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Traité Temurah

32a

Étude de Temurah 32a

Étude de la Mishna & Guémara 32a

Mishna 1
MICHNA : Alors que la michna précédente énumérait les différences entre la consécration pour l'autel et la consécration pour l'entretien du Temple, celle-ci énumère les halakhot communes aux deux. En ce qui concerne les animaux consacrés pour l'autel comme les biens consacrés pour l'entretien du Temple, on ne peut pas modifier leur désignation d'une forme de sainteté à une autre. Mais on peut consacrer des animaux déjà consacrés pour l'autel par une consécration de leur valeur [hekdesh iloui], et cette valeur est donnée au trésor du Temple pour son entretien. Et on peut les dédier [leur valeur] aux Cohanim. Et si des animaux consacrés pour l'autel ou pour l'entretien du Temple sont morts, ils doivent être enterrés. Rabbi Shimon dit : bien que telle soit la halakha pour les animaux consacrés pour l'autel, si des animaux consacrés pour l'entretien du Temple sont morts, ils peuvent être rachetés.
מַתְנִי׳ אֶחָד קׇדְשֵׁי מִזְבֵּחַ וְאֶחָד קׇדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת אֵין מְשַׁנִּין אוֹתָן מִקְּדוּשָּׁה לִקְדוּשָּׁה, וּמַקְדִּישִׁין אוֹתָן הֶקְדֵּשׁ עִילּוּי, וּמַחְרִימִין אוֹתָן, וְאִם מֵתוּ — יִקָּבֵרוּ. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: קׇדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת אִם מֵתוּ — יִפָּדוּ.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Rav Houna dit : en ce qui concerne des animaux consacrés pour l'autel, si l'on a associé ces objets de son vœu à des dédicaces pour les Cohanim — c'est-à-dire s'il a voué de donner leur valeur en dédicace aux Cohanim —, il n'a rien accompli. Quelle en est la raison ? Le verset dit : « Tout dévoué [cherem] qu'un homme dévouera à l'Éternel, de tout ce qui lui appartient… tout dévoué est saint des saints pour l'Éternel » (Vayikra 27, 28). Le verset est interprété ainsi : tout objet dévoué qui est saint des saints — c'est-à-dire qui avait été consacré pour l'autel puis dévoué aux Cohanim — cet objet doit rester pour l'Éternel, et les Cohanim n'y ont pas droit.
גְּמָ׳ אָמַר רַב הוּנָא: קׇדְשֵׁי מִזְבֵּחַ שֶׁהִתְפִּיסָן לְחֶרְמֵי כֹהֲנִים — לֹא עָשָׂה כְּלוּם. מַאי טַעְמָא? אָמַר קְרָא: ״כׇּל חֵרֶם קֹדֶשׁ קָדָשִׁים הוּא לַה׳״ — כׇּל חֵרֶם דְּקֹדֶשׁ קָדָשִׁים הָוֵי, הָהוּא לַה׳ לֶיהֱוֵי.
La Guemara soulève une objection à l'énoncé de Rav Houna à partir d'une baraïta : en ce qui concerne des biens consacrés pour l'entretien du Temple qu'on a associés à une autre sainteté, soit à une consécration pour l'autel — dont la sainteté est plus rigoureuse que celle de l'entretien du Temple —, soit à une dédicace aux Cohanim, il n'a rien accompli. La raison est qu'on ne peut pas retirer la sainteté d'un bien consacré pour l'entretien du Temple, et il n'a aucun droit de propriété sur sa valeur. Quant au bénéfice de discrétion — le droit de choisir le Cohen qui recevra l'offrande —, cela ne concerne pas les biens consacrés pour l'entretien du Temple, et on ne peut donc pas suggérer que son acte de consécration portait sur ce bénéfice de discrétion.
מֵיתִיבִי: קׇדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת שֶׁהִתְפִּיסָן, בֵּין לְקׇדְשֵׁי מִזְבֵּחַ בֵּין לְחֶרְמֵי כֹהֲנִים — לֹא עָשָׂה כְּלוּם.
De même, dans le cas d'une dédicace aux Cohanim qu'on a associée à une autre sainteté, soit à une consécration pour l'autel, soit à une consécration pour l'entretien du Temple, il n'a rien accompli. On n'a aucun droit sur un objet dédié aux Cohanim, pas même le bénéfice de discrétion, car l'objet dédié doit être remis aux membres de la garde sacerdotale qui servait au Temple au moment de la dédicace.
חֶרְמֵי כֹהֲנִים שֶׁהִתְפִּיסָן, בֵּין לְקׇדְשֵׁי מִזְבֵּחַ, בֵּין לְקׇדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת — לֹא עָשָׂה כְּלוּם.
La Guemara expose l'objection : puisque la baraïta n'enseigne que l'on ne peut pas associer à une autre sainteté les biens consacrés pour l'entretien du Temple ou les dédicaces aux Cohanim, on peut en déduire qu'en ce qui concerne des animaux consacrés pour l'autel qu'on a associés à des dédicaces aux Cohanim, ce qu'il a fait est accompli, c'est-à-dire que cela prend effet. Si tel est le cas, cette baraïta est apparemment une réfutation concluante de l'énoncé de Rav Houna.
הָא קׇדְשֵׁי מִזְבֵּחַ שֶׁהִתְפִּיס לְחֶרְמֵי כֹהֲנִים — מַה שֶּׁעָשָׂה עָשׂוּי, תְּיוּבְתָּא דְּרַב הוּנָא!
La Guemara répond : Rav Houna pourrait te dire qu'on ne peut pas tirer une telle déduction de la baraïta, car il est possible que le tanna n'ait choisi de traiter que ces deux cas en omettant celui d'un animal consacré pour l'autel. Et quant au fait que le tanna a omis ce dernier cas, il l'a omis pour cette raison : la halakha diffère selon les cas. En ce qui concerne des animaux consacrés pour l'autel qu'on a associés à une consécration pour l'entretien du Temple, ce qu'il a fait est accompli, et il doit payer au trésor du Temple une consécration de valeur ; mais s'il l'a associé à une dédicace aux Cohanim, il n'a rien accompli.
אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: כִּי שַׁיְּירַהּ — אַהָדָא שַׁיְּירַהּ, דְּקָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ שֶׁהִתְפִּיסָן לְבֶדֶק הַבַּיִת — מַה שֶּׁעָשָׂה עָשׂוּי, אֲבָל לְחֶרְמֵי כֹהֲנִים — לֹא עָשָׂה כְּלוּם.
La Guemara objecte : mais alors, que le tanna enseigne explicitement que celui qui associe un animal consacré pour l'autel à une dédicace aux Cohanim n'a rien accompli, aux côtés de ces autres cas de biens consacrés pour l'entretien du Temple et de dédicaces aux Cohanim ! La Guemara explique : le tanna enseigne les cas où il y a deux types de consécration avec lesquels l'objet ne peut pas être associé — par exemple un bien consacré pour l'entretien du Temple, qu'on ne peut associer ni à une consécration pour l'autel ni à une dédicace aux Cohanim. En revanche, le tanna n'enseigne pas un cas où il n'y a pas deux instances avec lesquelles l'objet ne peut pas être associé — c'est-à-dire un animal consacré pour l'autel. Bien qu'un animal consacré pour l'autel ne puisse pas être associé à une dédicace aux Cohanim, il peut l'être à une consécration pour l'entretien du Temple.
וְלִיתְנְיַיהּ גַּבֵּי הָנָךְ! תַּנָּא דְּאִית בֵּיהּ תַּרְתֵּי — קָתָנֵי, דְּלֵית בֵּיהּ תַּרְתֵּי — לָא קָתָנֵי.
La Guemara soulève une autre objection à l'énoncé de Rav Houna à partir de ce que nous avons appris dans la michna : on peut consacrer des animaux déjà consacrés pour l'autel par une consécration de leur valeur, et on peut les dédier. La Guemara demande : n'est-il pas correct de dire que lorsque la michna parle d'une consécration de leur valeur, il s'agit d'une consécration pour l'entretien du Temple, et lorsqu'elle dit qu'on les dédie, il s'agit de dédicaces à un Cohen ? De toute évidence, on peut associer un animal consacré pour l'autel à une dédicace aux Cohanim.
תְּנַן: ״מַקְדִּישׁ אוֹתָן הֶקְדֵּשׁ עִילּוּי״, מַאי לַָאו ״הֶקְדֵּשׁ עִילּוּי״ — לְבֶדֶק הַבַּיִת, וּ״מַחְרִימִין״ — לְחֶרְמֵי כֹהֵן?
La Guemara répond : non, ce n'est pas le sens de la michna. Plutôt, l'un et l'autre renvoient à des consécrations pour l'entretien du Temple. Et la michna enseigne qu'il n'y a pas de différence : que l'on exprime un terme de consécration — en disant : cet animal est consacré pour l'entretien du Temple — auquel cas l'animal est consacré pour l'entretien du Temple ; qu'il n'y a pas de différence non plus si l'on exprime un terme de dédicace — en disant : cet animal est dédié pour l'entretien du Temple — car dans ce cas aussi, l'animal est consacré pour l'entretien du Temple.
לָא, אִידִי וְאִידִי קׇדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת, וְלָא שְׁנָא מַפֵּיק לְהוּ בִּלְשׁוֹן ״הַקֹּדֶשׁ״ לְבֶדֶק הַבַּיִת, וְלָא שְׁנָא מַפֵּיק לְהוּ בִּלְשׁוֹן ״(חֶרְמֵי) [חֵרֶם]״ לְבֶדֶק הַבַּיִת.
La Guemara soulève une difficulté : mais ce n'est pas ainsi qu'il est enseigné dans une baraïta. Comme il est enseigné dans une baraïta : on peut consacrer des animaux consacrés pour l'autel par une consécration de leur valeur, c'est-à-dire une consécration pour l'entretien du Temple, et on peut les dédier par une dédicace aux Cohanim. Et de plus, n'est-il pas enseigné dans une autre baraïta qu'en ce qui concerne des animaux consacrés pour l'autel dont on a ensuite consacré leur valeur en dédicaces aux Cohanim, ce qu'il a fait est accompli ? La Guemara conclut : la réfutation de l'opinion de Rav Houna est une réfutation concluante.
וְהָא לָא תָּנֵי הָכִי, דְּתַנְיָא בְּבָרַיְיתָא: הֶקְדֵּשׁ עִילּוּי — קׇדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת, מַחְרִימִין אוֹתָם — חֶרְמֵי כֹהֲנִים! וְעוֹד, הָא תַּנְיָא: קׇדְשֵׁי מִזְבֵּחַ שֶׁהִקְדִּישָׁן לְחֶרְמֵי כֹהֲנִים — מַה שֶּׁעָשָׂה עָשׂוּי! תְּיוּבְתָּא דְּרַב הוּנָא, תְּיוּבְתָּא.
La Guemara soulève une difficulté : mais Rav Houna appuie son opinion sur un verset ! Puisque son opinion est réfutée, comment le verset doit-il être interprété ? Oula dit : ce verset n'est pas interprété selon la manière de Rav Houna. Le verset dit : « Tout dévoué qu'un homme dévouera à l'Éternel… tout dévoué est saint des saints pour l'Éternet » (Vayikra 27, 28). L'emphase sur « tout dévoué » comme saint des saints indique qu'une dédicace aux Cohanim prend effet sur tout objet, y compris les animaux consacrés pour l'autel.
וְהָא רַב הוּנָא קְרָא קָאָמַר! אָמַר עוּלָּא: אָמַר קְרָא ״חֵרֶם כׇּל חֵרֶם״.
Puisqu'Oula est d'avis que les animaux consacrés pour l'autel peuvent être associés à une dédicace aux Cohanim, il est évident qu'il est aussi d'avis qu'ils peuvent être associés à une consécration pour l'entretien du Temple, car même Rav Houna convient qu'on peut les associer à une telle consécration. La Guemara demande donc : Oula a-t-il réellement dit cela ? Mais Oula n'a-t-il pas dit que celui qui associe une holocauste à une consécration pour l'entretien du Temple n'a que le retard
וּמִי אָמַר עוּלָּא הָכִי? וְהָא אָמַר עוּלָּא: הַמַּתְפִּיס עוֹלָה לְבֶדֶק הַבַּיִת — אֵין בָּהּ אֶלָּא עִיכּוּב

Rachi

מתני' מקדושה לקדושה - דקדשי בדק הבית שהקדישם למזבח לא עשה כלום ובקדשי מזבח אין משנין מקדושת עולה לשלמים ומשלמים לעולה:,ומקדישין אותן - אקדשי מזבח קאי:,הקדש עילוי - כגון אם אמר על עולה הרי זו לבדק הבית מעלין אותה בדמים לפי מה שיש לו כח בה ונותן לגזבר דתנן בערכין בפ' המקדיש (ערכין דף כח:) מחרים אדם את קדשיו אם נדר נותן דמיהם ואם נדבה נותן את טובתם כלומר אם בהמה זו היתה נדר כגון דאמר הרי עלי עולה והפריש זו לנדרו כיון דאם מתה או נגנבה חייב באחריותה נמצא שכולה שלו ונותן כל דמיה לחרם הכהן והוא הדין נמי לבדק הבית אם התפיס קדשי מזבח לבדק הבית ואם נדבה דאם מתה אינו חייב באחריותה נמצא שאין לו חלק בה אלא טובת הנאה דרשאי ליטול דבר מועט מישראל חבירו כדי שיתן עולתו זאת לבן בתו כהן להקריבה כדי שיטול את העור וכפי אותה טובת הנאה יתן לבדק הבית:,ומחרימין אותם - אם החרים קדשי מזבח נותן לכהן העילוי כמו שפירשתי:,אם מתו - קדשי מזבח אפי' לאחר שהוממו אבל עדיין לא נפדו יקברו ואינו יכול לפדותם ולהאכילן לכלבים ואפילו למאן דאמר פודין את הקדשים להאכילן לכלבים הני מילי בשנעשו טרפה דאיכא העמדה והערכה אבל מתו לא דבעינן העמדה והערכה. אי נמי האי מתו כגון שעבר ושחטם קודם פדיונן וקאמר דשוב אינו יכול לפדותן ולאוכלן דבעינן העמדה והערכה ויקברו:,יפדו - דלא היו בכלל העמדה והערכה כדמוכח טעמא בגמרא:

גמ' חרמי כהנים - היינו סתם חרמין. ולהכי נקט לשון חרמי כהנים דזימנין דחרמים לבדק הבית כגון אי פריש ואמר הרי זה חרם לבדק הבית:,לא עשה כלום - ואפי' הקדש עילוי לא יהיב לכהנים:,כל חרם דקדש קדשים הוי - שהיה מתחילה קדש לה' הוא ואין כח כהן חל עליו:

לא עשה כלום - דגופייהו לא מיפקע מבדק הבית וטובת הנאה לא שייכא בהו:

וכן חרמי כהנים - אין לו שום חלק בהם ואפי' טובת הנאה משום דאינו רשאי ליתנן אלא לכהן שבאותו משמר ואליבא דמאן דמקיש מטלטלין לחרמי קרקעות בערכין בפרק המקדיש (ערכין דף כח.):

הא קדשי מזבח - דשייך בהו טובת הנאה מה שעשה עשוי ויהיב הטובת הנאה לכהן:

הא דשייריה - לקדשי מזבח דלא תנייה בהדי הני:,אהדא שייריה - כלומר על דבר זה שייריה ואם הקדישן לב"ה מה שעשה עשוי ויהיב הקדש עילוי אבל לחרמי כהנים לא דבהדיא מיעטיה קרא:

וניתנייה בהדי הנך - ונימא קדשי מזבח שהתפיסן לחרמי כהנים לא עשה כלום:,תרתי - דאינו יכול להתפיסן אפי' לאחד משתי קדושות:

מאי לאו הקדש עילוי - מקדישין אותו לבדק הבית ומחרימים דקתני היינו לחרמי כהנים ויהיב לכהנים העילוי:

ל"ש כי מפיק - קדשי מזבח לבדק הבית בלשון הקדש ל"ש בלשון חרם יהיב העילוי לגזברין:

אמר עולא - קרא לא כרב הונא משמע מדהוה ליה למכתב חרם קדשי קדשים הוא וכתיב וכל חרם הכי משמע על הכל חייל חרם ואפילו אמידי דקדש קדשים הוא:

Tossafot

מקדישין אותן הקדש עילוי - לשון שומא כמו מעלין בדמים כלומר שמין כמה כח יש לו בה כדמפרש בערכין (דף כח:) המתפיס עולה לבדק הבית אם נדר נותן את דמיה שהרי אם היה נאבד היה חייב לשלם ואם נדבה נותן לפי טובת הנאה שבה פי' ומצי שקיל דבר מועט מישראל חברו כדי להקריב במשמר בן בתו כהן לשון רש"י ול"נ דלא מצינו זה הלשון דליתב לבן בתו כהן כ"א גבי בכור (בכורות דף כז.) לכן נראה לפרש כדתנן בהדיא בערכין (גם זה שם) ואם נדבה אומדין כמה אדם רוצה ליתן בשור זה לעולה ואע"פ שאינו רשאי פי' אע"פ שאינו חייב כמו (חולין דף נד:) אין בעלי אומנין רשאין לעמוד פי' חייבין ובערכין (גם זה שם) מפיק הקדש עילוי מדכתיב כל חרם קדש קדשים מלמד שהחרם חל אקדשי קדשים ועל קדשים קלים והקדש עילוי אקדשי מזבח קאי דאי אקדשי בדק הבית אמר בגמרא דקדשי בדק הבית שהקדיש לקדשי מזבח לחרמי כהנים לא עשה ולא כלום ופירש"י בגמרא דלא שייך טובת הנאה בקדשי בדק הבית ולא נהירא למורי האי טעמא דאטו מי לא שייך ביה לומר כמה אדם רוצה ליתן לבדק הבית אע"פ שאינו רשאי כמו בקדשי מזבח ונראה למורי דטעמא משום דבקדשי מזבח יש שם הבעלים לפדותן כשהוממו אבל בקדשי בדק הבית שהקדישן אין לבעלים עליהן יותר משאר אדם לפיכך אין בידו להתפיס:

כל חרם קדש קדשים לה' - לפום ריהטא דרב הונא סבר לה כרבנן דפליגי עליה דר' יהודה בן בתירא במסכת ערכין פרק המקדיש (ערכין דף כח:) דאמר ר' יהודה בן בתירא סתם חרמים לבדק הבית שנאמר כל חרם קדש קדשים לה' וחכמים אומרים סתם חרמים לכהנים מה ת"ל כל חרם קדש קדשים מלמד שחל על קדשי קדשים ועל קדשים קלים ולאותו תנא ניחא שפיר דרשא דרב הונא דהא דאמר מלמד שחל על קדשים היינו דווקא חרמים דלה' אבל לר' יהודה בן בתירא לא שייך למדרש הכי דהא לא מיירי כלל בהתפסה דהקדש עילוי. הרמ"ר:

קדשי בדק הבית שהתפיסן בין לקדשי מזבח בין לחרמי כהנים לא עשה ולא כלום - פירש"י דבשלמא קדשי מזבח יש בהן טובת הנאה כדמפרש במתניתין אבל בקדשי בדק הבית מה טובת הנאה יש בהן:

חרמי כהנים שהתפיסן כו' - פירש"י דאין לו בהן טובת הנאה שצריך הוא ליתנו לכהן (בע"כ) שבאותו משמר ואפילו למאן דלא מקיש מטלטלין לקרקעות ה"מ מקדיש עכ"ל ואומר מורי דהך מילתא דמקיש מטלטלין לקרקעות בערכין בפרק המקדיש (ערכין דף כח.) אמר רב חסדא המחרים מטלטלין נותנן לכל כהן שירצה שנאמר כל חרם בישראל לך יהיה החרים שדותיו נותנן לכהן שבאותו משמר ופריך וליקוש מטלטלין לקרקעות ומשני ולאו תנאי היא דאיכא דמקיש ואיכא דלא מקיש ומה שפירש אפילו למאן דלא מקיש ה"מ במקדיש לא הבין רבי לשונו אלא נראה לפרש למורי (שי') בדהיה כהן והכא אתיא כמאן דלא מקיש:

והאמר עולא המתפיס עולה לב"ה אין בה אלא עיכוב גזברין - פירש רש"י שאינה קריבה עד שיבואו גזברין לעמוד על גבה כדאמר התם היאך קרבנו של אדם קרב ואינו עומד ע"ג אבל שום דמים לא יהיה לב"ה וכ"ש לחרמי כהנים דהא אפילו רב הונא דפליג אחרמי כהנים מודה בב"ה ומשני מדרבנן כלומר הך ברייתא דלעיל דשייריה לקדשי מזבח לומר דחיילי עליה בקדשי עילוי מדרבנן הוא דחייל דמדאורייתא ליכא אלא עיכוב גזברין ועולא נמי כי תירצה מדרבנן תירצה וקרא אסמכתא בעלמא הוא ועיקר קרא לרבות חרמים למעילה כדכתיב בהו לה' עד כאן לשונו וקשיא טובא דאם כן תיקשי מתני' דלעיל דאמר מקדישין אותן הקדש עילוי ועוד קשה השתא אסיקנא דהוו דרבנן ובערכין (גם זה שם) דריש כל חרם לה' מלמד שחל על קדשי קדשים ועל קדשים קלים משמע דהוי עיקר דרשא לכן נראה לפרש דלעולא ודאי חייב ליתן הוא הדמים לבדק הבית כדתנן במתני' ומקדישין אותן הקדש עילוי וכן בערכין ועולא ה"ק אין בה אלא עיכוב גזברין כלומר אין להקדש בגוף הבהמה אלא שהגזברין יעכבו אותה לשוחטה עד שישומו אותה ומתחייב דמי שומא לב"ה ואשמעינן שאין הקדש חל על גופה של עולה [אלא] לענין שתאסר לשוחטה עד שיפדנה הלכך ממתני' ניחא ליה דלא קאמר במתני' שיחול על גוף הבהמה אלא בחוב בעלמא אבל קשיא ליה כיון דמ"מ עולה דיכול להתפיס לחרמי כהנים א"כ ע"כ ס"ל דהקדש חל על גוף הבהמה דאם לא כן על מה יחול חרם הכהן דלא דמי לחרמי בדק הבית שאם אמר הרי עלי מנה לבדק הבית חייב דאמירה לגבוה כמסירה להדיוט אבל חרמי כהנים ודאי אם אמר הרי עלי מנה לחרמי כהנים אם ירצה יחזור בו דאמירה להדיוט לאו כלום היא וחרמי כהנים לא הוו אלא כאומר חפץ זה לחרמי כהנים שאז ודאי החרמים חל על גוף החפץ א"כ ע"כ סבר עולא שהחרם חל על גוף הבהמה א"כ למה אין בה אלא עיכוב גזברין ואמאי הרי איכא איסורא לשחוט עד שיפדנה ומשני מדרבנן כלומר מדאורייתא אינו חל כלל על גוף הבהמה ומדרבנן הוא דחל על גוף הבהמה ואסור לשוחטה ועיקר קרא ודאי אתא לומר שחל על הקדש לכל הפחות להתחייב מטעם חוב ועוד מצא רבי בשם ר"י דפריך מעולא דאמר המתפיס עולה לב"ה ולא אמר לחרמי כהנים ש"מ דסבר דחרמי כהנים לא אמר כלום כרב הונא וקשיא למילתא דדריש דיכול להתפיס לחרמי כהנים ומשני מדרבנן היא דדריש מכל חרם דחרמי כהנים היינו מדרבנן:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Temurah 32a
100%
תמורה ל״ב אמַסֶּכֶת תְּמוּרָה