצָה״. וְלֹא כְּמַעֲשֵׂה עֵר וְאוֹנָן, דְּאִילּוּ הָתָם שֶׁלֹּא כְּדַרְכָּהּ, וְהָכָא כְּדַרְכָּהּ.
La Guemara poursuit l'éclaircissement de ce qui s'est passé : Soit, pour Onan, [il est clair qu']il s'est uni à elle d'une manière non naturelle, puisqu'il est écrit à son sujet : « il répandait à terre » (Béréchit 38, 9). Mais Er, d'où savons-nous [qu'il s'unissait à elle de manière non naturelle] ? Rav Nahman bar Yitshak dit : De ce qu'il est écrit au sujet d'Onan : « et Il le fit mourir lui aussi » (Béréchit 38, 10) — ce « lui aussi » indique qu'Er lui aussi mourut de la même mort, pour avoir commis la même transgression que son frère. La Guemara demande : Soit, Onan eut des rapports d'une manière non naturelle parce qu'il ne voulait pas que Tamar enfante, « car il savait que la descendance ne serait pas la sienne » (Béréchit 38, 9). Mais Er, quelle raison avait-il d'agir ainsi ? La Guemara répond : Il agissait ainsi afin qu'elle ne tombe pas enceinte et ne perde pas de sa beauté du fait de la grossesse.
בִּשְׁלָמָא אוֹנָן, דִּכְתִיב בֵּיהּ ״וְשִׁחֵת אַרְצָה״, אֶלָּא עֵר מְנָלַן? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: דִּכְתִיב ״וַיָּמֶת גַּם אוֹתוֹ״, אַף הוּא בְּאוֹתָהּ מִיתָה מֵת. בִּשְׁלָמָא אוֹנָן, מִשּׁוּם ״לֹּא לוֹ יִהְיֶה הַזָּרַע״, אֶלָּא עֵר מַאי טַעְמָא עֲבַד הָכִי? כְּדֵי שֶׁלֹּא תִּתְעַבֵּר וְיַכְחִישׁ יָפְיָהּ.
Les Sages ont enseigné [dans une baraïta] : Le verset dit : « Et la femme avec laquelle [acher] un homme aura commerce avec émission de semence, ils se baigneront tous deux dans l'eau et seront impurs jusqu'au soir » (Vayikra 15, 18). Le terme superflu « avec laquelle [acher / otah] » vient exclure la jeune mariée [lors de son premier rapport], laquelle ne devient pas impure [et n'a donc pas à s'immerger] — telle est l'opinion de Rabbi Yehouda. Et les Sages disent : il exclut le cas d'un rapport accompli d'une manière non naturelle. Houn, fils de Rav Nahman, dit à Rav Nahman : Dirons-nous que Rabbi Yehouda estime que la Torah a épargné les parures de la mariée — y compris son maquillage — et l'a donc dispensée de l'immersion, qui les abîmerait ? Rav Nahman lui répondit : Ce n'est pas là la raison. C'est plutôt parce qu'une femme ne tombe pas enceinte de son premier rapport ; ce rapport n'entraîne donc pas l'impureté, n'étant pas considéré comme un rapport susceptible d'aboutir à l'implantation d'une semence.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״אוֹתָהּ״, פְּרָט לְכַלָּה, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: פְּרָט לְשֶׁלֹּא כְּדַרְכָּהּ. אֲמַר לֵיהּ הוּן בְּרֵיהּ דְּרַב נַחְמָן לְרַב נַחְמָן: לֵימָא קָא סָבַר רַבִּי יְהוּדָה הַתּוֹרָה חָסָה עַל תַּכְשִׁיטֵי כַלָּה? אֲמַר לֵיהּ: לְפִי שֶׁאֵין אִשָּׁה מִתְעַבֶּרֶת מִבִּיאָה רִאשׁוֹנָה.
La Guemara demande : Sur quoi Rabbi Yehouda et les Sages divergent-ils ? Les Sages estiment que l'expression « avec émission de semence [chikhvat zara] » exclut le stade initial du rapport [haaraa], où il n'y a pas encore émission de semence ; et l'expression superflue « avec laquelle [otah] » exclut un rapport accompli d'une manière non naturelle. Rabbi Yehouda, lui, estime que l'exclusion à la fois du rapport non naturel et du stade initial du rapport se déduit déjà de l'expression « avec émission de semence » — ni l'un ni l'autre n'étant des actes susceptibles d'aboutir à la naissance d'une semence, c'est-à-dire d'un enfant ; l'expression « avec laquelle [otah] » vient alors exclure la jeune mariée.
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי — רַבָּנַן סָבְרִי: ״שִׁכְבַת זָרַע״, פְּרָט לְהַעֲרָאָה. ״אוֹתָהּ״, פְּרָט לְשֶׁלֹּא כְּדַרְכָּהּ. וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: שֶׁלֹּא כְּדַרְכָּהּ וְהַעֲרָאָה מִ״שִּׁכְבַת זָרַע״ נָפְקָא. ״אוֹתָהּ״ — פְּרָט לְכַלָּה.
[À propos des rapports qui ne peuvent aboutir à une conception, la Guemara rapporte le récit suivant :] Lorsque Ravin vint d'Erets Israël [à Babylone], il dit au nom de Rabbi Yohanan : Toute femme qui, après la mort ou le divorce de son mari, est demeurée dix ans [sans rapports] puis s'est remariée, ne peut plus enfanter. Rav Nahman dit : On n'a enseigné ce principe que dans le cas où elle n'avait pas l'intention de se remarier ; mais si elle avait l'intention de se remarier, elle peut encore tomber enceinte par la suite. Rava dit à sa femme, la fille de Rav Hisda : Les Sages jasent à ton sujet [car plus de dix ans s'étaient écoulés entre son veuvage et son mariage avec Rava, et pourtant elle lui donna des enfants — comme si elle avait eu des rapports dans l'intervalle]. Elle lui répondit : Mon esprit [mon intention] était tourné vers toi.
כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל שֶׁשָּׁהֲתָה אַחַר בַּעֲלָהּ עֶשֶׂר שָׁנִים וְנִשֵּׂאת — שׁוּב אֵינָהּ יוֹלֶדֶת. אָמַר רַב נַחְמָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין דַּעְתָּהּ לְהִנָּשֵׂא, אֲבָל דַּעְתָּהּ לְהִנָּשֵׂא — מִתְעַבֶּרֶת. אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְבַת רַב חִסְדָּא: קָא מְרַנְּנִי רַבָּנַן אַבָּתְרִיךָ! אֲמַרָה לֵיהּ: אֲנָא דַּעְתַּאי עֲלָךְ הֲוַאי.
La Guemara rapporte : Une certaine femme qui se présenta devant Rav Yossef lui dit : Mon maître, je suis demeurée dix ans après la mort de mon mari, et pourtant j'ai enfanté ! Il lui dit : Ma fille, ne jette pas le discrédit sur les paroles des Sages. Elle lui dit alors [en aveu] : J'ai eu un rapport avec un non-Juif durant ces dix années [, et c'est de là qu'est venue la grossesse].
הָהִיא דַּאֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף, אָמְרָה לוֹ: רַבִּי, (אֲנָא) [אֲנִי] שָׁהִיתִי אַחַר בַּעְלִי עֶשֶׂר שָׁנִים וְיָלַדְתִּי! אֲמַר לַהּ: בִּתִּי, אַל תּוֹצִיאִי לַעַז עַל דִּבְרֵי חֲכָמִים! אֲמַרָה לֵיהּ: לְגוֹי נִבְעַלְתִּי.
§ Chmouel dit : Et toutes celles [qui ont eu des rapports, et dont on craint donc une grossesse] doivent attendre trois mois [avant de se remarier, afin de distinguer un enfant issu du rapport précédent d'un enfant issu du nouveau mariage], à l'exception d'une convertie mineure [guiyoret ketana] et d'une esclave affranchie mineure [méchouhréret ketana]. [Bien qu'elles aient pu avoir des rapports, elles ne peuvent de toute façon pas tomber enceintes.] En revanche, une fille d'Israël mineure qui a eu des rapports doit attendre trois mois, comme toutes les autres femmes.
אָמַר שְׁמוּאֵל: וְכוּלָּן — צְרִיכוֹת לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים, חוּץ מִגִּיּוֹרֶת וּמְשׁוּחְרֶרֶת קְטַנָּה. אֲבָל קְטַנָּה בַּת יִשְׂרָאֵל צְרִיכָה לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים.
La Guemara demande : Et à quelle situation cette dernière clause se rapporte-t-elle [s'agissant de la mineure juive, libérée de son premier mari par quel moyen] ? Si l'on parle d'une mineure libérée de son mariage par le refus [mioun] — une fille mineure mariée par sa mère ou ses frères pouvant refuser de demeurer mariée jusqu'à sa majorité —, Chmouel n'a-t-il pas dit qu'elle n'est pas tenue d'attendre trois mois ? Et si l'on parle d'une femme ayant reçu un acte de divorce [guett] alors qu'elle était mineure, Chmouel n'a-t-il pas déjà énoncé cette règle une fois ? [Pourquoi la répéterait-il,] puisque Chmouel a dit : Une mineure qui a refusé son mari [par le mioun] n'a pas à attendre trois mois avant son second mariage, mais s'il lui a donné un acte de divorce, elle doit attendre trois mois [afin de ne pas établir de distinction entre une divorcée adulte et une divorcée mineure] ? Il faut donc plutôt que cette clause se rapporte à une mineure ayant eu des rapports illicites [biznout].
וּבְמַאי? אִי בְּמֵיאוּן, וְהָאָמַר שְׁמוּאֵל דְּלָא בָּעֲיָא, וְאִי בְּגֵט — הָאַמְרַהּ שְׁמוּאֵל חֲדָא זִימְנָא? דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: מֵיאֲנָה בּוֹ — אֵינָהּ צְרִיכָה לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים, נָתַן לָהּ גֵּט — צְרִיכָה לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים! אֶלָּא בִּזְנוּת,
Rachi
והא תמר איעברא בביאה ראשונה - מיהודה כדאמר לקמן דער ואונן שלא כדרכן שמשו:,באצבע מיעכה - קודם ביאה ופתחה פתוח והוו ליה כב' ביאות:,כל מועכות של בית רבי - המשירות בתוליהן באצבעותיהן תמר שמן:
כל כ"ד חדש - שתינוק יונק:,דש מבפנים וזורה מבחוץ - כדי שלא תתעבר ותגמול את בנה וימות:,אלא כמעשה ער ואונן - אלמא תמר פתח פתוח היה לה:
אותה - ואשה (כי) [אשר] ישכב איש אותה שכבת זרע ורחצו במים. אותה מיעוטא הוא:,פרט לכלה - דלא בעיא טבילה משום טומאת ביאה ראשונה כדמפרש טעמא לקמן:,הון - שם חכם:,על תכשיטי כלה - כחל ושרק שנותנת על פניה ואם תטבול יעבירום המים:,לפי שאין אשה מתעברת מביאה ראשונה - ולא שכבת זרע קרינן ביה דאין ראוי להזריע ומיהו מיעוטא משכבת זרע לא נפקא הואיל והאי מקום ראוי להזריע הוא בביאה שניה ומשום נוגע בשכבת זרע נמי לא מיטמיא דטומאת בית הסתרים לא מטמאה אלא שגזרת הכתוב היא בביאה וכן הוא במסכת נדה (דף מא:):
להעראה - שלא הזריע אי למ"ד נשיקה אי למ"ד הכנסת עטרה:,שלא כדרכה והעראה מש"ז נפקא - שלא כדרכה אינו מקום זרע העראה לאו שכבת זרע הוא דאין כאן זרע הלכך תרוייהו משכבת זרע מימעטי:
לבת רב חסדא - אשתו דרבא:,אבתריך - ששהית עשר שנים אחר בעליך הראשון ורמי בר חמא הוה:
אמר שמואל וכולן - הנשים שנבעלו:,צריכות להמתין - מלהנשא שלשה חדשים אחר ביאתן חוץ מגיורת ומשוחררת קטנה ואע"ג דסתם עובד' כוכבים ושפחה זונות הן לא גזרו רבנן בקטנה להמתין אחר טבילת גיורת ומשוחררת כלום. ומדקאמר שמואל חוץ מגיורת קטנה מכלל דכולן דקאמר אקטנות נמי קאי דקטנה בת ישראל צריכה להמתין ואע"ג דלאו בת בנים היא ואין כאן הבחנה בין זרעו של ראשון לזרעו של שני גזור בה רבנן משום גדולה:
ובמאי - נפקא מבעלה קמא:,אי במיאון האמר שמואל דלא בעיא - אמתוני דליכא למיגזר משום גדולה דאין גדולה יוצאת במיאון:
Tossafot
ולא כמעשה ער ואונן דאילו התם שלא כדרכה - משמע דאסור לשמש שלא כדרכה ותימה דבפ"ב דנדרים (דף כ:) אמר ההיא דאתיא לקמיה דרבי ואמרה ליה שולחן ערכתי לו והפכו אמר לה בתי התורה התירתך לו ומסיק דהלכתא הכי והפכו היינו שלא כדרכה לפי שמצטערת בכך שנא' (בראשית ל״ד:ב׳) וישכב אותה ויענה שעינה אותה שלא כדרכה וכן אם תענה את בנותי (שם לא) שלא כדרכן דאי הפכו היא למעלה והוא למטה לא היתה קובלת על כך וכן בפ' ארבע מיתות (סנהדרין דף נח:) אמר עובד כוכבים הבא על אשתו שלא כדרכה חייב מיתה ופריך מי איכא מידי דישראל לא מיחייב ועובד כוכבי' מיחייב והיינו האי לא מחייב היינו דבישראל שרי דאי איכא איסור בישראל ניחא דמחייב בעובד כוכבים מיתה דאזהרתן זו היא מיתתן כמו בגזל ושאר דברים ואר"י דהתם מיירי בלא הוצאת זרע דשרי דכיון דליכא השחתת זרע לא הוי כמעשה ער ואונן עוד אמר ר"י דלא חשוב כמעשה ער ואונן אלא כשמתכוין להשחית זרע ורגיל לעשות כן תמיד אבל באקראי בעלמא ומתאוה לבא על אשתו שלא כדרכה שרי כדאמרי' בנדרים (דף כ:) כל מה שאדם רוצה לעשות באשתו יעשה משל לבשר הבא מן הטבח ודג מן הציד רצה אוכלו צלי רצה אוכלו מבושל רצה שלוק:
התורה חסה על תכשיטי כלה - שלא יפול שרק מעל פניה אע"ג דמיד שתעמוד תפלוט ותצטרך לטבול מ"מ נימא שהתורה חסה כל זמן שלא תעמוד או שתתן מוך קודם שתעמוד כדי שלא תפלוט:
דעתאי עלך הואי - אמר רבינו תם משום ההיא עובדא דפ"ק דב"ב (דף יב:) דאמרה בת רב חסדא תרווייהו קבעינא והיתה מצפה שתתקיים נבואתה לפי שהיה לרבא אשה אחרת איחרה לינשא לו ואפ"ה היתה מצפה לו:
אמר שמואל וכולן צריכות כו' - אכל נשים דתנן בהחולץ (לקמן יבמות דף מא.) ובברייתא התם בגמר' (דף מב:) קאי:,אבל קטנה בת ישראל צריכה להמתין - דגזרינן זנות דקטנה בת ישראל אטו גדולה אבל בגיורת קטנה לא שייך למגזר אטו גיורת גדולה דגדולה גופה כיון דדעתה לאיגיורי מינטרא נפשה כדאמר לקמן ולא אסירא אלא אטו בת ישראל וא"ת ושמואל דאמר כמאן בשלמא בקטנה בת ישראל סבר לה כר"מ דגזר בהחולץ (שם דף מב:) בברייתא דרדופה קטנה בנישואין אטו גדולה וקסבר שמואל דה"ה בזנות אלא בגיורת כמאן סבר לה אי כר' יהודה אפילו גיורת קטנה לגזור כדתניא בסמוך הגיורת והשפחה כו' יתירות על בנות שלש שנים צריכות להמתין שלשה חדשים דברי ר"י ואע"פ דהכא ברוב ספרים לא גרסי' יתירות על בנות שלש שנים בפרק אלו נערות (כתובות דף לז.) גרסינן לה בכל הספרים ואי כרבי יוסי אפילו גדולה נמי תשתרי דר' יוסי שרי אפילו בגיורת גדולה לינשא מיד דהא באידך לישנא דשמואל דשרי גדולה אמרי' הוא דאמר כרבי יוסי ועוד דסברת שמואל הפוכה מדר' יהודה דהא בברייתא דרדופה לא גזר ר"י בקטנה בת ישראל אפילו בנישואין ובגיורת גזר אפילו בקטנה כדקתני יתירות על בנות ג' ושמואל איפכא דבקטנה בת ישראל גזר ובגיורת לא גזר ומיהו לספרים דגרסי בברייתא דרדופה רבי יוסי ולא רבי יהודה אתי שפיר ולקמן נמי נפרש בע"ה ואר"י דל"ג בשמעתין יתירות ובתוספתא ליתיה ובגדולה דוקא אסר ר"י אבל בקטנה שרי ושמואל כרבי יהודה סבירא ליה בגיורת:
נתן לה גט צריכה להמתין - הקשה ה"ר משה כהן הא אמרה שמואל חדא זימנא בפרק אע"פ (כתובות דף ס: ושם) דפסיק שמואל הלכה כרבי מאיר בגזירותיו אברייתא דרדופה ואר"י דעיקר מילתיה דשמואל לא איצטריך הכא אלא משום ממאנת ועיקר מילתיה דשמואל דהכא בסוף אלמנה בכתובות (דף ק: ושם) והא דפריך עלה התם כולהו תנינא ומשני צריכה להמתין שלשה חדשים איצטריך ליה דלא תנן הכי פירושו דין דשלשה חדשים איצטריך ליה אבל היא גופה לא איצטריך אלא משום ממאנת דאין צריכה להמתין כדפרישית:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.