Mishna 1
MICHNA : Dans le cas d'une femme dont le mari et la coépouse [tsara] sont partis dans un pays d'outre-mer, et où des témoins sont venus lui dire « ton mari est mort » : elle ne peut pas se remarier [avec un autre homme] — car peut-être est-elle astreinte au yiboum [le lévirat] avec son beau-frère [yavam], auquel cas il lui est interdit d'épouser quiconque d'autre. Et elle ne peut pas non plus entrer en yiboum tant qu'elle ne sait pas si sa coépouse est enceinte. Car si la coépouse met au monde un enfant du défunt, [la veuve] n'est plus liée par la zika [le lien du lévirat] à son beau-frère, et il lui est donc interdit de l'épouser.
הָאִשָּׁה שֶׁהָלַךְ בַּעְלָהּ וְצָרָתָהּ לִמְדִינַת הַיָּם, וּבָאוּ וְאָמְרוּ לָהּ: ״מֵת בַּעְלִיךְ״ — לֹא תִּנָּשֵׂא, וְלֹא תִּתְיַיבֵּם עַד שֶׁתֵּדַע שֶׁמָּא מְעוּבֶּרֶת הִיא צָרָתָהּ.(משנה)
Si [la veuve] avait une belle-mère outre-mer [mais que son défunt mari n'avait pas de frère connu], elle n'a pas à s'inquiéter [qu'un frère ait pu naître à son mari, qui l'astreindrait au lévirat]. Mais si sa belle-mère avait quitté la ville enceinte, cette veuve doit s'en inquiéter — car peut-être son défunt mari a-t-il désormais un frère, avec lequel elle est tenue au yiboum. Rabbi Yehoshoua dit : même en pareil cas, elle n'a pas à s'en inquiéter, et elle peut épouser qui elle veut.
הָיְתָה לָהּ חָמוֹת — אֵינָהּ חוֹשֶׁשֶׁת. יָצְתָה מְלֵיאָה — חוֹשֶׁשֶׁת. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אֵינָהּ חוֹשֶׁשֶׁת.
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : qu'apporte le mot superflu « elle », dans l'expression de la première partie de la Michna « tant qu'elle ne sait pas si sa coépouse est enceinte » ? La Guemara répond qu'il nous enseigne ceci : c'est de la grossesse de cette coépouse-ci — celle qui est partie outre-mer avec le mari — que nous nous préoccupons ; mais nous ne nous préoccupons pas de l'éventualité qu'il ait épousé une autre coépouse outre-mer et qu'il en ait eu un enfant.
גְּמָ׳ מַאי ״הִיא צָרָתָהּ״? הָא קָא מַשְׁמַע לַן: לְהָא צָרָה הוּא דְּחָיְישִׁינַן, אֲבָל לְצָרָה אַחֲרִיתִי לָא חָיְישִׁינַן.
Il a été enseigné dans la MICHNA : « elle ne peut pas se remarier ni entrer en yiboum [tant qu'elle ne sait pas si sa coépouse est enceinte] ». La Guemara demande : passe encore qu'elle n'entre pas en yiboum, car sa coépouse est peut-être enceinte — auquel cas cette veuve se heurterait à l'interdit de la Torah portant sur « l'épouse du frère » [si un enfant est né au défunt, le lévirat ne s'impose pas et il lui est défendu d'épouser le beau-frère]. Mais pourquoi ne pourrait-elle pas se remarier [avec un autre homme] ? Qu'on suive la majorité des femmes — et puisque la plupart des femmes tombent enceintes et accouchent, il est probable que sa coépouse ait bien eu un enfant [ce qui la libérerait du lévirat et l'autoriserait à épouser un étranger] !
לֹא תִּנָּשֵׂא וְלֹא תִּתְיַיבֵּם וְכוּ׳. בִּשְׁלָמָא יַבּוֹמֵי לָא, דְּדִלְמָא מִיעַבְּרָא, וְקָפָגְעָה בְּאֵשֶׁת אָח דְּאוֹרָיְיתָא. אֶלָּא לֹא תִּנָּשֵׂא, אַמַּאי? הַלֵּךְ אַחַר רוֹב נָשִׁים, וְרוֹב נָשִׁים מִתְעַבְּרוֹת וְיוֹלְדוֹת!
Dirons-nous que la Michna suit l'opinion de Rabbi Méir, qui se préoccupe de la minorité [miout] ? Il existe en effet une minorité de femmes qui n'enfantent pas, et Rabbi Méir prend cette minorité en compte : il exige donc que la veuve attende et clarifie si elle est ou non astreinte au lévirat.
לֵימָא רַבִּי מֵאִיר הִיא דְּחָיֵישׁ לְמִיעוּטָא?
La Guemara rejette [cette attribution] : tu peux même dire que la Michna suit l'opinion des Sages [Rabbanan]. Car lorsque les Sages suivent la majorité, c'est une majorité manifeste, présente devant nous et que l'on peut examiner. Par exemple, lorsqu'un morceau de viande est trouvé devant neuf boutiques qui vendent de la viande cachère et une boutique qui vend de la viande non cachère [taref] : si l'on ignore de quelle boutique il provient, on peut présumer qu'il vient de l'une des boutiques cachères. De même, le Sanhédrin rend ses décisions à la majorité des voix de ses membres. Mais s'agissant d'une majorité non manifeste — qui repose seulement sur une donnée statistique générale, comme l'affirmation que la plupart des femmes tombent enceintes et accouchent —, même les Sages ne suivent pas la majorité.
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּנַן, כִּי אָזְלִי רַבָּנַן בָּתַר רוּבָּא — רוּבָּא דְּאִיתֵיהּ קַמַּן, כְּגוֹן תֵּשַׁע חֲנוּיוֹת וְסַנְהֶדְרִי. אֲבָל רוּבָּא דְּלֵיתֵיהּ קַמַּן — לָא אָזְלִי רַבָּנַן בָּתַר רוּבָּא.
La Guemara objecte : mais le cas du garçon mineur ou de la fille mineure [au regard du lévirat] relève d'une majorité non manifeste, et pourtant les Sages y suivent la majorité dans leur décision ! Car il est enseigné dans une baraïta : « Un garçon mineur ou une fille mineure ne font pas la halitsa et n'entrent pas en yiboum » — telle est l'opinion de Rabbi Méir. Les Sages dirent à Rabbi Méir : « Tu as eu raison de dire qu'ils ne font pas la halitsa, car le mot « homme » [ich] est écrit dans le passage [de la Torah relatif à la halitsa] (Devarim 25, 7) — c'est-à-dire un homme adulte ; et bien que la femme adulte ne soit pas mentionnée explicitement, nous établissons une analogie par juxtaposition [hékéch] de la femme à l'homme et exigeons que la femme qui fait la halitsa soit elle aussi adulte. Mais quelle est la raison pour laquelle ils n'entreraient pas en yiboum, alors que sur ce point la formulation de la Torah n’indique pas spécifiquement des adultes ? »
וַהֲרֵי קָטָן וּקְטַנָּה, דְּרוּבָּא דְּלֵיתָא קַמַּן הִיא, וְאָזְלִי רַבָּנַן בָּתַר רוּבָּא! דְּתַנְיָא: קָטָן וּקְטַנָּה לֹא חוֹלְצִין וְלֹא מְיַיבְּמִין, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי מֵאִיר: יָפֶה אָמַרְתָּ שֶׁאֵין חוֹלְצִין. ״אִישׁ״ כְּתִיב בַּפָּרָשָׁה, וּמַקְּשִׁינַן אִשָּׁה לְאִישׁ. אֶלָּא מָה טַעַם אֵין מְיַיבְּמִין!
[Rabbi Méir] leur dit : je me préoccupe du garçon mineur, de crainte qu'il ne se révèle [adulte] un saris [un homme à la maturité sexuelle inaboutie] ; et je me préoccupe de la fille mineure, de crainte qu'elle ne se révèle une aylonit [une femme à la maturité sexuelle inaboutie]. Le lévirat ne s'appliquerait alors pas, et ils finiraient par se heurter à une érva [parenté interdite] s'ils consommaient ce lévirat. Or les Sages estiment : suis la majorité des garçons mineurs — et la plupart des garçons mineurs ne sont pas des sarissim une fois grands ; de même, suis la majorité des filles mineures — et la plupart des filles mineures ne sont pas des aylonit une fois grandes. Cela montre que les Sages s'opposent à Rabbi Méir même s'agissant d'une majorité non manifeste. Force est donc de conclure que la Michna suit bien Rabbi Méir, qui se préoccupe de la minorité.
אָמַר לָהֶם: קָטָן שֶׁמָּא יִמָּצֵא סָרִיס, קְטַנָּה שֶׁמָּא תִּמָּצֵא אַיְלוֹנִית, וְנִמְצְאוּ פּוֹגְעִים בְּעֶרְוָה. וְרַבָּנַן סָבְרִי: זִיל בָּתַר רוּבָּא דִּקְטַנִּים, וְרוֹב קְטַנִּים לָאו סָרִיסֵי נִינְהוּ. זִיל בָּתַר רוֹב קְטַנּוֹת, וְרוֹב קְטַנּוֹת לָאו אַיְלוֹנִית נִינְהוּ. אֶלָּא, מְחַוַּורְתָּא מַתְנִיתִין רַבִּי מֵאִיר הִיא.
La Guemara demande : de quelle manière as-tu établi la Michna ? Tu l'as établie selon l'opinion de Rabbi Méir. Mais examine alors la dernière partie : « si elle avait une belle-mère [outre-mer], elle n'a pas à s'inquiéter [qu'un autre fils lui soit né] ». Pourquoi ne devrait-elle pas s'en inquiéter ? Suis la majorité des femmes : la plupart des femmes tombent enceintes et accouchent ; une minorité tombent enceintes et avortent ; et parmi toutes celles qui accouchent, la moitié des enfants sont des garçons et l'autre moitié des filles. On peut donc adjoindre la minorité de celles qui avortent à la moitié de celles qui accouchent de filles, et alors les enfants mâles ne seraient plus qu'une minorité. Néanmoins, si la Michna suit réellement Rabbi Méir — qui se préoccupe des cas minoritaires —, qu'il s'inquiète qu'un yavam ait pu naître, rendant le lévirat nécessaire !
בְּמַאי אוֹקֵימְתָּא כְּרַבִּי מֵאִיר, אֵימָא סֵיפָא: הָיְתָה לָהּ חָמוֹת — אֵינָהּ חוֹשֶׁשֶׁת. אַמַּאי? הַלֵּךְ אַחַר רוֹב נָשִׁים, וְרוֹב נָשִׁים מִתְעַבְּרוֹת וְיוֹלְדוֹת, מִיעוּט מַפִּילוֹת, וְכׇל הַיּוֹלְדוֹת — מֶחֱצָה זְכָרִים וּמֶחֱצָה נְקֵבוֹת. סְמוֹךְ מִיעוּטָא דְמַפִּילוֹת לְמֶחֱצָה נְקֵבוֹת, וְהָווּ לֵיהּ זְכָרִים מִיעוּטָא — וְלֵיחוּשׁ!
La Guemara rejette [l'objection] : peut-être, puisque la veuve est légalement présumée [ouhzéka] autorisée à épouser un homme du tout-venant — son mari n'ayant pas de frère connu —, Rabbi Méir ne se préoccupe-t-il pas de la minorité [dans ce cas]. La Guemara objecte : s'il en est ainsi, dans la première partie de la Michna — où la veuve est légalement présumée astreinte au lévirat, son mari n'ayant pas eu d'enfant —, elle devrait être autorisée à entrer en yiboum sans s'inquiéter que sa coépouse ait pu accoucher !
דִּלְמָא כֵּיוָן דְּאִיחְזְקָה לַשּׁוּק, לָא חָיֵישׁ. רֵישָׁא דְּאִיחְזַק לְיִיבּוּם — תִּיַּיבַּם!
La Guemara répond — Rav Nahman dit au nom de Rabba bar Avouh : dans la première partie de la Michna, qui touche à l'interdit de « l'épouse du frère » [lorsque le lévirat ne s'applique pas], lequel est passible de karet, on s'est préoccupé de la possibilité minoritaire, en raison de la gravité de l'interdit. Mais dans la dernière partie, qui touche à un interdit ordinaire [lav] — celui d'une femme dont le mari est mort sans enfant et qui se remarie sans avoir fait la halitsa —, l'interdit n'est pas aussi grave ; on ne s'est donc pas préoccupé de la minorité et l'on s'en est remis à la présomption.
אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: רֵישָׁא דְּאִיסּוּר כָּרֵת — חָשְׁשׁוּ, סֵיפָא דְּאִיסּוּר לָאו — לֹא חָשְׁשׁוּ.
Rava dit, contre cette thèse : or, puisque ceci est [un interdit] de la Torah et que cela aussi est [un interdit] de la Torah — que m'importe que ce soit un interdit passible de karet, et que m'importe que ce soit un interdit ordinaire ? [Si les deux interdits sont de rang toranique, rien ne justifie de distinguer entre un interdit grave et un interdit léger !] Plutôt, Rava dit [qu'il faut rejeter cette thèse, et dire] :
אָמַר רָבָא: מִכְּדֵי, הָא דְּאוֹרָיְיתָא וְהָא דְּאוֹרָיְיתָא — מָה לִי אִיסּוּר כָּרֵת מָה לִי אִיסּוּר לָאו?! אֶלָּא אָמַר רָבָא:
Rachi
מתני' האשה שהלך בעלה כו' לא תנשא - הואיל ובלא בנים יצא בעלה:,ולא תתייבם - שמא ילדה צרתה. ובגמ' פריך אמאי לא תנשא תחלוץ ותנשא ממה נפשך:,היא צרתה - מפרש בגמ':
היתה לה חמות - במדינת הים וכשיצאה לא היה לה בן ואין יבם לזו אינה חוששת שמא ניתן לה יבם. אע"ג דחיישינן לעיל שמא ילדה צרה התם הוא דכל מה דילדה צרה בין זכר בין נקבה מפיק לה להא מיבם אבל חמות דאי נמי ילדה לא זקיק לה להך אא"כ ילדה זכר וכולי האי לא חיישינן שמא ילדה וזכר היה:,יצתה מליאה - יצתה חמותה מעוברת:,חוששת - שמא זכר היה:,אינה חוששת - דאיכא למימר שמא הפילה ואת"ל לא הפילה שמא נקבה היתה:
גמ' לצרה אחריתי - אם באו עדים שאין צרתה מעוברת אינה חוששת שמא אשה אחרת נשא ומותרת ליבם:
רבי מאיר חייש למיעוטא - בפ' הכל שוחטין (חולין ו.) גבי כותים שגזר על כל כותים משום אותם שמצאו דמות יונה בהר גריזים והשתחוו לה:
תשע חנויות - דתניא (שם דף צה.) ובנמצא הלך אחר הרוב דכיון דחנויות לפנינו הן ואנו רואין שרובן מוכרות בשר שחוטה:,וסנהדרי - י"ב מזכין וי"א מחייבין דקי"ל דזכאי (סנהדרין דף מ.) דהואיל ורוב מזכין וקמן נינהו:
דליתא קמן - כגון הכא דניזיל בתר רוב נשים שבעולם:
אימא סיפא היתה לה חמות אינה חוששת - אמאי נהי נמי דזכרים מיעוטא כדמפרש ואזיל מיהו הלך אחר רוב נשים וכיון דרוב נשים מתעברות ליכא למימר בזכרים מיעוטא דמיעוטא אלא חד מיעוטא דרוב נשים מתעברות ויולדות ומיעוט כו': ,ה"ג והוו להו זכרים מיעוטא וליחוש:
דאיסור כרת חששו - שמא נתעברה צרתה:,לא חששו - שמא נתעברה חמותה ואוקמה אחזקה:
מה לי איסור לאו - מי לא בעינן למיחש לספק איסור לאו כי היכי דחיישינן לספק איסור כרת הא מידי דספיקא לאו הרחקה דרבנן היא בדבר המותר דנימא לכרת עביד הרחקה ללאו לא עביד הרחקה בדבר המותר דהכא שמא איסורא דאורייתא ממש קעביד:
Tossafot
מתני' האשה. יצתה מליאה חוששת - אע"ג דאיכא חזקה דמסייע לרובא דנקבות ומפילות חוששת דאיתרע ליה חזקה שיצתה מליאה:
אבל לצרה אחריתי לא חיישינן - מהיתור לשון דהיא צרתה דייק דהיא צרתה משמע ליה שהצרה עצמה מעוברת ולא משמע צרה אחרת אם נשא:
אמאי הלך אחר רוב נשים כו' - וא"ת דתנן לעיל באידך פירקין (יבמות דף קיח:) ניתן לי בן במד"ה מת בעלי ואח"כ מת בני למה אינה נאמנת במגו שהיתה יכולה לומר עדיין בני קיים וסמכינן ארוב נשים שמתעברות ויולדות וי"ל דמיירי כגון שיש שני עדים שאומרים ששניהם מתו דהשתא אינה יכולה לומר עדיין בני קיים:
רבי מאיר היא - וא"ת אמאי לא מוקי לה נמי כרבנן וכי אזלי רבנן בתר רובא היינו בדלא תלי במעשה אבל דתלי במעשה לא אזלי' בתר רובא דכה"ג משני בפ"ג דבכורות (דף כ. ושם) וי"ל דהכא כרבה דלית ליה ההוא שינויא א"נ אין חשוב תלי במעשה אלא ממילא הוא בא שאדם נזקק לאשתו:
כגון ט' חנויות וסנהדרין כו' - תימה היכי פליג ר"מ והכתיב אחרי רבים להטות ועוד היכא אשכחן דפליגי ר"מ ורבנן בט' חנויות הא לא אשכחן דפליגי אלא בקטן וקטנה ושמא לאו דוקא נקט ט' חנויות וסנהדרין אלא כגון מיעוטא דפליגי בחולין (דף יא.) ובמס' ע"ז (דף מ:). [עי' תוספות בכורות יט: ד"ה ברובא]:
מחוורתא מתני' ר"מ היא - דחייש למיעוטא מיהו אנן לא קי"ל כר"מ אף על גב דאתי סתמא דמתני' כר"מ בהא דחייש למיעוטא [אפ"ה] לא קי"ל כוותיה מדאמר בפ"ק דחולין (דף יא: ושם) ור' מאיר היכי אכיל בישראל משמע דאנן שפיר אכלינן וקשה דבפרק הלוקח בהמה (בכורות כד. ושם) פסיק ר' יוחנן כרשב"ג דאמר בלוקח בהמה מניקה מן העובד כוכבים דפטורה מן הבכורה כשבנה כרוך אחריה משום דלא מרחמא אא"כ ילדה אבל מטעמא דחלב לא מיפטרא אע"ג דרוב בהמות אין חולבות אא"כ יולדות אלמא חיישינן למיעוט אע"ג דליכא חזקה בהדי מיעוטא דאי אמרת אוקי בהמה בחזקת שלא ילדה אדרבה העמד הולד בחזקת שאין קדוש בבכורה שהיה חולין במעי אמו ויש לומר דר' יוחנן לא פסיק כוותיה אלא בהא דלא מרחמא אלא אם כן ילדה ונ"מ להיכא שראינוה שהיה לה חלב קודם לידה דההיא לא מיפטרא מטעם חלב ואפשר דרשב"ג סבר חלב פוטר והשתא אתי שפיר דמשכחת רבן שמעון בן גמליאל דלא חייש למיעוטא בריש פרק כל הצלמים (ע"ז דף מ: ושם) דלא גזר שאר מקומות אטו אותו מקום כדגזר רבי מאיר התם וקאמר נמי רשב"ג כל מצות שהחזיקו בם כותים כו' אלמא לא חייש למיעוט ורבי יוחנן נמי אכיל משחיטת כותים ומיהו מכותים אין להביא ראיה דמשום דאחד רשע אין להחזיק כולם רשעים אבל בפ' עשרה יוחסין (קדושין דף פ. ושם) גבי שני דברים אין בהן דעת לישאל ועשאום כו' משמע דסבר רבי יוחנן נמי כרבנן דרבי מאיר והא דאמר רבי יוחנן בס"פ אין מעמידין (ע"ז דף לט:) למעוטי מורייס וגבינות בית אונייקי וסתמא כרבי מאיר התם הוי סתם ואח"כ מחלוקת בריש כל הצלמים (עבודה זרה דף מ:) והא דארשב"ג כל ששהה ל' יום באדם אינו נפל הא לא שהה ספיקא הוי אפילו נפל מן הגג או אכלו ארי בפרק רבי אליעזר דמילה (שבת דף קלו. ושם) וקיימא לן התם כוותיה אע"ג דרוב אינם נפלים וכן תוך ח' ימים בבהמה אסר התם ולא אזלינן בתר רובא התם משום שלא יבא להקל בערוה והצריכוה חליצה במת תוך שלשים ולא רצו לסמוך על הרוב להתירה לשוק בלא חליצה שלא יאמרו העולם שפיהק ומת ויבא לידי לעז וקלקול ולכך גם לענין אבילות פטור שלא יבא להקל בערוה ועוד דבלאו הכי יש להקל התם דקיימא לן הלכה כדברי המיקל באבל ואסרו כמו כן בבהמה דגזרו בהמה אטו אדם דאי לא הא לא קיימא הא אי נמי אסרו בבהמה בבריא שמא יבא להתיר בחולה שיהא קרוב לפיהק ומת וא"ת ולר"מ דחייש למיעוט היכי משכחת לה דמאי כיון דאיכא מיעוט עם הארץ שאין מעשרין ועוד דאיכא חזקה דטבל ומיהו אי לא חייש ר"מ למיעוט מה"ת אפילו היכא דאיכא חזקה בהדיה אלא מדרבנן הוה אתי שפיר ויש לומר דלא חיישינן כה"ג למיעוט דאם הוא הוחזק כל ישראל מי הוחזקו אע"ג דגבי כותים גזר ר"מ על כולם משום מיעוט שנתקלקלו כדאמר בפ"ק דחולין (דף ו.) שאני כותים דאומה אחת הן ואין נזהרין במצות כישראל:
רישא דאיחזקה לייבום תתייבם - דסלקא דעתך השתא כמו דחזקה לשוק מהני בהדי רוב ה"נ מהני חזקה לייבום בהדי מיעוט דמפילות ותתייבם:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.