Guémara
Tous conviennent, même les Sages, que si le propriétaire n'a pas consulté le tribunal sur quel animal sacrifier, mais a pris l'un des animaux et l'a sacrifié, il a montré un manque de souci pour le sort de l'animal restant — et que par conséquent le second animal est laissé pour mourir. Tu trouves ainsi que les deux clauses de la Michna sont compatibles avec l'avis des Sages : on peut interpréter la dernière clause comme visant un cas où le propriétaire a pris l'une des deux sommes d'argent, s'en est servi pour acheter un animal et l'a sacrifié — et dans ce cas, tous conviennent que l'autre somme d'argent est jetée dans la mer Morte.
הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאִם מָשַׁךְ אַחַת וְהִקְרִיבָהּ שֶׁהַשְּׁנִיָּה מֵתָה, מַשְׁכַּחַתְּ לָהּ כְּגוֹן שֶׁמָּשַׁךְ אַחַת מֵהֶן וְהִקְרִיב, וְדִבְרֵי הַכֹּל.
Mais selon ce que Rabbi Abba dit au nom de Rav, la Michna ne peut pas s'interpréter ainsi. Car Rabbi Abba a dit : tous conviennent que dans le cas où l'on obtient l'expiation par celle qui n'était pas perdue, celle qui était perdue est laissée pour mourir. Sur quel cas les Sages et Rabbi Yehouda HaNassi divergent-ils ? Sur le cas où l'on obtient l'expiation avec celle qui était perdue. Rabbi Yehouda HaNassi estime que si l'on consacre une offrande pour le péché à la place d'une autre qui était perdue, elle est considérée comme l'offrande perdue — de même que l'animal perdu est laissé pour mourir si le second a été sacrifié, l'animal de remplacement est laissé pour mourir si l'original a été sacrifié. Et les Sages estiment que si l'on consacre une offrande pour le péché à la place d'une autre qui était perdue, elle n'est pas considérée comme l'animal perdu : si l'animal original est sacrifié, l'animal de remplacement est laissé au pâturage, car il n'a jamais été perdu.
אֶלָּא לְרַבִּי אַבָּא אָמַר רַב, דְּאָמַר: הַכֹּל מוֹדִים בְּמִתְכַּפֵּר בְּשֶׁאֵינָהּ אֲבוּדָה — שֶׁאֲבוּדָה מֵתָה. עַל מָה נֶחְלְקוּ? בְּמִתְכַּפֵּר בַּאֲבוּדָה, דְּרַבִּי סָבַר: מַפְרִישׁ לְאִיבּוּד כְּאִיבּוּד דָּמֵי, וְרַבָּנַן סָבְרִי: לָאו כְּאִיבּוּד דָּמֵי.
Il faut donc dire que, selon cette explication, le tanna nous a enseigné la première clause de la Michna de manière non attribuée, conformément à l'avis des Sages, et la dernière clause de manière non attribuée, conformément à l'avis de Rabbi Yehouda HaNassi.
רֵישָׁא סְתַם לַן כְּרַבָּנַן, סֵיפָא סְתַם לַן כְּרַבִּי.
La Guemara demande : et qu'enseigne le tanna en rédigeant ses clauses selon des avis différents ? Vraisemblablement, qu'il nous enseigne que Rabbi Yehouda HaNassi et les Sages divergent sur cette question. Mais le tanna enseigne déjà explicitement la dispute entre Rabbi Yehouda HaNassi et les Sages dans la dernière clause : dans le cas de celui qui consacre son offrande pour le péché et que l'animal est perdu, puis en consacre un autre à sa place, et que par la suite la première offrande pour le péché est retrouvée et que les deux animaux sont aptes au sacrifice — l'un sera sacrifié et l'autre sera laissé pour mourir ; c'est l'avis de Rabbi Yehouda HaNassi. Et les Sages disent : une offrande pour le péché n'est laissée pour mourir que si elle est retrouvée après que son propriétaire a obtenu l'expiation ; et l'argent n'est jeté dans la mer Morte que s'il est retrouvé après que son propriétaire a obtenu l'expiation.
וּמַאי קָמַשְׁמַע לַן, דִּפְלִיגִי רַבִּי וְרַבָּנַן? בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לַהּ מַחְלוֹקֶת רַבִּי וְרַבָּנַן בְּסֵיפָא: הַמַּפְרִישׁ חַטָּאת וְאָבְדָה, וְהִפְרִישׁ אַחֶרֶת תַּחְתֶּיהָ, וְאַחַר כָּךְ נִמְצֵאת הָרִאשׁוֹנָה, וַהֲרֵי שְׁתֵּיהֶן עוֹמְדוֹת — אַחַת מֵהֶן תִּקְרַב, וּשְׁנִיָּה תָּמוּת, דִּבְרֵי רַבִּי. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין חַטָּאת מֵתָה אֶלָּא שֶׁנִּמְצֵאת מֵאַחַר שֶׁכִּיפְּרוּ בְּעָלִים, וְאֵין מָעוֹת הוֹלְכוֹת לְיָם הַמֶּלַח אֶלָּא שֶׁנִּמְצְאוּ מֵאַחַר שֶׁכִּיפְּרוּ בְּעָלִים!
La Guemara répond : voici ce que le tanna enseigne dans la dernière clause — que cette question, présentée de manière contradictoire entre les première et deuxième clauses de la Michna, est en réalité une dispute entre Rabbi Yehouda HaNassi et les Sages.
הָא קָמַשְׁמַע לַן, דָּבָר זֶה מַחְלוֹקֶת רַבִּי וְרַבָּנַן.
§ La Guemara revient à la question elle-même, citée plus haut : Rav Houna dit au nom de Rav : tous conviennent que si le propriétaire n'a pas consulté le tribunal sur quel animal sacrifier, mais a pris l'un des animaux et l'a sacrifié, le second animal est laissé pour mourir. Ils ne divergent que dans le cas où le propriétaire vient consulter le tribunal. Rabbi Yehouda HaNassi estime : les Sages n'ont pas jugé nécessaire d'établir une ordonnance protective concernant les objets consacrés, et il ne leur importait pas qu'un des animaux soit laissé pour mourir. On dit donc au propriétaire : va obtenir l'expiation avec l'offrande pour le péché qui n'était pas perdue, et celle qui était perdue sera laissée pour mourir. Et les Sages estiment : les Sages ont établi une ordonnance protective concernant les objets consacrés ; on dit donc au propriétaire : va obtenir l'expiation avec l'offrande pour le péché qui était perdue, et celle qui n'était pas perdue sera laissée au pâturage.
גּוּפָא, אָמַר רַב הוּנָא, אָמַר רַב: הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאִם מָשַׁךְ אַחַת וְהִקְרִיבָהּ — שֶׁהַשְּׁנִיָּה מֵתָה. לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא בְּבָא לִימָּלֵךְ, דְּרַבִּי סָבַר: לֹא עָשׂוּ תַּקָּנָה בְּקָדָשִׁים, וְאָמְרִינַן לָךְ הִתְכַּפֵּר בְּשֶׁאֵינָהּ אֲבוּדָה, וַאֲבוּדָה מֵתָה. וְרַבָּנַן סָבְרִי: עָשׂוּ תַּקָּנָה בַּקֳּדָשִׁים, וְאָמְרִינַן לָךְ הִתְכַּפֵּר בַּאֲבוּדָה, וְשֶׁאֵינָהּ אֲבוּדָה תִּרְעֶה.
Rav Mesharshiya soulève une objection : et existe-t-il un avis selon lequel les Sages n'auraient pas jugé nécessaire d'établir une ordonnance protective concernant les objets consacrés, pour les empêcher d'être laissés pour mourir ? Mais n'est-il pas enseigné dans une baraïta à propos d'un verset traitant du reste d'une offrande de farine : « Et ce qui en restera, Aharon et ses fils le mangeront » (Vayikra 6, 9). Pourquoi le verset dit-il à la fin l'expression apparemment redondante « ils le mangeront » ? Le verset enseigne que si le reste constitue une petite quantité, les Cohanim mangent avec lui de la nourriture profane et de la terouma, afin que le reste soit mangé rassasiés.
מוֹתֵיב רַב מְשַׁרְשְׁיָא: וְלֹא עָשׂוּ תַּקָּנָה בַּקֳּדָשִׁים? וְהָתַנְיָא: ״יֹאכְלוּ״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? מְלַמֵּד שֶׁאִם הָיְתָה אֲכִילָה מוּעֶטֶת, אוֹכְלִין עִמָּהּ חוּלִּין וּתְרוּמָה, כְּדֵי שֶׁתְּהֵא נֶאֱכֶלֶת עַל הַשָּׂבָע.
De plus, pourquoi le verset dit-il « ils le mangeront [okheluhah] » ? Le verset enseigne que si le reste constitue une grande quantité — par exemple s'il y a beaucoup de restes d'offrandes de farine — on ne mange pas avec lui de nourriture profane ni de terouma, afin qu'il ne soit pas mangé de manière excessive. Autrement, on pourrait ne pas consommer tout le reste, et une partie serait rendue notar [reliquat d'offrande après le délai imparti pour sa consommation].
״יֹאכְלוּהָ״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? שֶׁאִם הָיְתָה אֲכִילָה מְרוּבָּה, אֵין אוֹכְלִין עִמָּהּ חוּלִּין וּתְרוּמָה, כְּדֵי שֶׁלֹּא תְּהֵא נֶאֱכֶלֶת עַל הַגַּסָּה.
Rav Mesharshiya conclut son objection : cette baraïta enseigne qu'une ordonnance fut établie pour empêcher le reste d'une offrande de farine d'être rendu notar — le même raisonnement devrait s'appliquer à d'autres objets consacrés, y compris une offrande pour le péché. Cette baraïta ne serait-elle pas énoncée même selon l'avis de Rabbi Yehouda HaNassi ? La Guemara répond : non, cette baraïta est énoncée spécifiquement selon l'avis des Sages.
מַאי לַָאו אֲפִילּוּ רַבִּי? לָא, רַבָּנַן.
Et Rabbi Abba dit au nom de Rav : tous conviennent que dans le cas où l'on obtient l'expiation par celle qui n'était pas perdue, celle qui était perdue est laissée pour mourir. Sur quel cas les Sages et Rabbi Yehouda HaNassi divergent-ils ? Sur le cas où l'on obtient l'expiation avec celle qui était perdue. Rabbi Yehouda HaNassi estime que si l'on consacre une offrande pour le péché à la place d'une autre qui était perdue, elle est considérée comme l'offrande perdue — le second animal est donc laissé pour mourir. Et les Sages estiment que si l'on consacre une offrande pour le péché à la place d'une autre qui était perdue, elle n'est pas considérée comme l'animal perdu — le second animal est laissé au pâturage.
וְרַבִּי אַבָּא אָמַר רַב: הַכֹּל מוֹדִים בְּמִתְכַּפֵּר בְּשֶׁאֵינָהּ אֲבוּדָה, שֶׁאֲבוּדָה מֵתָה. עַל מָה נֶחְלְקוּ? דְּמִתְכַּפֵּר בַּאֲבוּדָה, דְּרַבִּי סָבַר: מַפְרִישׁ לְאִיבּוּד כְּאִיבּוּד דָּמֵי, וְרַבָּנַן סָבְרִי: לָאו כְּאִיבּוּד דָּמֵי.
La Guemara objecte à l'explication de Rabbi Abba au nom de Rav : nous avons appris dans une Michna (Yoma 62a) : à Yom Kippour, une paire de boucs est apportée au Temple, où l'on tire au sort pour déterminer lequel est envoyé à Azazel comme bouc émissaire et lequel est sacrifié comme offrande pour le péché. Si le bouc émissaire meurt après le tirage au sort pour les deux boucs, une autre paire est apportée et l'on tire à nouveau. Cela signifie qu'il y a deux boucs désignés comme offrande pour le péché — le bouc restant de la première paire et celui sélectionné dans la seconde paire. L'un est sacrifié ; et le second bouc paîtra jusqu'à ce qu'il devienne défectueux, puis sera vendu, et l'argent sera affecté aux offrandes volontaires communautaires — car une offrande pour le péché communautaire n'est pas laissée pour mourir. On peut en inférer que dans des circonstances similaires, l'offrande pour le péché d'un individu est laissée pour mourir.
תְּנַן: הַשֵּׁנִי יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב, וְיִמָּכֵר, וְיִפְּלוּ דָּמָיו לִנְדָבָה, שֶׁאֵין חַטַּאת צִיבּוּר מֵתָה. הָא דְּיָחִיד — מֵתָה.
La Guemara poursuit son objection : et Rav dit à propos de cette Michna — les animaux vivants ne sont pas rejetés — le bouc de la première paire n'est pas disqualifié du fait de la mort du premier bouc émissaire. Et donc, lorsqu'il obtient l'expiation, il peut même l'obtenir avec le second bouc de la première paire. Et l'autre offrande pour le péché de la seconde paire est comme un animal consacré à la place d'une offrande qui était perdue, la seconde paire ayant été apportée en raison de la mort du premier bouc émissaire. Et la Michna dit que la raison pour laquelle l'offrande pour le péché restante n'est pas laissée pour mourir est qu'il s'agit d'une offrande pour le péché communautaire — mais s'il s'agissait de l'offrande pour le péché d'un individu, elle serait laissée pour mourir.
וְאָמַר רַב: בַּעֲלֵי חַיִּים אֵינָן נִידְחִין, כְּשֶׁהוּא מִתְכַּפֵּר בְּשֵׁנִי שֶׁבְּזוּג רִאשׁוֹן מִתְכַּפֵּר, וְאִידַּךְ בָּתְרָא הֲוָה לֵיהּ כְּמַפְרִישׁ לְאִיבּוּד, וְטַעְמָא דְּצִיבּוּר, הָא דְּיָחִיד מֵתָה.
Rachi
הכל מודים - ואפילו לרבנן דאמרי אבודה בשעת הפרשה רועה מודו שאם משך אחת מהן והקריבה מדעתו דחה האחרת בידים דגלי דעתיה דלא איכפת ליה מינה ואפילו משך האבודה ונתכפר בה והנשארת היא שלא נאבדה מעולם מתה וכי פליגי רבנן היינו בבא לימלך דגלי דעתיה דניחא ליה בתקנתייהו שהפריש חטאת ואבדה והפריש אחרת ונמצאת הראשונה ובא לפנינו לימלך מה יעשה אמרינן ליה לך התכפר באבודה ושאינה אבודה תרעה הא נמי דקתני מאלו ומאלו דמשמע דאם הביא מאחד מהן השני ילך לים המלח ואפילו נתכפר באבודה משכחת לה כגון שמשך מדעתו ולא נמלך דהתם רבנן מודו הלכך תנא הך תקנתא יביא מאלו ומאלו והך תקנתא ניחא ליה טפי מלומר יבוא ויטרח לבית דין וימלך ונאמר לו שיתכפר באבודין ושאינן אבודין יפלו לנדבה:
אלא לרבי אבא דאמר - אפי' משך מדעתו את האבודה ונתכפר בה אמרי רבנן דתרעה הואיל והיא לא נדחית ולא נאבדה מעולם ואע"ג דלא נמלך ובהא פליגי:,דרבי סבר מפריש לאבוד כאבוד דמי - המפריש תחת קרבן אבוד דינו כאבוד וכי היכי דאם נתכפר בשאינו אבוד מודיתו דמת האבוד הנשאר הכי נמי כי מתכפר באבוד מת שאינו אבוד: ,ורבנן סברי לאו כאבוד דמי - והא דקתני מאלו ומאלו דמשמע הא אם התכפר באחד מהן ואפילו באבודין ילכו שאינן אבודין לים המלח רבי היא ולא רבנן רישא רבנן וסיפא רבי:
הכי קאמר דבר זה מחלוקת רבי ורבנן - הך סיפא דקתני לפלוגתא בהדיא הכי קאמר דקא"ל דבר זה הנך בבי דלעיל דפליגי אהדדי חדא רבי וחדא רבנן: ,לשון ירושלמי הניחא לרב הונא דאמר הכל מודים שאם משך אחד מהן והקריב בין נתכפר באבוד בין נתכפר כו' מאי הקריב דקתני רישא והקריב אחרת תחתיה הקריב לשחוט מדעתו - והכי קאמר הקריב אחרת לשחיטה תחתיה וסתם הקריב מדעתו משמע ואחר כך שהקריב אחרת מדעתו לשחיטה נמצאת הראשונה ועדיין לא נשחטה האחרת זו תמות הנותרת ואפילו הניח את זו ונתכפר באבודה הואיל ולא נמלך ורישא וסיפא דברי הכל דהשתא ליכא למידק מרישא הא לא הקריב רועה דהא בדלא הקריב עסקינן וסיפא נמי דקתני יביא מאלו ומאלו אבל אי מייתי מחד מינייהו אזלי אינך לים המלח דברי הכל דמסתמא משמע שהקריב מדעתו בלא נמלך: ,אלא לר' אבא כו' ורבנן סברי לאו כאבוד דמי - ורועה אע"ג דמשך האבודה מדעתו ודחה את זו. השתא ליכא לתרוצי רישא מאי הקריב לשחיטה מדעתו דהא משום משיכה לא מהני מידי אלא ודאי הקריב ממש ואיכא למידק הא לא הקריב רועה השניה וכגון דנתכפר בשאינה אבודה ורבנן היא דמפריש לאבוד לאו כאבוד דמי וגבי מעות נמי מפריש לאבוד לאו כאבוד דמי וסיפא דמשמע דאי מייתי מחד מינייהו ואפי' שאינן אבודין (חולין) דפיישין אזלי לים המלח לאו כרבנן היא רישא רבנן וסיפא רבי. ואי קשיא לרבי אבא נמי תריץ מאי הקריב לשחיטה וקודם שחיטה נמצאת הראשונה תמות ורבי היא דאמר אבודה בשעת הפרשה מתה ורישא וסיפא רבי היא לאו פירכא היא דא"כ אמאי נקט הקריב כלל ליתני הפריש סתמא דבשלמא לרב הונא נקט הקריב לאשמועינן מדעתו דאם משך להקריב ולא נמלך לא עשו לו תקנה:
דלא עשו תקנה בקדשים - דלא איכפת לן אי מייתא שניה ואמרינן ליה זיל איכפר בשאינה אבודה כו':,ורבנן סברי כו' - והכי משמע מתניתין אחת מהן תקרב כדי שתמות השניה שתקרב שאינה אבודה ואבודה תמות דברי רבי וחכמים אומרים אין חטאת מתה כי האי גוונא דבא לימלך דאמרינן ליה התכפר באבודה אלא ההיא דנמצאת לאחר שכיפרו הבעלים ההיא ודאי מתה דליכא תקנתא בהמלכה והוא הדין נמי אם נמצאת קודם ולא נמלך:
יאכלו - גבי שירי מנחה כתיב (ויקרא ו׳:ט׳) והנותרת ממנה יאכלו אהרן ובניו וסיפיה דקרא בחצר אהל מועד יאכלוה וקא דריש יאכלוה קרא יתירא הוא וקאמר יאכלו בלא ה"א יאכלו עמה חולין ותרומה כו'. ואי קשיא הא אין מכניסין חולין לעזרה הא לא קשיא יאכלום מבחוץ ואח"כ יכנסו ויאכלו המנחה כדי שתאכל עם השבע אכילה הוגנת:
יאכלוה - ה"א דיאכלוה קדריש דמשמע יאכלוה לחודה:,אכילה מרובה - שיש להן שירי מנחות הרבה:
מאי לאו אפילו רבי - וש"מ עשו תקנה בקדשים דקתני לא יאכלו חולין עמה כדי שלא תבוא לידי נותר ותיפסל:
השני ירעה - גבי שעירי יום הכפורים והכי פרישית לה לעיל (תמורה דף כב:):
וא"ר - במס' יומא (דף סד.): ,בעלי חיין אינן נדחין - ולא נדחה הראשון במיתת חבירו והוא יקרב ושני שבזוג שני ירעה והאי בתרא הוי ליה כמפריש לאיבוד דמפני הראשון שמת הפרישו שנים האחרים:
Tossafot
(הכל מודים שאם משך אחת מהן והקריבה) רישא רבי וסיפא רבנן - ואי קשיא לישני לה נמי לר' אבא מאי הקריב לשחיטה וקודם שחיטה (ראשונה) נמצאת ראשונה תמות ורבי היא דאמר אבודה בשעת הפרשה מתה וסיפא ורישא רבי לאו פירכא היא דא"כ אמאי נקט הקריב כלל ליתני הפריש סתמא דבשלמא לרב הונא נקט הקריב לאשמועינן מדעתו דאם משך מדעתו ולא נמלך. לשון רש"י: הכל מודים שאם משך אחת מהן והקריב שהשניה מתה לא נחלקו אלא בבא לימלך וא"ת היכי ניישב לרב הונא לישנא דמתניתין דתנן וחכמים אומרים אין חטאת מתה אלא שנמצאת אחר שכפרו וי"ל דה"ק אין חטאת מתה דלא נוכל למצוא לה תקנה אלא שנמצאת אחר שכפרו דאז אין לה תקנה ולר' אבא נמי נפרש לישנא דמתני' כן:
דרבי סבר לא עשו תקנה בקדשים - תימה למ"ו הרמ"ר וכי מאבדין קדשים בידים כיון דבידינו לתקן ותירץ כגון שיש ריוח בדבר כגון דאבודה כחושה ושאינה אבודה שמינה דא"ל התכפר בטובה וכחושה תמות:
אוכלין עמה חולין ותרומה - ואי קשיא הא אין מכניסין חולין בעזרה הא לא קשיא יאכלוה מבחוץ ואחר כך יכנס ויאכל המנחה לרש"י ועי"ל דאין איסור להכניס חולין בעזרה אלא כשעושה שום עבודה מהן אבל בחנם אין לחוש דהא קמן דאדם נכנס עם בגדים חולין בעזרה:
וטעמא דציבור הא דיחיד מתה מאי לאו לרבנן - תימה למורי הר"ר אלחנן אמאי לא פריך בהדיא ממתני' דקתני וחכ"א אין חטאת מתה אלא שנמצאת לאחר שכפרו והא הכא דשניהן בעין קודם כפרה וקאמר הא דיחיד מתה ואומר הרר"י דאמתניתין לא מצי למיפרך דאיכא למימר מתניתין הכי קאמר אין חטאת מתה אלא בשנמצאת אחר שכפרו אבל נמצאת קודם כפרה ירעו שניהם עד שיסתאבו וימכרו ויביא מאלו ומאלו חטאת אבל גבי שעירים לא שייך למימר הכי מיהו אפשר דס"ל לרבנן דמתניתין דאם נתכפר באחד מהן אפי' באבודה שניה תמות כי הכא גבי שעירים דלא אפשר לעשות תקנה אחרת דליכא למימר שירעו שניהן ויביא מאלו ומאלו שהרי בו ביום הוא צריך להתכפר באחת מהן ואינו יכול להמתין עבודת היום אבל לרבי אבא דאמר אליבא דרבנן דמפריש לאבוד לאו כאבוד ואם נתכפר באבודה שאינה אבודה רועה פריך שפיר דהא הכא דנתכפר בראשון ואפילו הכי דיחיד תמות אלמא מפריש לאבוד כאבוד דמי אבל לרב הונא לא פריך מידי דאיכא למימר דהוי כי משך אחת מהן בלא המלכה בדין שניה למיתה אזלא ביחיד ואפילו לרבנן:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.