où il n'existe pas de statut d'offrande de culpabilité pour un animal du même sexe que sa mère, car une offrande de culpabilité femelle n'est jamais apportée. Mais pour celui qui désigne une femelle comme holocauste — où il existe un statut d'holocauste pour un oiseau du même sexe que sa mère — même Rabbi Shimon concède qu'elle possède une sainteté inhérente, et qu'elle ne devrait donc pas être vendue pour les besoins d'une offrande de paix.
דְּלֵיכָּא שֵׁם אָשָׁם עַל אִמּוֹ, אֲבָל גַּבֵּי נְקֵבָה לְעוֹלָה דְּאִיכָּא שֵׁם עוֹלָה עַל אִמּוֹ — אֲפִילּוּ רַבִּי שִׁמְעוֹן מוֹדֶה!
De plus, une autre objection peut être soulevée contre l'explication de Rabbi Yohanan, car nous avons entendu que Rabbi Shimon maintient que celui qui désigne une femelle comme holocauste rend substitut l'animal profane échangé contre elle. Cela indique qu'elle possède bien une sainteté inhérente à cet égard. La question demeure donc : comment les acheteurs peuvent-ils sacrifier les femelles comme offrandes de paix, lorsque leur statut découle d'une sainteté reportée ?
וְעוֹד, הָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן: לְעוֹלָתוֹ עוֹשֶׂה תְּמוּרָה!
Rabbi Yohanan dit à Rabbi Ḥiyya bar Abba en réponse : j'entendais que Rabbi Yehoshoua se range à l'interprétation de l'autre tanna quant à l'avis de Rabbi Shimon. Comme il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Shimon ben Yehouda dit au nom de Rabbi Shimon : même celui qui consacre une femelle pour son holocauste ne rend pas substitut l'animal profane échangé contre elle. Bien qu'il existe un statut d'holocauste pour les oiseaux femelles, une femelle consacrée comme holocauste ne possède pas de sainteté inhérente. Elle est donc vendue et sacrifiée comme offrande de paix, et son statut n'est pas considéré comme découlant d'une sainteté reportée.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ סָבַר לֵיהּ כְּאִידַּךְ תַּנָּא אַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּתַנְיָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן: אַף לְעוֹלָתוֹ אֵין עוֹשֶׂה תְּמוּרָה.
Mishna 1
MICHNA : Le substitut d'une offrande de culpabilité, la progéniture de ce substitut, leur progéniture et la progéniture de leur progéniture, jusqu'à la fin de tous les temps, sont tous laissés au pâturage jusqu'à ce qu'ils deviennent impropres, puis vendus, et l'argent reçu de la vente est affecté aux offrandes volontaires communautaires. Rabbi Élazar dit : ces animaux ne sont pas laissés au pâturage ; ils sont plutôt laissés pour mourir. Et Rabbi Élazar dit : on n'achète pas d'offrandes volontaires communautaires avec l'argent de la vente ; le propriétaire doit plutôt apporter un holocauste individuel avec l'argent reçu.
מַתְנִי׳ תְּמוּרַת אָשָׁם, וְלַד תְּמוּרָה, וְלָדָן וְלַד וְלָדָן עַד סוֹף כׇּל הָעוֹלָם — יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ, וְיִמָּכְרוּ, וְיִפְּלוּ (דָּמָיו) [דְּמֵיהֶן] לִנְדָבָה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יָמוּתוּ. וְרַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: יָבִיא בִּדְמֵיהּ עוֹלוֹת.(משנה)
Ces tannaïm divergent de même au sujet du cas suivant : une offrande de culpabilité dont le propriétaire est mort, et une offrande de culpabilité qui fut perdue et dont le propriétaire obtint l'expiation avec un autre animal, paissent jusqu'à ce qu'elles deviennent impropres, puis sont vendues, et l'argent reçu de la vente est affecté aux offrandes volontaires communautaires. Rabbi Élazar dit : ces animaux sont laissés pour mourir. Rabbi Élazar dit : le propriétaire doit apporter un holocauste individuel avec l'argent reçu de la vente.
אָשָׁם שֶׁמֵּתוּ בְּעָלָיו, וְשֶׁכִּיפְּרוּ בְּעָלָיו — יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ, וְיִמָּכְרוּ, וְיִפְּלוּ דָּמָיו לִנְדָבָה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יָמוּתוּ. רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: יָבִיא בְּדָמֶיהָ עוֹלָה.
La michna objecte : mais même selon les Sages, une offrande volontaire n'est-elle pas aussi un holocauste ? Et quelle est alors la différence entre la déclaration de Rabbi Élazar et celle des Sages ? Plutôt, les Sages parlent d'un holocauste communautaire et Rabbi Élazar d'un holocauste individuel — et il y a plusieurs différences entre ces deux offrandes : lorsque l'animal vient comme holocauste individuel, le propriétaire pose ses mains sur lui et apporte l'offrande de farine et les libations d'accompagnement, et ses libations proviennent de ses propres biens. Si le propriétaire de l'animal était un prêtre, le droit d'accomplir son service au Temple et le droit sur sa peau lui appartiennent.
וַהֲלֹא אַף נְדָבָה עוֹלָה הִיא, וּמָה בֵּין דִּבְרֵי רַבִּי אֶלְעָזָר לְדִבְרֵי חֲכָמִים? אֶלָּא, בִּזְמַן שֶׁהִיא בָּאָה עוֹלָה — סוֹמֵךְ עָלֶיהָ, וּמֵבִיא נְסָכִים, וּנְסָכֶיהָ מִשֶּׁלּוֹ. אִם הָיָה כֹּהֵן — עֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ שֶׁלּוֹ.
Et lorsqu'il s'agit d'une offrande volontaire communautaire, le propriétaire de l'animal vendu ne pose pas ses mains sur lui — car il n'y a pas de pose des mains pour les offrandes communautaires — et il n'apporte pas ses libations ; celles-ci sont plutôt apportées sur les biens de la communauté. De plus, bien que le propriétaire de l'animal vendu soit un prêtre, le droit d'accomplir son service au Temple et le droit sur sa peau sont partagés entre les membres de la garde sacerdotale qui sert au Temple cette semaine-là.
וּבִזְמַן שֶׁהִיא נְדָבָה — אֵינוֹ סוֹמֵךְ עָלֶיהָ, וְאֵינוֹ מֵבִיא עָלֶיהָ נְסָכִים, וּנְסָכֶיהָ מִשֶּׁל צִיבּוּר, אַף עַל פִּי שֶׁהוּא כֹּהֵן — עֲבוֹדָתָהּ וְעוֹרָהּ מִשֶּׁל אַנְשֵׁי מִשְׁמָר.
Guémara
GUEMARA : La michna enseigne que Rabbi Élazar et les Sages ont divergé sur deux cas — le substitut d'une offrande de culpabilité et la halakha d'une offrande de culpabilité dont le propriétaire est mort. La Guemara explique que les deux disputes sont nécessaires.
גְּמָ׳ וּצְרִיכָא:
Car si le tanna nous avait enseigné la dispute seulement dans le cas de l'offrande de culpabilité dont le propriétaire a obtenu l'expiation par un autre animal, j'aurais pu dire que c'est peut-être dans ce cas seul que Rabbi Élazar dit que les animaux sont laissés pour mourir — parce qu'il établit un décret rabbinique concernant le sort d'une offrande de culpabilité après que le propriétaire a obtenu l'expiation, en raison du cas d'une offrande de culpabilité avant que le propriétaire n'ait obtenu l'expiation. Si des holocaustes étaient apportés avec l'argent de la vente dans un cas où le propriétaire avait déjà obtenu l'expiation par une autre offrande, les gens pourraient dire à tort que si une offrande de culpabilité fut perdue et qu'une autre fut désignée à sa place, là aussi l'autre animal est vendu et des holocaustes sont apportés avec le produit — alors qu'en réalité, l'expiation n'ayant pas encore été obtenue, cet argent doit servir à une offrande de culpabilité.
דְּאִי אַשְׁמְעִינַן אָשָׁם, בְּהָא קָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר יָמוּתוּ, מִשּׁוּם דְּגָזַר לְאַחַר כַּפָּרָה אַטּוּ לִפְנֵי כַּפָּרָה.
Mais pour le substitut d'une offrande de culpabilité et la progéniture de son substitut — qui en tout cas sont envoyés au pâturage, même si le propriétaire n'a pas obtenu l'expiation par un autre animal — on aurait pu dire que Rabbi Élazar concède aux Sages, car un tel décret n'est pas nécessaire.
אֲבָל גַּבֵּי תְּמוּרַת אָשָׁם, וְלַד תְּמוּרָתָהּ, אֵימָא מוֹדֵי לְהוּ לְרַבָּנַן.
Et si le tanna nous avait enseigné la dispute seulement là — dans le cas du substitut d'une offrande de culpabilité et de la progéniture du substitut — j'aurais pu dire que c'est peut-être dans ce cas seul que les Sages disent que les animaux sont envoyés au pâturage, car il n'y a pas lieu d'un décret. Mais pour le cas d'une offrande de culpabilité dont les propriétaires ont obtenu l'expiation, on aurait pu dire qu'ils concèdent à Rabbi Élazar que les animaux sont laissés pour mourir, par décret. C'est pourquoi les deux cas sont nécessaires.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן הָתָם, בְּהָא קָאָמְרִי רַבָּנַן, אֲבָל גַּבֵּי אָשָׁם מוֹדוּ לֵיהּ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר — צְרִיכָא.
§ Rav Naḥman dit que Rabba bar Avuh dit : cette dispute entre Rabbi Élazar et les Sages concernant la progéniture d'un substitut ne s'applique qu'après que l'expiation a été obtenue — c'est-à-dire après que l'offrande de culpabilité a été sacrifiée. Mais avant que l'expiation soit obtenue, alors que l'animal consacré et le substitut sont tous deux présents, tous s'accordent que même la progéniture elle-même est sacrifiée comme offrande de culpabilité, si le propriétaire le souhaite.
אָמַר רַב נַחְמָן, אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: מַחְלוֹקֶת לְאַחַר כַּפָּרָה, אֲבָל לִפְנֵי כַּפָּרָה — דִּבְרֵי הַכֹּל הוּא עַצְמוֹ יִקְרַב אָשָׁם.