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Traité Temurah

21b

Étude de Temurah 21b

Étude de la Mishna & Guémara 21b

Et puis, comme Rabbi Yishmaël estime qu'un premier-né ne peut certes pas être consommé à notre époque, il dit que le maasser sheni [deuxième dîme] vient et que son statut est dérivé par rapprochement avec le premier-né. La Guemara demande : peut-on dériver les halakhot des aliments sacrés les unes des autres ? Mais Rabbi Yoḥanan n'a-t-il pas dit : dans toute la Torah, on peut dériver ce qui est dérivé d'une halakha elle-même dérivée d'une autre source — sauf pour les animaux sacrés, où l'on ne dérive pas ce qui est dérivé de ce qui a déjà été dérivé d'une autre source !
וְאָתֵי מַעֲשֵׂר וְיָלֵיף מִבְּכוֹר. וּמִי יָלְפִינַן (קֹדֶשׁ) [בְּקָדָשִׁים] מֵהֲדָדֵי? וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ לְמֵדִין לָמֵד מִן הַלָּמֵד, חוּץ מִן הַקֳּדָשִׁים שֶׁאֵין לְמֵדִין לָמֵד מִן הַלָּמֵד!
La Guemara répond : le maasser sheni est considéré comme profane. Cette dérivation ne concerne donc pas des objets consacrés. La Guemara demande : cela convient à celui qui dit que l'on suit la halakha dérivée — si c'est un objet consacré, on ne peut pas le dériver d'une halakha dérivée d'une autre source, mais si c'est profane, comme le maasser sheni, on peut le dériver ainsi. Mais selon celui qui dit que l'on suit la halakha enseignante [le melamed], que répond-on ? Ici, la halakha enseignante est la viande du premier-né, qui est un objet consacré dérivé lui-même du statut du sang du premier-né. La Guemara répond : le statut de la viande et du sang d'une offrande de premier-né est une seule et même chose — la viande n'est donc pas considérée comme dérivée d'une autre halakha.
מַעֲשֵׂר חוּלִּין הוּא. הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר בָּתַר לָמֵד אָזְלִינַן, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר בָּתַר מְלַמֵּד אָזְלִינַן, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? בָּשָׂר וָדָם חֲדָא מִילְּתָא הִיא.
§ La Guemara cite la deuxième déclaration de Rabbi Yossei des Anciens, dans la suite de la baraïta ci-dessus. Rabbi Akiva dit : on pourrait penser qu'une personne peut faire monter un premier-né de l'extérieur d'Eretz Yisrael vers Eretz Yisrael lorsque le Temple est debout et l'y sacrifier. C'est pourquoi le verset dit : « Tu mangeras devant l'Éternel ton D.ieu, dans le lieu qu'Il choisira… le dîme de ton grain, de ton vin et de ton huile, et les premiers-nés de ton troupeau et de ton bétail » (Devarim 14, 23). Rabbi Akiva en déduit que seulement depuis l'endroit d'où l'on fait monter le dîme de grain à Jérusalem — c'est-à-dire depuis Eretz Yisrael — peut-on faire monter un premier-né au Temple comme offrande.
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: יָכוֹל יַעֲלֶה אָדָם בְּכוֹר מֵחוּצָה לָאָרֶץ לָאָרֶץ בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים וְיַקְרִיבֶנּוּ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְאָכַלְתָּ לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ מַעְשַׂר דְּגָנְךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ וּבְכוֹרוֹת בְּקָרְךָ וְצֹאנֶךָ״ — מִמְּקוֹם שֶׁאַתָּה מַעֲלֶה מַעְשַׂר דָּגָן, אַתָּה מַעֲלֶה בְּכוֹר.
Mais depuis un endroit d'où l'on ne peut pas faire monter le dîme de grain — c'est-à-dire l'extérieur d'Eretz Yisrael — on ne peut pas en faire monter un premier-né. Par conséquent, l'enseignement de la Michna selon lequel, si l'on a fait monter un premier-né sans défaut de l'extérieur d'Eretz Yisrael, il peut être sacrifié, est conforme à l'avis de Rabbi Yishmaël. En revanche, l'incident où ben Antigonus fit monter des premiers-nés de Babylone et qu'ils ne furent pas acceptés comme offrandes est conforme à l'avis de Rabbi Akiva.
וּמִמְּקוֹם שֶׁאִי אַתָּה מַעֲלֶה מַעְשַׂר דָּגָן — אִי אַתָּה מַעֲלֶה בְּכוֹר.
§ La Guemara relate la troisième déclaration de la baraïta, qui traite du maasser sheni. Ben Azzai dit : on pourrait penser qu'une personne peut faire monter le maasser sheni et le consommer en tout lieu d'où l'on voit Jérusalem. Mais ne pourrait-on pas déduire cela par un raisonnement logique : une offrande de premier-né exige qu'elle soit amenée au lieu [Jérusalem], et le maasser sheni exige qu'il soit amené au lieu. De même qu'un premier-né n'est consommé qu'à l'intérieur des murailles de Jérusalem, le maasser sheni ne serait consommé qu'à l'intérieur des murailles de Jérusalem.
בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: יָכוֹל (מַעֲלֶה אֶת) [יַעֲלֶה אָדָם] מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, וְיֹאכְלֶנּוּ בְּכׇל הָרוֹאֶה? וְדִין הוּא: בְּכוֹר טָעוּן הֲבָאַת מָקוֹם, וּמַעֲשֵׂר טָעוּן הֲבָאַת מָקוֹם — מָה בְּכוֹר אֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא לִפְנִים מִן הַחוֹמָה, אַף מַעֲשֵׂר אֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא לִפְנִים מִן הַחוֹמָה.
Ce raisonnement peut être réfuté : en quoi le premier-né est-il particulier ? En ce qu'il exige l'application du sang et des parties sacrificielles sur l'autel. Diras-tu la même chose pour le maasser sheni, où cela n'est pas requis ? C'est pourquoi le verset dit : « Tu mangeras devant l'Éternel ton D.ieu… le dîme de ton grain, de ton vin et de ton huile, et les premiers-nés de ton troupeau et de ton bétail. » Le verset rapproche le maasser sheni et le premier-né, pour enseigner que de même que le premier-né n'est consommé qu'à l'intérieur des murailles, le maasser sheni n'est consommé qu'à l'intérieur des murailles.
מָה לִבְכוֹר — שֶׁכֵּן טָעוּן מַתַּן דָּמִים וְאֵימוּרִין לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ, תֹּאמַר בְּמַעֲשֵׂר דְּלָא?! תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְאָכַלְתָּ לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ... מַעְשַׂר דְּגָנְךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ וּבְכוֹרוֹת בְּקָרְךָ וְצֹאנֶךָ״ — מַקִּישׁ מַעֲשֵׂר לִבְכוֹר: מָה בְּכוֹר אֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא לִפְנִים מִן הַחוֹמָה, אַף מַעֲשֵׂר אֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא לִפְנִים מִן הַחוֹמָה.
La Guemara commente : qu'est-ce qui posait difficulté à ben Azzai, au point qu'il dise : on pourrait penser qu'il est permis de consommer le maasser sheni en tout lieu d'où l'on voit Jérusalem ? La Guemara explique : on peut dire que cela lui posait difficulté puisque nous avons appris dans une Michna (Meguila 9b) : la différence entre le Tabernacle de Shilo et le Temple de Jérusalem est seulement qu'à Shilo on consomme les offrandes de sainteté légère — par exemple les offrandes de paix individuelles, les offrandes de reconnaissance et l'agneau pascal — ainsi que le maasser sheni, en tout lieu d'où l'on voit Shilo ; mais à Jérusalem on ne consomme ces objets consacrés qu'à l'intérieur des murailles.
מַאי קַשְׁיָא לֵיהּ דְּקָאָמַר ״יָכוֹל״? אָמַרְתָּ הוֹאִיל וּתְנַן: אֵין בֵּין שִׁילֹה לִירוּשָׁלַיִם אֶלָּא שֶׁבְּשִׁילֹה אוֹכְלִין קָדָשִׁים קַלִּים וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי בְּכׇל הָרוֹאֶה, וּבִירוּשָׁלַיִם לִפְנִים מִן הַחוֹמָה,
Et de même, les offrandes de sainteté suprême ne sont consommées qu'à l'intérieur des tentures qui entouraient la cour du Tabernacle de Shilo — équivalent de la zone à l'intérieur du mur d'enceinte de la cour du Temple à Jérusalem. On pourrait dire qu'à Jérusalem aussi, on pourrait faire monter le maasser sheni et le consommer en tout lieu d'où l'on voit les murailles — puisque, contrairement au premier-né, le maasser sheni ne possède aucune particularité propre. Le verset nous enseigne que ce n'est pas ainsi, comme l'enseigne la Michna.
וְכֵן קׇדְשֵׁי קָדָשִׁים לִפְנִים מִן הַקְּלָעִים, מַהוּ דְּתֵימָא בִּירוּשָׁלַיִם לַיְתֵי מַעֲשֵׂר שֵׁנִי בְּכׇל הָרוֹאֶה? קָא מַשְׁמַע לַן.
§ Rabbi Yossei cite une déclaration de plus dans la baraïta au sujet du premier-né. La Michna (Bekhorot 26b) enseigne qu'un animal premier-né est consommé d'une année à l'autre — c'est-à-dire dans sa première année — comme il est dit : « Tu le mangeras devant l'Éternel ton D.ieu année par année » (Devarim 15, 20). Rabbi Yossei ajoute que d'autres disent : on pourrait penser qu'un premier-né dont la première année est passée aurait le même statut que les animaux consacrés disqualifiés et serait donc disqualifié.
אֲחֵרִים אוֹמְרִים: יָכוֹל יְהֵא בְּכוֹר שֶׁעִבְּרָה שְׁנָתוֹ כִּפְסוּלֵי הַמּוּקְדָּשִׁין, וְיִפָּסֵל?
C'est pourquoi le verset dit : « le dîme de ton grain, de ton vin et de ton huile » — le verset rapproche le premier-né du maasser sheni, pour enseigner que de même que le maasser sheni n'est pas disqualifié d'une année à l'autre, le premier-né non plus n'est pas disqualifié d'une année à l'autre.
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מַעְשַׂר דְּגָנְךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ״, מַקִּישׁ בְּכוֹר לְמַעֲשֵׂר, מָה מַעֲשֵׂר אֵינוֹ נִפְסָל מִשָּׁנָה לַחֲבֶירְתָּהּ, אַף בְּכוֹר אֵינוֹ נִפְסָל מִשָּׁנָה לַחֲבֶירְתָּהּ.
La Guemara demande : et selon les Sages — Rabbi Yishmaël, Rabbi Akiva et ben Azzai — qui exposent ce verset pour une autre explication, d'où tirent-ils que le premier-né n'est pas disqualifié d'une année à l'autre ? La Guemara répond : ils le déduisent du verset « Tu le mangeras devant l'Éternel ton D.ieu année par année ». La formulation « année par année » indique deux années, enseignant ainsi qu'un premier-né n'est pas disqualifié d'une année à l'autre.
וּלְרַבָּנַן, דְּמַפְּקִי לְהוּ לְטַעְמָא אַחֲרִינָא, מִשָּׁנָה לַחֲבֶירְתָּהּ מְנָא לְהוּ? נָפְקָא לְהוּ מִ״לִּפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ תֹאכְלֶנּוּ שָׁנָה בְשָׁנָה״, לִימֵּד עַל הַבְּכוֹר שֶׁאֵינוֹ נִפְסָל מִשָּׁנָה לַחֲבֶרְתָּהּ.
La Guemara demande : et selon l'avis des « autres », qui dérivent cette halakha du rapprochement entre le premier-né et le maasser sheni, comment interprètent-ils le verset « Tu le mangeras devant l'Éternel ton D.ieu année par année » ? La Guemara répond : il est nécessaire pour ce qui est enseigné dans une baraïta au sujet du délai de consommation d'un premier-né : l'expression « année par année » enseigne qu'il existe une manière de le consommer sur deux années — un jour de cette année et un jour de l'année suivante. Le verset enseigne donc qu'une offrande de premier-né peut être consommée pendant deux jours et une nuit entre les deux.
וְלַאֲחֵרִים, לִפְנֵי ״ה׳ אֱלֹהֶיךָ תֹאכְלֶנּוּ שָׁנָה בְשָׁנָה״, מַאי דָּרְשִׁי בֵּיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: יוֹם אֶחָד מִשָּׁנָה זוֹ, וְיוֹם אֶחָד מִשָּׁנָה אַחֶרֶת, לִימֵּד עַל הַבְּכוֹר שֶׁנֶּאֱכָל לִשְׁנֵי יָמִים וָלָיְלָה אֶחָד.
Temurah 21b
100%
תמורה כ״א במַסֶּכֶת תְּמוּרָה