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Traité Yevamot

115a

Étude de Yevamot 115a

Étude de la Guémara 115a

Guémara
[La Guemara poursuit l'examen du cas où une femme témoigne que son mari est mort pendant une guerre.] Car si elle avait voulu mentir, elle aurait dit : « Il régnait la paix dans le monde » [et son mari est mort tranquillement dans son lit], et le tribunal aurait accueilli son témoignage [pour la déclarer veuve, libre de se remarier ; le fait qu'elle affirme au contraire qu'il y avait la guerre prouverait donc sa sincérité]. Ou bien, peut-être faut-il dire : puisqu'elle a maintenu qu'il y avait la guerre, et que cette affirmation a déjà été admise, alors, concernant son rapport sur la mort de son mari, elle dit ce qu'elle s'imagine être vrai [« bidedamé », d'après son impression] ; dès lors, l'argument du « pourquoi mentirais-je ? » ne vient pas et ne saurait ébranler la présomption établie qu'il y avait la guerre.
דְּאִי בָּעֲיָא אָמְרָה: ״שָׁלוֹם בָּעוֹלָם״. אוֹ דִלְמָא: כֵּיוָן דְּאִיחַזְקָה — אָמְרָה בִּדְדָמֵי, וְלָא אָתֵי ״מָה לִי לְשַׁקֵּר״ וּמַרַע חֶזְקָתֵיהּ.
[Pour trancher ce doute,] viens et entends [une baraïta] : si une femme vient et dit « On a enfumé la maison sur nous » ou « On a enfumé la grotte sur nous » [pour nous en faire sortir], et qu'elle ajoute : « Lui est mort et moi j'ai été sauvée », elle n'est pas crue. [Pourtant, ici aussi c'est elle qui rapporte toute l'histoire, y compris l'incendie, et malgré cela sa version n'est pas acceptée — preuve qu'on ne se fie pas à elle lorsqu'elle conclut à la mort du mari.] La Guemara réfute : là-bas, dans le cas de l'incendie, c'est différent, car on peut lui répliquer : de même qu'un miracle s'est produit pour toi et que tu as été sauvée, de même un miracle a pu se produire pour ton mari, et lui aussi a survécu [elle a donc parlé d'après sa seule supposition, sans l'avoir vu mort].
תָּא שְׁמַע: ״עִישְּׁינוּ עָלֵינוּ בַּיִת״, ״עִישְּׁינוּ עָלֵינוּ מְעָרָה״, ״הוּא מֵת, וַאֲנִי נִצַּלְתִּי״ — אֵינָהּ נֶאֱמֶנֶת. שָׁאנֵי הָתָם, דְּאָמַר לָהּ: כִּי הֵיכִי דִּלְדִידָךְ אִיתְרְחִישׁ נִיסָּא, לְדִידֵיהּ נָמֵי אִיתְרְחִישׁ נִיסָּא.
Viens et entends une preuve d'une autre baraïta : si une femme vient et dit « Des non-juifs nous ont attaqués » ou « Des brigands nous ont attaqués », et qu'elle ajoute : « Lui est mort et moi j'ai été sauvée », elle est crue. [Cela indiquerait qu'on accepte son témoignage en vertu de l'argument « pourquoi mentirait-elle ? », et donc qu'il vaut même en temps de guerre.] La Guemara écarte cette preuve : là-bas, son témoignage est accepté pour une autre raison, conforme à l'enseignement de Rav Idi. Car Rav Idi a dit : à l'égard d'une femme, ses armes sont sur elle. [Autrement dit, une femme n'est en général pas tuée par des brigands : sa féminité même la protège — ils la violenteraient plutôt qu'ils ne la tueraient. Étant restée près de son mari sans être tuée, elle a réellement pu le voir mort ; elle ne parle donc pas par conjecture, et il est raisonnable de la croire.]
תָּא שְׁמַע: ״נָפְלוּ עָלֵינוּ גּוֹיִם״, ״נָפְלוּ עָלֵינוּ לִיסְטִים״, ״הוּא מֵת, וְנִצַּלְתִּי״ — נֶאֱמֶנֶת. הָתָם, כִּדְרַב אִידִי. דְּאָמַר רַב אִידִי: אִשָּׁה כְּלֵי זַיְינָהּ עָלֶיהָ.
§ La Guemara rapporte un fait : il y eut un homme qui se mariait. À la fin de ses noces, un incendie se déclara dans la houppa [le dais nuptial] où se tenaient les mariés pendant la cérémonie. Son épouse se mit à crier et leur dit : « Voyez mon mari ! Voyez mon mari ! » Ils accoururent et virent un homme calciné, méconnaissable, gisant à terre, et une paume de main qui gisait là.
הָהוּא גַּבְרָא דִּבְשִׁילְהֵי הִלּוּלֵיהּ אִיתְּלַי נוּרָא בֵּי (גנני) [גְּנָנֵיהּ]. אֲמַרָה לְהוּ דְּבֵיתְהוּ: ״חֲזוֹ גַּבְרַאי! חֲזוֹ גַּבְרַאי!״ אֲתוֹ, חֲזוֹ גַּבְרָא חָרוֹכָא דִּשְׁדֵי, וּפִסְּתָא דִּידָא דְּשַׁדְיָא.
Rav Hiyya bar Avin pensa dire : ce cas est identique à celui de « On a enfumé la maison sur nous, on a enfumé la grotte sur nous » [où l'on ne se fie pas à l'affirmation de la femme que son mari est mort ; ici non plus on ne devrait pas la croire]. Rava dit : ce cas est-il vraiment comparable à ceux-là ? Là-bas, elle ne disait pas « Voyez mon mari, voyez mon mari » [tandis qu'ici son cri attire les témoins sur les lieux mêmes]. Et de plus, il y a une autre différence : ici, il y a un homme calciné gisant à terre et une paume de main qui gît là [autant de faits matériels qui corroborent ses dires].
סָבַר רַב חִיָּיא בַּר אָבִין לְמֵימַר: הַיְינוּ ״עִישְּׁינוּ עָלֵינוּ בַּיִת, עִישְּׁינוּ עָלֵינוּ מְעָרָה״. אָמַר רָבָא: מִי דָּמֵי? הָתָם לָא קָאָמְרָה ״חֲזוֹ גַּבְרַאי, חֲזוֹ גַּבְרַאי״. וְעוֹד, גַּבְרָא חָרוֹכָא דִּשְׁדֵי, וּפִסְּתָא דִּידָא דְּשַׁדְיָא.
Et Rav Hiyya bar Avin, [pourquoi n'acceptait-il pas son témoignage] ? À ses yeux, un homme calciné gisant à terre ne constitue pas une preuve concluante, car on pourrait dire : peut-être un autre homme est-il venu porter secours et le feu l'a-t-il brûlé [c'est donc le sauveteur qui a péri, non le mari]. Et quant à la paume de main qui gît là, peut-être le feu l'a-t-il brûlé en lui causant une infirmité par laquelle il a perdu sa main, et, par honte, est-il parti et s'est-il enfui ailleurs dans le monde [tout en restant vivant]. C'est pourquoi Rav Hiyya bar Avin ne voulait pas se fier au témoignage de l'épouse.
וְרַב חִיָּיא בַּר אָבִין — גַּבְרָא חָרוֹכָא דִּשְׁדֵי, אֵימָא אִינִישׁ אַחֲרִינָא אֲתָא לְאַצּוֹלֵי, וַאֲכַילְתֵּיהּ נוּרָא. וּפִסְּתָא דִידָא דְּשַׁדְיָא — נוּרָא אִיתְּלַיא וְאִתְיְלִיד בֵּיהּ מוּמָא, וּמֵחֲמַת כִּיסּוּפָא אֲזַל וַעֲרַק לְעָלְמָא.
§ Une question fut posée devant eux : dans le cas d'un seul témoin qui atteste de la mort de quelqu'un pendant une guerre, quelle est la halakha ? [La Guemara expose les deux faces du dilemme.] La raison pour laquelle un seul témoin est cru lorsqu'il atteste de la mort d'un mari, c'est que le mari étant vivant est une chose susceptible d'être découverte [s'il reparaissait, le mensonge éclaterait], et l'on ne mentirait pas dans un cas de ce genre — ici aussi [en temps de guerre], le témoin ne mentirait pas [et il faudrait donc le croire]. Ou bien, peut-être la raison pour laquelle un seul témoin est cru tient-elle à ce que son récit est conforté par le fait qu'elle-même est minutieuse dans son enquête avant de se remarier ; or ici [en temps de guerre], puisqu'il arrive parfois qu'elle le déteste, et que la guerre est une situation exigeant une enquête particulièrement soigneuse [tant il est tentant pour elle de s'en remettre au témoin], elle n'est pas minutieuse dans son enquête avant de se remarier — et le témoignage d'un seul témoin n'est donc pas accepté.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: עֵד אֶחָד בַּמִּלְחָמָה מַהוּ? טַעְמָא דְּעֵד אֶחָד מְהֵימַן — מִשּׁוּם דְּמִילְּתָא דַּעֲבִידָא לְאִיגַּלּוֹיֵי הוּא לָא מְשַׁקַּר, הָכָא נָמֵי לָא מְשַׁקַּר. אוֹ דִלְמָא: טַעְמָא דְּעֵד אֶחָד מִשּׁוּם דְּהִיא גּוּפָא דָּיְיקָא וּמִינַּסְבָא, וְהָכָא [כֵּיוָן דְּזִימְנִין דְּסָנְיָא לֵיהּ], לָא דָּיְיקָא וּמִינַּסְבָא.
Rami bar Hama dit : viens et entends une résolution de ce dilemme. Rabbi Akiva a dit : lorsque je suis descendu à Neharde'a [en Babylonie] pour intercaler l'année, j'y rencontrai le Sage Nehemya de Beit Deli, qui me dit : « J'ai entendu dire que les Sages n'autorisent pas une femme à se remarier en Terre d'Israël sur la foi d'un seul témoin, excepté Rabbi Yehouda ben Bava [dont les autres Sages hésitent à suivre l'avis]. » Et je lui répondis [« namti », je lui dis] : « Il en est bien ainsi. » Il me dit : « Dis-leur en mon nom : Savez-vous que ce pays est infesté de troupes [armées] ? Voici la tradition que j'ai reçue de Rabban Gamliel l'Ancien : on autorise la femme à se remarier sur la foi d'un seul témoin. »
אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא: תָּא שְׁמַע, אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: כְּשֶׁיָּרַדְתִּי לִנְהַרְדְּעָא לְעַבֵּר הַשָּׁנָה, מְצָאַנִי נְחֶמְיָה אִישׁ בֵּית דְּלִי, וְאָמַר לִי: שָׁמַעְתִּי שֶׁאֵין מַשִּׂיאִין אֶת הָאִשָּׁה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל עַל פִּי עֵד אֶחָד, אֶלָּא רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא. וְנַמְתִּי לוֹ: כֵּן הַדְּבָרִים. אָמַר לִי, אֱמוֹר לָהֶם מִשְּׁמִי: אַתֶּם יוֹדְעִים הַמְּדִינָה הַזּוֹ מְשׁוּבֶּשֶׁת בִּגְיָיסוֹת? כָּךְ מְקוּבְּלַנִי מֵרַבָּן גַּמְלִיאֵל הַזָּקֵן, שֶׁמַּשִּׂיאִין הָאִשָּׁה עַל פִּי עֵד אֶחָד.
[La Guemara analyse cette baraïta au regard de la question débattue.] Quel est le sens de sa remarque selon laquelle « ce pays est infesté de troupes » ? N'est-il pas en train de dire : bien que ce pays soit infesté de troupes [c'est-à-dire en état de guerre], voici la tradition que j'ai reçue, qu'on autorise une femme à se remarier sur la foi d'un seul témoin, et ce nonobstant la guerre ? Il apparaît donc qu'un seul témoin est cru même dans le cas d'un mari disparu en temps de guerre.
מַאי מְדִינָה מְשׁוּבֶּשֶׁת בִּגְיָיסוֹת? לָאו, אַף עַל גַּב דִּמְדִינָה זוֹ מְשׁוּבֶּשֶׁת, כָּךְ מְקוּבְּלַנִי שֶׁמַּשִּׂיאִין עַל פִּי עֵד אֶחָד. אַלְמָא עֵד אֶחָד מְהֵימַן.
Rava dit : s'il en est ainsi [si telle est l'interprétation], en quoi « ce pays-ci » se distingue-t-il de tout autre ? [Pourquoi Nehemya de Beit Deli aurait-il mentionné un lieu particulier ?] Il aurait dû dire : « En tout lieu où il y a des troupes » ! Plutôt, dit Rava, voici ce qu'il a dit : « Vous savez que ce pays-ci est infesté de troupes, et qu'il ne m'est pas possible de laisser les gens de ma maison pour venir [témoigner en personne] devant les Sages [vu le danger du voyage]. [Aussi vous fais-je dire :] voici la tradition que j'ai reçue de Rabban Gamliel [l'Ancien], qu'on autorise la femme à se remarier sur la foi d'un seul témoin. » [Selon cette lecture, sa déclaration ne porte nullement sur le témoignage en temps de guerre, mais explique seulement pourquoi il transmet la tradition par messager plutôt qu'en personne ; elle ne tranche donc pas notre dilemme.]
אָמַר רָבָא: אִי הָכִי, מַאי שְׁנָא ״מְדִינָה זוֹ״? ״כׇּל מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ גְּיָיסוֹת״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אָמַר רָבָא, הָכִי קָאָמַר: אַתֶּם יוֹדְעִים שֶׁמְּדִינָה זוֹ מְשׁוּבֶּשֶׁת בִּגְיָיסוֹת, וְלָא אֶפְשָׁר לִי לְמִשְׁבַּק אִינָשֵׁי בֵיתִי וּמֵייתֵי קַמֵּי רַבָּנַן. כָּךְ מְקוּבְּלַנִי מֵרַבָּן גַּמְלִיאֵל שֶׁמַּשִּׂיאִין הָאִשָּׁה עַל פִּי עֵד אֶחָד.
[La Guemara poursuit.] Viens et entends [une baraïta] : il advint que deux disciples des Sages voyageaient avec Abba Yossef ben Simaï en bateau, et que ce bateau sombra ; et Rabbi [Yehouda HaNassi] autorisa leurs épouses à se remarier sur la foi du témoignage de femmes [qui rapportèrent la mort de ces hommes]. Or considère : l'eau [la mer] est comme la guerre au regard de cette halakha [dans les deux cas il y a place pour la conjecture et l'erreur] ; et des femmes, fussent-elles cent, comptent comme un seul témoin pour leur témoignage sur la mort d'un mari. Et pourtant la baraïta enseigne : « il [les] autorisa à se remarier » — preuve que l'on peut se fier à un seul témoin même en temps de guerre !
תָּא שְׁמַע: מַעֲשֶׂה בִּשְׁנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁהָיוּ בָּאִין עִם אַבָּא יוֹסֵי בֶּן סִימַאי בִּסְפִינָה, וְטָבְעָה, וְהִשִּׂיא רַבִּי נְשׁוֹתֵיהֶן עַל פִּי נָשִׁים. וְהָא מַיִם כְּמִלְחָמָה דָּמוּ. וְנָשִׁים, אֲפִילּוּ מֵאָה — כְּעֵד אֶחָד דָּמוּ, וְקָתָנֵי: הִשִּׂיא!
[La Guemara réfute cette preuve.] Et comment peux-tu le comprendre ainsi ? [Si les femmes n'avaient attesté que du naufrage,] il s'agit là d'eaux sans fin [« mayim chè-éïn lahem sof »], car le bateau a sombré en mer en un endroit d'où il est impossible de voir le rivage ; or, dans le cas d'eaux sans fin, son épouse demeure interdite [au remariage, faute de preuve qu'il s'est réellement noyé — il a pu émerger sur une autre rive]. Plutôt, il faut dire : quelles sont les circonstances [pour que Rabbi ait autorisé le remariage] ? Que ces femmes dirent : « On a remonté [les noyés] devant nous » [elles ont donc vu les corps repêchés et identifiés — il ne s'agit plus de conjecture].
וְתִסְבְּרָא? מַיִם שֶׁאֵין לָהֶם סוֹף נִינְהוּ, וּמַיִם שֶׁאֵין לָהֶם סוֹף — אִשְׁתּוֹ אֲסוּרָה. אֶלָּא הֵיכִי דָּמֵי, דְּאָמְרִי: אַסְּקִינְהוּ קַמַּן

Rachi

דאי בעיא אמרה שלום בעולם - ומהימנא השתא נמי מהימנא או דלמא הכא ליכא למימר מה לה לשקר דאיהי גופא לא מכוונה לשקורי אלא כיון דאתחזק מלחמה אמרה בדדמי וסבורה היא שמת. ואי קשיא תיפשוט ליה ממתניתין דקתני שלום בעולם נאמנת דהא ודאי מת בעלי במלחמה קאמרה דאי על מטתו מאי אריא שלום בעולם אפי' מלחמה בעולם אמרן לעיל כי אמרה מת על מטתו מהימנא אלא ודאי מת במלחמה איצטריך לאשמועי' היינו החזיקה היא מלחמה בעולם תריץ מתניתין דאמרה מת סתמא ואשמועינן מתניתין דהואיל ושלום בעולם אע"ג דלא אמרה על מטתו בהדיא מסתמא מת על מטתו קאמרה ובזמן שיש מלחמה בעולם מסתמא מת במלחמה קאמרה עד דאמרה מת על מטתו וכי קמיבעיא ליה לרבא כגון דיש שלום בעולם ואמרה איהי מת במלחמה:

עישינו עלינו בית - הציתוהו באש ונתמלא עשן ואני ברחתי והוא נשאר שם ומת:,אינה נאמנת - והא הכא דהחזיקה היא מלחמה זו וקתני אינה נאמנת ולא אמרי' מה לה לשקר דאי בעיא אמרה מת סתמא:,שאני התם - דהכי קאמרה דכשנתמלא עשן ברחה ולא המתינה עד שתראהו מת ואי משום עשן כי היכי דלדידך איתרחיש ניסא כו' אבל לגבי מלחמה איכא למימר לא אמרה אי לא חזיתיה דהא אי בעיא לשקורי לא הוי מחזקה מלחמה בעולם:

נפלו עלינו עובדי כוכבים כו' - והא הכא היא החזיקה וקתני נאמנת אלמא אמרינן מה לה לשקר:,התם כדרב אידי בר אבין - כלומר הכא כיון דמלחמה קטנה היא דאיהי הוה בהדיה לא אמרה בדדמי אלא נטרה וחזיא ליה דמית דאשה לא מסתפיא מלסטים:,כדר' אידי - במסכת ע"ז בפ' אין מעמידין (עבודה זרה דף כה:):

חזו גבראי - שהאש אוכלתו:

היינו עישינו - דאמרן כי היכי דלדידך איתרחיש כו':,פסתא דידא - מאיש אחר [הבא להצילו]:

ואתיליד מומא - בבעלה:

עד אחד במלחמה - מלחמה בעולם ובא עד אחד ואמר מת בעליך מי מהימן או לא:,והכא לא דייקא - ותרוייהו אמרי בדדמי:

כן הדברים - כאשר אתה אומר:

מים כמלחמה - דאיכא למימר בדדמי:

מים שאין להם סוף - מפרש בפ' בתרא (לקמן יבמות קכא.) כל שעומד ואין רואה מארבע רוחותיו:,אשתו אסורה - ואע"פ שיש עדים כשרים שטבע שמא צף מתחת המים ויצא:

Tossafot

דאי בעיא אמרה שלום בעולם - וא"ת אמאי לא קאמר מיגו שיכולה לומר מת על מטתו ונראה דהיכא שנהרג במלחמה אמרינן מתוך שיכולה לומר נהרג ולא במלחמה אבל נהרג אטו מת לא:,או דלמא לא אתי מה לי לשקר ומרע לחזקה - אר"י דלא דמי להא דמיבעיא בפ"ק דבבא בתרא (דף ה: ושם) פרעתיך בתוך זמני אי מהימן במיגו דאי בעי למימר פרעתיך אחר זמני אי אתי מה לי לשקר ומרע לה לחזקה או לא דהתם מרע לה הכא לא מרע לה כיון דאמרה בדדמי ואי לא מרע התם לפי שאין הווה כלל שיהיה פורע בתוך זמנו אבל הכא מרע דיכול להיות אמת דמת במלחמה וכן הא דקאמר בפ' האומר בקידושין (דף סד.) אמר בשעת קידושין יש לי בנים ואין לי אחים ובשעת מיתה אמר אין לי בנים ויש לי אחים נאמן להתיר פירוש אי הוי איפכא ואין נאמן לאסור דברי רבי ור' נתן אומר כו' ומפרש התם טעמא דרבי משום דאתי מה לי לשקר ומרע לה לחזקה מיגו דאי בעי פטר לה בגיטא אבל הכא אמרה בדדמי ולכך לא מרע ולרבי נתן דאמר התם לא מרע התם דבשעת מיתה יש לו להיות נאמן יותר:

טעמא דעד אחד נאמן משום דמילתא דעבידא לאיגלויי לא משקר הכא נמי לא משקר - ולא יאמר בדדמי כיון שהדבר יהיה גלוי או דלמא טעמא דנאמן משום דדייקא ומינסבא והכא לא דייקא כלומר לעולם לא יאמר עד אחד בדדמי כמו האשה עצמה ומכל מקום אין להאמינו דנהי דלא אמר בדדמי האשה לא דייקא כאן וסומכת עליו יותר ממה כשאומר מת על מטתו כיון דיש רגלים לדבר אבל אין לפרש או דלמא טעמא דעד אחד משום דדייקא ואפי' אמר בדדמי נאמן דהא אפילו דדייקא האשה למה לו להיות נאמן כיון דאמר בדדמי:

אמר רבי עקיבא כשירדתי לנהרדעא לעבר שנה - בסוף מסכת ברכות (דף סג.) אמרי' דרבי עקיבא לא הניח כמותו בארץ ישראל ולכך היה יכול לעבר שנים בחוצה לארץ וכן צריך לומר בפ' שני דמגילה (דף יח:) גבי ר"מ שהלך לעבר שנה בעסיא שלא הניח כמותו בארץ דעסיא חוצה לארץ היא כדאמרינן בחזקת הבתים (ב"ב דף נו.) קיני קניזי וקדמוני עסיא ערדיסקיס אספמיא ומה שלא עיברו בארץ ישראל י"ל דשום אונס היה וכן יש בירושלמי ירמיה עיבר בחוצה לארץ וכן יחזקאל וברוך בן נריה ומיהו קשיא לר"י דבפ' זה בורר (סנהדרין דף כו. ושם) ר' חייא בן זרנוקי ור' שמעון בן יהוצדק כו' ושם היה רבי יוחנן גדול מהם מדריש לקיש היה קורא אותם רועי בקר וי"ל דלעבר דקאמר התם לאו דוקא אלא חישוב בעלמא עשו אם השנה צריכה להתעבר דהא שנת שביעית היתה כדמוכח התם דקאמר כהן וחריש ובפ' קמא דסנהדרין (דף יב. ושם) אמר דאין מעברין שנה שביעית ושום אונס היה שלא חישבו בארץ ישראל כדפרישי' לעיל:

והא מים דכמלחמה דמו - השתא סלקא דעתך שראו הנשים שטבעו אבל לא ראו שהעלום המים ולכך אמרו בדדמי:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Yevamot 115a
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יבמות קט״ו אמַסֶּכֶת יְבָמוֹת