Guémara
[La Guemara poursuit la discussion sur le cas de deux personnes portant le même nom dans une même ville, et sur la reconnaissance d'un objet d'après ses signes distinctifs.] Pour ce qui est de la reconnaissance d'une reconnaissance de dette [chetar], de quoi devrions-nous nous inquiéter ? Si l'on craint l'éventualité d'une chute — c'est-à-dire que la reconnaissance de dette ait pu tomber de la main de l'un et qu'un autre, portant le même nom, l'ait trouvée —, celui qui la détient en prend assurément grand soin pour ne pas la perdre, car il sait qu'il existe dans la ville quelqu'un d'autre du même nom [et qu'on pourrait la confondre]. Et si l'on craint l'éventualité qu'elle ait été confiée en dépôt — c'est-à-dire que le véritable propriétaire l'ait remise pour garde à celui qui la détient —, puisque le nom de ce dernier est identique au sien, le propriétaire n'irait pas déposer son acte chez lui sans quelque précaution [un signe ou un témoin].
לְמַאי נֵיחוּשׁ לַהּ? אִי לִנְפִילָה — מִזְהָר זְהִיר בֵּיהּ. אִי לְפִקָּדוֹן — כֵּיוָן דִּשְׁמֵיהּ כִּשְׁמֵיהּ לָא מַפְקֵיד גַּבֵּיהּ.
Et si tu objectes : peut-être le véritable propriétaire a-t-il transmis, c'est-à-dire cédé la reconnaissance de dette à cette personne qui porte le même nom que lui — qu'il la lui ait donnée ou vendue afin qu'elle recouvre la créance pour elle-même —, dans ce cas celui qui la détient a bien le droit d'en recouvrer le montant, car les actes [otiyot, litt. « les lettres », c'est-à-dire les titres de créance] s'acquièrent par simple transmission de la main à la main. Il n'est donc nul besoin ici d'un acte d'acquisition supplémentaire, ce qui signifie que la reconnaissance de dette appartient à celui qui la détient, bien qu'elle n'ait pas été rédigée à son nom à l'origine. Par conséquent, on ne peut tirer de ce cas aucune preuve quant à la question de savoir si l'on doit ou non s'inquiéter de l'existence de deux personnes portant un nom identique.
מַאי אָמְרַתְּ, דִּלְמָא מְסַר לֵיהּ? אוֹתִיּוֹת נִקְנוֹת בִּמְסִירָה.
La Guemara rapporte un fait : il y eut un certain acte de divorce [guet] que l'on trouva dans la ville de Sora, et où il était écrit ceci : « Dans la ville de Sora, moi, Anan bar Hiyya de Néhardéa, j'ai libéré, renvoyé et répudié mon épouse Une telle. » Et les Sages firent une enquête dans toute la région, de Sora jusqu'à Néhardéa — soit presque toute la Babylonie —, et il ne se trouvait aucun autre Anan bar Hiyya que celui qu'ils connaissaient, hormis un Anan bar Hiyya de Hagra qui résidait à Néhardéa. Or des témoins vinrent et déclarèrent que ce jour-là, le jour même où ce guet fut rédigé, Anan bar Hiyya de Hagra était avec nous à Néhardéa [et non à Sora].
הָהוּא גִּיטָּא דְּאִשְׁתְּכַח בְּסוּרָא וּכְתִיב בֵּיהּ הָכִי: בְּסוּרָא מָתָא אֲנָא עָנָן בַּר חִיָּיא נְהַרְדָּעָא פְּטַרִית וְתָרֵכִית פְּלוֹנִית אִנְתְּתִי. וּבְדַקוּ רַבָּנַן מִסּוּרָא וְעַד נְהַרְדְּעָא, וְלָא הֲוָה עָנָן בַּר חִיָּיא אַחֲרִינָא לְבַר מֵעָנָן בַּר חִיָּיא מְחַגְּרָא דַּהֲוָה בִּנְהַרְדְּעָא. וַאֲתוֹ סָהֲדִי וֶאֱמוֹר דְּהָהוּא יוֹמָא כִּי אִיכְּתַב הָהוּא גִּיטָּא, עָנָן בַּר חִיָּיא מְחַגְּרָא גַּבַּן הֲוָה.
Abaye dit : même selon mon opinion — moi qui soutiens qu'en règle générale on s'inquiète de l'éventualité d'un autre homme portant le même nom —, ici nous ne nous en inquiétons pas. La raison en est que les témoins affirment que l'autre Anan bar Hiyya se trouvait à Néhardéa ; dès lors, qu'aurait-il bien à faire à Sora ? Par conséquent, il n'y a pas lieu de craindre que ce guet ait été rédigé par l'Anan bar Hiyya de Hagra.
אָמַר אַבָּיֵי: אַף לְדִידִי דְּאָמֵינָא חָיְישִׁינַן — הָכָא לָא חָיְישִׁינַן, דְּהָא קָאָמְרִי סָהֲדִי דְּבִנְהַרְדְּעָא הֲוָה, מַאי בְּעָא בְּסוּרָא.
Rava dit : même selon mon opinion — moi qui soutiens qu'en règle générale on ne s'en inquiète pas —, ici, dès lors qu'il est établi qu'il existe assurément un autre homme portant le même nom, nous nous en inquiétons. Quant au témoignage en apparence contradictoire [qui place l'homonyme à Néhardéa le jour même], peut-être s'est-il rendu [à Sora] sur un chameau volant — un moyen de transport extrêmement rapide qui lui permettait de parcourir Néhardéa-Sora en un seul jour. Ou bien il a pu y parvenir par un raccourci miraculeux [kefitsa]. Ou encore, il a pu donner par avance des instructions verbales pour que l'on rédige le guet en un lieu où il ne se trouvait pas physiquement.
אָמַר רָבָא: אַף לְדִידִי דְּלָא חָיְישִׁינַן — הָכָא חָיְישִׁינַן, דִּלְמָא בְּגַמְלָא פָּרְחָא אֲזַל. אִי נָמֵי בִּקְפִיצָה. אִי נָמֵי מִילֵּי מְסַר.
Cette dernière réponse [milei masar] est conforme à ce que Rav dit aux scribes du tribunal, et de même Rav Houna dit aux scribes : lorsque vous vous trouvez en un lieu nommé Chili, écrivez que l'acte a été rédigé à Chili, même si les instructions vous ont été données en un autre lieu nommé Hini. Et pareillement, lorsque vous êtes à Hini, écrivez qu'il a été rédigé à Hini, même si les instructions vous ont été données à Chili.
כְּדַאֲמַר לְהוּ רַב לְסָפְרֵי, וְכֵן אֲמַר לְהוּ רַב הוּנָא לְסָפְרֵי: כִּי אִיתַנְכוּ בְּשִׁילֵי כְּתוּבוּ בְּשִׁילֵי, אַף עַל גַּב דְּמִימַּסְרָן מִילֵּי בְּהִינֵי. וְכִי אִיתַנְכוּ בְּהִינֵי כְּתוּבוּ בְּהִינֵי, אַף עַל גַּב דְּמִימַּסְרָן מִילֵּי בְּשִׁילֵי.
La Guemara revient à la question initiale : quelle conclusion a-t-on finalement adoptée au sujet de ce cas des graines de sésame [déposées dans une jarre] ? Appartiennent-elles à celui qui les a déposées, ou bien accepte-t-on la prétention du dépositaire selon laquelle il aurait restitué les premières et placé d'autres graines de sésame dans la même jarre ? Rav Yémar dit : nous ne nous inquiétons pas qu'il s'agisse de graines différentes [et nous les rendons au déposant d'après ses signes]. Et Ravina dit : nous nous en inquiétons. La Guemara tranche : et la halakha est que nous nous inquiétons de l'éventualité que le dépositaire les ait remplacées par d'autres, et nous ne nous fions pas, en ce cas, aux signes distinctifs fournis par le déposant.
מַאי הֲוָה עֲלַיְיהוּ דְּשׁוּמְשְׁמֵי? רַב יֵימַר אָמַר: לָא חָיְישִׁינַן. רָבִינָא אָמַר: חָיְישִׁינַן. וְהִלְכְתָא: חָיְישִׁינַן.
MICHNA : [La Michna a enseigné :] s'il y avait une querelle entre lui et elle [entre le mari et sa femme], son témoignage selon lequel son mari est mort n'est pas accepté. GUEMARA : La Guemara demande : quelles sont les circonstances d'une « querelle entre lui et elle » [au point que son témoignage soit récusé] ? Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : c'est un cas où l'on a entendu la femme dire à son mari « Divorce-moi ». La Guemara objecte : est-ce là une preuve [de querelle] ? Toutes les femmes disent pareillement cela [dans un moment de colère] ; cela ne prouve nullement qu'il subsiste entre eux une querelle non apaisée. Plutôt, il y a querelle [au sens de la Michna] lorsqu'elle dit à son mari « Tu m'as déjà divorcée » — c'est-à-dire qu'elle prétend avoir réellement été répudiée.
קְטָטָה בֵּינוֹ לְבֵינָהּ וְכוּ׳. הֵיכִי דָּמֵי קְטָטָה בֵּינוֹ לְבֵינָהּ, אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: בְּאוֹמֶרֶת לְבַעְלָהּ ״גָּרְשֵׁינִי״. כּוּלְּהוּ נָמֵי אָמְרוּ הָכִי! אֶלָּא בְּאוֹמֶרֶת לְבַעְלָהּ ״גֵּירַשְׁתַּנִי״.
La Guemara demande : si elle dit à son mari qu'il l'a divorcée, croyons-la donc sur sa parole, conformément à l'enseignement de Rav Hamnouna ! Car Rav Hamnouna a dit : une femme qui dit à son mari « Tu m'as divorcée » est crue. Pourquoi ? Parce qu'il existe une présomption [hazaka] qu'une femme n'oserait pas mentir effrontément en présence de son mari sur un fait qu'il sait être faux. Si tel est le cas, pourquoi sa prétention d'avoir été divorcée ne serait-elle pas acceptée ? Cela signifierait qu'aucun témoignage sur la mort du mari ne serait plus nécessaire, puisque le lien entre eux aurait déjà été rompu [par ce divorce].
וְלִיהֵמְנַהּ מִדְּרַב הַמְנוּנָא. דְּאָמַר רַב הַמְנוּנָא: אִשָּׁה שֶׁאָמְרָה לְבַעְלָהּ ״גֵּירַשְׁתַּנִי״ — נֶאֱמֶנֶת. חֲזָקָה אֵין אִשָּׁה מְעִיזָּה פָּנֶיהָ בִּפְנֵי בַּעְלָהּ!
La Guemara répond : en réalité, on considère un couple comme étant « en querelle » lorsqu'elle dit « Tu m'as divorcée en présence de deux témoins, Untel et Untel » ; puis le tribunal interroge ces hommes, et ceux-ci répondent : « Cette affaire n'a jamais eu lieu. » En pareil cas, il est manifeste qu'une querelle violente régnait entre eux [puisqu'elle a inventé un divorce avec de faux témoins], et c'est pourquoi sa prétention d'avoir été divorcée n'est pas reçue. Par conséquent, sa déclaration ultérieure selon laquelle son mari est mort n'est pas non plus acceptée.
בְּאוֹמֶרֶת ״גֵּירַשְׁתַּנִי בִּפְנֵי פְּלוֹנִי וּפְלוֹנִי״, וְשַׁאֵילְנָא וְאָמְרוּ: ״לֹא הָיוּ דְבָרִים מֵעוֹלָם״.
La Guemara analyse à présent la décision de la Michna elle-même. Quelle est la raison pour laquelle, dans le cas d'une querelle entre eux, le tribunal n'accepte pas son témoignage [sur la mort du mari] ? Rav Hanina dit : parce qu'elle ment — c'est-à-dire qu'en raison de leur querelle, elle est susceptible de témoigner faussement que son mari est mort [pour se délier de lui]. Rav Chimi bar Achi dit : parce qu'elle dit ce qu'elle imagine être le cas — lorsque règne la paix entre eux, elle examine la chose à fond pour savoir s'il est réellement mort, mais lorsqu'une querelle les oppose, elle n'y met plus la même rigueur, car il lui plaît d'être débarrassée de lui. La Guemara demande : quelle est la différence [pratique] entre ces deux explications ?
מַאי טַעְמָא דִּקְטָטָה? רַב חֲנִינָא אָמַר: מִשּׁוּם דִּמְשַׁקְּרָא. רַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי אָמַר: מִשּׁוּם דְּאָמְרָה בִּדְדָמֵי. מַאי בֵּינַיְיהוּ?
Rachi
דלמא מסר ליה - נתנו לו ולא קנו מידו בקנין ושמא יחזור בו ליכא למיחש להכי דאותיות כגון שטר נקנות במסירה בלא קנין ואין יכול לחזור בו:
גבן הוה - אצלנו היה בנהרדעא וגיטא כתיב בסורא:
הכא לא חיישינן - דהא איבדקא כל נהרדעא ולהאי ענן ליכא למיחש דהא אמרי סהדי כו' ואביי לא חייש לדלמא אזיל ליה לעלמא ובדיקה הוא דקמצריך באותו מקום:
הכא חיישינן - הואיל והוחזק איש אחר בעירו כשמו:,גמלא פרחא - הולך מהר כעוף פורח:,בקפיצה - על ידי שם:,מילי מסר - ואע"פ שלא היה עמהם שמא מתחלה אמר להם בעירו כתבו גט לאשתי ואח"כ הלכו העדים לסורא:
שילי והיני - מקומות הן:
ה"ג מאי הוי עלייהו דשומשמי - מי חיישינן שמא פינן:
אמרו הכי - בשעת כעסן:
מ"ט דקטטה - דתנן במתניתין כי אמרה מת בעלי לא מהימנא:,דמשקרא - מרוב שנאה מתכוונת לאסור עצמה עליו:,דאמרה בדדמי - כל מקום סכנה שראתה אינה נותנת דעתה לומר שמא לא מת ולא אנשא דהואיל וסניא ליה לא דייקא כולי האי:
Tossafot
למאי ניחוש לה אי לנפילה כו' - והא דאמרי' בפ' גט פשוט (ב"ב קעג.) אותיות נקנות במסירה אביי אמר צריך להביא ראיה פירוש דחיישינן לנפילה ופקדון וי"ל דהתם איירי בנפילה דרבים אבל לנפילה דיחיד שיפול מיוסף בן שמעון וימצאנו יוסף בן שמעון אחר ודאי לא חיישינן והכי נמי מפליג בפ' גט פשוט (בבא בתרא דף קעב:) בין נפילה דיחיד לנפילה דרבים וא"ת א"כ היכי קאמר התם אהא דתנן במתני' (שם:) דשני יוסף בן שמעון מוציאים שטר חוב על אחרים ותנא דבריית' קאמר דאין מוציאין בפלוגתא דפליגי אביי ורבא בצריך להביא ראיה או אין צריך דמ"ד אין מוציאין סבר לה כאביי דחייש לנפילה והא לנפילה דחד לא חייש אביי שיפול מיוסף בן שמעון זה וימצאנו אחר ויש לומר דלאו ממש בפלוגתא דאביי ורבא פליגי אלא כמו שאביי חשש לנפילה דרבים חושש אותו תנא אפי' לנפילה דיחיד וא"ת והיכי מייתי התם ראיה אביי למילתיה דחיישינן להביא ראיה אלמא חיישינן לנפילה מההוא דאחד מן האחין שהיה שטר חוב יוצא מתחת ידו עליו להביא ראיה אלמא חיישינן לנפילה והא אחין הוי נפילה דחד ולא חייש אביי ויש לומר דמדמי אחים דשמטי מהדדי כדמפרש התם לנפילה דרבים ואי חיישינן לנפילה דרבים התם נמי יש לחוש:
מאי אמרת דלמא מסר ליה אותיות נקנות במסירה - וא"ת ורבא היכי מייתי מינה ראיה הא שפיר קאמר אביי וכי תימא דחייש לנפילה ופקדון האמרי' בפרק גט פשוט (בבא בתרא קעג:) אותיות נקנות במסירה אביי אמר צריך להביא ראיה רבא אמר אין צריך להביא ראיה אלמא אין צריך להביא ראיה אי חיישינן לנפילה ופקדון וי"ל דרבא סבירא ליה דאין אותיות נקנות במסירה ולכן מייתי ראיה דאי חיישינן לתרי יצחק הכא נמי גבי חבי בר ננאי הוה לן למיחש דלמא מסר ליה והשתא חוזר בו והא דקאמר בפ' גט פשוט (ג"ז שם) אותיות נקנות במסירה כו' ורבא אמר אין צריך לאו משום דרבא ס"ל הכי אלא אליבא דר' מאיר דאית ליה הכי במתני' דהתם פליגי וא"ת בריש כל הגט (גיטין כד:) אמר קטנה הוא דלא מצי מגרש הא גדולה מצי מגרש אמר רבא זאת אומרת שני יוסף בן שמעון הדרים בעיר אחת מוציאין שטר חוב על אחרים ומה ראיה הוא גט לשטר חוב בגט אין לחוש שמא תמסור לחברתה להתגרש בו שידוע שלא תוכל להתגרש ובשטר יש לחוש דלמא מסר ליה וי"ל דהתם גרס רבה מדמהדר אביי בתריה והכא גרס רבא אי נמי אפי' גרס התם נמי רבא יש לפרש דהכי דייקינן התם דכי היכי דגדולה מצי מגרש ולא חיישינן שמא מסרה לצור על פי צלוחיתו ה"נ לא חיישינן לשני יוסף בן שמעון שמא מסרם זה לזה לצור על פי צלוחיתו דלגבות החוב הם יודעין שאין המסירה מועלת דאין אותיות נקנות במסירה וה"ר אלחנן תירץ דמדמי שטר לגט דכמו שהיה לנו לחוש בגט לנפילה כיון דלא מיזדהרא ביה הכי נמי היה לחוש בשטר דלמא מסר ליה ומדלא חיישינן בגט לנפילה הוא הדין דלא חיישי' דלמא מסר ליה:,אותיות נקנות במסירה - הא אינן נקנות חיישינן דלמא מסר ליה ותימה מאי שנא בדברים שאין עשויין להשאיל ולהשכיר שהמוחזק בו נאמן לומר שהוא שלו כי אפילו ידוע שמאמינים זה לזה אין לחוש על פקדון אלא בדברים העשויים להשאיל ולהשכיר וגודרות שהדבר ידוע שלא לקחם א"כ גבי אותיות נמי היה לנו להאמינו כשאומר שהם שלו וכי תימא כיון דאין אותיות נקנות במסירה דצריך שטר ואין לו שטר חיישינן דאינן שלו מ"מ ליחוש שמא הקנה לו אגב קרקע דשטר נקנה אגב קרקע כדאמרינן בהמוכר את הספינה (ב"ב דף עו: ושם) בשמעתא דאין אותיות נקנות ושמא קנין אגב קרקע לא שכיחא אי נמי לא מהני קנין אגב קרקע אלא בשטר של אותה קרקע כדאמרינן התם כיון שהחזיקו בקרקע נקנה השטר בכל מקום שהוא דשטר אפסרא דארעא הוא אבל שטר חוב בעלמא אין נקנה אגב קרקע דלא דמי למטלטלין אבל תימה לר"י דלמה לא נימא שהם שלו ולא נתן לו חברו כלום ושמא כיון דשמיה כשמיה ואין מוכיח מתוך השטר שהוא שלו ולא עשה בו סימן יש לחוש שמא של חברו היה כי אי אפשר שלא יהא סימן לזה שאין בזה ושוב פר"י דודאי הקלף יכול לעכב שלא יפסיד חזקתו אע"פ שדרכו להפקיד גביה אבל החוב לא יוכל להוציא כל זמן שנוכל להסתפק דלמא הפקיד גביה והיינו נמי דאמר בגט פשוט (שם קעג.) גבי שאני הכא דאחין משמטי מהדדי ואין החוב למוחזק שלא יוכל לגבות החוב אבל הקלף נראה לר"י שיוכל לעכב וכן חפץ אחר:
הכא חיישינן דלמא בגמלא פרחא אזל - וא"ת בפ"ק דמכות (דף ה. ושם) אמר רבא (בר אבא) אתו בי תרי ואמרו בחד בשבא בצפרא הרג פלוני את הנפש בנהרדעא ואתו בי תרי ואמרו בפניא בחד בשבא עמנו הייתם בסורא חזינן אי מצפרא לפניא מצו אזלי אין נהרגין ואי לא מצו אזלי נהרגין פשיטא מהו דתימא ניחוש לגמלא פרחא קמ"ל ואר"ת דהכא כיון שמתכוין לקלקל אשת חברו אזל בגמלא פרחא אבל התם אם הלכו בגמלא פרחא היה מקלקלם יותר וה"ר מנחם פי' דהתם אם איתא דאזלו בגמלא פרחא היה להן לטעון כן ומדלא אמרו הכי ש"מ דשקר הם מעידים:
אע"ג דמימסרן לכו מילי בשילי - אר"ת דשילי והיני שני מקומות הן וסמוכות זה לזה כדאמר במס' ביצה (דף כה:) רב הונא בשבתא דריגלא מכתפי ליה מהיני לשילי ולרבותא נקט הני מקומות שסמוכין זה לזה:
וליהמנה מדרב המנונא - אמר ר"י דהלכתא כרב המנונא מדפריך סתמא דגמרא מרב המנונא ובפ"ב דכתובות (דף כב: ושם) גבי אמרה נשביתי דייק לאוקומי אמוראי דהתם כרב המנונא ובפ' התקבל (גיטין סד:) נמי פריך אדר"י מדרב המנונא והא דבשילהי נדרים (דף צא. ושם) דחה רבה למילתיה דחויא בעלמא הוא ואפי' פליג הלכתא כרב המנונא כדפי' וא"ת בסוף פרק הכותב (כתובות פט. ושם) גבי הוציאה גט דקאמר רב יוסף הב"ע שאין שם עידי גירושין דמיגו דיכול לומר לא גרשתיה יכול לומר גרשתיה ונתתי לה כתובתה והיאך יכול לומר כן כיון שנאמנת לומר גירשתני ויש לומר דכשתובעת כתובה אינה נאמנת אלא דוקא לענין נישואין:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.