Guémara
GUEMARA : Rabba répondit : du fait même que tu exiges la halitsa [le déchaussement qui dénoue le lien de léviratique] et que tu ne la dispenses pas complètement, tous sauront qu'il s'agit là d'une simple rigueur, et que les Sages n'ont pas tranché avec certitude que les premières fiançailles étaient pleinement valides ; par conséquent, on n'en viendra pas à négliger les secondes fiançailles. Abaye souleva une objection : s'il en est ainsi, que la Michna enseigne aussi le cas où l'on ignore si [l'acte de divorce] est tombé plus près de lui ou plus près d'elle, et qu'elle exige dans ce cas la halitsa — ainsi tous sauraient qu'il ne s'agit que d'une rigueur et ne se tromperaient pas.
כֵּיוָן דְּקָא מַצְרְכַתְּ חֲלִיצָה — מִידָּע יָדְעִי דְּחוּמְרָא בְּעָלְמָא הוּא. אִי הָכִי, גֵּירוּשִׁין נָמֵי לִיתְנֵי, וְלַיצְרְכַהּ חֲלִיצָה, וּמִידַּע יָדְעִי דְּחוּמְרָא בְּעָלְמָא הוּא!
Rabba lui répondit : une erreur pourrait effectivement se produire ici [dans le cas des fiançailles douteuses], car si tu dis qu'elle accomplit la halitsa, alors elle pourrait aussi contracter le yiboum [le mariage léviratique] — on pourrait croire à tort que, puisqu'elle est apte à la halitsa, elle est aussi apte au yiboum ; et de la sorte la femme pourrait contracter le mariage léviratique, alors même que cela lui est interdit. Abaye objecta : ici aussi [dans le cas du divorce douteux], le même risque existe — si tu dis qu'elle accomplit la halitsa, elle pourrait aussi contracter le yiboum. Rabba répondit : eh bien, qu'elle contracte le mariage léviratique, et il n'y a là rien de grave : dans ce cas, elle demeure dans son statut présumé de femme permise [au yiboum], car elle était à l'origine présumée permise et n'a été rendue interdite que par notre seule précaution ; aucune transgression réelle ne serait donc commise, même si elle venait à contracter le yiboum.
אִם אַתָּה אוֹמֵר חוֹלֶצֶת, מִתְיַיבֶּמֶת. הָכָא נָמֵי, אִם אַתָּה אוֹמֵר חוֹלֶצֶת, מִתְיַיבֶּמֶת! וְתִתְיַיבֵּם, וְאֵין בְּכָךְ כְּלוּם — אַחֲזָקָה קָא קָיְימָא.
Abaye souleva une objection contre Rabba en citant un cas où, même là où il y a doute, la femme doit accomplir la halitsa [mais sans pouvoir contracter le yiboum]. Comme nous l'avons appris dans une Michna (67b) : une maison s'est écroulée sur lui — sur un certain homme — et sur la fille de son frère, qu'il avait épousée, et il était sans enfant, et l'on ignore lequel des deux est mort le premier. Si l'épouse décédée avait une co-épouse [la tsara], alors cette co-épouse doit accomplir la halitsa mais ne peut pas contracter le yiboum. En effet, si le mari était mort le premier, alors au moment de sa mort la co-épouse était interdite au beau-frère [le yavam] en tant que co-épouse de sa fille [une parente prohibée], et donc dispensée du lévirat. Si, en revanche, la fille était morte la première, alors au moment de la mort du mari la seconde épouse n'était plus la co-épouse d'une parente prohibée, et elle requiert le yiboum. C'est à cause de ce doute qu'elle doit accomplir la halitsa et ne peut pas contracter le mariage léviratique.
אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: נָפַל הַבַּיִת עָלָיו וְעַל בַּת אָחִיו, וְאֵין יָדוּעַ אֵיזֶה מֵהֶם מֵת רִאשׁוֹן, צָרָתָהּ חוֹלֶצֶת וְלֹא מִתְיַיבֶּמֶת.
Et selon l'opinion de Rabba, pourquoi en va-t-il ainsi [pourquoi imposer ici la halitsa] ? Ici aussi, disons donc : cette femme, la co-épouse, a le statut présumé d'être permise à un homme du tout-venant [c'est-à-dire libre de se remarier], puisqu'elle a été dispensée du yiboum durant toute la durée de son mariage en tant que co-épouse d'une parente prohibée. Or c'est à cause de l'incertitude — savoir si sa co-épouse [l'érva] est morte la première — que tu viens la rendre interdite et exiger qu'elle accomplisse la halitsa. Ne la rends pas interdite à cause d'une simple incertitude !
אַמַּאי? הָכָא נָמֵי, נֵימָא: אִשָּׁה זוֹ בְּחֶזְקַת הֶיתֵּר לַשּׁוּק עוֹמֶדֶת, וּמִסָּפֵק אַתָּה בָּא לְאוֹסְרָהּ — אַל תַּאַסְרֶנָּה מִסָּפֵק!
Et si tu voulais dire : ici aussi, nous statuons avec rigueur à cause de l'incertitude — [Abaye réplique] ce serait pourtant une rigueur qui débouche sur une indulgence, car si tu dis qu'elle doit accomplir la halitsa, elle pourrait aussi contracter le yiboum ; or il lui est interdit de contracter le mariage léviratique, puisqu'elle est peut-être interdite au beau-frère comme co-épouse de sa fille, et donc prohibée au même titre que la fille elle-même. Rabba répondit : dans les cas de divorce, qui sont fréquents, les Sages ont édicté un décret rabbinique l'empêchant d'accomplir la halitsa, par crainte que, si on la lui imposait, elle n'en vienne aussi à contracter le yiboum ; mais dans les cas d'écroulement, qui sont rares, les Sages n'ont pas édicté de décret, car ils n'instituent pas de décrets pour des situations peu fréquentes.
וְכִי תֵּימָא: הָכָא נָמֵי לְחוּמְרָא — חוּמְרָא דְּאָתֵי לִידֵי קוּלָּא הוּא: שֶׁאִם אַתָּה אוֹמֵר חוֹלֶצֶת, מִתְיַיבֶּמֶת! גֵּירוּשִׁין דִּשְׁכִיחִי — גְּזַרוּ בְּהוּ רַבָּנַן, מַפּוֹלֹת דְּלָא שְׁכִיחִי — לָא גְּזַרוּ בְּהוּ רַבָּנַן.
Ou bien, alternativement, il y a une autre raison de distinguer les deux cas. Dans le cas du divorce, où subsiste une parente prohibée [l'érva] qui rend manifeste que la co-épouse lui est interdite en tant que co-épouse d'une parente prohibée, si tu exiges que sa co-épouse accomplisse la halitsa, les gens diront : les Sages ont établi que cet acte de divorce est un acte de divorce pleinement valide [si bien que la première épouse n'est plus parente prohibée] ; c'est pourquoi ils ont exigé la halitsa de sa co-épouse — et l'on pourrait alors en venir à consommer le mariage léviratique avec la co-épouse, sur la foi de cette supposition erronée. Dans les cas d'écroulement, en revanche, les Sages auraient-ils pu déterminer qui est mort le premier sous les décombres ? Puisqu'il est connu de tous qu'il y avait là un doute impossible à lever, il est clair que les Sages n'ont exigé la halitsa de la co-épouse qu'à cause de cette incertitude ; il n'y a donc pas lieu de craindre qu'elle en vienne à contracter le yiboum à cause de cette halitsa.
אִי נָמֵי: גֵּירוּשִׁין דְּקָיְימָא עֶרְוָה דְּקָא מוֹכְחָ[א], וְצָרָתָהּ קָמַצְרְכַתְּ לַהּ חֲלִיצָה, אָמְרִי: קָמוּ בֵּיהּ רַבָּנַן בְּגִיטָּא דְּגִיטָּא מְעַלְּיָא הוּא, וְאָתוּ לְיַיבּוֹמֵי לְצָרָה. מַפּוֹלֶת, מִי קָמוּ בְּהוּ רַבָּנַן בְּמַפּוֹלֶת?
La Guemara demande : mais n'avons-nous pas appris dans une Michna le cas où l'on ignore si l'acte de divorce est tombé plus près de lui ou plus près d'elle, à propos de divorces dont le statut est incertain ? N'avons-nous pas en effet appris dans une MICHNA : dans le cas où la femme se tenait dans le domaine public et où [son mari] lui a lancé l'acte de divorce — s'il est tombé plus près d'elle, elle est divorcée ; s'il est tombé plus près de lui, elle n'est pas divorcée ; et s'il est tombé moitié-moitié, c'est-à-dire à mi-chemin entre l'homme et la femme, il y a doute : elle est divorcée et elle n'est pas divorcée.
וְגַבֵּי גֵירוּשִׁין מִי לָא תְּנַן? וְהָתְנַן: הָיְתָה עוֹמֶדֶת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וּזְרָקוֹ לָהּ, קָרוֹב לָהּ — מְגוֹרֶשֶׁת, קָרוֹב לוֹ — אֵינָהּ מְגוֹרֶשֶׁת. מֶחֱצָה עַל מֶחֱצָה — מְגוֹרֶשֶׁת וְאֵינָהּ מְגוֹרֶשֶׁת.
Et nous disons : à propos de quelle loi cette décision [« divorcée et non divorcée »] a-t-elle été énoncée ? La Guemara explique que cela touche deux domaines de la loi. Premièrement, si le mari qui répudie sa femme est un Cohen [prêtre], alors sa femme lui devient interdite à cause de l'incertitude — car elle est peut-être effectivement divorcée par cet acte — si bien qu'il ne pourrait pas la reprendre [un Cohen ne pouvant épouser une divorcée]. Deuxièmement, si la femme répudiée était une parente prohibée pour le frère de son mari, et que son mari soit mort sans enfant, alors sa co-épouse devrait accomplir la halitsa. La Michna indique donc que, dans ce type de divorce au statut incertain également, les Sages exigent de la co-épouse la halitsa — et nous ne disons pas que, si tu dis qu'elle doit accomplir la halitsa, elle pourra contracter le yiboum : ici, un tel risque n'existe pas.
וְאָמְרִינַן: לְמַאי הִלְכְתָא? דְּאִי כֹּהֵן הוּא — אֲסִורָה לֵיהּ, וְאִי עֶרְוָה הִיא — צָרָתָהּ בָּעֲיָא חֲלִיצָה. וְלָא אָמְרִינַן: שֶׁאִם אַתָּה אוֹמֵר חוֹלֶצֶת, מִתְיַיבֶּמֶת!
La Guemara répond : mais n'a-t-il pas été déclaré, à propos de cette Michna, qu'elle vise des circonstances bien précises ? Ce sont Rabba et Rav Yossef qui disent tous deux : le doute, ici, ne provient pas des faits de l'affaire eux-mêmes, mais de témoignages contradictoires et de l'impossibilité de trancher entre eux. Ici, nous avons affaire à deux groupes de témoins : l'un déclare que l'acte est tombé plus près d'elle, l'autre qu'il est tombé plus près de lui ; il s'agit donc d'une incertitude relevant de la loi de la Torah [un sfeka de-oraïta], car chacun des deux témoignages est complet en lui-même et pourtant ils se contredisent — de tels cas ont le statut d'une incertitude de Torah, et la décision est donc rigoureuse. Mais la Michna d'ici [sur les fiançailles] vise un seul groupe de témoins, divisés dans leur témoignage ou incapables de préciser ce qui s'est exactement passé — ce qui est tenu pour une incertitude relevant de la loi rabbinique seule [un sfeka de-rabbanan], puisqu'il n'y a là qu'un témoignage unique non corroboré ; et dans les incertitudes de loi rabbinique, la décision est indulgente.
הָא אִיתְּמַר עֲלַהּ, רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַויְיהוּ: הָכָא בִּשְׁתֵּי כִּיתֵּי עֵדִים עָסְקִינַן, אַחַת אוֹמֶרֶת: קָרוֹב לָהּ, וְאַחַת אוֹמֶרֶת: קָרוֹב לוֹ, דְּהָוֵה לֵיהּ סְפֵיקָא דְאוֹרָיְיתָא. וּמַתְנִיתִין דְּהָכָא בְּכַת אַחַת, דְּהָוֵה לֵיהּ סְפֵיקָא דְרַבָּנַן.
La Guemara demande : et d'où sait-on que la Michna d'ici vise un cas d'incertitude avec un seul groupe de témoins ? La Guemara répond : c'est par analogie avec le cas des fiançailles. De même que, pour les fiançailles, il s'agit d'un cas d'incertitude avec un seul groupe de témoins, de même, pour le divorce, il s'agit d'un cas à un seul groupe de témoins. La Guemara s'interroge : et pour les fiançailles elles-mêmes, d'où sait-on que la Michna vise un cas d'incertitude impliquant un seul groupe de témoins ? Peut-être vise-t-elle un cas de deux groupes de témoins ? La Guemara répond : si la Michna visait un cas de deux groupes de témoins qui se contredisent, alors qu'elle contracte le yiboum, et il n'y aurait là rien de grave — car il y a deux témoins qui attestent qu'il n'y a jamais eu de fiançailles. Il faut donc que les cas de fiançailles comme de divorce visent une situation où il n'y a qu'un seul groupe de témoins.
וּמִמַּאי דְּמַתְנִיתִין דְּהָכָא בְּכַת אַחַת? דּוּמְיָא דְּקִדּוּשִׁין: מָה קִדּוּשִׁין בְּכַת אַחַת, אַף גֵּרוּשִׁין בְּכַת אַחַת. וְקִדּוּשִׁין גּוּפַיְיהוּ, מִמַּאי דִּבְכַת אַחַת? דִּלְמָא בִּשְׁתֵּי כִּיתֵּי עֵדִים? אִי בִּשְׁתֵּי כִּיתֵּי עֵדִים — תִּתְיַיבֵּם, וְאֵין בְּכָךְ כְּלוּם.
La Guemara conteste : comment peut-on dire cela ? Après tout, il y a des témoins qui se tiennent devant nous et déclarent que l'objet des fiançailles est tombé plus près d'elle ; elle est donc fiancée, et sa co-épouse est la co-épouse d'une parente prohibée — et tu dirais pourtant de la laisser contracter le yiboum, comme s'il n'y avait là rien de grave ?! Et de plus, quant à la différence de fond entre deux groupes de témoins et un seul, le cas de deux groupes de témoins relève lui aussi d'une incertitude de loi rabbinique : il ne s'agit pas d'une incertitude sur la réalité de ce qui s'est passé — ce qui serait un doute de Torah — mais d'une contradiction entre deux témoignages opposés. En pareil cas, nous disons : place les deux témoins face aux deux autres [oki tré le-bahadé tré], et que les deux témoignages s'annulent mutuellement ; la loi consiste alors à laisser la femme dans son statut présumé d'origine. Cette incertitude relève donc de la loi rabbinique seule, et non de la Torah.
קָיְימִי עֵדִים וְקָאָמְרִי קָרוֹב לָהּ, וְאַתְּ אָמְרַתְּ תִּתְיַיבֵּם וְאֵין בְּכָךְ כְּלוּם?! וְתוּ — בִּשְׁתֵּי כִּיתֵּי עֵדִים נָמֵי, סְפֵיקָא דְרַבָּנַן הִיא, דְּאָמְרִינַן: אוֹקֵי תְּרֵי לְבַהֲדֵי תְּרֵי, וְאִשָּׁה אוֹקְמַהּ אַחֲזָקָה!
[Et cela vaut] tout comme dans le cas relatif aux biens d'un homme nommé Bar Chatya — ainsi surnommé parce qu'il sombrait par moments dans la démence. Voici l'affaire : Bar Chatya vendit des biens. Deux témoins se présentèrent et déclarèrent qu'il les avait vendus alors qu'il était sain d'esprit — la vente était donc valide ; et deux autres se présentèrent et déclarèrent qu'il les avait vendus alors qu'il était dément — la vente était donc nulle. Et Rav Achi dit à ce propos : place les deux témoins face aux deux autres, et que les témoignages s'annulent mutuellement [car il n'y a plus de témoignage valable sur lequel s'appuyer]…
מִידֵּי דְּהָוֵה אַנִּכְסֵי דְּבַר שָׁטְיָא. דְּבַר שָׁטְיָא זַבֵּין נִכְסֵי. אֲתוֹ בֵּי תְרֵי וְאָמְרִי: כְּשֶׁהוּא חָלִים זַבֵּין, וְאָתוּ בֵּי תְרֵי וַאֲמַרוּ: כְּשֶׁהוּא שׁוֹטֶה זַבֵּין. וְאָמַר רַב אָשֵׁי: אוֹקֵי תְּרֵי לַהֲדֵי תְּרֵי,
Rachi
כיון דקמצרכת חליצה לצרה מידע ידעי - דקידושי דבת אחיו לאו קידושין והאי דלא מתייבמת צרתה חומרא בעלמא הוא:,ליתני - ספק קרוב לו:,מידע ידעי דחומרא בעלמא הוא - כלומר אי חיישת דלא לימרו אינשי מדחלצה ודאי גירושין גמורין נינהו דאי קדיש לה למגורשת איניש דעלמא והדר קדיש לאחותה דקמייתא קדיש דבתרייתא לאו קידושין לא תיחוש להכי דמדלא מתייבמת צרתה מידע ידעי דחליצה חומרא בעלמא הוא:
מתייבמת - וקמייבם צרת ערוה דאוקמה אחזקה ופגע בכרת:,הכא נמי - גבי קידושין אמאי חולצת הא אתי לייבומי ודלמא קידושי ערוה קידושי הוו וקמייבם לצרת ערוה:,אחזקה קיימא - בחזקת היתר לייבם:
ועל בת אחיו - והיא אשתו צרתה חולצת לא מיפטרא בולא כלום משום צרת ערוה שמא היא מתה ראשונה ואח"כ מת הוא ותנן וכולן אם מתו העריות קודם לבעליהן צרותיהן מותרות בפ"ק:,ולא מתייבמת - שמא הוא מת ראשון והויא לה הך צרת בתו:
ה"ג חומרא דאתי לידי קולא הוא שאם אתה אומר חולצת מתייבמת:,גזרו בהו רבנן - דספק גירושין בערוה לא תחלוץ הצרה שאם אתה אומר חולצת מתייבמת:
דקיימא ערוה - קמן וקמוכחת דהכל רואין שזו צרת ערוה היתה ואתה מצרכת חליצה אתו למימר קמו ביה רבנן בגיטא וגיטא מעליא הוא ואין זו צרת ערוה ואתא לייבומי:,אבל מפולת - א"נ מצרכת לה חליצה מי אתי למימר קמו בהו רבנן במפולת אלו הדיינים המצריכים אותה חליצה נביאים הם וידעו שהיא מתה ראשונה דליתי לייבם לצרה ומידע ידעי דהאי דחלצה משום ספיקא היה:
קרוב לו כו' - מפרש במסכת גיטין:
למאי הלכתא - קתני מגורשת:
דהוי לה ספקא דאורייתא - כיון דתרי אמרי קרוב לה לא מצי לאוקמי צרה אחזקה ולמיפטרא לעלמא בלא חליצה:,ומתני' דהכא בכת אחת - עד אומר קרוב לו ועד אומר קרוב לה הלכך בקידושין הוא דאיכא למיתנייה משום דבחזקת היתר לייבם קיימא ומשום עד אחד דאמר קרוב לה לא מפקינן לה מחזקה וחלצה אבל בגירושין ליכא למתנייה דבחזקת היתר לשוק קיימא ועד א' דאמר קרוב לה בעי לאפוקי מחזקה וכיון דליכא עדות שלם אזלינן לקולא וקא מוקמינן אחזקה ולא בעיא חליצה שאם אתה אומר חולצת מתייבמת:
אף גירושין בכת אחת - כלומר אי הוה תני להו דע"כ הוה מיתוקמא דומיא דקידושין משום הכי לא תני לה: ,הכי גרסינן וקידושין גופייהו ממאי דבכת אחת דלמא בשתי כיתי עדים אי בשתי כיתי עדים תתייבם צרתה ואין בכך כלום קיימי עדים ואמרי קרוב לה ואת אמרת תתייבם ואין בכך כלום ותו בשתי כיתי עדים נמי ספיקא דרבנן הוא דאמרינן אוקי תרי כו' - והכי פירושו אי בשתי כיתי עדים לא הוה תני ולא מתייבמת אלא תתייבם ואין בכך כלום דהא אוקמת אחזקה דמותרת לייבם הואי ופרכינן קיימי עדים כו' והאמרת שתי כיתי עדים ספיקא דאורייתא היא ותו בשתי כיתי עדים נמי ספיקא דרבנן הוא ובגירושין גופייהו אע"ג דכת אחת אומרת קרוב לה לא הוה לן לאפוקי מחזקת היתר לשוק כיון דאיכא כת אחריתי דאמרה קרוב לו ואמאי קתני חולצת ואית דמפרשי הכי אי בשתי כיתי עדים מי הוה אמרינן לעיל בספק קידושין תתייבם ואין בכך כלום קיימי עדים ואמרי קרוב לה ומקודשת ונעשית הראשונה צרת ערוה ואת אמרת תתייבם אלא ודאי בכת א' ומשום דליכא אלא חד דאמר קרוב לה אמרינן אוקי צרה אחזקתה דשריא ליבם וכך שמעתי וקשה בעיני משום דמייתי סייעתא למילתיה מדנפשיה דההוא תתייבם ואין בכך כלום דלעיל הוא גופיה פירש הכי:
Tossafot
הכא נמי אם אתה אומר חולצת מתייבמת - תימה דמעיקרא פריך ואל תאסרנה מספק ורוצה להתירה ליבם לכתחילה והשתא פריך דאפילו חליצה לא תיבעי גזרה שמא תתייבם ויש לומר דהכא הכי קאמר מה מועיל שאתה אוסרה לייבם וכיון דחולצת יבוא מתוך כך לייבם ומשני דחולצת ממה נפשך ואם יבא באקראי בעלמא לייבם אין בכך כלום:
נפל הבית וכו' - כאן יש תימה אמאי חשיב לה טפי בחזקת היתר לשוק מלייבם דהא קמן ששניהם מתו וכן יכול להיות שהיא מתה תחלה כמו הבעל וי"ל דמשום הכי חשיב לה טפי בחזקת היתר לשוק מלייבם משום דבמיתת הבעל משתריא לשוק אבל במיתת הערוה אינה ניתרת לייבם עד שימות הבעל עמה:,ואין ידוע איזה מהם מת ראשונה - קסבר האי תנא דמיתה מפלת:
למאי הלכתא - תימא דמשנה זו בגיטין בהזורק (דף עח.) ולא מסיק התם בגמרא למאי הלכתא:
אי בשתי כיתי עדים תתייבם ואין בכך כלום - פ"ה דחוק הוא דאיך עלה על דעת המתרץ לומר כן ועוד דבספרים ישנים גרס ודלמא והוא מוחק וגרס ותו ונראה לר"י דה"פ דומיא דקידושין וקידושין משמע ליה דמיירי אף בכת אחת ואע"ג דבכת אחת דאורייתא מתייבמת כיון דבב' כיתי עדים הויא ספיקא דאורייתא גזרו רבנן שלא תתייבם בכת אחת אטו ב' כיתי עדים ופריך וקידושין גופייהו ממאי דמיירי בכת אחת דלמא דוקא בב' כיתי עדים אבל בכת אחת מותרת להתייבם ולא גזרינן אטו ב' כיתי עדים משום דב' כיתי עדים גופייהו הויא ספיקא דרבנן ומדאוריית' מתייבמת דמוקים לה אחזקה אלא מדרבנן חולצת ולא מתייבמת לחומרא דווקא בשתי כיתי עדים אבל בכת אחת לא החמירו ומוכיח דשתי כיתי עדים ספיקא דרבנן כמו שמפורש לבסוף והשתא קאמר אי בב' כיתי עדים דוקא אתה רוצה להעמידו אבל בכת אחת מתייבמת ולא גזרינן אטו שתי כיתי עדים דשתי כיתי עדים גופייהו אינה חולצת אלא לחומרא ואם תתייבם אין בכך כלום והיכי מצינן למימר דתתייבם ואין בכך כלום קיימי עדים ואמרי כו' ומסיק ודלמא בשתי כיתי עדים גופייהו הויא ספיקא דרבנן כמו שהקשה בתחלה והשתא לפי מסקנא זו בקידושין בכת אחת שריא להתייבם ומיהו ודלמא בעלמא קאמר ועוד אר"י דמצינן לפרש דמשמע ליה דבקידושין איירי בכת אחת משום דבשתי כיתי עדים לא איצטריך דפשיטא שהוא ספיקא דאורייתא ותנן לה בגיטין (ג"ז שם) גבי ספק גירושין דחולצת אבל אי הוה בקידושין מיירי בשתי כיתי עדים הוה מיירי נמי בגירושין בשתי כיתי עדים אע"ג דלא איצטריך וכבר תנן לה בגיטין ולהכי קאמר דומיא דקידושין דקידושין נמי בכת אחת ופריך וקידושין גופייהו דלמא בשתי כיתי עדים דשתי כיתי עדים נמי ספיקא דרבנן וכת א' ושתי כיתי עדים הכל הוה שוה שהכל ספיקא דרבנן כדמפרש ואזיל:
שתי כיתי עדים נמי ספיקא דרבנן - וא"ת וכיון דמסקינן דבשתי כיתי עדים הוי ספיקא דרבנן למה דחקו רבה ורב יוסף לאוקמי ההוא דגיטין בשתי כיתי עדים י"ל דלשון מחצה על מחצה דקתני התם במתני' שייך טפי בשתי כיתי עדים ובפ"ב דכתובות (דף כו: ד"ה אנן) ובפ' חזקת הבתים (ב"ב לב. ד"ה אנן) הארכתי:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.