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Traité Temurah

8a

Étude de Temurah 8a

Étude de la Guémara 8a

Guémara
§ Rava soulève une objection à l'énoncé de Rav Naḥman tirée d'une baraïta : pour un premier-né, il est dit : « Mais le premier-né d'un bœuf, ou le premier-né d'un mouton, ou le premier-né d'une chèvre, vous ne le rachèterez pas ; ils sont saints : et vous aspergerez leur sang contre l'autel » (Bamidbar 18, 17). Mais il peut être vendu à un autre Cohen pour consommation après son sacrifice. À quelle époque traitons-nous dans cette baraïta ? Si nous disons que c'est le présent, dis la dernière clause du verset : « Et vous aspergerez leur sang contre l'autel ». Y a-t-il un autel de nos jours ? Plutôt, il est évident que cela vise l'époque où le Temple est debout.
אֵיתִיבֵיהּ: בִּבְכוֹר נֶאֱמַר ״לֹא תִפְדֶּה״ וְנִמְכָּר הוּא, בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא בִּזְמַן הַזֶּה — אֵימָא סֵיפָא: ״וְאֶת דָּמָם תִּזְרוֹק עַל הַמִּזְבֵּחַ״, בִּזְמַן הַזֶּה מִי אִיכָּא מִזְבֵּחַ? אֶלָּא פְּשִׁיטָא בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים.
Et de quel animal s'agit-il ? Si nous disons qu'il s'agit d'un animal mutilé, dis la dernière clause du verset : « Et vous aspergerez leur sang contre l'autel, et brûlerez leur graisse ». Un animal mutilé est-il apte au sacrifice ? Plutôt, ne s'agit-il pas d'un animal sans défaut ? Et la baraïta enseigne qu'il peut être vendu. Il est donc évident que le Cohen a le droit d'acquérir un premier-né sans défaut même lorsque le Temple est debout et que l'animal doit être sacrifié.
וּבְמַאי? אִילֵימָא בְּבַעַל מוּם — אֵימָא סֵיפָא: ״וְאֶת דָּמָם תִּזְרוֹק עַל הַמִּזְבֵּחַ וְאֶת חֶלְבָּם תַּקְטִיר״ — מִי חֲזֵי לְהַקְרָבָה?! אֶלָּא לָאו בְּתָם, וְקָתָנֵי נִמְכָּר הוּא, אַלְמָא אִית לְהוּ לְכֹהֵן זְכִיָּיה בְּגַוֵּיהּ!
Rav Naḥman répond : les deux clauses du verset sont-elles comparables ? La première clause est énoncée à l'égard d'un animal mutilé, et elle enseigne qu'il peut être vendu ; la dernière clause est énoncée à l'égard d'un animal sans défaut, et elle enseigne qu'il est sacrifié en offrande. Les animaux sans défaut ne peuvent pas être vendus lorsque le Temple est debout.
מִידֵּי אִירְיָא? רֵישָׁא — בְּבַעַל מוּם, סֵיפָא — בְּתָם.
§ Rav Mesharshiya soulève une objection tirée d'une michna (Yevamot 99a) : dans le cas de la progéniture d'une Cohenète qui s'est mêlée à celle de sa servante, lorsque les enfants mélangés ont grandi, ils s'affranchissent mutuellement — et donc celui qui était esclave sera émancipé. Et même auparavant, tous deux peuvent manger de la terouma, car un Cohen et l'esclave d'un Cohen peuvent tous deux manger de la terouma. Et ils reçoivent une part de terouma à la grange, car l'esclave d'un Cohen ne reçoit pas de part. Et leurs premiers-nés doivent paître jusqu'à ce qu'ils deviennent impropres au sacrifice en raison d'un défaut, puis ils peuvent être mangés avec leur défaut.
מֵתִיב רַב מְשַׁרְשְׁיָא: כֹּהֶנֶת שֶׁנִּתְעָרֵבה וְלָדָהּ בִּוְלַד שִׁפְחָתָהּ, הִגְדִּילוּ הַתַּעֲרוֹבוֹת — מְשַׁחְרְרִין זֶה אֶת זֶה, וּשְׁנֵיהֶם אוֹכְלִין בִּתְרוּמָה, וְחוֹלְקִין חֵלֶק אֶחָד עַל הַגּוֹרֶן. בְּכוֹרָן יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ, וְיֵאָכְלוּ בְּמוּמָן.
À quelle époque traitons-nous dans cette michna ? Si nous disons que c'est le présent, qu'y a-t-il de différent entre nos premiers-nés — ceux des Israélites — et leurs premiers-nés, ceux des Cohanim ? Les nôtres exigent aussi qu'ils aient des défauts avant de pouvoir être mangés. Pourquoi la halakha est-elle énoncée spécifiquement à l'égard des Cohanim ? Plutôt, ne parle-t-elle pas de l'époque où le Temple est debout ? Certes, si tu dis que le Cohen a le droit d'acquérir un premier-né sans défaut lorsque le Temple est debout, c'est cohérent. Mais si tu dis qu'un Cohen n'a pas ce droit d'acquisition, que le trésorier du Temple [gizbar] vienne prendre les premiers-nés pour le sacrifice ! Pourquoi sont-ils laissés en possession de la progéniture jusqu'à ce qu'ils développent des défauts ?
בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא בִּזְמַן הַזֶּה — מַאי שְׁנָא דִּידַן וּמַאי שְׁנָא דִּידְהוּ? דִּידַן נָמֵי מוּמִין בָּעֵינַן! אֶלָּא לָאו בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים? אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא אִית לְהוּ לְכֹהֵן זְכִיָּיה בְּגַוֵּויהּ — שַׁפִּיר, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לֵית לֵיהּ — לֵיתֵי גִּזְבָּר וְלִישְׁקְלֵהּ!
La Guemara répond : en fait, la michna parle du présent. Et quant à ce qui te pose difficulté — qu'y a-t-il de différent entre nos premiers-nés et les leurs —, il y a en réalité une différence : nous devons donner les nôtres à un Cohen une fois qu'ils sont mutilés. Bien qu'il soit permis aux Israélites de manger des premiers-nés mutilés, ils sont toujours tenus de les donner aux Cohanim. Eux, la progéniture mentionnée dans la michna, sont différents, puisqu'il y a en chacun d'eux une part de Cohen en raison de l'incertitude sur leur filiation. Et cela suffit à écarter les prétentions de tous les autres Cohanim sur l'animal.
לְעוֹלָם בִּזְמַן הַזֶּה, וּדְקָא קַשְׁיָא לָךְ: מַאי שְׁנָא דִּידַן וּמַאי שְׁנָא דִּידְהוּ? אֲנַן יָהֲבִינַן לֵיהּ לְכֹהֵן בְּמוּמַיְיהוּ, אִינְהוּ — כֵּיוָן דְּאִיכָּא בְּהוּ מִקְצָת כֹּהֵן, מַפְקַע לֵיהּ לְכֹהֲנִים.
La Guemara présente une version alternative de la discussion précédente : si la michna vise le présent, pourquoi discuter spécifiquement des premiers-nés de ces cas d'incertitude de filiation ? Même nos premiers-nés devraient paître jusqu'à ce qu'ils soient mutilés ! Plutôt, il est évident que la michna vise l'époque où le Temple est debout. Et si la michna parle d'un animal mutilé, a-t-il du sens de dire qu'ils doivent paître jusqu'à devenir impropres au sacrifice ? Ils le sont déjà. Plutôt, il est évident que la michna vise des animaux sans défaut — et ce n'est que dans un cas tel que celui-ci, lorsque les propriétaires pourraient ne pas être des Cohanim, qu'ils ne peuvent certainement pas vendre l'animal. On peut en déduire qu'un Cohen peut vendre un premier-né sans défaut lorsque le Temple est debout.
לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: בִּזְמַן הַזֶּה, מַאי אִירְיָא בְּכוֹרוֹת דְּהָלֵין סְפֵיקוֹת? אֲפִילּוּ דִּידַן נָמֵי יִרְעוּ! אֶלָּא פְּשִׁיטָא בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים, וְאִי בְּבַעַל מוּם — יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ? הָא מְסוֹאָבִין וְקָיְימִין! אֶלָּא פְּשִׁיטָא בְּתַמִּין, וְהָכִי הוּא דְּלָא מְזַבְּנִי וַדַּאי.
La Guemara explique : en fait, la michna parle du présent. Qu'est-ce qui te pose difficulté — le fait que même nos premiers-nés devraient paître jusqu'à ce qu'ils soient mutilés ? Nous, Israélites, ne pouvons pas repousser le Cohen qui réclame le premier-né, car il n'y a pas ici de membre de la cohenité, si incertain soit-il, parmi les propriétaires de l'animal. En revanche, dans ces cas d'incertitude de filiation décrits dans la michna, ils peuvent repousser le Cohen, car tous deux peuvent dire au Cohen : je suis Cohen, et je suis Cohen. Puisque la charge de la preuve incombe au demandeur, chacun peut garder son animal jusqu'à ce qu'il soit mutilé.
לְעוֹלָם בִּזְמַן הַזֶּה, מַאי קַשְׁיָא לָךְ, אֲפִילּוּ דִּילַן נָמֵי יִרְעוּ? לָא (מָצִינוּ) [מָצֵינַן] מְדַחֵינַן לֵיהּ לְכֹהֵן, דְּלָא אִית כָּאן סְפֵק כְּהוּנָּה. הָנֵי סְפֵיקוֹת מְדַחוּ לְכֹהֵן, כֹּל חַד וְחַד אָמַר לֵיהּ לְכֹהֵן: דַּאֲנָא כֹּהֵן וַאֲנָא כֹּהֵן.
§ La Guemara soulève une objection tirée d'une baraïta (Tosefta, Sanhedrin 4, 5) : un verset traitant d'une ville idolâtre dit : « Vous frapperez les habitants de cette ville du tranchant de l'épée, en la détruisant entièrement, et tout ce qui s'y trouve et ses animaux, du tranchant de l'épée. Et vous rassemblerez tout son butin au milieu de sa place publique, et brûlerez au feu la ville et tout son butin » (Devarim 13, 16–17). Rabbi Shimon dit : le terme « ses animaux » sert à exclure les premiers-nés kasher et la dîme d'animaux [maasser behema] qui se trouvent dans la ville, car ils sont saints. Le terme « son butin » sert à exclure l'argent utilisé pour racheter la seconde dîme [maasser sheni] qui se trouve dans la ville, car il est aussi saint.
מֵיתִיבִי: רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: ״בְּהֶמְתָּהּ״ — פְּרָט לְבֶהֱמַת בְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר שֶׁבָּהּ, ״שְׁלָלָהּ״ — פְּרָט לְכֶסֶף מַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁבָּהּ.
À quelle époque traitons-nous dans cette baraïta ? Si nous disons que c'est le présent, peut-il y avoir une ville idolâtre de nos jours ? Mais n'avons-nous pas appris dans une michna (Sanhedrin 2a) : une ville ne peut être désignée comme ville idolâtre que conformément à la décision d'un tribunal de soixante et onze juges — c'est-à-dire le Grand Sanhédrin ? Plutôt, il est évident que la michna vise la période où le Temple est debout.
בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא בִּזְמַן הַזֶּה — מִי אִיכָּא עִיר הַנִּדַּחַת? וְהָתְנַן: אֵין עוֹשִׂין עִיר הַנִּדַּחַת אֶלָּא בְּבֵית דִּין שֶׁל שִׁבְעִים וְאֶחָד! אֶלָּא פְּשִׁיטָא בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים.
Et à quel type d'animal la baraïta se réfère-t-elle ? Si tu dis qu'il s'agit d'un premier-né mutilé, qui appartient à ses propriétaires, cela est inclus dans le terme « ses animaux », qu'on est commandé de détruire. Plutôt, il est évident que la baraïta vise un premier-né sans défaut. Et certes, si tu dis que le Cohen a le droit d'acquérir un premier-né sans défaut lorsque le Temple est debout, c'est cohérent — car bien qu'il appartienne à un individu, la Torah l'exempte néanmoins de la destruction. Mais si tu dis qu'un Cohen n'a pas ce droit d'acquisition, pourquoi aurais-je besoin de déduire son exemption du terme « ses animaux » ? On devrait la déduire du terme « son butin », d'où l'on infère : mais pas le butin du Ciel.
וּבְמַאי? אִי נֵימָא בְּבַעַל מוּם — הַיְינוּ ״בְּהֶמְתָּהּ״! אֶלָּא פְּשִׁיטָא בְּתָם. וְאִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא אִית לֵיהּ זְכִיָּיה בְּגַוֵּיהּ — שַׁפִּיר, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לֵית לֵיהּ — לְמָה לִי מִבְּהֵמָה? תִּיפּוֹק לֵיהּ מִ״שְּׁלָלָהּ״, וְלֹא שְׁלַל שָׁמַיִם!
La Guemara répond : en fait, la baraïta parle d'un animal mutilé. Et quant à ce qui te pose difficulté — que cela est considéré comme « ses animaux » — on peut répondre que ce terme n'inclut que ce qui est mangé à la manière de ses animaux, sans restrictions supplémentaires. Ceci exclut même un premier-né mutilé et une offrande de dîme d'animaux, qui ne sont pas inclus dans la catégorie « ses animaux ».
לְעוֹלָם בְּבַעַל מוּם, וּדְקָא קַשְׁיָא לָךְ הַיְינוּ ״בְּהֶמְתָּהּ״ — מִי שֶׁנֶּאֱכָל בְּתוֹרַת ״בְּהֶמְתָּהּ״, יָצְאוּ בְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר (שֶׁאֵינוֹ בִּכְלַל) [שֶׁאֵין נֶאֱכָלִין בְּתוֹרַת] ״בְּהֶמְתָּהּ״.
Temurah 8a
100%
תמורה ח׳ אמַסֶּכֶת תְּמוּרָה